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LE CHŒUR

où, après la communion, on déposait les choses saintes, telles que vases, calices, patènes, etc., pour être nettoyées et remises ensuite dans leurs gaines et replacées dans le gazophylacium magnum ou diaconiexim majus, ou la sacristie. Le mot û'apsis, absis, abside, était équivalent à celui de berna. Quelquefois une partie du chœur se prolongeait dans la nef. De chaque côté il y avait un ambon ou pupitre avec un siège élevé sur plusieurs degrés ; dans celui de droite on lisait l'Évangile, et dans celui de gauche les ÉpHres. L'abside ou le chœur était séparé de la nef par des rideaux ou des grillages nommés en latin cancelli. Cet endroit s'appelait alors locus intra cancellos. Les portes pratiquées dans cette séparation se nommaient acf^iôopflt, portes à vantaux. Ces entrées avaient des tentures qu'on tirait au moment de la communion et du sermon, lorsque les fidèles recevaient encore l'eucharistie sous les deux espèces, et qu'il leur était permis d'approcher de l'autel. Lorsque plus tard les églises s'agrandirent, on ne prononçait plus le sermon dans le chœur ; mais on plaça une chaire, cancellum, entre ce dernier et la nef, afin que les fidèles pussent entendre plus distinctement le prédicateur. Cette chaire fut appelée ccclesiasticus , pour la distinguer du canccllus forensis, celle du barreau. Après avoir subi un premier degré d'instruction religieuse, les catéchumènes étaient admis dans la grande nef du milieu. Mais au moment de la célébration des mystères, quand les diacres criaient: « lté, calcchumeni! » ils se reliraient sous le pronaos ou vestibule, et dans l'atrium.

Le mot de chœur dont nous nous servons ne date point de la naissance de l'Église. Il fut employé plus tard. Le mot chœur vient de ccetus canentiwn clericorum *. Dans quelques basiliques nous voyons une déviation à la règle du parallélogramme complet pour le plan. Afin de donner un espace plus grand aux magistrats et aux greffiers, on construisit à l'extrémité supérieure du monument, vers le côté du tribunal, deux avant-corps sur les faces latérales. Par cette disposition particulière, et sans que cela soit fait à dessein lorsqu'elle était d'origine antique, la basilique avait presque la forme d'une croix. Ces avant-corps étaient peut-être ce que Vitruve nomme les chalcidiques. Le christianisme conserva cette forme de croix, et dans la suite la rendit encore plus sensible. Quelques antiquaires se servent des mots de chalcidiques, de croisillons, de bras, pour indiquer les

1. Concit. ToUt., I. IV, c. xtui. — Istdor. Hispal. ong., 1. 1, c. m.

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deux avant-corps à droite et à gauche, au midi et au nord, à l'endroit où le chœur touche la nef; le mot de transsept (transseptum) leur convient davantage.

Telle était donc dans son ensemble et dans ses détails la disposition de la basilique romaine convertie en église chrétienne. Mais ces monuments dans Rome ancienne n'étaient point d'invention romaine; les Romains n'apprirent à connaître la basilique qu'après leurs guerres avec Philippe de Macédoine, et c'est dans cette province et dans l'Épire qu'ils virent les premières constructions de ce genre, dont le nom seul indique déjà l'origine d'un pays où régnait un roi. L'ordonnance tout horizontale de la basilique porte encore un cachet tout particulier de l'antiquité.

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