ÉCOSSE ET PAYS DE GALLES
Les Ibères ont formé la population primitive de l'Ecosse; puis vinrent les Celtes. Les Romains rencontrèrent encore ces derniers cinquante ans avant l'ère vulgaire, et nommèrent Calédoniens les peuples qui habitaient au delà de la Tweed. Les Romains soumirent l'Ecosse jusqu'aux monts Grampiens, derrière lesquels les Calédoniens défiaient l'ennemi. Afin de les empêcher d'envahir le territoire romain. Adrien éleva, en l'année 121, des remparts de terre fortifiés de distance en distance par des tours où il y avait des garnisons romaines. Cette première fortification s'étendait du Solway Frith à l'embouchure de la Tyne, deCarlisle à Newcastle. Antonin le Pieux poussa plus loin les limites du territoire romain , et fit élever d'autres fortifications entre les fleuves Forth et Clyde. Au commencement du ive siècle de l'ère vulgaire, les auteurs romains nomment
Picts tous les habitants d'au delà les remparts. Picts est une corruption du nom de Peghtes. Vers 306 , le pays des Picts est envahi par des Celtes barbares venus de l'Irlande et nommés Scots. Lorsque les Romains abandonnèrent la Bretagne en &20, les Picts et les Scots se jetèrent sur le sud civilisé de la Grande-Bretagne; les Bretons appelèrent à leurs secours les Saxons et les Angles; ils chassèrent les barbares au delà des remparts en et se fixèrent eux-mêmes dans le sud de la Grande-Ile. Pendant un certain temps les Picts et les Scots disparaissent de l'histoire. Vers 600, les Scots, sous un roi Fergus, vinrent se fixer sur la côte occidentale et sur les lies, pendant que les Picts s'établissaient au nord et à l'est. Vers le milieu du vi* siècle, un moine irlandais, Colomban, prêcha le christianisme aux Picts et aux Scots, et fonda un couvent dans l'Ile de Hy (lona ou Columbkill). Ce couvent devint le siège d'une certaine culture intellectuelle pendant tout le moyen âge, et il en sortit la confrérie des Guidées (Cultores Dei), qui cherchèrent longtemps, dans une opposition au pape, à maintenir l'indépendance de l'Église écossaise.
Vers 793 , des « Wiknigar, »> guerriers Scandinaves ou normands, abordèrent à Lindisfarne, sur la côte de Test, dans le nord du Northumberland : dès 788 ils avaient inquiété déjà les côtes et les îles de l'Angleterre. L'élément saxon s'élendit bientôt dans les plaines, et, lors de la conquête de Guillaume de Normandie, les Saxons y trouvèrent un accueil amical. Avec les siècles, la civilisation anglo-normande pénétra aussi en Écosse, sauf dans les régions montagneuses où l'ancien caractère national se maintint toujours.
L'Écosse fut un royaume indépendant jusqu'à la mort d'Elisabeth ; à cette époque Jacques VI, roi d'Écosse, ayant étéappelé au trône d'Angleterre (1603), les deux royaumes n'en formèrent plus qu'un seul.
Parmi les églises romanes de l'Écosse, il faut classer la petite église de Saint-Magnus, dans l'Ile d'Egilshay, une des Orcades; ensuite deux tours circulaires, l'une isolée à Abernethy, au sud de Perth, l'autre à Brechin, comté d'Angus, qui se trouve à côté de la cathédrale renouvelée au xnie siècle; les petites églises de Leuchars, de Jedburgh, de Kelso, la cathédrale de Saint-Magnus, de Kirkwall fondée vers 1136, dans l'îie de Pomona, une des Orcades. Des restes du style roman orné existent à Inchcolm, île à l'embouchure du Forth. La nef de l'église abbatiale de la Trinité à Dunfermline est aussi du même style. Quelques parties de l'église de Holyrood sont de la transition. Au style roman appartiennent encore les églises de Dundingston, de Ratho