‹ Histoire générale de l'architecture Moyen ageChapitre 346 sur 367 · HOTEL DE VILLE DE NUREMBERG · texte numérisé non relu

HOTEL DE VILLE DE NUREMBERG

Charles Bélier : cette façade est de l'année 1592. Une autre œuvre remarquable de la Renaissance est le Deutschherrenhaus, à Andernach, de 1573. La halle aux draps de Brunswick est aussi dans le style de la Renaissance primitive d'Allemagne : elle date de l'année 1589. Une partie de l'hôtel de ville de Brème date de 1545 à 1550. En 1612, on ajouta sur la façace du marché les deux galeries et les trois frontons-lucarnes. Il existe aussi des additions de 1568 à l'hôtel de ville de Hanovre. En 1568, le grand-duc Georges Ier bâtit le vieux château actuel de Darmstadt, qui offre des détails remarquables. La belle tour de l'hôtel de ville de Dantzig, haute de 77" 50, a été élevée de 1559 à 1561 : sauf sa flèche, elle porte encore le caractère de l'architecture ogivale. Dans cet édifice, il y a une vaste salle dite du conseil d'été, décorée richement dans le style de la Renaissance et qui date de l'année 1593. Nuremberg, Dantzig, Hanovre, Lemgoet Minden, offrent un certain nombre de maisons bâties dans la seconde moitié du xvi« siècle. Mais la Renaissance allemande est un peu trop chargée de détails, défectuosité qui lui enlève l'élégance et qui lui donne un caractère de pesanteur, semblable à notre architecture du règne de Henri IV. L'électeur de Saxe, Georges le Barbu, commença, en 1536, le palais royal actuel de Dresde, qui ne fut terminé que sous l'électeur Auguste Ier , mort en 1586. Il y a dans ce palais des réminiscences du château de Blois. L'électeur Auguste était un homme éclairé qui estimait les savants et les artistes et qui aimait les beauxarts. La tour avec la flèche de ce palais a 100 mètres d'élévation. S'il y a un nombre si restreint de monuments de la Renaissance en Allemagne, il faut l'attribuer aux guerres qu'amena la réforme religieuse. Cette réforme consistait à rejeter la lettre de la Bible et à chercher une interprétation de son esprit qui ne heurtât pas trop la raison. Ensuite elle ne reconnut ni le pape ni la confession, et la vierge Marie ne passait que pour une simple mortelle.

Avant la guerre de trente ans (de 1618 à I6/48), lors d'une sorte de trêve, il y eut une certaine activité dans l'édification des monuments. L'électeur palatin Frédéric IV éleva un palais dans le château de Heidelberg, d'un goût lourd et bizarre, qu'il commença en 1601 et qui fut achevé en 1607 !. La résidence d'été, le palais des archevêques-électeurs de Mayence, à Aschaffen bourg, date de l'année 1606 : il forme un carré flanqué d'une tour à chaque angle.

1 . Motuvjraphit, etc., par Pfnor et Ramée. Voy. notre figure n» 222.

WENDEL DIETTERLEIN.

L'hôtel de ville de Nuremberg, bâti de 1616 à 1619, par l'architecte Eucharius-Charles Holzschuher, est un des monuments les plus considérables de sa catégorie en Allemagne : sa façade a 86 mètres de longueur, un rez-de-chaussée et un étage, éclairés par deux rangées de trente-six fenêtres chacune ; l'architecture en est froide et appauvrie. L'architecte Élias Holl, qui avait visité Venise, mais qui ne profila pas de la vue de ses beaux monuments, éleva de 1615 à 1620 l'hôtel de ville d'Augsbourg, qui impressionne plus par sa grande masse que par ses qualités architectoniques. Ce fut sans doute l'exiguïté de l'emplacement qui força l'architecte à ne donner que 66 mètres de longueur à la façade, tandis que sa partie centrale s'élève à 48 mètres de hauteur du sol. L'arsenal de la môme ville est aussi dû à E. Holl qui mourut en 1636. Au nombre des églises du commencement du xvir siècle, sont celles à Coblentz (de 1613 à 1617,), à Cologne (de 1621 à 1629), à Dusseldorf (de 1622 à 1629), toutes élevées par les jésuites dans le goût vulgaire, sec et niaisement prétentieux dont cette société a fait preuve dans tous les édifices qu'elle a bâtis.

Il fallut longtemps à l'Allemagne pour se remettre des désastres amenés par la guerre de trente ans, et, durant ce temps, l'esprit germanique chercha des formes architectoniques qui furent employées dans la seconde moitié du xvir* siècle; toutefois les architectes suivirent une mauvaise voie en s'inspirant des élucubrations insipides des Bemini et des Borromini. C'est ce que prouvent les œuvres de Nehring qui, entre autres, commença l'arsenal de Berlin (1685Ï, achevé par Jean de Bodt; celles de A. Schlûter de Hambourg, né en 1662 et mort en Russie en 1714 : il commença en 1699 la construction du palais du roi à Berlin, d'une architecture fantastique, composée, sans harmonie, de réminiscences antiques, de la Renaissance , et parmi lesquelles il y a quelques jolis détails. Wendel Dietterlein avait corrompu le goût d'une manière détestable en Allemagne, par la publication de ces compositions bizarres et pittoresques ; son « Architectura 1 » parut en 1593 et eut beaucoup d'éditions au xvir siècle. Dietterlein bâtit en 1587 à Inningen, auprès d'Augsbourg, une maison de campagne, et à Stuttgart un petit palais pour le duc

1, Le second livre de l'A relut te tura parut en 1591. La seconde édition eut de Xurcnherg , 1598. Depuis il y en eut beaucoup ; on vient d'en faire une nouvelle sous le titre de Le Livre de l'Architecture, recueil de planches donnant là division, symétrie et proportion des cinq ordre*,etc., par Wendel Dietterlein, peintre à Strasbourg. Liège. 186s». In-fol.

Louis de Wurtemberg. N. Goldmann et L.-C. Sturm, mort en 1719, écrivaient à la fin du xvii* siècle sur l'architecture, mais sans lui faire faire le moindre progrès. Dans le sud de l'Allemagne, Fischer d'Erlach , né vers 1650 et mort en 172& , élevait à Vienne la chancellerie de l'empire, la bibliothèque et l'église Saint-Charles-Borroraée, dans le goût déplorable de Borromini. In Lorrain, Nicolas de Pigage, bâtit l'arsenal, l'école d'équitation et, après 17&8, l'aile gauche du château de Manheim, commencé dès 1720. Dans la même ville, Galli, ditBibiena, bâtit l'église des Jésuites, en 1733. Balthasar Neumann, capitaine d'artillerie et architecte, après un voyage en France, en Italie, en Hollande et en Autriche, construisit, de 1720 à 17M, le somptueux palais des princes-évêques de Wurzbourg, d'un style régulier mais peu animé ; il restaura aussi, de 1772 à 1786, la cathédrale de Spire et il y ajouta le vilain portail qui la déshonore. A la même époque, en Allemagne, il y avait un style plus épuré et plus sévère en Prusse ; H. G. W. de Knobelsdorf, né en 1697, après avoir quitté l'état militaire, embrassa la profession d'architecte et fut activement employé par le grand Frédéric. Il bâtit l'ancien opéra de Berlin (en 17M), le château de Charlottenbourg, celui de Sans-Souci et le palais de Dessau. De 1763 à 1769, le grand Frédéric fit élever à Potsdam le palais neuf, en 1756, l'hôtel de ville. Jean Boumann, architecte hollandais, construisit, en 1750, le dôme actuel de Berlin et le palais de l'université, conception simple, originale et agréable. J.-F. Boumann, son fils, éleva le bâtiment de la bibliothèque dans un très-mauvais goût. Ch. de Gontard, de Baireuth , est l'auteur des deux tours couronnées de dômes sur la place des Gens-d' Armes à Berlin, terminées vers 1781 : l'une des deux s'écroula et fut rebâtie par G.-C. Lnger. K.-G. Langhans, né à Landshut en Silésie, en 1732, bâtit en 1789 la porte de Brandebourg, à Berlin, dans un style dorique sévère mais morne, qui n'a rien de commun avec les élégants Propylées de Mnésiklès à Athènes. A Dresde, le style rococo arriva à son apogée : en 1711, M.-D. Pôpelmann construisit dans le goût le plus baroque et le plus excentrique le Zwinger à Dresde, pavillons formant un rectangle qui devait servir de cour à un palais projeté. Là, G. Ifcehr éleva, de 1726 à 17/»5, l'église de Notre-Dame, également dans le goût le plus dégradé. L'n architecte italien, Gaetano Chiaveri, bâtit, en 1739, l'église catholique de Dresde dans un style éclectique mais peu agréable : le clocher baroque de cette église a une élévation de 85 mètres, et sa nef a $2m 50 de hauteur.

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