‹ Histoire générale de l'architecture Moyen ageChapitre 267 sur 367 · Pline, llistoirt naturelle, 1. III, ch. i · texte numérisé non relu

Pline, llistoirt naturelle, 1. III, ch. i

province sud-ouest de l'Ecosse, l'Albanie, qu'habitaient les Albions, et où ils se retirèrent sans doute. Aristote, de son côté, connaît l'Albion et même l'Irlande sous le nom de Hierna ou lerna. On a reconnu aussi dans la Grande-Bretagne une autre race, postérieure aux Celtes; c'étaient les Cimbres (ou Cimmériens), à la peau blanche, aux cheveux roux et épais, aux yeux bleus. Ce peuple quitta, quinze siècles avant l'ère vulgaire, selon la chronologie d'Hérodote, les environs du Pont- Euxin, où il séjournait. Celte époque correspond avec de grands mouvements qui eurent lieu au sein des peuples de l'Asie occidentale : les Cimbres s'étendirent au nord-ouest de l'Europe, et, dans l'antiquité, le Danemark actuel portail le nom de Chersonnèse cimbrique. Dans des temps anté-historiques, la Belgique avait été envahie par les Germains, qui se mêlèrent aux indigènes, et cette population mixte fut nommée Belges par les Gaulois : elle-même se nomma Kimri, Cimbres. Trèsanciennement la Grande-Bretagne fut peuplée par des essaims de Gaulois, nommés Bretons, et plus tard la partie maritime fut occupée par des peuplades venus de la Belgique', qui furent également nommées Bretons. Elles refoulèrent les anciens Bretons qui se réfugièrent dans les montagnes septentrionales de l'île, c'est-à-dire en Calédonie. Ils parlaient la même langue que les Ires d'Irlande : langue appelée le gael, gai!, et d'origine celtique. La plupart des muts celtiques s'expliquent par le gael : Vergobrel de fear go bretii, homme de tribunal ou de justice; Vercingètorix de fear cin go toir, homme principal de l'expédition*. Plus de mille ans avant l'ère vulgaire, les Phéniciens arrivèrent aux Iles-Britanniques pour y chercher l'étain devenu rare en Espagne. Ils s'établirent dans le sud de l'Irlande ; et , au commencement de l'ère vulgaire , cette île conservait, plus que toute nation de l'ouest, les traces de son ancienne civilisation sémitique. Les premiers missionnaires du christianisme trouvèrent donc les Scots (c'est le nom primitif des Irlandais, les habitants de l'Ecosse se nommaient à cette époque Picts) mieux disposés que les autres peuples des Iles-Britanniques à recevoir la foi chrétienne.

Vers le milieu du ve siècle de l'ère vulgaire, les Bretons implorèrent le secours des Saxons du nord-ouest de l'Allemagne contre les Picts et les Scots. Ces Bretons étaient les kimri qui se réfugièrent, chassés par les Angles et les Saxons, en Bretagne, contrée du nord de la Gaule. Les Saxons nommaient V\ aies les Belges qu'ils expulsèrent (mot qui

1. César, Gurrrt tltt (Uulr*, I. Y, ch. m. — 2. Adelnng. Mithridaltt.

signifie étrangers) et leur pays Wales : eux-mêmes se nommaient Kimri, et leur langue était appelée cymreg. Enfin une dernière conquête de la Grande-Bretagne eut lieu par Guillaume, duc de Normandie, en 1060. Le grand temple circulaire de Stonehenge, auprès de Salisbury, et de 33 mètres de diamètre, date de l'époque celtique : il était connu d'Hécatée, et Diodore nous en donne une description qui correspond avec ce qui en reste aujourd'hui. Hérodote rapporte en détail la route que les Hypcrboréens faisaient faire aux offrandes qu'ils envoyaient à la divinité adorée dans le temple de^)élos. Il ne reste naturellement que peu de vestiges des temples druidiques en Angleterre, qui n'étaient sans doute pas aussi rustiques qu'on le pense. Il y a lieu d'admettre que ces pierres brutes étaient revêtues de charpentes et de panneaux, que les temples, ainsi que les longues avenues, étaient couverts, et qu'en outre du culte qu'on y célébrait on y ouvrait à certaines époques des foires, accompagnées de fêlés. La civilisation romaine contribua fortement à eiïacer les restes de l'époque celtique.

Le grand mélange de peuples de races diverses dans leur île restreinte, les différentes religions qui y furent introduites, les mœurs dissemblables des nations qui s'y succédèrent, le ciel couvert et nébuleux de la contrée, Téloignement considérable des civilisations de l'Egypte, de l'Assyrie et de la Grèce, s'opposèrent de tout temps au développement graduel des idées de généralisation et d'un esprit synthétique chez les Anglais. Ils ont un esprit d'analyse, un esprit observateur, critique, de détail et encyclopédique; mais cet esprit est circonspect, timide et prudent. L'esprit anglais semble ne pas saisir, malgré sa connaissance du monde, l'essence de l'être, sa multiplicité dans l'unité. Tout en ayant le sentiment de la proportion et des convenances, le peuple anglais a une infériorité de goût, une certaine inaptitude à la manifestation hardie et harmonique de l'art, qu'il chérit cependant tout autant que les autres nations de l'Europe. L'Angleterre n'a eu aucun artiste, dans quelque genre que ce fut, qui se soit fait un nom européen : elle n'a point de Brunelleschi , de Philibert Delorme, de Mozart, de J. Goujon, de Puget. Elle a toutefois d'autres gloires qui lui servent amplement de compensation : sa grandeur politique, industrielle, commerciale et maritime, ses libertés, son amour de la patrie, son abnégation et ses sacrifices dans les moments suprêmes, peuvent la consoler de l'infériorité de ses beauxarts. Elle a aussi un grand titre ii la reconnaissance des esprits élevés, des gens de goût : c'est d'avoir donné naissance à Stuart, à celui

qui fut le premier à faire connaître à l'Europe moderne les monuments d'Athènes, les plus parfaites créations archilecturales qu'il y ait au monde. Chez elle enfin sont nés les historiens et les antiquaires qui ont fourni un puissant contingenf à la connaissance de l'antiquité* indienne et grecque!

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