HU
l'antiquité. Nicolas de Pise, Barthélemi, Nicolas Masuccio, Thomaso de' Stefani, employés par Frédéric, sonl des artistes qui cherchèrent une restauration de l'art, une renaissance du sentiment du beau naturel et possible, en quittant les types et les traditions sacerdotales. Il n'en pouvait être autrement, guidés qu'ils étaient par l'empereur, » leur Mécène, qui dessinait lui-même et qui faisait preuve de bon goût et de science en architecture. Pendant sa croisade, en 1228, il avait vu un grand nombre de monuments antiques détruits depuis par les Arabes. Là, dans le Levant, il avait formé son goût et fixé ses efforts pour faire revivre l'architecture de l'antiquité dont il lisait et comprenait les auteurs. Quand il envoya une série de ces auteurs à l'Université de Bologne, il lui écrivit en même temps que « la science doit aller côte à côte avec l'admiuistralion, la législation et l'art de la guerre, parce que autrement celles-ci, succombant aux tentations du monde et à l'ignorance, tomberaient dans l'oisiveté ou dégénéreraient sans frein au delà de toutes les bornes permises. C'est pour cette raison que dès notre jeunesse nous avons cherché la science, et que nous l'avons aimée dans sa forme propre... Nous avons consacré sérieusement à la lecture d'excellents ouvrages nos moments de loisir, afin que l'âme s'éclairât et se fortifiât par l'acquit de la science, sans laquelle la vie de l'homme est privée de sa règle normale et de la liberté, etc. \ On voit que l'Empereur était en opposition avec l'ignorance et l'obscurantisme de son temps et en général de ceux du moyen âge, et il a le mérite d'être le fondateur de la Henaissance. Mais la papauté voyait la conversion de l'esprit du temps; elle comprit le danger qu'il y avait pour elle si on laissait passer la sagesse des lois édictées par l'Empereur, et elle lança sur la société les moines enthousiastes de l'ordre de Saint- Dominique et de Saint- François. Deux siècles plus tard, les Grecs de Constantinople, . chassés par les Turcs, développèrent la renaissance commencée au xine siècle par Frédéric et ses contemporains.
Le temps, les tremblements de terre et les guerres ont détruit les palais que Frédéric avait élevés dans les plus beaux sites de l'Italie méridionale. De son palais de Foggia2, bâti par l'architecte pisan Barthélemi en 1223, il ne reste qu'une porte d'entrée d'un style tout à fait antique. Du palais de Castel del Monte \ non loin d'Andréa,