‹ Histoire générale de l'architecture Moyen ageChapitre 222 sur 367 · EPOQUE CARLO VING IENNE ET ROMANE · texte numérisé non relu

EPOQUE CARLO VING IENNE ET ROMANE

t»c vin» jusou'au iii>* siècle

Les premières églises bâties en Allemagne après l'introduction de la religion chrétienne dans ce pays étaient, ainsi que les habitations des prêtres, construites en bois. L'école de Borne fut suivie là comme partout ailleurs en Occident, c'est-à-dire que les monuments élevés au culte étaient des basiliques. Les églises étaient petites, trèssombres à l'intérieur ; elles n'avaient qu'une fenêtre, afin que chacun pût y dire ses prières sans distraction et sans attirer sur lui les regards de ses voisins ; et afin que les fidèles ne se heurtassent pas en entrant et en sortant, on plaçait une lampe à la porte.

La grande simplicité des mœurs à cette époque, le peu d'exigence des besoins de la vie, qui ne firent naître aucun luxe, éloignèrent aussi le faste des églises, où l'on ne voyait que ce qui était strictement nécessaire à l'exercice du culte. Mais Charlemagne changea cet état de choses, et nous renvoyons nos lecteurs à ce que nous avons dit de son siècle dans le chapitre où nous avons traité de l'histoire de l'architecture en France pendant son règne.

Charlemagne avait importé de ce côté des Alpes une forme nouvelle pour certains édifices du culte. Notre-Dame d'Aix-la-Chapelle en est un exemple. Lorsque, sous Louis le Débonnaire, une église abbatiale fut élevée en 820 à Saiut-Gall, en Suisse, la forme adoptée fut celle de la basilique allongée, à colonnes et arcades, avec un chœur à l'est et à l'ouest. Ce monument avait une nef et deux col-

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latéraux recouverts de plafonds plats. L'église de Saint-Gall avait deux tours circulaires à l'occident, mais isolées de l'édifice. La ruine de la petite chapelle d'OttmarsIieim , en Alsace, est une preuve que Noire-Dame d'Aix était quelquefois prise pour modèle. Il en est de même de la partie occidentale de l'église d'Kssen, près Dusseldorf'. Quelques auteurs présument que la chapelle d'Ottmaisheim est du , ix° siècle : d'autres en font un monument du xip2; et la portion primitive de l'église d'Kssen, du milieu du x*. A Lorsch, dans la liesse , entre Darmstadt et Manheim , existe un petit monument remarquable, de 10m 88 de longueur sur 7m 18 de largeur et lm &0 d'élévation. Il se compose à l'extérieur d'un rez-de-chaussée et d'un premier étage. Le rez-de-chaussée, à l'orient et à l'occident, est formé par trois arcades à plein cintre, flanqué de quatre colonnes à bases ioniques et à chapiteaux composés de la corbeille corinthienne sur- ' montée du chapiteau ionique. L'architecle a fait un mélange barbare de ces deux beaux chapiteaux antiques. Les feuilles d'acanthe sont singulièrement travaillées et indiquent déjà la décadence des siècles postérieurs. L'étage de chaque face longitudinale se compose de neuf arcades formées par dix pilastres cannelés. Chacune de ces arcades est couronnée d'un arc formé de deux parties droites qui se joignent au sommet et qui forment un fronton aigu. Trois fenêtres à plein cintre sont pratiquées dans ces arcades. Le style d'ensemble de ce monument est celui de la complète décadence romaine avec un mélange de barbarie. Il fut élevé en 882 par l'empereur Louis III pour lui servir de tombeau, et il ordonna qu'on l'inhumât à côté de son père, Louis le Germanique, qu'il y avait fait déposer'.

Sous les derniers Carlovingiens, les arts tombèrent dans une grande barbarie en Allemagne ; Arnoul (887-800) et Conrad Ier (011-018) ne purent rien pour aider à faire refleurir les arts. La courte durée de leur règne ne permit pas d'exécuter de grands projets, et les invasions des Huns et des Normands plongèrent l'Allemagne, comme la France, dans des guerres et des troubles peu propres à rappeler l'exercice des arts de la paix.

1. Voyez. 3<ttuf>rift fût dm fïli dit ftrdsU'legit uiib -Runfl, «en Ouaft unfe Cite. 1" vol. ?ttr$i$. 1H57. In-t: p. 1 à 20.

2. 3. îBurcf^arfct, îit Ru Ah ;u Ctimarffcf im , dans les SHitUmlungcn ter <&ffctl« fdwft fur «Alrrtântifdrc îlltttlbumtr in i^afcl. Ji3jffl, lli-14.

3. 3. «atfUbcr,}, îir Stgràf-nifilirdjt fcfutfd'tr Jtonige ju Serfdj. dan» Tfuit'd<4 «unflMatt. lKôl, n° 21, p. 1*13. — J. Ciiillinlminl, Monument* ancien* et moderne,, 9H* livraison. —0». ïîclUr. îcnfnuW ter Çaufunft. st., 1" vol., pl. 1 à 4.

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