ÉCOSSE
et de Borthwick , dans le Mid-Lothian ; de Gulane , dans le East- Lothian; de Uphall, Abercorn et kirkliston, dans le West-Lothian ; de Sainte-Hélène de Cockburnspath ( Berwickshire ) ; de Mortlach et de Monymusk (Aberdeenshire) ; de Saint-Colomban à Southend ; les églises de Kilchoustan et de Campbeltown, de Saint-Blane, dans l'Ile de Bute (Argyleshire).
Il y a aussi en Écosse un nombre assez considérable de croix en pierre, dont les plus remarquables sont dans l'Ile de Man (l'ancienne Eubonia ou Manaw' ).
Comme le roman , l'architecture ogivale passa d'Angleterre en Écosse, où les deux styles se rapprochent plus des types français que de ceux de la Grande-Bretagne.
Au xiii* siècle appartiennent des monuments qui participent du style de ceux élevés en Angleterre a la même époque. Avec le système ogival, ils conservent longtemps néanmoins des détails romans. De ce nombre sont la salle capitulaire de l'abbaye d'Inchcolm (à l'embouchure du Forth), édilice octogone, avec un portail roman; la grande église abbatiale d'Aberbrothoc (Kifeshire) avec un splendide portail occidental à plein cintre; la plus ancienne portion de la cathédrale d'Elgin, fondée après l'année 1223, dont le chœur fut élevé après un incendie de 1270, et dont la nef date du xv" siècle. Le monument 1e plus considérable du xin* siècle en Écosse est la cathédrale de Glasgow, fondée à la fin du xn* siècle, mais dont les parties qui existent n'appartiennent qu'au milieu du xme siècle ; c'est un vaste édifice de 91 mètres de longueur, avec une crypte très-étendue. L'église abbatiale de Paisley (comté de Renfrew), la ruine de l'église abbatiale de Pluscardine (au sud-ouest d'Elgin), le chœur de la cathédrale de Dunferinline (Fife), certaines portions de la cathédrale de Dunblane (Perth), la nef en ruine de l'église abbatiale de Holyrood, la petite cathédrale de Iona, une des Hébrides, des parties de la cathédrale de kirkwall, une des Orcades, appartiennent encore au xiu* siècle. Les événements politiques et surtout les guerres avec l'Angleterre au xiv* siècle empêchèrent l'Écosse d'élever de nouveaux monuments. Cependant, vers 1330 a été commencée l'église des carmes à South- Queensferry : elle a des voûtes sans nervures, d'étroites fenêtres et beaucoup de détails romans. Il en est de même de l'église de village
1. P. \VU*on, The Arrhrotogy and prthittoric AnnaU of Sçolhnd. Edintunfh, 1851 , in -H.
de Temple (East-Lothian). Dès la fin du xiv«, et au commencement du xv* siècle, on vit recommencer une grande activité* dans l'édification de monuments du culte. Le style flamboyant français y apparaît alors aussi. A la fin du xive siècle appartiennent les églises de Saint- Monance (Fifo), de Bothwcll ( Lanarkshire), de Lincluden ; la cathédrale de Dunkeld (Perth), l'église de Seton (East-Lothian) et l'église abbatiale de Haddington (East-Lothian). La cathédrale d'Old-Aberdeen est de la fin du xive siècle : elle se distingue des autres édifices écossais par sa simplicité, ordonnée par l'emploi du granit.
Dans l'église Saint-Gilles d'Édimbourg , le bas côté du nord du chœur date de 1355, les chapelles du sud de la nef sont de l'année 1387. Saint-Michel de Linlithgow est du xve siècle : l'ornementation de ses fenêtres est surtout remarquable. La nef de l'église abbatiale de Melrose a été élevée vers U53 et dans un style mâle et accentué pour l'époque. La cathédrale de Fortrose, terminée en l'année 1&85, a quelque analogie avec la nef de Melrose, et une des plus jolies constructions du xv' siècle était l'église de la Trinité d'Edimbourg, commencée vers 1462 ; en I8/48, elle a dù faire place à l'établissement d'un chemin de fer. La fondation de la chapelle de Roslyn date de 1H6; la voûte forme un berceau à ogive, sans nervures, mais seulement avec des arcs-doubleaux transversaux. Ce petit monument a un caractère étranger, méridional, et Ton pense que son fondateur, Guillaume Saint-Clair, appela des artistes et des artisans espagnols pour réaliser son projet. La ruine pittoresque de l'église Sainte-Rrigiite de Douglas rappelle, sous plus d'un rapport, la chapelle de Roslyn.
Au nombre des édifices construits dans le dernier style du moyen âge, mais qui datent du xvr* siècle, sont les églises de Stirling, de Sainte-Marie de Leith,et quelques parties de l'église de South-Queensferry. Comme derniers vestiges du style ogival, on cite la chapelle de King's Collège à Aberdeen, et Heriot's Hospilal à Édimbourg.
Le nombre des châteaux élevés en Écosse est peu considérable. Parmi les plus remarquables on cite ceux de Crichton, de Borthwick, de Linlithgow et de Craigmillar. Mais les barons qui élevèrent ces châteaux songèrent plutôt à en faire des forteresses qu'à les embellir au moyen du gont et de l'architecture proprement dite.
La population du pays de Galles et de Cornouailles, sur la côte occidentale de l'Angleterre, conserva sa nationalité d'origine celtique
IRLANDE
ou cimbre durant une longue suite d'années, jusqu'au xui« siècle. Cette contrée était appelée Britannia Cimeria par les Romains. Lors de l'invasion de la Bretagne par les Saxons au ve siècle, la portion de la population d'origine celtique se réfugia dans les montagnes, et les forêts du pays de Galles. L'élément celte se fondit dans l'élément cimbre, et cette nationalité s'est constamment maintenue même jusqu'à nos jours. Les Welches ont manifesté leur caractère d'indépendance en rejetant pendant longtemps la suprématie que s'arrogeait la papauté et les additions qu'elle avait faites au christianisme primitif, et, dans leurs bardes, les Welches ont continué jusqu'au xvi' siècle à conserver le souvenir de leur origine comme de leur âge d'or.
L'architecture du pays de Galles' se rapproche, quant au style, de celle d'Irlande. Elle est malheureusement encore peu explorée. 11 y a dans les montagnes du pays de Galles des constructions circulaires, sortes de maisons en pierre, d'une grande antiquité, nommées Cyttian Gwyddelod, peut-être identiques aux constructions circulaires de l'Irlande. D'autres petites constructions, semblables a des oratoires, paraissent avoir de l'analogie avec les petites églises d'Irlande couvertes en pierre. Un de ces édifices exigus se trouve à Llandudno; on en voit deux autres à Perranzabuloe 1 et à Gwithian, qu'on pense être du xne siècle. Il y a aussi dans le pays de Galles et dans les Cornouailles un assez grand nombre de piliers isolés et de croix en pierre; il en existe de remarquables à Carew (Pembrokeshire), à Corwen (Merionetshire), à Margam (comté de Glamorgan), à Lanherne (Cornouailles). Au nombre des monuments romans de transition, on range l'abbaye de Strata Florida (Cardiganshire), mais dont il ne reste que le portail : elle était achevée dès l'année 1203.
IRLANDE*
Si l'on devait en croire Y Histoire dlrlande de Jeffery Keating, les Irlandais descendraient en ligne droite de Partholanus, lui-môme un descendant de Noé à la huitième génération, qui aborda dans la
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province de Munster 1978 ans avant l'ère vulgaire. Ce qui est plus certain, c'est que les Carthaginois visitèrent les Cassiterides, et peutêtre avant eux les Phéniciens vinrent y chercher de 1 elain plus de deux mille ans avant l'ère vulgaire. Partout où les Phéniciens arrivèrent, partout où ils établirent leur commerce, ils fondèrent des colonies qui devinrent populeuses. Le succès de la prédication de saint Patrice est dû en grande partie a l'identité d'origine de la doctrine prèchée et de ceux qui écoutaient et croyaient. La fable rapporte qu'il bâtit trois cent soixante-cinq églises, qu'il ordonna autant d'évêques et qu'il écrivit autant d'abgctotïa. Le nombre quarante revient souvent dans sa vie : il se rapporte à une doctrine des nombres appliquée à l'astronomie et en usage chez les Saxons et les Jutes.
Les plus anciens monuments irlandais ont un caractère asiatique et aussi une certaine ressemblance avec les monuments cyclopéens les plus reculés. Leur type, sauf quelques modifications, semble être identique. Il y a en Irlande des restes d'une architecture indigène, mais qui ne date toutefois que de l'introduction du christianisme dans l'Ile. Avant cette époque, les monuments du culte ne consistaient qu'en cercles de pierres brutes, qu'en autels, qu'en roches isolées, et enfin les maisons d'habitation n'étaient que des huttes en bois. Le commerce des métaux avec le Levant avait depuis un temps immémorial établi des relations, et il n'est pas étonnant de rencontrer en Irlande des formes architectoniques qui ne subirent pas les modifications de la civilisation romaine. Dans les constructions irlandaises, nommées Clochan, nous avons des monuments circulaires ou de forme ovale, couverts en dôme au moyen de pierres dont les assises sont placées en encorbellement, comme au trésor d'Atrée à Mycènes; des édifices semblables se trouvent à Dundalk (province de Leinsler, comté de Loulh), à Mayo, à Anna-Clogh-Mullen et à New- Grange auprès de Drogheda (comté de Meath), dans l'île d'Aran, etc. Lors de l'introduction du christianisme en Irlande, on conserva en partie cette forme en dôme; seulement on l'établit carrée en plan. Telle est la maison de Saint-Finan Cam, du vr* siècle, dit-on (située dans Church Island du Lough Lee ou Curraun Lough, lac du comté de Kern , province de Munster), et celle de Saint-Fechin du vu* siècle, dit-on, dans l'île Ard-Oilean ou Iligh Island, sur la côte de Connamara (comté de Galway, province de Connaught). Très-petites de dimension, toutes ces constructions passent pour avoir été des oratoires; mais il parait qu'on abandonna bientôt la forme carrée pour la forme oblongue rec-
IRLANDE
(angulaire. De cette espèce est l'oratoire de Gallerus (comté de Kerry, province de Munster), de 7 mèires de longueur sur 3 de largeur avec deux pignons à tiers point, formée par deux rampants circulaires de pierre, où Ton voit aussi la porte plus large au bas qu'au sommet; l'oratoire de Saint-Senan, dans l'Ile Innis Scattery, à l'embouchure du fleuve Shannon. Knsuite on fit un progrès de plus : on bâtit des murs verticaux avec un petit chœur à l'est : là aussi l'arc à plein cintre et à claveaux commence à paraître. A cette catégorie d'édifices appartiennent la cathédrale de Kilmacduagh, bâiie, pense-ton, en 610; l'église de Saint-Féchin à Fore, et celle de Glendalough.
Il nous reste à parler maintenant d'une sorte de monuments auxquels on a donné des origines diverses, jusqu'à en faire des édifices bouddhistiques ! Il s'agit des tours, qui appartiennent incontestablement au christianisme et qui ont été élevées du vie au xnr siècle ; elles sont toutes circulaires de 15 à 45 métros d'élévation et de k à 6 mètres de diamètre. A l'intérieur il y a plusieurs étages, éclairés par de petites baies, tantôt à plein cintre, tantôt carrées, tantôt terminées par deux pierres d mites inclinées et se joignant au sommet. 11 y a souvent, aux portes d entrée de ces tours, des sculptures représentant des emblèmes chrétiens et qui ne laissent aucun doute sur leur origine. Parmi les plus connues, on cite celles de Timahoe, de Roscrea, de Kildare, de Lough Line (île de Devenish), de Donoughmore, d'Antrim, de Kilree, de Keneith, d'Ardmore, qui ont toutes une couverture conique on pierre. Ce qu'il y a de curieux, c'est que les portes de ces tours ne se trouvent jamais qu'à une certaine élévation du sol, à 2m 15, à 3 ou h mètres. On a découvert en Irlande 118 de ces monuments dont vingt en assez bon état de conservation. Si l'on a disputé sur l'origine des 'tours rondes d'Irlande, on n'est point d'accord non plus sur leur destination. On a prétendu que puisqu'elles étaient placées à proximité des églises, elles auraient servi comme clochers pour y conserver les cloches. Mais les ouvertures sont trop restreintes et en trop petit nombre pour avoir pu laisser échapper les sons. D'autres prétendent qu'elles étaient des monuments funéraires; d'autres soutiennent qu'elles auraient été des lieux de refuge ou des fanaux, et la question est encore pendante. On a découvert quelques tours rondes en Écosse et dans le pavs de Galles qui ressemblent à celles de l'Irlande'. Parmi les croix anciennes en pierre, nous citerons
1. Nous avons en France «les colonnes creuses qui ressemblent beaucoup à celles d'Irlande. Telles sont celle» d'Ktrée* ' arrondissement de ChAteauroux et celles de
celles de Clonmacnoise et de Monasterboice du xe siècle, de Kells et de Saint-Patrice, comté de Loulh, de Tuam, de Killcullen, de Ban go r, etc.
Dès le xii* siècle, les caractères distinctifs du style irlandais disparaissent : ils sont remplacés par des détails du style anglo-normand. Au xh* siècle appartiennent les égtises de Glendalough, de Clonmacnoise, de Killaloe, d'Inishcaltra, et de Freshford. Le style ogival n'a point prévalu en Irlande, au moins en a-t-on peu d'exemples jusqu'à présent. Au commencement du xiii* sièle appartiennent les églises abbatiales de Jerpoint, de Newtown et de Bective; au style accompli de l'ogive, mais de petites dimensions, les cathédrales de Dublin, de Cashel, les églises de Kilmallock et de Saint-Doulough. L'église abbatiale de Sainte-Croix, non loin de Cashel, du xv« siècle, se rapproche de l'architecture continentale, de l'architecture méridionale surtout.
Les enroulements fantastiques des âges primitifs de l'Irlande se retrouvent même à une maison de Galway, qui , d'après son architecture, date du commencement du xvie siècle.
Saint-Georges de ,Ciron, à quelque distance d'Argenton ; maie elles sont bien moin» anciennes que celles d'Irlande.
ITALIE
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ITALIE
Longtemps après la ruine du patriciat romain, son action funeste se fit sentir en Italie; longtemps encore après sa décadence, l'empire continua à subir le châtiment de sa perversité spoliatrice personnifiée dans César. La race Ariane, race de la supériorité du cœur et de l'intelligence,' qui doit gouverner l'humanité entière, devait venger la société occidentale, courbée depuis des siècles sous le joug militaire et immoral du Capitale. Après avoir conquis les provinces éloignées de Home , les peuples germaniques pénétrèrent au sein même de la capitale de l'empire ; en 408, Alaric parait devant Rome; en 452, Attila entre en Italie; en 655, Genseric saccage Rome ; en 492, Théodoric est maître de l'Italie, et en 568 les Lombards régnaient sur le pays tout entier. Mais le sillon tracé par le patriciat était si profond qu'au bout de peu de temps commença la décadence de la force nouvelle apportée à l'Italie par la vigueur mâle et naturelle des peuples du Nord; l'égoïsme fit naître des discordes, la nation italienne se divisa bientôt et commença ces déchirements intestins et cette politique double qui la ■ désolèrent pendant le moyen âge. Les causes qui amenèrent cet état de choses provenaient des mauvais restes des principes moraux et politiques du patriciat de la république; puis de l'action de l'Église qui n'avait en vue que l'établissement de ses deux puissances temporelle et spirituelle et qu'aidèrent la plupart des villes maritimes et les provinces italiennes qui avaient le plus subi l'influence des principes puniques. Car il faut se rappeler que Rome lia des rapports avec les Arabes et que, dès l'année 509 avant l'ère vulgaire, elle avait conclu un traité de commerce avec Carthage. Annibal guerroya pendant quinze ans avec ses Africains en Italie; dans son armée se trouvait un nombre
considérable de soldais Arabes. Enfin les conquêtes romaines dans l'Asie occidentale avaient accoutumé les Romains aux sentiments et à ta morale des peuples sémitiques qu'ils avaient soumis. Le monde oriental sadducéen avait jeté de profondes racines à Rome : quoiqu'en minorité, il inocula à la république et à l'empire l'athéisme révoltant qui produisit cette série de débauches et de cruautés que nous offre l'histoire romaine. Le sentiment du beau et du bien, perdu chez le patricien romain, ne le pouvait garantir de la corruption dans laquelle il tombait ; aussi s'adonnait-il au matérialisme le plus bas , ne jouissait-il que par les sens et ne vivait-il que par les yeux. Puis le Romain aimait les abstractions et les fictions; mais comme les unes et les autres ne touchent en rien les choses terrestres, il se mouvait ainsi dans le vide et dans le faux. Cette disposition de l'esprit encouragea les premiers chrétiens, qui n'étaient que des juifs convertis, à prêcher la nouvelle croyance à Rome de préférence à la Grèce, où ils avaient été honnis et bafoués, parce qu'on ne s'y payait pas de paroles, comme pendant le Bas-Empire. Rome devint alors le siège du chef de la catholicité qui, fidèle à son origine arabe, laissa se convertir en désert cette belle et fertile campagne de Rome républicaine et impériale.
Quand le sentiment du goût fait défaut à une nation, tôt ou tard, d'autres circonstances aidant, elle tombe dans une profonde décadence qui entraîne celle des arts. Voilà ce qui doit expliquer la barbarie pendant les vin", ixe et xe siècles en Italie, la bizarrerie et le fantastique de son architecture à ces époques:
Depuis la conquête de la Grèce, en 1^6 avant l'ère vulgaire, l'Italie avait vu s'élever sur son sol des monuments exécutés par des Grecs ; mais ces Grecs étaient des contemporains de la décadence hellénique, et les monuments qu'ils construisirent subirent, de plus, les exigences de la société romaine. Dans ces édifices on avait introduit l'arcade à la place de l'architrave, substitué la voûte et la coupole au plafond horizontal. Durant les guerres et les tourmentes qui se succédèrent depuis le m* jusqu'au ixe siècle, les arts et les sciences tombèrent dans une grande décadence. A Rome même, dit un auteur moderne, des factions sauvages de nobles combattaient pour la possession du pouvoir, des femmes coquettes et de mauvaise vie' pouvaient saisir une influence permanente et procurer la tiare à des jeunes gens et à des créatures méprisables. Dans le reste