STYLE ROMAN D'ESPAGNE
L'architecture romane de l'Espagne porte le même caractère que celle du midi de la France, et elle a en général suivi les mêmes vicissitudes que le style à plein cintre des autres pays de l'Europe méridionale, en subissant toutefois certaines modifications amenées par les localités et l'esprit des habitants. On connaît encore fort peu l'histoire de l'architecture en Espagne, parce que ce pays a montré peu de zèle jusqu'à présent pour la publication de ses antiquités monumentales. On est réduit à une maigre série de documents, et quant aux planches, on ne s'est guère occupé que de la publication des édifices espagnols du xv* siècle et de ceux de la Renaissance.
Parmi les églises les plus anciennes, on cite celles auprès de Penalva, de Celanova, fondée vers 977, de San Zaornin de 968, de Barcena de 973, de Santiago, de Civea, consacrée en 983, et de San Millan de la Cogulla de Suso. La cathédrale de Jaca est un monument fondé en 1063, qui a dans sa nef des colonnes alternant avec des piliers. Viennent ensuite l'église de Loarre, le couvent de Monte-Aragon, tous deux non loin de Huesca, et les restes de la cathédrale de Calahorra. Le couvent de Saint-Miguel in Excelsis, dans la Navarre, est antérieur à l'année 1096. La petite église de San Pablo del Campo à Barcelone a de petites frises à plein cintre dans sa façade, et elle date du xi* siècle.
Les monuments de la fin du style roman, en CatalQgne, sont plus importants que ceux que nous venons de citer. La cathédrale de Tarragone est de ce nombre. Elle appartient aux xn» et xin* siècles. Le chœur paraît être la plus ancienne partie de l'église; l'intérieur de la nef est identique aux monuments du nord de la même époque. Les piliers de celte nef sont carrés et flanqués de colonnes, et il y a lieu d'admettre qu'on a eu primitivement l'idée de la couvrir en voûte en berceau ; car les voûtes d'arêtes actuelles avec les fenêtres de la clairevoie sont d'une époque postérieure. La façade est du commencement du xm* siècle. Ce fut en 1131 que des artisans et des artistes normands commencèrent la cathédrale de Tarragonc. Viennent ensuite les cathédrales de Solsona et de Lérida, l'église du prieuré de Sainte- Anne de Barcelone, ainsi que l'église conventuelle de San Domingo de Girone, toutes de l'époque de transition à laquelle appartient aussi l'église de Saint-Pierre d'Olite. Parmi les cloîtres de cette époque sont ceux de San Pablo del Campo de Barcelone, de la cathédrale de Girone, de San Cucufate del Vallès, auprès de Barcelone, de San Benito à Baiges, des cathédrales de Tortose et de Tarragone. Dans la Navarre, il n'y a de remarquable en fait de cloître que celui de Pampelune.
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Le petit monument de Girone, appelé vulgairement Bains arabes, n'est point arabe. Il fut élevé, après la domination arabe sur Girone (de 7U à 830), par les chrétiens à la fin du xn- siècle, dont il porte le caractère, malgré ses arcades en fer à cheval; il a liB<i80 avec un octogone central de 3 mètres de diamètre environ , formé de huit colonnes grêles et isolées supportant une, galerie à jour, surmontée d'une coupole, haute de 9" 50 à partir du pied des colonnes.
Au nombre des plus anciens monuments romans de la Castîlle septentrionale, on compte l'église de Villamayor , San Salvador de Fuentes, l'église du prieuré de Saint-Antolin, et une partie du monastère de Célorio. Le chœur de l'église du couvent de las Huelgas de Burgos, à trois nefs avec piliers carrés à angles tronqués, est du commencement dii xn« siècle; celle de Saint-Isidore de Léon fut élevée vers le milieu du xi# siècle par maître Pedro Vitamben : elle a trois nefs, des piliers carrés flanqués de colonnes engagées. Nous nommerons encore, de l'époque romane, les églises de Sanlillana auprès de Palencia, de Corullon, non loin de Ponferrada, de Sainte-Marie d'Astorga, de Santiago de Zamora, etc. Dans les provinces centrales d'Espagne, se trouve une catégorie d'églises qui ont comme des sortes de galeries de cloître sur leurs faces nord et sud; telle est entre autres l'église de San Millan de Ségovie », très-simple mais fort élégante. L'église des Templiers, à Ségovie, de l'année 120i, est remarquable par sa disposition ; elle est à douze pans de 20 mètres de diamètre , avec trois absides et voûtes en berceau, Le centre, également à douze pans, ne communique avec le collatéral qui le circonscrit qu'au moyen d'une seule ouverture. La porte d'entrée, légèrement à ogive, est ornée de chevrons; l'ensemble de ce monument a un caractère septentrional *. Parmi les édifices de la dernière et plus riche époque du roman, nous citerons encore la cathédrale de Zamora et l'église Sainte-Madeleine de la môme ville, la collégiale de Toro, l'ancienne cathédrale Saint-Adrien, de 1156, et San Olalia de Salamanque. La cathédrale d'Avila est de la transition, avec arcs à ogive ; nous nommerons encore la cathédrale de Ciudad Rodrigo, dont l'architecte se nommait Benito Sanchez; l'église de Ceïnos, au nord d'Aguilar, celle de. Villamurial, auprès de Palencia; le prieuré du monastère de Beuevivere, non loin de Carrion de los Condes; la collégiale de Sanguirce, au nord de Burgos, l'église de Frias, etc.
I. (Jnillwbaii.l, Architecture du v* au xvi* siècle. — 2. Ici.