‹ Histoire générale de l'architecture Moyen ageChapitre 29 sur 367 · CHRONOLOGIE ROMAINE · texte numérisé non relu

CHRONOLOGIE ROMAINE

Siège et prise de Capoue . 211

Scipion en Espagne 211

La tutelle de Ptolémée Épiphane est déférée au sénat romain 201

Fondation de la puissance romaine en Orient, de 201 à 146

Première guerre de la Macédoine et de la Syrie, de 200 à 190

Bataille de Cynocéphale 197

Soumission des Galate» 189

Loi sotnptuaire d'Orchia 183

Deuxième guerre de Macédoine ... 171 à 168

Loi sotnptuaire de Fan nia 161

Troisième guerre punique, ruine de Carlha^e % 149 à 146

La Grèce devient province romaine 146

Décadence et ruine de la République 146 à 42

Les Gracques 133 à 121

Jugurtha, les Cimbres et les Teutons 118 à 101

Tension entre Marius et Sylla, entre le parti démocratique et aristocratique 100 à 91

Naissance de César 100

Guerre sociale 90 à 88

Première guerre civile 88 à 80

Premiers démêlés de Mithridates avec Rome 88

Sylla prend Athènes, la ruine et en assassine les liHlntMiu-. 86

Spartacus et les gladiateurs; guerres 73 à 71

Conquêtes de Pompée eu Orient 73 à 66

Commencements de César 65

Conjuration de Catilina 63

Premier triumvirat, Pompée, CrasMis, César 58 à 49

Guerre des Gaules 58 i 5n

Guerre civile et dictature de César 49 à 44

Mort de César, qui tombe fous 23 coups de poignard, le 15 mars. . . 44

Second triumvirat, Lépide, Antoine et Octave 43 à 30

Gouvernement impérial de 10 av. l'ère Tulg.

jusqu'à 395 après.

Les Octaviens, d'Octave-Auguste à Galba . . de 30 av. l'ère vulg.

jusqu'à 68 après.

Galba, Othon, Vitellius, de 68 à 69

Les Flaviens, Vespasien, Titus, Domitien 69 à 96

Les Antonins, de Nerva à Commode 96 à 192

Les princes Arabes et Syriens, de 192 à 235

Domination des armées, de 235 à 285

Kpoque de l'organisation monarchique et de la décadence de l'empire

romain, de 285 à 395

Odoacre, roi des Hérules, fonde le nouveau royaume d'Italie 476

CUNSIDKKATIONS <;ÉN KKALES.

Nous avons étudié l'Architecture en Asie, en Afrique et dans l'est de l'Europe : nous y avons vu l'empire d'une théologie savante, profonde et gouvernementale, d'abord sous une constitution monarchique, et ensuite sous l'influence de la démocratie dans ses phases diverses. Nous avons vu ce que cette théologie et ces formes politiques ont produit en fait de monuments et nous avons pénétré dans les sanctuaires de l'Egypte ainsi que dans les beaux temples de la Grèce, et là se sont révélés le principe et le sentiment de l'art dans leur gravité et dans toute leur beauté noble et simple. Nous arrivons aux Romains qui n'ont rien inventé de particulier ni de nouveau en architecture et qui, dénués de l'amour des arts, ont fondé en politique une oligarchie orgueilleuse avec laquelle ils ne furent jamais familiers. Dans les différents pays dont nous venons d'étudier l'architecture, l'on a vu poindre l'art dans de faibles commencements : chez les Romains, au contraire, des siècles se passèrent sans qu'ils eussent de littérature ni de beaux-arts : la construction utile, sans idéal, les préoccupa seule pendant longtemps.

Nous avons dit en commençant cet ouvrage que les tendances, les aptitudes intellectuelles étaient, comme les sympathies morales, impérissables dans les races ou variétés humaines. Parmi les nombreuses preuves à l'appui de ce fait, nous n'en mentionnerons qu'une qui est frappante : la race germanique s'est livrée de préférence avec amour et avec passion à l'étude des antiquités indiennes et grecques, des civilisations qui avaient de la similitude avec la sienne, et au sein desquelles elle retrouva ses origines, comme ses penchants et ses idées. Les Carey, les Marsham, les Jones, les Colebrooke, les Wil-

kins, les Sehlegel, les Bopp, les Lassen, les Bohlen ont embrassé l'étude de la langue, de la littérature et de l'archéologie indiennes. L'histoire de la civilisation grecque, dans toutes ses branches, a été traitée d'abord d'une manière approfondie et toute spéciale par des Anglais et des Allemands, tels que Hind ( 1707), Stanyan (1707), Goldsmith (1776), Robertson (1777), Guthrie et Gray (1764), Gast (1782), Mitford (1784), Gillies (1786), Thirlwall (1835). Grote, Clinton, Bœckh, K. 0. Mûller, Schlosser, Hermann, Welcker, Wachsmuth, Schœmann, Preller, etc., etc. La science germanique s'est surtout attachée à pénétrer dans le génie de la religion grecque; nous citerons Heyne, Creutzer, Schclling, Baur, K. O. Millier, Hermann, Voss, Lobeck, etc., etc. Deux artistes anglais, Stuart et Hevett, de retour d'un séjour prolongé en Grèce, ont commencé l'étude et la publication des monuments d'Athènes, continuées avec tant de zèle, d'amour et de succès par la Société des Dilettanti de Londres; dans les temps modernes, des architectes allemands ont poursuivi infatigablement l'œuvre si bien commencée par les Anglais, leurs frères de race. La géographie de la Grèce ancienne a été étudiée et précisée par K. O. Mïiller, Mannert, L'kert, E. Curtius, Forchhammer, Bobrick, Kiepert, Spruner, dont les œuvres charment les amateurs du beau pays de la Grèce.

La science française, qui reflète les sympathies des races latines, est restée, il faut le, dire a regret, relativement indifférente ou en dehors de ce grand mouvement scientifique vers l'antiquité grecque et indienne. En France, l'histoire et les antiquités romaines ont attiré et ont fixé de préférence, à quelques illustres exceptions près, l'attention des savants et des artistes. Rollin (1730), de Brosses (1777), Beaufort (1750), Montesquieu (1734), Levêque (1807), Levesque de Pouilly, Michelet, Desgodets (1682), Mazois, Caristie, Letarouilly, etc., ont étudié l'histoire et les monuments romains. Depuis un demi-siècle, la Grèce n'a rencontré que peu de sympathie au sein de la science française, la cause en est dans les instincts de races qui sont indestructibles et qui se manifestent dans la science comme dans les arts. Pendant le xvih' siècle, l'esprit des études, écho retentissant encore du grand mouvement contre le moyen âge sémitique qui éclata avec la Renaissance, était dans une meilleure voie qu'aujourd'hui : plus universel, plus impartial, beaucoup moins terre à terre. De nos jours, les académies et l'université, imbues des idées et des sentiments qui animèrent aussi la société latine, et qui sont

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si opposés et si inférieurs en tous points aux idées et aux sentiments de la civilisation grecque, favorisent exclusivement les études et les travaux sur les antiquités et les auteurs romains, en couronnant celles qui n'ont rien de cette valeur, de cette portée qu'on remarque dans les œuvres identiques chez d'autres nations. En étudiant avec soin les livres qui sortent de l'incubation universitaire, on est frappé de ne rencontrer que des œuvres de rhétorique, des œuvres de style il est vrai, mais qui ne s'att;«chent toujours qu'à la langue et jamais au fond des choses. Les Académies et l'Université ont donc leur langue, leur méthode, leur forme officielle, leur matière propre : elles ont même une espèce de petit argot (qu'on nous passe l'expression), et cet ensemble constitue le creux scientifique dont elles se targuent et se glorifient d'une façon si gratuite : leur savoir n'est qu'un savoir nominal. Toutefois, les esprits pénétrants, au jugement droit et sain, retrempés par une élude honnête et sincère des grandes traditions grecques, du génie de l'époque dite orphique, éclairés par la science moderne, s'éloignent de cette voie fatale, et l'opinion publique en France commence à sentir l'imperfection, les vices mêmes des travaux universitaires et académiques qui tendent à mïridionaliser et à phtHicianiser la France, s'il est permis de se servir de ces mots. On commence à battre en brèche les universitaires à cause de leur éclectisme ; tôt ou tard ils seront obligés de rendre les armes, s'ils ne changent pas d'allures et de tendances. Pour l'observateur sérieux, un puissant courant s'établit dans le public; ce courant, dirigé par des esprits indépendants et d'une valeur scientifique réelle, acquiert chaque jour de nouvelles forces pour combattre les idées académiques.

De même que les écrivains français, les architectes, quant à ce qui les concerne, se sont de préférence livrés à l'étude de l'antiquité romaine. A peu d'exceptions près, ils n'ont pas été au delà de l'Italie : liome surtout les a retenus sur ses collines. Aussi ne voyonsnous en France que la continuelle et monotone imitation de l'architecture romaine, imitation principalement due à l'esprit dont est animée et que perpétue l'Académie, et dont le sentiment du beau ne franchit pas le Forum pour aller jusqu'à l'inspiration architecturale accomplie de la Grèce. L'Académie se meut dans le même cercle d'idées que l'Université: toutes deux ont le même esprit et se trouvent forcément en lutte avec le même courant de l'opinion publique qui monte sans s'arrêter. Nous l'avons dit ailleurs, et nous le répétons ici : ces

corps savants pensent, travaillent et agissent dans un esprit contraire au sentiment du beau et du vrai, et aux sympathies des races européennes occidentales, et en opposition avec le monde des réalités: ils fourvoient ou blessent ainsi les nouveaux rapports pratiques qui sont en voie de s'établir dans la société moderne.

Les arts, et l'Architecture plus spécialement, ne sont pas en dehors de ces rapports; agents actifs dans la société où ils se manifestent, ils participent en bien ou en mal aux vertus ou aux vices qui régnent dans une nation. L'Architecture est une des expressions de l'harmonie, ou du désordre qui guident un peuple ou une civilisation.

Sous la Home royale, l'art gréco-étrusque fut en usage: mais sous la constitution oligarchique, sous le gouvernement aristocratique qui furent substitués à la monarchie étrusque, il ne régna dans Rome • qu'un esprit de guerre et de conquête, antipathique à l'inspiration comme à la pratique des lettres et des arts. Les Romains s'étaient donné la mission de soumettre peu à peu le monde, de dépouiller les nations pour vivre des tributs qu'ils leurs imposeraient, afin de mener une existence d'oisifs, source de cette longue suite de vices dont leur histoire offre le spectacle hideux. Il y eut ensuite des tourmentes et des luttes intestines qui furent défavorables aux arts.

Quand le gouvernement du pntriciat oligarchique périt, une autre sorte de tyrannie s'éleva à sa place : l'empire arriva qui s'efforça de remettre quelque peu l'ordre et la paix dans l'État. Alors l'Architecture prit un nouvel élan et reçut un essor nouveau, sans produire toutefois des créations susceptibles de satisfaire le sentiment du beau et du vrai. Chez les Romains, l'art fut surtout et resta toujours l'expression de la vanité, de l'amour du luxe et du faste, d'une magnificence née d'un orgueil vulgaire; les Romains ignoraient le respect et l'estime de soi, celte vraie dignité de l'homme, si parfaite et si accomplie chez les Grecs jusqu'au siècle d'Alexandre. Le Romain de l'empire ne vivait pour ainsi dire que par les sens et surtout par les yeux : étonner, émerveiller et captiver la foule était son éternelle tendance.

La littérature romaine prouve de son côté que les Romains n'avaient pas de vraie science. Elle est en général vide d'idées, basée sur des abstractions qui ne pouvaient entrer et qui ne sont jamais entrées dans les réalités du monde intelligible. Les auteurs romains ne sont pour la plupart que des rhéteurs çt des avocats qui ont formé la langue du vide emphatique, en créant un arrangement de paroles

creuses, d'idées vides qui ne touchent en aucune minière à la connaissance du vrai, comme la langue grecque, par exemple. Tulle était la littérature, tels aussi les beaux arts : leur origine est identique, les Romains n'ont rien inventé, rien créé de consistant, rien produit d'original. Leur art, dintié de science, n'est qu'une copie tardive et atrophiée de la décadence de l'art grec, copie aveugle et inintelligente. Ils restèrent longtemps sans sentir les résultats salutaires de l'art, tant leur existence était matérielle et vide de poésie réelle. En effet, pendant cinq siècles entiers, depuis l'établissement du gouvernement consulaire jusqu'à la venue de l'empire, Rome resta pour ainsi dire sans monuments d'architecture, et pendant cette époque l'histoire de Rome ne nous parle que des immenses richesses de quelques familles acquises par l'usure et le travail des esclaves, l'affreuse misère et l'abject opprobre d'une foule innombrable croupissant dans l'esclavage et d'un peuple profondément démoralisé par la tyrannie perverse et patricienne qui pesait sans relâche sur lui. Ce n'était pas sous de semblables auspices que l'art, que la vraie poésie dont l'essence est la liberté, l'ordre et l'harmonie, pouvait être conçu et se produire sur les ailes du génie. A Rome, l'art ne fut appliqué qu'à l'utile ou employé au déploiement du faste inintelligent et brutal du parvenu : il ne pouvait donc que ramper ou se rabaisser.

Nous l'avons dit : en littérature, dans les arts il n'y eut chez les Romains rien d'original ni de solide, rien d'une création effective et spontanée, comme chez les Grecs, qu'ils ne firent qu'imiter en fait d'art aussi bien qu'en philosophie et dans les autres sciences. Les Romains n'ont eu quelque originalité et distinction relatives que dans l'éloquence, dans certains épisodes de l'histoire et dans l'arrangement de leur jurisprudence. Mais jamais le peuple romain ne fut civilisé et policé comme la nation grecque; un sot et plat orgueil l'en empêcha: les fonctionnaires et les grands capitaines seuls avaient le respect et la vénération de l'opinion publique, les savants comme les artistes, ainsi que le reste du peuple, n'étaient que très-médiocrement estimés. Il manquait aux Romains abstraits toutes les facultés supérieures de l'esprit, tous les sentiments tendres du cœur et de l'ame. Aussi leur histoire n'est-elle que le récit d'agressions continuelles, qu'une série de crimes, de violences, de meurtres et d'assassinats. Cette série commence sous quelques membres de la royauté, elle se continue avec plus d'intensité sous l'oligarchie nommée République ; sous les empereurs, cette suite de crimes avait atteint son il. s

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point culminant. Que de perfidies et d'homicides exercés pour lu conquête du Latium, de l'Étrurie, de Tarente, de l'Italie méridionale et de l'Italie du nord ! Ces ruses et ces crimes se continuent sans interruption pendant la première guerre punique et pendant la conquête de la Sicile; en se rendant maîtres de Syrakuse, les Romains y firent un butin énorme qui devint la source de leur faste. Les excursions maritimes des lllyriens avaient mis les Romains en communication avec les Grecs. La conquête de l'Étolie et de la Syrie, de la Macédoine, de Corinthe et de Carthage, versa des trésors immenses dans Rome, qui produisirent le luxe le plus effréné, et amenèrent une innombrable suite de vices de tout genre. Les Romains, aussi féroces que les Arabes, établirent pour leur plaisir, en l'année 263 avant l'ère vulgaire, les jeux des gladiateurs. Peu de temps après, Rome eut les luttes homicides et sanglantes du cirque et enfin les combats d'animaux qui devinrent l'unique plaisir, la seule réjouissance, la seule préoccupation populaire! Quand l'esprit et le cœur d'une nation se repaissent journellement à de semblables divertissements, elle n'a pas de place pour les jouissances et les plaisirs réels et élevés que procurent les arts et les lettres. L'action du Romain n'était que politique, égoïste, vaniteuse. Aussi pendant cinq siècles ne fut-il uniquement préoccupé que de conquêtes, de guerres et de déprédations, et ce ne fut qu'au vr siècle de l'ère de Rome, quand les Grecs les lui firent connaître, qu'il pensa à la littérature et aux arts, dont il avait cependant reçu longtemps auparavant les germes par les Étrusques. Le voisinage de la Grande Grèce n'a eu qu'une faible influence sur Rome. Ce fut seulement après la conquête de la Grèce, qui dévoila aux Romains toutes ses beautés et toutes ses richesses passées dans les arts, qu'ils songèrent enfin à policer leur langue, à cultiver la littérature, l'architecture et la sculpture.

L'excès et les conséquences brutales de la passion guerrière des Romains causèrent l'absence des beaux-arts et la corruption que l'his- " toire fait voir chez eux. Commencée sur une vaste échelle à partir du triomphe sur Pyrrhus (275 avant 1ère vulgaire), cette corruption s'accrut de plus en plus pendant les guerres puniques en l'année 264. Après la chute de Carlhage, en H6, la grandeur romaine fut échafaudée sur la |)erle et la ruine du inonde ; les arts et la littérature romains ne furent que le fruit de la violence, du luxe et de la force. Plus que tout autre, Marcel! us inaugura ce système funeste qui consistait à enlever les œuvres d'art des lieux où on les estimait et où

CONSIDÉRATIONS GÉN ÉRALKS.

on les aimait, où les souvenirs du passé y étaient attachés, et cela dans l'unique but de les faire servir à la décoration d'une ville dont la population tout entière, au contraire des Grecs, n'en avait ni l'amour ni le sentiment, à l'exception de quelques familles formant la haute société et réglant le bon ton. Quand les Romains rappelèrent, en 212, Marcellus de la Sicile en Italie, pour conduire la guerre qui menaçait l'empire sur le sol romain même, il revint et, à cette occasion, il fit enlever la majeure partie des plus belles œuvres d'art de Syrakuse, pour servir à la pompe de son triomphe, et d'ornement à la ville de Rome. Car avant cette époque, dit Plutarque, Rome n'avait aucune de ces œuvres distinguées par leur beauté et que, dans leur genre, on nomme importantes; le charme aimable des arts était encore loin d'elle ; rien de travaillé ni d'agréable ne la parait encore'. Tous les capitaines postérieurs renchérirent sur la conduite de Marcellus.

A propos des divertissements et des féh's grossières, calculées pour une foule ignorante, qui, chez les Romains, remplaçaient les fêtes et les luttes scéniques de la musique et de la déclamation, nous devons citer un fait qui fera comprendre l'esprit du peuple. Fulvius, vainqueur de la ligue œtolienne, n'avait pu lever que peu d'argent sur la population d'un pays ruiné par la guerre: les .ttoliens n'avaient pu payer mille talents, et il avait fallu se contenter de la moitié (2,070,000 fr.) ; il n'en ordonna pas moins des jeux dans lesquels on vit des chasses de panthères et de lions, ainsi qu'un luxe varié de curiosités de toute sorte et qu'on peut comparer à ce qui était en usage du temps de Tile-Live. A cette occasion, parurent aussi des artistes et des athlètes grecs. Mais la magnificence de ces jeux éveilla la jalousie de Lucius Scipion, qui auparavant H à la suite de la victoire sur Antiochos, en 190, n'en avait point donné au peuple romain (quoique Antiochos eut payé 15,000 talents, ou 62,100,000 fr. au vainqueur), prétextant alors un vœu, il demanda au monde romain de lui accorder les moyens d'en donner. Après la victoire remportée près de Magnésie, il avait été condamné à la restitution de sommes soustraites au trésor public; les princes ainsi que les villes asiatiques durent lui paver des tributs considérables et envoyer à Rome leurs jongleurs et leurs artistes dramatiques. Les divertissements donnés par Scipion durèrent dix jours, et, dès cette époque, les

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