Tite-Live, I. x, ch. xxm et xi.vii. — 3. ld., epist. xx
4. ld., 1. xxvi, ch. xxvi). — S. Sext. AureL Victor, De tir iUxut., ch. xlvii. fi. Tite-Live, I. XI., ch. M. — 7. Id., I. xi. iv, oh. xvi. H. M., 1. Xi l, ch. xxvii.— '.». ld., I. xi-, ch.
punique, les censeurs Cassiuset Messala commencèrent la construction d'un théâtre, les travaux furent interrompus, détruits même par ordre du sénat et du consul P. Corn. Scipion Nasica. On prit en môme tem-s une décision qui défendait de bâtir des sièges et d'assister assis aux représentations théâtrales1, dans le rayon d'un mille de la ville, de crainte d'efféminer le peuple, en le laissant assis aux représentations dramatiques.
Les campagnes des Romains, en Sicile et dans d'autres provinces grecques, leur firent connaître la civilisation hellénique, qu'ils acceptèrent en partie. Mais chez eux, qui manquaient de l'esprit élevé des Grecs et de cette délicatesse raffinée qui est un des caractères distinctifs de cette nation , les mœurs et les idées grecques ne restèrent jamais qu'une sorte de greffe stérile. En l'année 211, après la conquête de Syrakuse par Claudius Marcellus, ce capitaine envoya à Rome un grand nombre de statues, peintures et autres objets d'art, et les Romains purent admirer pour la première fois les productions des arts de la Grèce *.
Les campagnes heureuses des Romains (de 200 à 171 avant l'ère vulgaire) contre les rois Philippe III et Antiochos III, firent connaître d'une minière plus étendue encore les mœurs et la vie des Grecs et des peuples asiatiques. Ces conquêtes, et surtout les victoires d'Emile Paul sur Persée de Macédoine (en 167), et de L. Anicius sur Gentius, roi d'illyrie, enrichirent extraordinairement la ville de Rome*. Des trésors immenses, de l'or, de l'argent, des pierres Ûnes, des statues, des vases précieux furent envoyés à Rome, où ils furent reçus avec les honneurs du triomphe ; ceux d'jEmilius Paul et d'Anicius furent s irtout remarquables*.
Ces trésors inouïs, inconnus jusqu'alors en Italie, éveillèrent chez les Romains l'amour du luxe, et plus vivement encore ce penchant à la splendeur et à la magnificence, qui, peu de temps après ces événements, furent portés au plus haut degré et manifestés surtout par le goût excessif pour les œuvres d'art. Mais les Romains ne surent pas apprécier, au point de vue exclusif de l'art, ces œuvres qui n'étaient pour eux qu'un moyen propre à exprimer la vanité et l'ambition. Us furent incapables d'élever la civilisation à un degré supé-
1. Valere- Maxime, 1. n, 4, $ 2. — Ttte-LWe, epist. xlviii. — YelUMns- Paterculti*, I. I, ch. xv.
2. Tite Livc, I. xxv, ch. xi.. — 'i. VelhMu»-l*aU?reiilus 1. 1, ch. ix. 1. Titc-Livc, l. xlv, ch. xxxix. xi.m.
rieur, et de pousser par leur influence au développement des arts chez eux.
L'architecture conservait toujours le caractère étrusque, le caractère primitif, et les tentatives, faites pour l'embellissement des temples et des édifices publics divers, ne consistaient qu'à les orner de statues et d'autres objets enlevés au pays conquis, qu'on disposait ensuite dans les monuments ou sur leurs façades, sans aucun goût ni habileté. L'amour pour les choses primitives et consacrées par le temps aurait d'un autre côté empêché les Romains, eussent-ils même eu des connaissances en fait d'art , de faire davantage pour ces monuments. Caton et un grand nombre d'hommes d'État illustres pensaient qu'une déviation à la simplicité des anciennes mœurs était dangereuse pour la république; ils allèrent même jusqu'à condamner le goût des arts et des sciences chez les Grecs, en ne l'envisageant que comme une sorte de dégénération, une espèce d'abâtardissement.
Mais enfin arriva le temps où on se relâcha de l'austérité des anciennes mœurs, et, malgré le jugement sévère de Caton, le luxe et la sensualité grecs prirent le dessus. C'est ce qui arriva vers la fin de la troisième guerre punique. Carthage, la rivale de Rome, était détruite ; pendant quelque temps les Romains laissèrent reposer leurs armes, et s'adonnèrent à la jouissance des richesses acquises1. Des idées plus élevées se développèrent; et un goût prononcé pour la beauté grecque dans les arts et pour les sciences se répandit parmi les hommes les plus renommés de Rome. Des sénateurs et d'autres personnages considérés s'instruisirent par les ouvrages des Grecs, et on rapporte que le vainqueur de Carthage, Scipion vEmilien, s'entourait toujours, soit dans la paix, soit dans la guerre, de quelques savants grecs ».