RÈGNE DE DIOCLÉTIEN
firent oublier Ils arts et l'architecture en particulier. Les monuments des temps passés tombèrent en ruine, furent incendiés ou détruits volontairement; on s'inquiétait peu de leur conservation, on ne songea en aucune manière à en ériger de nouveaux.
L'empereur Gallien voulut montrer, par de vastes constructions, son amour pour l'architecture. Mais ses projets n'eurent pas d'exécution. 11 nous reste de son règne un arc de triomphe, situé sur le mont Esquilin et auprès de l'église des Saints-Vitus-et-Modestus. Dans les provinces, il fit restaurer plusieurs des grands monuments détruits par les Barbares. Deux architectes byzantins, Cléodamas et Athénaeus, le secondèrent dans ses entreprises.
Aurélien fit revenir la paix, et il chercha à relever de nouveau les arts. Il agrandit la ville de Rome et y bâtit un temple dédié au Soleil. A Émésa, en Syrie, il fit élever plusieurs temples, ainsi qu'à Palmyre, où il restaura quelques monuments endommagés pendant le siège et la prise de la ville.
•2.W. — Corniche de» Thermes de Dioclétien , a Kmue.
Enfin, les derniers monuments de quelque importance à Home sont des règnes de Dioclétien et de Constantin (de l'année 2%k à 323). Dioclétien construisit des bains qui surpassèrent encore en grandeur et en magnificence ceux d'Alexandre -Sévère. Nous en avons les ruines, qui servent à apprécier le caractère de l'architecture à la fin du m* siècle. Les salles sont couronnées de voûtes. On y voit beaucoup de voûtes d'aréus. C'est aux bains de Dioclétien que nous pouvons juger le mieux la science de voûter chez les Romains. In autre
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monument important du temps de cet empereur est le palais qu'il construisit à Salona en Dalmatie, aujourd'hui Spalatro \ C'est dans ce palais que Dioclétien, ayant résigné l'empire en 305, pa«sa les neuf dernières années de sa vie. L'ensemble de la villa avait 215 mètres carrés.
Le palais de Spalatro est fort remarquable pôur l'histoire de l'architecture. Cet édifice offre tous les défauts que nous avons aperçus dans les œuvres d'architecture des deux dernières époques. On y voit des crossettes, de petites colonnes entre de grandes, des frises convexes, et d'autres fautes qui étaient pour ainsi dire consacrées par le temps. On y trouve des colonnes isolées qui ne s'élèvent pas immé-
diatement du sol, mais contre les murs, et à une certaine élévation de terre, et qui de plus posent sur des consoles. Une autre particularité dans ce palais, c'est que les colonnes ne sont plus couronnées et liées entre elles par un entablement horizontal, mais que des arcs à plein cintre s'élèvent sur elles. Ces arcs reposent sur une sorte de base , d'entablement de colonne qui se répète séparément à chacune d'elles. Quelquefois aussi ils naissent immédiatement au-dessus du chapiteau.
Nous voyons, dans le palais de Spalatro, le passage de l'art antique à l'art du moyen âge. Chez les anciens, le système horizontal domi-
1. flurfu of tht Palace of thi Emp$ror Dioclttian at Spalatro; by R. Adam. Loudon, 17*4, in-folio.
THERMES DE NÉR1S
naît ; dans l'édifice de Dioctétien, le système perpendiculaire commençait à se faire sentir. Les proportions du monument de Salone ne sont point heureuses en général. Les entablements sont maladroitement disposés et mal profilés, les chapiteaux secs et maigres, l'ornementation est surchargée et employée avec trop de prodigalité.
Sous Constantin, l'architecture romaine est au point culminant de sa décadence. Tout ce que le mauvais goût peut produire, tout ce qu'une imagination corrompue peut inventer, est visible dans les monuments du règne de cet empereur, qui dota Rome de plusieurs édifices. Les ruines des thermes que Constantin y éleva se voyaient encore au xve siècle L'arc de triomphe qui porte son nom date probablement du règne de Trajan; Constantin le fit orner seulement de bas-reliefs fabriqués de son temps, et qui devaient représenter son triomphe sur Maxence. 11 bâtit à Rome un temple de la Concorde qui n'était sans doute qu'une restauration d'un édifice plus ancien. Les colonnes sont ioniques mais surmontées du chapiteau composite, dans lequel les volutes ne sont pas sur un plan droit, mais s'avancent aux angles en saillie, afin de présenter sur les quatre faces un aspect égal. On attribue à Constantin deux temples, de Bacchus et de Faune. Ils sont circulaires tous les deux.
Au nombre des constructions des derniers siècles de l'empire romain nous citerons les Bains de la petite ville de N'élis *, dans le département de l'Allier. Découverts en 1840, lorsqu'on faisait des projets et des fouilles pour un nouvel hospice, l'administration d'alors eut l'insouciance de ne pas poursuivre ces fouilles qu'un simple particulier avait commencées. Restaurés par l'empereur Julien et ses successeurs, les Bains ou Thermes de Néris datent sans doute du milieu du iv« siècle de l'ère vulgaire. Le plan forme un carré de Um 60 de façade sur Zjl mètres de profondeur, avec un hémicycle sur un des côtés. On y a trouvé quatre piscines (a, b, c, d du plan). Au centre s'élevait une rotonde ornée de quatre portiques et de niches à l'inté-