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Chipltcau «le l'Alhambra

qu'on est dans l'habitude de faire. L'ensemble des constructions actuelles tiendrait aisément dans la cour du Louvre.

En face de l'Alhambra, sur la rive opposée du Darro, est situé le Généralife, l'élégante habitation de campagne des princes de Grenade et contemporaine de l'Alhambra. Le Quarto Real de Sau Domingo, la Casa de Moneda et la Casa del Carbon , sont des restes de maisons qui ont appartenu aux grands de l'empire.

ESPAGNE

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ESPAGNE

Quelque reléguée que paraisse l'Espagne, à l'extrême sud-ouest de l'Europe, entourée de trois côtés par l'Océan et la Méditerranée et défendue au nord, semble-t-il , par les Pyrénées, cette contrée a été cependant exposée de tout temps à des invasions étrangères. Dans la nuit des temps, elle fut peuplée par des Ibères (Mongols), à la peau brune, aux cheveux noirs, peuple d'idiome euskarien, dont le basque est le dernier débris. Ces Ibères possédaient depuis une longue suite de siècles leur pays, et ils défendirent pied à pied leur héritage contre une autre race de haute taille, à la peau blanche, aux yeux bleus, qui venait du Nord et de l'Orient. C'étaient les Celtes, qui se confondirent avec les Ibères et prirent le nom de Celtibériens. Dans des temps même antérieurs à Homère, des Phéniciens avaient établi des colonies sur les côtes d'Espagne, et plus tard, les Grecs les imitèrent. De ces côtes ces étrangers inquiétaient la population celtibérienne de l'intérieur de la Péninsule. Quand Carthage chqrcha à saisir la domination des mers, et quand Rome s'efforça à faire subir son, sceptre à toutes les nations connues de la terre, les deux rivales se disputèrent la possession de la fertile Espagne, si abondante en métaux de tous genres, et la grande presqu'île pyrénéenne devint une province romaine, à la suite d'une lutte longue et désespérée avec ses habitants, rompus à la guerre. Au commencement du ve siècle de l'ère vulgaire, des essaims de Vandales, d'Alains et de Suèves inondèrent l'Espagne en traversant les défilés dangereux des Pyrénées, qu on avait laissés sans défense. Peu de temps après, ces conquérants furent suivis des Visigoths qui venaient de la Vistule et de la mer Noire, et qui avaient traversé le sud de l'Europe pour aller enfin s'abattre sur l'extrême Occident. A la

fin du vne siècle, les Mahométans commencèrent la conquête de l'Espagne : en 711, ils gagnèrent la bataille de Xérès de la Frontera, qui mit fin à la monarchie des Goths occidentaux. La plus grande partie du sud de l'Espagne devint une province dépendante du califat de Bagdad. Du sud, les Arabes mahométans remontèrent vers le nord, d'où, ayant conquis les contrées septentrionales de l'Espagne, ils traversèrent à la fin les Pyrénées, inondèrent l'Aquitaine et s'avancèrent jusqu'à Tours, où Charles Martel les tailla en pièces, en 732. La France en fut à jamais délivrée. Mais les mahométans se maintinrent dans la plus grande partie de l'Espagne jusqu'en l'année U92/où la conquête de Grenade termina leur domination.

Un mélange aussi varié de races et de peuples, si opposés de principes et de mœurs, ne put qu'être funeste au développement des arts. Les Romains seuls y laissèrent des monuments qui n'inspirent que médiocrement les conquérants postérieurs de l'Espagne. A l'opposé de l'Italie, ce pays offre des arts où les traditions antiques furent à peine suivies. L'ombre des arts de la Grèce projetée au moyen des Romains sur la Péninsule ibérique, ne laisse point de traces, effacée qu'elle fut par l'action des mahométans. La grandeur, l'élégance et la grâce architectoniques ont fait défaut aux édifices espagnols pendant le moyen âge. On y voit régner l'arbitraire, le fantastique, le bizarre même, accompagnés d'une surcharge prodigieuse d'ornementation qui est rarement d'un goût élevé. On sent partout et toujours l'influence mahométane, qui a naturellement perpétué l'esprit sauvage du désert dans les belles et riantes contrées du sud et de l'est de l'Espagne. C'est encore à cotte pernicieuse influence qu'il faut attribuer l'ignorance, la superstition et le fanatisme religieux ' de ce pays, qui sont si contraires à la conception et au développement des beaux arts. Dominique, les cardinaux Mendoza et Ximénès, Torquemada, Philippe II, Loyola sont des produits de l'Espagne : là se passe l'histoire la plus odieuse de4 l'inquisition *, et les combats de taureaux rappellent les scènes sanglantes des amphithéâtres romains sous les empereurs durant la pire époque de l'histoire de Rome. Le génie des beaux-arts est contraire à un pareil ordre de choses.

1. En mars de l'année 1H62, des exemplaire* en langue française des œuvre» de Voltaire furent brûlt-H à Alitante.

2. .Sous le règne «le Ximénè*, le Richelieu espagnol, 2,53G personnes furent brûlées vivantes, l,3rtH brûlées en effinie, et 46,2<>3 condamnées à des pénitence» direrse*. Llorente, vol I, p. 418 et suivante».

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