RÈGNE D'AUGUSTE
Ttu'àtre de Marcel! ut.
B«»c de» colonne* ioulquei.
Slatilius d'élire annuellement un prêteur de son choix. Cet amphithéâtre était situé sur le Champ de Mars. Asinius Pollio bâtit un atrium de la Liberté sur le mont Palatin ; Marcius Philippus érigea un temple d'Hercule Musagète; Munatius Plancus en bâtit un autre à Saturne au pied du Capitole et auprès du grand Forum ; Lucius Carnificius en consacra un à Diane. Treize ans avant l'ère vulgaire, Lucius Cornélius Barbus acheva son grand théâtre en pierre ; il était situé sur le Champ de Mars et près du Tibre. La pyramide de Caius Cestius est également du temps d'Auguste. Cinq ans après l'ère vulgaire, Tibère, qui fut empereur dans la suite, consacra un temple à Cas!or, et en l'année 10 un autre à la Concorde, au nom de son frère Drusus. Il existe sur le mont Cœlius un autre monument de l'époque d'Auguste : c'est un arc fort simple, auprès de l'église Saint-Thomas in-Formis, et bâti 10 ans après l'ère vulgaire par Publius Cornélius Dolabella et Caius Junius Silanus. En Italie et hors de Rome, il reste encore des arcs de triomphe d'Auguste, à Rimini, à Ancyra, à Aoste et à Suse. La flatterie de certaines villes alla si loin , qu'elles élevèrent des temples dédiés à l'empereur et à la ville de Rome. C'est ce que firent Pergarae, Nicomédie, Mylasa, Osarée, Pouzzole, Pola et beaucoup d'autres. A Nola, où mourut Auguste, on transforma en un temple la maison qui avait reçu son dernier soupir. Après sa mort, Tibère lui dédia à Rome un temple, mais qui ne fut achevé que sous Caligula. A Nîmes, Auguste éleva, dans la première année de l'ère vulgaire, un temple à Caius et Lucius. Il est prostyle, hexastyle et pseudopériptère , avec onze colonnes sur ses faces latérales, d'ordre corinthien; il est connu sous le nom de Maison Carrée \ < L'architecture en usage chez les Romains était montée à son point culminant sous l'empereur Auguste, elle montrait déjà même des indices de sa prochaine décadence ; et oubliant la pureté primitive des formes, dérogeant à sa haute noblesse, à son imposant aspect, elle se forma selon l'esprit du temps : elle se surchargea d'ornements et de richesses que le bon goût n'aurait pas admis à une autre époque. C'est dans cet état que se trouvait l'architecture à Rome, lorsqu'elle fut pri-
1 . Clériueau Ménard, Hùtoire du Antiquités de la ville de Nimt*, 1829.
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vée d'encouragement dans les villes de la Grèce, soumises au despotisme des Romains. Elle cherchait bien encore à imiter l'apparence des monuments anciens, mais elle était loin d'atteindre l'élévation de caractère qui plaça les monuments grecs de la belle époque sur la ligne des créations les plus sublimes de l'intelligence humaine. A cette décadence, en outre, vient se joindre encore la négligence de l'exécution matérielle. Il manque aux monuments élevés après Auguste cette exactitude, ce soin déployés dans la création et la disposition des différentes parties égales entre elles, qualités essentielles et qu'on remarque au suprême degré en Grèce, et plus particulièrement dans les monuments d'Athènes, dans ceux d'Iclinus surtout. Nous» remarquons vers cette époque un grand abandon dans les parties semblables des édifices, et une irrégularité choquante; le fameux Panthéon lui-même, si vanté par les amateurs, n'est point exempt d'une foule d'incorrections et de défauts de soins tout à fait grossiers.
11 est certain, cependant, que le règne d'Auguste fut une époque heureuse pour l'Architecture. Morte dans la Grèce sa patrie, Auguste lui rendit 'une vie nouvelle à Rome, et la protection qu'il accorda aux arts fit surgir des artistes qui s'efforcèrent d'orner la ville de toutes les richesses que l'art fut susceptible de produire.
Le grand luxe qui régnait dans la capitale demandait de la magnificence à l'architecture. On préféra pour cette raison l'ordre corinthien aux autres ordres, parce qu'il pouvait satisfaire aux exigences du temps d'une manière #plus étendue que les styles dorique et ionique. Le chapiteau, les frises et les corniches surtout étaient plus riches et plus ornés. C'est à Rome que l'ordre corinthien obtint son plus grand développement, sinon sa plus complète perfection. Le chapiteau reçut des proportions et un usage plus précis ; son feuillage et ses volutes furent déterminés d'une manière plus régulière. L'entablement, autrefois composé, selon Vitruve1, des éléments dorique et ionique, eut des règles particulières. La corniche surtout servit à caractériser le nouveau style; on y ajouta les modillons qui, dans l'ordre dorique, étaient représentés par les mutules, et on maintint les denticulcs de l'ordre ionique. Ensuite on orna plus richement qu'on avait fait jusqu'alors toutes les parties de l'entablement, afin de les mettre en concordance avec les chapitaux historiés. Presque toutes les moulures, quelquefois même le larmier et l'abaque ou tailloir, laissés presque
I Vitruve, liv. iv, t. i.