‹ Histoire générale de l'architecture Moyen ageChapitre 168 sur 367 · Première épttre aux Corinthiens, ch. i, v. 22. It · texte numérisé non relu

Première épttre aux Corinthiens, ch. i, v. 22. It

tout genre, surtout mystiques et symboliques. Mais l'acquisition de la normalité de quelques formes ne put traduire des abstractions irrationnelles et toutes de convention. Tout en conservant pour le diagramme ou la charpente de sa conception, pour le travail d'opérations abstraites les quelques lois naturelles que l'étude venait de surprendre, l'architecte outra surtout les hauteurs et en général les dimensions de ses œuvres, les surchargea d'une ornementation géométrique à lignes courbes et droites, inorganique dans son essence, vivifiée par des feuilles, des fleurs et -des fruits empruntés à la végétation nationale. Tout cet ensemble formait le caractère religieux de l'édifice. Pour entretenir les espérances et les éléments qui constituaient le vague de la pensée religieuse qui chancelait à cette époque, l'architecte couvrit à l'intérieur son œuvre d'une obscurité que brisaient les quelques rayons de lumière polychrome pénétrant par les vitraux de couleur. Ces ténèbres mystérieuses voilaient la juste et normale déduction des formes premières; la contrainte de l'imagination indéterminée couvrait encore l'œuvre rationnelle de l'artiste, et donna ce sombre caractère de religiosité mélancolique qui s'est attaché aux monuments dès le xm* siècle.

L'architecture à ogive porte essentiellement, d'un autre côté, le caractère chevaleresque de l'époque qui la vit naître : elle est aventureuse comme la chevalerie elle-même et la poésie qui en chantait les exploits.

L'art fut jusqu'au xir3 siècle le domaine exclusif du clergé et des moines. Mais dès que les villes s'émancipèrent et qu'une bourgeoisie ou tiers état commença à se constituer, les prêtres se sécularisèrent et les moines se relâchèrent de leur règle. Une quantité d'ouvriers de bâtiment s'était formée parmi les frères con vers des monastères. Avec le temps, ces ouvriers devinrent indépendants. En dehors des églises, un grand nombre de constructions d'un genre inconnu auparavant étaient à élever : les prêtres et les moines ne purent plus suffire à ces travaux et ils furent, de plus, incapables de résoudre les nouveaux problèmes que faisait naître l'architecture de l'époque. Les constructeurs laïques formés antérieurement parmi les frères convers des couvents purent s'émanciper et travailler en ne se soumettant plus à leurs maîtres, qu'ils surpassèrent même dans leur art. L'édification de portes de villes, de ponts, de beffrois, de châteaux, d'hôpitaux, de fortifications, d'hôtels de ville, etc., était en dehors des attributions du sacerdoce, auquel il était, de plus, interdit, dès 1157, de s'occuper de con-

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