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RÈGNE DE MARC-AURÈLE

bains publics aux Thermopyles. Auprès de Rome, il dédia à la mémoire de sa femme Regilla, un temple qu'il consacra à Cérès et à la seconde Faustine. 11 rebâtit encore plusieurs villes sur l'île d'Eubée, en Bœotie et dans le Péloponnèse. Dans l'Épire, il montra sa générosité envers la ville d'Oricon, et Canusium, en Italie, lui dut un aqueduc.

Parmi les monuments du règne de Marc-Aurèle, on distingue la colonne triomphale dans le genre de celle de Trajan, dont les basreliefs représentent les victoires de l'empereur sur les peuples du Nord, les Marcomans. Cette colonne est inférieure, tant pour le goût que pour l'exécution, à son modèle, la colonne Trajane. La colonne de Marc-Aurèle a longtemps été prise pour celle d'Antonin, dont on voit la base dans le jardin du Vatican. La colonne Aurélienne a hk mètres d'élévation. Le monument d'Antonin n'avait que 16m80 de hauteur. La façade de l'hôtel de la Dogana de Rome montre les restes d'un temple consacré par le sénat et le peuple à leur empereur bienaimé. Ce monument était d'ordre corinthien, piriptère, hexastyle, et ayant onze colonnes sur ses faces latérales. La frise est sans sculptures et bombée, c'est-à-dire convexe, et d'un mauvais effet. Les colonnes ont 13" 30 de hauteur, et lœ 35 de diamètre.

Après Marc-Aurèle, l'architecture tomba rapidement dans la plus complète décadence, quoique cependant les souverains montrassent un vif amour pour elle. On surchargea alors de sculptures et d'ornements toutes les parties des monuments; on évita les lisses, le sculpteur effaça l'architecte. L'entablement surtout est corrompu; on ne distingue plus, pour ainsi dire, l'architrave de la frise et celle-ci de la corniche. Alors apparaissent les demi-colonnes accolées à des pilastres; des consoles pour supporter des statues viennent couper la ligne verticale des colonnes ; la frise devient convexe ; les murs se couvrent d'une infinité de renfoncements, de niches circulaires et carrées, couronnées de frontons et d'ornements de mauvais goût: enfin un désordre se saisit des monuments, leur donne une physionomie toute particulière, une diversité confuse et indéterminée qui produit une monotonie puissante et fatigante.

Sous l'empereur Marc-Aurèle, surnommé le philosophe, la discipline militaire continua sa dissolution, et, pour surcroît de malheur, un grand danger menaçait l'empire à l'extérieur. Les Germains reparurent sous les murs d'Aquilée. Rome eut de nouveau à combattre ses ennemis de race. Pour pourvoir aux frais de la guerre, Marc-Aurèle fit vendre les objets précieux et les joyaux du palais impérial. On fut

dans la nécessité d'armer les esclaves, les gladiateurs et d'enrôler encore les barbares. La guerre contre les Marcomans fut la plus terrible dont on eût gardé le souvenir à Rome1, et comparable aux guerres puniques. Des armées romaines périrent en entier dans ces guerres désastreuses des Romains avec les Germains. La peste fit aussi de tels ravages après la défaite des Perses (vers 166), qu'à Rome, dans l'Italie, dans les provinces, la plus grande partie des habitants et presque toutes les troupes succombèrent aux atteintes du mal.

Ce n'était pas dans des conjonctures aussi désastreuses que les arts et surtout l'Architecture pouvaient fleurir. Ensuite la grandeur romaine allait en s'alTaiblissant. Cette grande unité de l'empire, qui avait broyé tant et de si divers peuples, fut brisée par les attaques incessantes des Germains et les vices des princes qui succédèrent aux Antonins. La décadence sociale et politique entraîne forcément aussi celle des arts et des lettres.

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