‹ Histoire générale de l'architecture Moyen ageChapitre 167 sur 367 · CARACTÈRE DU XIII- SIÈCLE · texte numérisé non relu

CARACTÈRE DU XIII- SIÈCLE

riaient de toute puissance terrestre. Quand le sentiment de la vérité et du droit a pénétré dans l'âme humaine, il dédaigne toute oppression imaginable. Des idées nouvelles sur les sujets religieux et ecclésiastiques se propagèrent au commencement du xiuc siècle au sein des hautes et des basses classes, et ces idées furent prechées avec une puissante hardiesse. L'heure de l'abaissement d'un orgueil obstiné et arrogant avait sonné. D'un autre côté, le pouvoir politique et civil devenait prépondérant. La puissance du droit canonique s'effaça en France devant les lois laïques faites par Louis IX, et ses établissements servirent de code nouveau à ses sujets. En Angleterre, le roi Jean sans Terre donne, en 1215 la grande charte; au commencement du xnr siècle, le Sachsenspiegel paraît en Allemagne.

Dans le domaine de la science, de grands efforts sont également tentés. L'esprit des races occidentales, saisissant l'harmonie du monde, satisfait des rapports de mesure et de proportion qu'il commençait à reconnaître dans la nature , s'éloignait de plus en plus des idées du monde sémitique, des idées surnaturelles que la science détruit. L'apôtre Paul, écrivant aux Corinthiens, leur avait dit que les Juifs demandaient des miracles et que les Grecs cherchaient la sagesse1. Cette maxime commençait à être mise en pratique au moyen de la science, dès le xme siècle. Alors aussi on retourne à l'étude des classiques do l'antiquité , alors aussi paraissent ces ouvrages, médiocres encore à la vérité, intitulés Images du monde.

Au xm* siècle, l'esprit est révolutionnaire, est en même temps audacieux et novateur; dans l'architecture, il a exprimé sa hardiesse dans ces hautes voûtes, dans ces hautes et minces murailles, flanquées de ces fines colonnettes qui semblent ne vouloir pas prendre de fin et qui paraissent, au sein des églises mêmes, témoigner de l'idée de l'indépendance de l'homme, telle qu'on la concevait à l'époque. Mais sans appui traditionnel encore, sans type fixe, et toujours rivée au service de l'Église, cette indépendance hardie manquait encore de bases solides. Elle est dans l'hésitation, elle est désordonnée, irrégulière, fantasque. Indécise dans son expression, adepte dans les loisdu monde, l'architecture* ogive dépassa la loi naturellede proportion et de mesure. Elle manifesta avec l'indépendance intellectuelle le sentiment religieux de l'époque, avec ses surexcitations de

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