‹ Histoire générale de l'architecture Moyen ageChapitre 340 sur 367 · PHILIBERT DE L'ORME · texte numérisé non relu

PHILIBERT DE L'ORME

était de la môme architecture avant que Louis XV le remplaçât par l'aile actuelle. La chapelle haute du château fut restaurée en 1565 par François 1er. Le pavillon formant la face orientale de la cour du Cheval-Blanc avait été commencé vers 1560 par des architectes français qui élevèrent aussi la galerie de François 1er. Dans ce nouveau pavillon où fut englobé l'église du couvent à la Trinité, on reconnaît l'ancienne architecture française, semblable à celle de la cour du Donjon dont nous avons déjà parlé. La face nord de la cour du Cheval-Blanc , ainsi que celle qui lui était opposée (galerie d'Ulysse), avait été bâtie par Serlio. C'est aussi à cette façade du centre qu'on reconnaît dans plusieurs portions le style de Vignole. Serlio avait encore construit la quatrième face de cette cour, mais qui a été démolie pour faire place à une mauvaise grille.

Une partie de la façade septentrionale du château de Blois et la façade sur la cour tournée au midi, élevées par François Ier, sont dues à un architecte français, inconnu jusqu'à présent et qui travailla sans doute aussi à l'embellissement de la cour ovale ou du Donjon du château de Fontainebleau. Les constructions de François Ier à Blois sont antérieures à la mort de la reine Claude (1526) ; car on voit dans la balustrade de couronnement de la façade sur la cour, des C et des F alternant, et sur la face extérieure, celle du nord, les chiffres de cette princesse avec sa devise, composée d'un cygne percé d'une flèche et alternant avec les hermines de Bretagne et les F couronnés de François Ier. Le style de ces façades de Blois a une frappante ressemblance avec la façade de l'hôtel de ville d'Orléans; et dans les détails et l'ensemble du château de Chambord , on aperçoit une similitude dans l'ornementation et l'arrangement des pilastres avec les façades dont nous venons de parler.

Les fondateurs de la Renaissance pure ou classique en France \ furent Pierre Lescot (né en 1510, mort en 1578), Jean Bullant (né en 1515, mort en 1578), Philibert De l'Orme (né en 1515, mort en 1570) et enfin Jacques Androuet dit Du Cerceau (né vers 1515, vivant encore après 1586). De l'Orme et Bullant allèrent à Rome; le premier fut de retour dès 1536, le second avant 1561. François Ier, confus de la vétusté du vieux manoir de Charles V, où l'empereur Charles- Quint logea à son passage à Paris en 1560, chargea Pierre Lescot de la reconstruction du Louvre. Cet artiste était connu par le jubé qu'il

1. Voyex Ad. Rerty, Les grands archittctt$ fronçai» di la Renaùêanct.

avait élevé à Saint-Germain-l'Auxerrois en 15/jl. Cinq années plus tard, il fut nommé architecte du Louvre, emploi qu'il conserva jusqu'à sa mort. Lescot avait beaucoup de goût : son st\le est trèsélégant et pur, ses conceptions sont simples, mais très-originales ; elles ont de la grâce et en même temps de la sévérité. La partie de la cour du Louvre qui lui appartient est la façade sud-ouest, à partir de l'escalier de Henri II , au sud du pavillon qui est en face des Tuileries et le retour d'équerre jusqu'au guichet en face de la Seine. Derrière la façade sud-est en question se trouve la salle des Cariatides. En 1550 Lescot éleva, avec l'aide de Jean Coujon, la fon-

81 R. - Pnl»l» du Louvre.

laine des Nymphes, dite depuis des Innocents, une des plus jolies œuvres de la Renaissance. Ph. De l'Orme était un constructeur consommé et savant dans cet art; mais il avait moins de goût que ses trois contemporains que nous avons cités. La plupart des édifices qu'il bâtit sont détruits; il avait exécuté le grand perron de la cour du Cheval-Blanc à Fontainebleau et qui était plus beau que celui d'aujourd'hui, élevé par J. Lemercier en 163/j. De l'Orme travaillait au château de 1541 à 1559. Il fut l'auteur du tombeau de François Irr qui est actuellement à Saint -Denis. Vers 1552 il bâtit le château d'Anet, dont le portail de face de la cour se trouve au palais des Reaux-Arts à Paris. En Lr>o7| il commença le château des Tuileries

RÊfiNE DE HENRI III. 1193

qu'il ne put achever. Jean Huilant est l'auteur du beau château d'fcouen qu'il commença en 1541 . A partir de 1570 il continua les travaux du château des Tuileries et dirigea ceux de Fontainebleau. On pense qu'il est encore l'auteur d'un des deux pavillons contigus aux ailes des Tuileries, celui du sud1 ; car Bullant succéda à Ph. De l'Orme en 1570. Bullant, qui avait publié en 1564 « Reigle generalle d'architecture », était plus savant que De l'Orme et apportait plus de soin et d'entendement dans l'agencement des détails et des parties de ses œuvres. Jacques Androuet Du Cerceau, peu connu comme constructeur, (on lui attribue le chœur de l'église de Montargis de 1550), l'est davantage par les nombreux ouvrages à planches qu'il publia : il est présumable qu'il exerça une certaine influence sur le goût à son époque. En 1540, Jean de Lépine, élève de Th. De l'Orme, acheva la tour du milieu de la façade ouest de la cathédrale Saint-Maurice d'Angers. Le joli petit hôtel de ville de Péronne, où l'on voit régner l'ordre corinthien avec d'élégants pilastres et un porche voûté et formé de quatre arcades à plein cintre semble par son style être de la fin du règne de François I*r, on y voit la salamandre de ce prince. L'église Saint-Étienne-du-Mont fut commencée en 1517: le chœur fut achevé en 1537: mais les travaux continuèrent. En 1532, l'architecte David commença l'église Saint-Euslache de Paris, de 103 mètres de longueur. L'église Saint-Merry de Paris, comme nçée en 1520 ou 1530, ne fut terminée qu'en 1612. Ce fut en 1544 que l'architecte Robert Becquet éleva la célèbre flèche de la cathédrale de Rouen, incendiée en 1822, qui, dans le style antique, se mariait cependant parfaitement avec l'architecture ogivale. Le sommet de celte flèche s'élevait h 116 mètres du sol.

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L'élégante voûte de la rue de Nazareth à Paris date du règne de Henri 11 ; on y voit son monogramme et celui de Diane de Poitiers accompagnés d'une fleur de lis et d'un croissant. Sous Henri H fut

1. Le pavillon du *ud est le seul indiqué sur le pUn de Paris de Gombaust, de M9.

continuée l'aile du Louvre, du côté de la Seine et en retour d'équerre sur l'aile commencée par François 1er. L'uôtel de ville de Paris, commencé en 1533 sur les dessins d'un Dominique Boccadoro de Cortone ne fut pas continué sur ces dessins; en 1559 on en modifia le style ; on voit le chiffre de Henri II et celui de Catherine de Médicis à l'entablement du pavillon méridional. C'est du règne de Henri II que date la grande galerie de Fontainebleau qui porte son nom et qui a sans doute été décorée, vers 1556, par Ph. De l'Orme qui, depuis le S avril 1568, fut inspecteur des bâtiments royaux jusqu'en 1559. Henri II fit élever contre la face sud de la galerie de François VT une terrasse où l'on voit son chiffre. Les guerres civiles qui commencèrent sous Henri II arrêtèrent souvent les constructions. La petite galerie du Louvre perpendiculaire à la Seine, commencée en 1566 ou 1567. eut pour architecte Pierre Chambiche, mais qui n'en éleva qu'une partie du rez-de-chaussée, et qui peut-être ne la laissa qu'épannelée, avec le retour sur la Seine., jusqu'au pavillon de Lesdiguières, et terminée seulement par Henri IV.

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