‹ Histoire générale de l'architecture Moyen ageChapitre 32 sur 367 · TEMPS PRIMITIFS · texte numérisé non relu

TEMPS PRIMITIFS

lOlOU** L'ANNEE 509 AV.VNT l'ttl VULGAIRE.

La maison romaine, sous certains rapports archéologiques, offre des particularités qui ont de l'attrait pour l'étude, en initiant aux mœurs des Romains, et en faisant pour ainsi dire assister au foyer domestique des citoyens de cette nation dont on n'a en quelque sorte étudié que la vie publique, la vie des camps et les guerres.

La différence entre les maisons des anciens et les nôtres provient de la différence des mœurs et du genre de vie des peuples à diverses époques. L'habitation des anciens nous représente l'image d'une vie retirée et morale, de la vie de famille, tandis que nos maisons modernes témoignent d'une vie extérieure, plus en communauté avec le dehors, plus urbaine, moins morale, facilitant la satisfaction de plaisirs imaginaires qui concourent de plus en plus à la décadence du goût et du bien-être social. La maison antique n'était conçue que dans le but de recevoir une seule famille; les nôtres en abritent plusieurs. Les habitations des anciens avaient pour noyau une cour commune à toute la famille, autour de laquelle étaient situées les différentes pièces, cour qui laissait jouir ses habitants du grand air et qui donnait du jour dans les appartements. Quant aux fenêtres, il n'y en avait pas ou il n'y en avait que rarement donnant sur la rue ou au dehors : les anciens aimaient à vivre tranquilles, sans s'inquiéter de ce qui se passait autour d'eux, et ils n'aimaient pas à être vus dans leur vie privée. La porte d'entrée, qui battait à l'intérieur chez les Grecs,

ouvrait en dehors chez les Romains ; elle était toujours fermée et personne ne pouvait entrer dans la maison sans que ses habitants le sussent ou le voulussent; c'est ainsi que chaque maison était isolée des autres et formait un petit monde h part. Nos maisons offrent, précisément le contraire: elles ont une autre forme, une autre disposition. La maison antique ne si' composait que d'un rez-de-chaussée ou tout au plus d'un étage; les nôtres offrent plusieurs étages superposés, supportent plusieurs maisons empilées les unes sur les autres. Chacun indistinctement y trouve un libre accès, et s'il existe une cour, elle est commune aux différents habitants de la maison. Qui ne voit ici les éléments de disputes, de difficultés, de démoralisation qui ont lieu en effet dans nos civilisations modernes? Comme nos maisons à plusieurs logements ont besoin de beaucoup de lumière, elles nécessitent naturellement des fenêtres de tous côtés. Il n'est pas difficile d'en concevoir les inconvénients avec leurs inévitables résultats.

Les Romains ont habité dans les premiers temps des maisons de peu d'étendue; elles n'étaient composées que d'un rez-de-chaussée et ne consistaient qu'en ce qui fut nommé plus tard Yatrium et des dépendances qui le circonscrivaient. Dans les derniers temps de la république, Rome possédait un grand nombre de maisons misérables ou médiocres, mais elles étaient destinées aux classes pauvres, et étaient cachées sur les bords du Tibre derrière de grands monuments, ou bâties par des gens riches pour en retirer des revenus: voilà pourquoi ces maisons reçurent plusieurs étages.

Ce ne fut qu'après le règne d'Alexandre lé Grand et même peut-être seulement après la conquête de la Grèce par les Romains, que la maison des classes supérieures fut agrandie pour devenir un vrai palais.

Nous allons préalablement nous occuper de l'origine de la primitive maison romaine ou plutôt italique, afin de tracer l'origine et le développement graduel des palais dont nous venons de parler.

En remontant aux commencements de la civilisation primitive, aux plus anciennes maisons italiques, on en retrouve le type dans les chaumières rurales, bâties de terre grasse et de paille, qu'on rencontre encore postérieurement dans les campagnes, et nommées Tuguria par les auteurs classiques, et dans les coffrets cinéraires de l'Albanie. Aussi les Romains voyaient-ils dans la chaumière de Rnmulus, couverte en chaume, conservée dans le Capilole auprès de

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