MONUMENTS DE RAYENNE
d'épaisseur, dont le sommet s'élève à 7" 68 au-dessus du sol de ia rotonde, coupole qui est d'un seul morceau de pierre venant des carrières de l'Istrie. L'élévation totale du monument est de 15» 76. L'étage était entouré d'un portique ou galerie à jour formé soit de colonnes, soit de pilastres, et qu'une voûte en berceau reliait au mur. Un escalier à deux rampes donnait accès au premier étage. Le tombeau d'Adrien et les temples de Vesta à Rome et à Tivoli ont pu servir de types pour le mausolée de Théodoric ; le temple octogone dans le palais de Dioctétien, à Spalatro, a aussi une galerie extérieure, mais au rez-de-chaussée. Tous les détails de cet édifice sont antiques et empruntés au romain. La frise seule du premier étage fait exception. Elle est composée de chevrons terminés au sommet par des rosettes unies, entre lesquelles il y a des feuilles. Le bas des chevrons est noyé dans des postes, ornement qui circonscrit le pied de la coupole du monument de Lysikrates à Athènes, au-dessus des anléfixes. On le voit, il n'y a dans ce tombeau aucune innovation germanique. On ne voit pas non plus dans les monuments de Théodoric d'influences byzantines. Il s'entourait de Romains ; son architecte Aloisius et son statuaire, Daniel, étaient des Italiens.
Après ces monuments élevés par les tiotlis ariens qui n'admettaient point la divinité de Jésus, les catholiques sous la domination des Byzantins, continuèrent à bâtir des églises. Saint-Vital 1 de Ravenne, commencé en 526, et consacré en 567, est oc togone, de iim 55 de diamètre dans œuvre, d'une face à l'autre; sur Taxe des angles, des piliers au nombre de huit, forment un espace intérieur octogone, de 15" 59 de diamètre, autour duquel est, par conséquent, un collatéral. De cette partie centrale s'élève, à 28m 77 d'élévation du sol primitif, la coupole portée sur un tambour octogone beaucoup plus haut que le collatéral. Les intervalles entre les piliers intérieurs, à l'exception de la travée qui fait face à l'est, sont ornés de deux colonnes qui, par leur disposition, forment un demi-cintre en plan, et sur lesquelles repose une portion cylindrique, comme aux quatre angles intérieurs de l'espace central de Sainte-Sophie de Constantinople; ces colonnes sont reliées à leur sommet par un plein cintre. La même disposition se répète au premier étage et, au-dessus des huit gros piliers formant l'octogone, s'élève la coupole circulaire dont le passage d'une forme à
1. Isabelle , La Édi(u-et circulairt$, etc., pl. 45 à 48. — Gally Knight, pl. 9. — Von Quasi, pl. H, fijç. 1 à 5 — Canina, pl. 11?. — Gailhabaud, Monument* aHoen» ri mo~ itmt*.
l'autre, est rachetée par de petits pendentifs. Le chœur, à l'est, est à trois pans à l'extérieur et circulaire à l'intérieur. La plupart des chapelles qui entourent Saint-Vital sont des additions postérieures. Tous les détails de cet édifice sont romains, mais ont été employés d'une manière barhare : le plan seul est une déviation à la forme de la basilique antique, mais rien de plus barbare que le tailloir des chapiteaux, sorte de second chapiteau placé sur celui de dessous. La disposition irrégulière du porche d'entrée semble n'avoir pu être déterminé que par des accidents de la localité. L'extérieur de Saint-Vital est simple et n'offre rien de remarquable.
Saint Apollinaire in Classe, autre église de Ravenne terminée en 569, est une basilique à trois nefs, à plafond horizontal. Il y a dans cet édifice une innovation qui mérite l'attention, c'est la décoration des parois à l'aide de pilastres lisses de peu de saillie, couronnés d'archivoltes et qui forment de fausses arcades ou des arcades aveugles, disposition adoptée dans la nef au-dessus des arcades qui la séparent des collatéraux et de l'extérieur de la claire-voie ainsi que l'extérieur des collatéraux. Par ce moyen, les murs acquièrent de la solidité, et les parois semblent emprunter de la vie à une décoration aussi ingénieuse, réminiscence de la basilique romaine adaptée au climat de l'Orient, où l'on était dans l'usage d'établir des galeries ouvertes. Quant à l'ornementation, elle est très-sauvage et ne retrace plus aucun goût élevé. Nous verrons les arcades aveugles reparaître dans l'architecture mahométane, surtout dans celle de l'Espagne.
Parmi les monuments qui ont quelque analogie avec ceux de Ravenne, nous citerons la cathédrale de Parenzo1, sur la côte d'Istrie, basilique à trois nefs et trois absides , dont les chapjteaux sont aussi barbares que ceux de Saint-Vital de Ravenne; cette cathédrale a un atrium qui la relie à un baptistère octogone, placé sur l'axe principal de la basilique qui à subi de grandes modifications à la tin du xe siècle. Dans l'origine, le dôme de Trieste formait une basilique à trois nefs avec trois absides ; d'un côté il y avait un petit baptistère octogone, et de l'autre une petite chapelle à coupole; mais ces dispositions furent changées au xiv* siècle', ce qui altéra les œuvres des v° et vie siècles. Au vne ou vin* siècle appartient encore une petite chapelle de l'abbaye des Bénédictins à Cividale, dans le Frioul, non
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