‹ Histoire générale de l'architecture Moyen ageChapitre 58 sur 367 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

DEPUIS L'aNNÉB 192 JUSQU'A I/aNSEE 337 DE L'ÉHE VULGAIRE, DEPUIS ftHISAI JCSQC'a CONSTANTIN.

LES PRISCES AÏBIIN* ET AUTRES.

Après les Antonins, régnèrent sur Home les princes syriens, d'ori-; gine arabe, qui ne montrèrent pas plus à Rome qu'ailleurs d'aptitude pour la culture et le développement des arts. Nous trouvons encore à Rome, sous ces princes, la manifestation de l'esprit sémitique, l'absence totale du sentiment du beau et du moral; en revanche, la cruauté, les débauches sensuelles les plus basses, l'orgueil et l'ostentation , en un mot des appétits brutaux et pas la moindre étincelle de poésie.

Le petit nombre de monuments élevés après l'année 180 de l'ère vulgaire nous montre un abandon toujours plus prononcé des belles proportions. Nous ne connaissons que par quelques auteurs anciens les thermes que fit construire Commode, et la villa do l'empereur Vérus. Il en est de même du Septizonium et du tombeau de Septime-Sévère. Nous ne pouvons nous faire une idée de l'architecture de cette époque que par les deux arcs de triomphe élevés par le sénat et par les négociants, à Rome, en l'honneur de cet empereur1 : l'un est situé au pied du Capitole, à l'extrémité supérieure du Forum; l'autre, sur le marché aux bestiaux, à droite de l'église Saint-Georges-in-Valebro. A cette époque, on pensait que la plus grande beauté de l'architecture consistait dans la richesse de l'ornementation ; on s'inquiétait peu de

1. DeagodeU, ch. xvui. — ©<inli($, «ticfe ûber Hem. vol. II, p. 41. — DeagodeU, ch. xrx.

la manière dont elle était appliquée et exécutée. On s'efforçait d'effacer les œuvres anciennes par l'étendue immense qu'on donnait aux nouvelles. Mais c 'était un mauvais moyen de maintenir la beauté de l'art. .

C'est ce que nous prouvent les bains de Caracalla1, achevés par Héliogabale. Plus tard Alexandre-Sévère y fit des modifications et y apporta quelques embellissements. Ces bains, situés entre les monts Cœllus et Aventin, étaient si spacieux que deux mille trois cents personnes, rapportent les auteurs, pouvaient y prendre des bains ensemble.

Les successeurs immédiats de Septime-Sévère n'avaient employé l'architecture que pour satisfaire leur vanité. Mais en l'année 103, Alexandre- Sévère, habile dessinateur lui-même, fit fleurir les arts par sa protection éclairée. 11 restaura beaucoup de monuments anciens, il en éleva de nouveaux, mais qui montrent le goût du temps, par leur immense étendue. Il établit des thermes entourés d'une espèce de parc, qu'il réunit aux bains de Néron qui n'en étaient pas éloignés : ces bains portèrent dans la suite le nom d'Alexandrins. Il érigea encore une grande basilique de plus de 325 mètres de longueur, de 32 mètres de largeur, et soutenue entièrement par des colonnes. 11 voulut aussi consacrer un temple à Jésus, dont il avait fait mettre l'image dans son Lararium; mais il en fut empêché, comme Adrien l'avait été avant lui, par les représentations qu'on lui fit, que les temples des autres dieux resteraient alors déserts. Alexandre-Sévère avait bâti, à Rome, un grand palais, une basilique décorée d'un vaste portique, et à Prameste il s'était fait construire une magnifique villa.

Les règnes si orageux et si courts des successeurs de cet empereur

1. Restauration det Thtrmtt d'Antonin Caracalla, à Romi, par G -A. Blouet. Paris, 1828, iu-folio.

de l'Arc de- Septimc-StM rc.

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