‹ Histoire générale de l'architecture Moyen ageChapitre 345 sur 367 · ÉPOQUE CONTEMPORAINE · texte numérisé non relu

ÉPOQUE CONTEMPORAINE

les dessins de Poyet; en 1808, l'arc de triomphe des Tuileries et la prolongation de la galerie nord du Louvre jusqu'à la rue Richelieu, travaux auxquels furent employés MM. Percier et Fontaine. Le gouvernement de la Restauration occupé à réparer les désastres de l'invasion, ne pouvait songer à élever des édifices nouveaux; mais il encouragea avec beaucoup d'intelligence la peinture et la sculpture; on lui doit indirectement la naissance et l'extension d'une école qui combattit victorieusement le vieux style usé que perpétuait encore dans son immobilité et dans son impuissance l'Académie. La lutte que soutint cette école, lutte qui donna lieu à des extravagances de tout genre, aboutit enfin à une réaction salutaire et au retour vers le goût, c'est-à-dire vers l'architecture et la sculpture grecques. La Bourse de Paris, commencée sur les dessins de Brongniart et continuée par Labarre, fut terminée en 1827. Elle a coûté 8, 1^9, 192 francs. Le gouvernement de juillet, qui amena l'avènement de la bourgeoisie, bâtit un certain nombre de monuments, mais d'un caractère vulgaire et souvent atrophié, qu'on pourrait appeler un style parlementaire, parce qu'il fut inspiré, critiqué et corrigé par les commissions de la Chambre des députés qui se préoccupaient moins du sentiment du beau que de l'utilité et de l'économie. Cet esprit étroit d'économie enfanta des monuments comme l'arc de l'Étoile, la Madeleine, l'hôtel des Affaires étrangères, la fontaine Molière, et enfin, de la part de la royauté, l'inhabile appropriation du château de Versailles à sa destination actuelle.

La République de 18/|8 n'aboutit qu'au décret du 28 avril qui ordonna l'achèvement du Louvre. L'époque actuelle est loin d'être en progrès sur le passé, pas plus en beaux-arts qu'en littérature. C'est avec tristesse qu'on passe devant des bâtisses telles que le palais de l'Industrie, la mairie du premier arrondissement, l'hôtel du timbre et le bâtiment de la mairie qui lui fait face, la fontaine Saint- Michel, la bibliothèque de. la rue Richelieu, la façade du palais des Beaux-Arts sur la Seine, les deux théâtres du quai, et enfin le Louvre nouveau, déposé au pied du vieux et beau Louvre de Pierre Lescot! Avec ses colonnes superposées des avant-corps qui ne supportent rien , avec ses lucarnes sans forme , plus laides que le toit

1. Voyex Lt% Travaux de Pori$y Examen critique, par F. de Laateyrie, Paris, Î861. Jn-18. tttd}itt(tui*9tlt<t au# $an« unb «onbon «on H. MoffBgarten. flamburg. 1860. Jn-8*.

qu'elles sont destinées à cacher, avec ses grandes arcades-portes, derrière lesquelles se trouvent des entrées de guérite, avec ses courtes colonnes corinthiennes engagées, avec sa grosse corniche de couronnement qui écrase Pattique qui est dessous, avec son caractère géuéral de lourdeur et tant d'autres imperfections de détails, ce monument manque de goût. Quand le génie et le talent font défaut à une époque, elle devrait se résigner à un rôle plus humble et se contenter de copier les chefs-d'œuvre du passé.

ALLEMAGNE

En Allemagne, la Renaissance a été plus tardive que dans les autres pays du continent; elle ne possédait que très-peu de monuments romains pouvant servir de modèles, et puis ses communications avec l'Italie étaient moins fréquentes qu'entre ce pays et la France. L'architecture de la Renaissance n'apparaît en Allemagne qu'au milieu du xvi' siècle. Au nombre des œuvres importantes de ce style est le palais d'Otton-Henri , construit de 1556 à 1559 dans l'enceinte du château de Heidelberg1 : la façade a au delà de 31 mètres de longueur sur 21 d'élévation. La tradition rapporte que le nom de l'architecte était Booher, natif de Heidelberg. D'autres travaux antérieurs et moins importants, dans le style de la Renaissance, avaient été entrepris par Frédéric Le Sage et dirigés par le maître des œuvres, Jacques Haidern. Nous nommerons ensuite le rez-de-chaussée du belvédère sur le Hradschin de Prague, bâti par l'empereur Ferdinand Ier (mort enl56ù); l'hôtel de ville de Leipzig, bâti en 1556 par l'architecte Jérôme Lotter ; le vieux château de Stuttgart, commencé en 1553, terminé en 1570; l'élégante façade de la Renaissance de l'hôtel de ville de Cologne, qui date de l'année 1571 : de la même époque sont aussi l'hôtel de ville de Schweinfurth et une portion du vieux palais épiscopal de Bamberg. Le père Candide, élève de Vasari, donna les dessins du vieux château de Munich, qui est de la fin du xvi« siècle. Une façade remarquable de la Renaissance est celle de l'hôtel du chevalier Saint-Georges à Heidelberg, œuvre d'un Français réfugié, nommé

1. Monographie du Château de Heidelberg, dessinée et gravée par P. Pfnor, lerte par Daniel Kaniée. Pari», 185y. In-fol. — Les deux bois du Magasin piMore*/«e (185H février, u° 6, p. 44 et 45) représentent les façades du cbiteau à l'euvers.

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