LA MAISON ROMAINE
la Casa Calabra, un souvenir, un modèle des mœurs antiques el un type des anciennes maisons.
La dénomination du toit même, culmen, de culmus, paille, a perpétué l'usage des toits antiques de paille, qu'on peut se figurer d'après h*s coffrets en question', et qui ressemblent aussi aux toits en paille ou en chaume des maisons de la Westphalie, du Holstein et généralement du nord de l'Allemagne. Ces toits sont formés de pièces de bois en croix formant ferme ou pignon, dont les extrémités dépassent leur intersection pour former comme une. fourche ou une paire de cornes. Sur ces pièces, sont posées horizontalement d'autres plus petites en suivant le rampant, et sur cette sorte de grille est établie la couverture de paille, de mousse ou de terre grasse.
La maison chez tous les peuples a donné naissance à l'art et à la tectonique. La maison primitive de l'homme en Italie se composait de quatre murs avec un toit aigu, formant un espace rectangulaire qui laissait échapper la fumée et recevait la lumière au moyen d'une ouverture au centre du toit, cavum œdium, correspondant à un puisard pratiqué dans le sol. En dessous de cette couverture noire, la nourriture était préparée et consommée, les pénates vénérés, le lit conjugal y était placé et le cercueil y était également dressé à l'occasion. Là le mari recevait ses hôtes, et là aussi la femme fdait entourée de ses servantes. La maison primitive n'avait point de vestibule, à moins qu'on ne veuille faire passer pour tel l'espace découvert qui séparait la porte d'entrée de la rue ou de la voie publique, et qui reçut son nom de vcstibulum, lieu d'habillement, parce qu'on avait l'usage de vivre chez soi en habit de dessous et qu'on ne se drapait de la toge qu'en sortant au dehors. Il n'y avait point de distribution intérieure proprement dite, mais des chambres à coucher et des pièces à provision rangées au pourtour intérieur des murs. Il n'était point question encore d'escaliers ni d'étages.
Ce qui caractérise principalement la maison primitive italique, et ce qui frappe encore dans l'architecture postérieure de l'Italie, c'est la coutume de disposer certains espaces destinés à l'usage de la famille au pourtour d'un espace principal, central et à ciel ouvert, destiné à l'usage de tous. Cet espace principal était appelé atrium ou
1. La forme de ces coffrets, qui reproduisent évidemmeut celle des plus anciennes maisons italiques, ressemble à la forme des maisons du centre de l'Asie et surtout à celle des maisons chinoises, ce qui vient concourir avec d'autres preuves philologique* surtout à établir l'origine orientale des fctmsqnes.
cavœdium, et quoiqu'il soit certain qu'il fut le point de départ pour la conception de la maison italique primitive, les Toscans devancèrent les autres peuples de la Péninsule dans son développement comme dans son perfectionnement. Les Romains, en imitant le type toscan, en nommèrent une certaine forme cavxdium tuscanicum, et l'atrium, quoique pris par quelques auteurs pour ie plafond noirci par la fumée de l'àtre, était, aux yeux de Varron, une dénomination plus directe de l'origine toscane, c'est-à-dire comme la cour ainsi disposée primitivement par les habitants de la ville de Hatria.
Dans le cavaedium toscan ou étrusque, un toit étroit formait saillie sur toutes les parois des murs à l'intérieur de la cour, n'ayant aucune colonne pour le soutenir, mais maintenu simplement dans l'espace par des poutrelles ou chevêtres dans les angles. L'ouverture centrale était nommée impluvium, et le renfoncement dans le sol destiné à recevoir les eaux pluviales, compluvium; cette disposition était sans aucun doute la plus usitée. Si des colonnes ou des poteaux soutenaient les angles du toit, alors ce genre se nommait cavxdium tctraslylam. Une troisième espèce était le cavxdium corinthien dans lequel une suite de colonnes s'étendait comme support de la couverture autour de l'impluvium. Ce qui prouve aussi que celte espèce était réellement étrusque importée de Corinthe peut-être chez les Romains par l'intermédiaire de l'Iûrurie, c'est que Diodore fait remonter à des modèles étrusques les Trepiaroa, destinés aux serviteurs et à éloigner de l'intérieur le bruit et la foule. La quatrième espèce enfin était le c. lestudinatum, employé dans les petits atriums et où une seule couverture recouvrait l'espace.
Diopus, Ecphantus, Euchir et Engrammus (belle-main et dessinateur du beau) sont nommés comme étant venus de Corinthe avec Demaratos, l'ancêtre des Tarquins, à Tarquinii. Ces noms ont peutêtre une signification générale et expriment une renaissance, un développement des arts. Peut-être même sont-ils plus anciens que la date assignée (milieu du vu* siècle avant l'ère vulgaire) aux personnes auxquelles on les a donnés. Corinthe brillait surtout par son commerce considérable et étendu; l'industrie et les arts manuels y étaient annoblis, et on y faisait grand cas des artistes'. Cette ville a donc pu influer, par ses relations commerciales, sur les villes et les contrées qui étaient en rapport avec elle. Le nom de cavaedium coriuthien, que