‹ Histoire générale de l'architecture Moyen ageChapitre 70 sur 367 · TOPE DE MA N I KYALA · texte numérisé non relu

TOPE DE MA N I KYALA

chinois Tha signifie tour, celui de Ta-pho ou Ta-po, élévation, Sou-tupo ou Sou-theou-phu , éminence, élévation ou tour précieuse. Ces mots viennent (lu sanscrit Stupa qui a la môme signification que Tumulus. De là est venu le mot Tope, en usage chez les Indiens modernes.

Il ne nous reste plus à parler que du Tope de Manikyala, situé sur la rive gauche ou orientale de l'indus, à peu de distance, sud-est, de la ville d'Attok. Cette énorme construction, en forme de calotte sphérique, semble par son immensité peu élevée au-dessus du sol ; elle a cependant 21B 33 d'élévation, et sa circonférence est de 150 pas. En admettant que ces pas aient la longueur d'un mètre, nous aurions 150 mètres, ce qui donnerait au Tope de Manikyala un diamètre de 50 mètres. D'autres voyageurs lui attribuent une circonférence de 94" 48 à 97» 53. Son plan est fort simple. De larges marches conduisent à sa base inférieure, qui est de 2" 43 de hauteur perpendiculaire. Cette base se termine en haut par une corniche saillante, ornée de pilastres de 1" 21 de hauteur, espacés les uns des autres de 1»82. Ces pilastres n'ont plus de chapiteaux; ils sont couronnés d'un abaque ou tailloir simple. Il parait qu'anciennement ils étaieut ornés de têtes de bélier que le temps ou la destruction des hommes a fait disparaître. Au-dessus de la corniche, la construction s'élève sur une retraite d'environ 30 à 60 centimètres, et forme une sorte de second étage à face lisse et sans pilastres et de peu d'élévation. Sur cet étage supérieur s'élève l'immense construction sphéroïdale qui ressemble à une énorme coupole ou dôme, composée de pierres qui ont jusqu'à lm 06 de longueur et 0" 45 de hauteur. Ces pierres ne forment pas une voûte : elles reposent seulement sur le massif intérieur. La partie supérieure de la coupole présente une petite surface plane, et porte les vestiges d'une sorte de maçonnerie formant une superficie de 3" 35 sur lm 52. Un tiers de cette superficie est séparé du reste par un mur transversal. Au centre de ce Tope on trouva une espèce de tour carrée ou de puits qui descendait, jusqu'à une profondeur de 19B50, à une dernière cella et môme encore plus bas, dans une longueur de 6" 08 en contre-bas de la maçonnerie et sous terre. On avait d'abord rencontré à 10" 97 de profondeur une première cella ou salle de 3" 65 carrée.

Presque tous les Topes sont placés sur des tertres ou éminences, entourés de circonvallations de murailles en forme de quadrilatères, dont les quatre faces égales sont toujours orientées selon les points

cardinaux ; de bassins, de galeries, de salles destinées sans doute au sacerdoce ou aux gardiens de ces monuments.

Ritter regarde comme certaine l'identité de ces Topes avec les Stupa's de l'époque sanscrite, sur le Gange, et avec les Dhagobs, de l'ile de Ccylan, du temps le plus reculé du bouddhisme jusqu'au ve siècle avant l'ère vulgaire, et encore avec les Thà's ou Sou-tu-pos des relations chinoises du ive siècle après cette ère. Il trouve dans tous ces monuments les éléments et les principes du style moderne des pagodes qu'on rencontre par milliers dans la partie orientale de l'Inde, au milieu des contrées où règne le culte de Bouddha '.

La belle, grande et riche île de Ceylan, appelée dans la langue pali Tàmbaparna, en sanscrit Lankà, chez les Grecs, depuis Alexandre le Grand, Taprobane, par Ptolémée, Salike, renferme des monuments d'architecture non moins intéressants, quoique moins anciens, que ceux des autres contrées de l'Inde. C'est à Anourah-dc-Poura, ville royale d'Ana, que se trouvent les ruines de neuf temples et celles de beaucoup d'autres monuments encore. Ces neuf temples sont aujourd'hui encore en grande vénération ; des milliers d'Indiens y font des pèlerinages. Ils sont situés à l'ouest du fleuve Aripo. Là, on voit le Bo- Malloa, l'enceinte qui contient les arbres sacrés de Bouddha, le groupe des mille piliers, nommé Lowa-Maha-Paya, et les sept tumulus ou Dhagobs dont chacun a reçu le nom particulier de son fondateur.

Le Bo-Malloa 2 est une construction pyramidale en granit, composée de quatre terrasses carrées s'élevant en retraite les unes sur les autres. Ces terrasses sont simples, sans ornements et d'un travail soigné. Leur apparence est hardie ; la base seule est ornée de corniches, qui, pour le travail, peuvent être comparées aux ouvrages grecs. Au centre de la façade du nord, un large escalier, composé de treize marches, conduit vers un autel, sur lequel on fait des offrandes composées do fleurs. L-n autre escalier, sur la face occidentale, conduit à une troisième terrasse. L'entrée est composée d'un arc et ornée de sculptures grotesques en relief; vis-à-vis de cette espèce de portail se trouve un autel destiné également à recevoir des offrandes de fleurs. Cette terrasse en contient une quatrième qui ren-

1. Ritter, Le» CoUates de Bamiyan et les Stupa s, etc., p. 174.

2. J. J. Chapman, Remarht on the ancien! city of Anurajapura and (ht hill temple of Mehentelt in the hland of Ceyton, dans les Transaction» of the Royal Asiat. Soc. of Gr. Brit., vol. III, pl. 3, p. 463-195. — J. Davy, Account of the interior of Ceylony etc. London, 1821. In-4.

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