INFLUENCE L> E L'ORIENT
Plus heureux que les empereurs Arnoul et Conrad, les princes de la maison de Saxe firent une renaissance dans les arls. Ils consolidèrent la civilisation dont Charlemâgne avait jeté h s bases, et leur attention se tourna particulièrement vers les arts. La fondation et la fortification d'une quantité de villes nouvelles, entreprises ou favorisées par Henri I" (919-936) et Othon hr (936-973), contribuèrent à l'avancement de la civilisation en général , et les arts industriels acquirent un nouveau développement. Tous les monuments élevés vers cette époque favorisèrent la culture de toutes les branches de l'art. Henri 1er établit de nouveaux évêchés et commença, de nouvelles églises qui furent achevées par ses fils et ses petits-fils, les Otlons.
Sous les princes de la famille de Saxe, une faible influence de l'art oriental se fit sentir en Allemagne. Il devait en être ainsi temporairement lorsque la princesse Théophanie , nièce de Jean Zimiscès, empereur de Constantinople, vint se mettre à côté du trône d'Otton 11 (970). La forme des églises, en général , conserva cependant celle de la basilique romaine.
Il ne peut y avoir de doute que les arts et les sciences cultivés en Italie vinrent pérégriner en Allemagne : sous Charlemâgne , ils commencèrent à faire leur apparition; ensuite la bonne intelligence qui régna entre les empereurs de l'ancienne maison de Saxe et les empereurs d'Orient dut amener l'influence de certains arts cultivés en Orient. Les empereurs grecs envoyaient fréquemment des présents aux souverains de l'Allemagne. Henri III reçut en présent de l'empereur d Orient un retable en bronze, orné de sculptures en relief. Des princes et des évêques, aimant le luxe et les arts, firent venir d'Orient des artistes de tout genre.
Il faut encore mentionner ici que la fuite d'une quantité de moines, parmi lesquels se trouvaient beaucoup de peintres, les amena à Rome. Cet événement se passa sous le règne de l'empereur Constantin Copronyme, en 761. Le pape, Paul Ier, leur donna un couvent pour séjour, et ces artistes grecs exécutèrent une infinité de mosaïques et de tableaux pour les églises. Les légendes grecques qui accompagnent ces ouvrages témoignent de leur origine. Tous les historiens de l'époque des Ottons disent i*>sitivement que les lumières venaient de l'Orient : ils donnent même des renseignements détaillés sur plusieurs monuments du temps.
Nous voyons aux églises d'Allemagne des x" et xic siècles, comme
à celles de France de la même époque, des chapiteaux de forme plus ou moins cubique. Cette espèce de chapiteaux se trouve fréquemment aux églises à plein cintre des premiers temps. On en rencontre assez souvent aux églises d'Italie postérieures au x- siècle, à l'église des Onze-Mille-Vierges de Spolète , à Saint-Marc de Venise, à Fiesole près de Florence, dans la crypte ; à Saint-Zénon de Vérone, à Saint-Étienne de Bologne; les églises du midi de la France ont des chapiteaux cubiques, celles de Normandie en ont aussi. Mais là ce
chapiteau est cannelé, fuselé et orné encore de diverses manières. On voit que la forme s'éloigne du lieu de son origine.
Un des plus anciens vestiges d'architecture du x'" siècle connus dans le bassin du Rhin est une sorle de porche avec une tribune supérieure, en avant de la partie occidentale de l'église de Saint- Pantaléon de Cologne et qui date de l'année 980 , époque à laquelle
416. - Frlae arec corbeaux. 417. — Krlw « arcade» plein cintre
avec pilaatrea Uaaea.
l'église fut consacrée. En 10£|7, l'archevêque Poppon mourut après avoir entrepris une complète rénovation du Dôme de Trêves '. Là on remarque le travail imité de l'antique romain : à l'abside circulaire de l'ouest il existe des pilastres, reliés entre eux par des frises composées de petites arcades à plein cintre. La façade est flanquée de deux tours circulaires, ayant aussi des pilastres et des frises à arcades demi-circulaires. Comme date, l'église abbatiale de Saint- Willibrod à Echternach, dans le Luxembourg, viendrait ensuite : consacrée en 1031 , on voit dans la nef de cette église l'alternance de la colonne . avec le pilier carré*. C'est à Cologne qu'il existe des édifices trèsimportants de cette époque : d'abord Sainte-Marie-du-Capitole consacrée en 10^9, de 75 mètres de longueur sur 21 mètres de largeur dans œuvre, et offrant une basilique à piliers, sans alternance de colonnes, avec un magnifique transsept circulaire au nord et au sud,