‹ Histoire générale de l'architecture Moyen ageChapitre 307 sur 367 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

DU XIII* JUSQU'AU IM SlfcCLt

Si l'ogive, avec son système complet de style, amenée par une nécessité absolue de construction, avait satisfait l'esprit rêveur, poussé au mysticisme et à la tristesse les sentiments des peuples du nord de l'Europe, il n'en fut point de même en Italie. Malgré l'action directe de l'Église, les Italiens, vivant au milieu d'une nature riante, et entourés de monuments antiques, ne purent sympathiser avec le slyle qui avait pris naissance dans le Nord, où, le ciel et le climat aidant, l'àme avait suivi une direction qui la conduisit à la fin à la divagation et au fantasque monotone. Cette architecture verticale, dégénérée jusqu'à faire de véritables cages vitrées des monuments, ne fut pas comprise en Italie, où un grand nombre de vénérables traditions du passé attachaient l'homme à la terre qu'il foulait, l'attachaient encore à la normalité des formes et des mesures que la natuie lui offrait. L'église voûtée du Nord n'avait pénétré, durant l'époque romane, que dans les contrées septentrionales de l'Italie qui avaient légèrement subi les influences de voisinage ; dans le centre de l'Italie, à Rome comme en Toscane, où le goût se maintint toujours dans une grande élégance, en Toscane surtout où le sentiment du beau était, pour ainsi dire, inhérent au sentiment populaire, la basilique à plafond horizontal se maintint constamment, sans s'écarter des réminiscences de l'antiquité.

Mais en Toscane et dans le centre de l'Italie, où certains monuments montrent l'emploi de l'arc à tiers-point, cet arc semble, avec la simplicité qui l'accompagne, être plutôt venu du midi de l'Italie et de la Sicile que du Nord de l'Europe. Jamais les Italiens du centre et

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d'une partie du Nord n'ont pu admettre les faisceaux de colonnettes qui composent les piliers des grandes cathédrales du Nord, lis sont restés logiques en donnant, pour l'œil, de la solidité aux grands supports destinés à porter les parties supérieures du monument. Ces supports sont toujours vigoureux, avec d'assez larges faces planes et coupés dans leur élévation au moyen de cordons et de chapiteaux. Au Dôme de Florence, par exemple, les piliers de la nef ont 28 mètres d'élévation jusqu'à la naissance des arcs-doubleaux ; à 1 0m70 du sol, ils sont coupés par un chapiteau; à 20m 50 par la continuation horizontale de l'archivolte des arcades; à 25™ 50, l'architecte a placé un second chapiteau, et à 28 mètres du sol, enfin, commence la corniche sur laquelle est appuyée la balustrade. Nous n'hésitons pas à voir* dans les ogives de la nef de ce Dôme l'imitation des ogives mahométanes de la Sicile ; qu'on les remplace par des pleins cintres, et l'harmonie du monument n'en sera nullement altérée. C'est que là l'ogive n'est qu'une forme, et non la conséquence rigoureuse d'un système complet d'organisme, comme dans le nord de l'Europe. Dans les détails, l'architecture de l'Italie centrale a fait des emprunts à labiale et au duché de Uénévent qui, eux-mêmes, subirent une influence byzantine en se souvenant toutefois continuellement du grec et du romain de l'antiquité. Pour ne citer qu'un exemple, il suflit de voir les fenêtres des façades latérales du Dôme de Florence. Quant à la substitution du plein cintre à l'ogive dans les monuments italiens, nous en avons un exemple dans la Loggia dei Lanzi à Florence. Jamais en Italie le goût ne fut en décadence comme il le fut dans le Nord, dans les monuments du style flamboyant en France, et perpendiculaire en Angleterre.

Pendant la première moitié du xmc siècle, un seul souverain régnait sur presque toute l'Italie : c'était Frédéric II, intelligence supérieure et distinguée, qui a eu le mérite d'avoir pensé davantage au bien-être et au bonheur terrestre de ses sujets que la plupart de ses contemporains. Ses luttes avec les papes et des princes superstitieux et fanatiques, qui n'avaient que l'égoïsme pour mobile, engagèrent aussi l'Empereur à bâtir plutôt des forteresses, des ponts, des aqueducs, etc.. que ces monuments destinés à maintenir le fanatisme et à éloigner les hommes du travail nécessaire à la vie terrestre. 1/architeeture ogivale du Nord semble n'avoir pas été sympathique à Frédéric II. Dans les restes des édilices élevés a son instigation, régnent l'architecture romane, et plus particulièrement encore le romain de

CONSTHICTIONS DE F H É D É B I C II.

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