‹ Histoire générale de l'architecture Moyen ageChapitre 83 sur 367 · Ciampini, I, t. iv · texte numérisé non relu

Ciampini, I, t. iv

2. P. Buonanni, TempU Valicani hhloria. Rome, 1696, in-fol., avec 86 planches. — Costaeruti, Architetlura dtlla BatiUca di S. Pietro in Vaticano. — Ciampini, I. III. c. ir. — «PUtnet unb JBunfen, 8<fd>mbiui<} Ut £u«t JXom. — «unfen, bit JBajtlifen M 4rijUi4<n Moins.

SA1 NTE-MARI F.-M A JEURE.

offre cinq nefs. Elle a 118 mètres de longueur, le porche compris, mais sans l'hémicycle, et l/jSm 25 hors œuvre, y compris l'hémicycle; sa largeur est de 65 mètres dans œuvre. Le style des basiliques apparaît dans ce monument dans toute sa perfection autant que les moyens matériels du temps le permettaient. La nef centrale était formée de deux rangées de 20 colonnes corinthiennes, liées au-dessus du chapiteau, non par un entablement horizontal, mais par des arcs plein cintre sans archivolte ; au-dessus de ces arcades règne une partie lisse du mur. A une hauteur do \2mb0 au-dessus du tailloir des chapiteaux commençaient les croisées qui éclairaient la nef centrale. Le dessous des poutres soutenant les fermes était élevé à 30m 20 au-dessus du sol. Les ironssepts, de 72m 25 de longueur et de 2k mètres de largeur dans œuvre, étaient séparés du reste de l'église par un mur, élevé probablement vers l'an 801 , après un tremblement de terre, et percé de quatre portes et d'une arcade centrale, nommé arc-de-triompke (du triomphe de Jésus sur la mort, et qui se célèbre sur l'autel principal placé derrière cet arc). L'hémicycle du fond avait 25 mètres de diamètre. Cette ancienne et belle basilique devint la proie des flammes, le 15 juillet de l'année 1823.

Sainte-Marie-Majeure est une autre basilique du vc siècle; elle est nommée aussi : Sancta Maria Malcr Dei% Sancla Maria ad Prxsepe, Sancla Maria ad Mues : basilique Libérienne. La première de ce nom fut bâtie par le pape Libérius, et consacrée en 353. Sixte III éleva en 432 celle dont nous avons le plan devant nous. Le pape Eugène III, vers le milieu du xji° siècle, y ajouta un portique qui fut démoli en 1572 par Grégoire XIII, et remplacé par Benoit XIV, en 17/^3 , par le portique actuel à huit colonnes exécuté d'après les projets de Ferdinand Fuga. De ce portique on pénètre par cinq portes dans les trois nefs dont se compose la basilique, qui a 31" 65 de largeur sur 11" 60 de longueur dans œuvre, sans l'hémicycle de 13 mètres 80 de diamètre; les chapiteaux des colonnes de la nef sont d'ordre ionique ; le fût est sans cannelures. Les colonnes sont couronnées par un entablement horizontal, à frise ornée et corniche à modillons-, le premier étage est moderne ; il est décoré de pilastres corinthiens entre lesquels sont placées les fenêtres à plein cintre. Le plafond de la grande nef est du temps de Célestin III, de la

Salnte-M«rte* Majeure, à Rome.

fin du xiie siècle, et décoré de sculptures dorées sous Alexandre VI , à la fin du xv siècle, par Julien de Sangallo.

Santa-Maria in Transtcvere est une basilique moins importante , composée de trois nefs séparées par deux rangées de colonnes antiques, 2k en tout, de marbre rouge et gris ; l'entablement au-dessus des colonnes est horizontal. Santo-Pietro in Yiticulis a été fondé en 652 par Eudoxie, femme de Valentinien III. Les 22 colonnes qui séparent cet édifice en trois nefs sont d'un style composite, se rapprochant du dorique romain. Des arcades lient entre elles les colonnes de la nef. Au commencement du xvie siècle, sous Jules II, cette basilique fut restaurée, et reçut alors diverses décorations, telles que les niches aux murs des transsepts et la disposition du sanctuaire actuel. Santa- Bibiana est une basilique fondée en 363 par une dame romaine nommée Olympia, et consacrée en £j70. C'est sous cette église qu'était le cimetière de Saint-Anastase, ou la légende dit que furent enterrés 5,266 martyrs, sans compter les femmes et les enfants.

Nous arrivons maintenant à quelques basiliques des vie et vue siècles, qui ont un caractère particulier et qui diffèrent essentiellement

de celles élevées à Rome postérieurement.

Leur style se ressent peut-être de l'influence orientale. La première est Sainte-Agnès, située hors des murs, à environ un mille de Rome, et bâtie vers l'année 626. Elle se compose d'un porche ouvert sur les nefs, d'un grand vaisseau central de 9m42 de largeur et de 21œ10 de profondeur sans l'hémicycle qui a lm 80 de diamètre. Les deux nefs latérales ont 2œ 60 de largeur. Au-dessus des quatorze colonnes du rez-de-chaussée, s'élève de chaque côté une rangée d'arcades qui, de la grande nef, éclairent les tribunes

pratiquées au-dessus des collatéraux. Cette tribune règne également au-dessus du porche de la façade. Au-dessus des arcades supérieures sont adaptées les fenêtres qui éclairent la basilique. Nous remarquons dans Sainte-Agnès une innovation qui consiste à mettre au-dessus des chapiteaux de la galerie supérieure une espèce d'entablement ou support, duquel partent les arcades.

Le commencement de la construction de l'église Saint-Laurent hors des murs date de l'année 580. Vers l'année 1216, le pape

SAI N T-ÉTl EN N E-LE-RON D. 729

Honoré III y fit des changements considérables; il ordonna la démolition de l'hémicycle ou tribune, bâtit une longue nef du côté opposé et disposa ce qui restait de l'ancienne église de manière à pouvoir y pratiquer une crypte, au-dessus de laquelle on établit le chœur. Les colonnes de l'ancienne partie sont corinthiennes et couronnées d'un entablement horizontal. Au-dessus s'élèvent des colonnes moins fortes, couronnées d'un double tailloir, dont le plus élevé, fort simple, reçoit la retombée des arcs qui joignent les colonnes de la tribune.

La construction de Saint 'Etienne -le- Rond (San-Stefano- Ilotondo) est fort ancienne, quoiqu'elle ne date pas du temps des Romains, comme quelques auteurs l'ont cru. On dit encore que le temple de Claude était situé à la place de Saint- Étienne- le -Rond. Ce qui est certain, c'est que le pape Simplice consacra ce monument au christianisme en l'année Z»68 ou &70. Cette rotonde reçut sous Nicolas V, en 1^53, sa disposition actuelle. Le plan forme un cercle à l'intérieur comme à l'extérieur, de 65 mètres de diamètre. Une première galerie basse, de 10 mètres de largeur, en fait le tour à l'intérieur; vient ensuite une seconde nef circulaire de 8mfi5 de largeur et inscrite dans la première. Enfin on voit une troisième colonnade circulaire et centrale sur laquelle s'élève un mur cylindrique de 26 mètres d'élévation, laissant un espace au centre de 22 mètres de diamètre. La colonnade centrale, d'ordre ionique, est couronnée d'un entablement horizontal. La colonnade médiane, qui date du vine siècle, est surmontée d'arcs plein cintre. Au-dessus des chapiteaux on remarque cette sorte d'entablement ou de support, qu'on voit à Sainte-Agnès et à Saint-Laurent hors des murs, et qui porte la naissance des arcs.

Dans la seconde moitié du vr» siècle, dans le vu* et dans la première moitié du vin*, les événements politiques favorisèrent peu le développement des beaux-arts à Rome. Durant les dernières cinquante années du vme et au commencement du ixe siècle, nous voyons au contraire une nouvelle activité qui fait faire un pas à l'architecture. Ces progrès se font surtout sentir pendant l'époque du protectorat exercé par les rois francs sur les papes, plus particulièrement encore pendant le règne de Charlemagne. Aux vin0 et ixe siècles on éleva ou on restaura un nombre considérable de monuments du culte, parmi lesquels on peut ranger Santa-Maria-Ara-Cœli, Santa-Cecilia in Transtevere, San-Martino-a-Monti , San-Michele in

Sainte- Praxede, h Rome.

Sassia, San-Saba, Santa-Maria in Navicella, Santa-Pudenziana , San-Prasscde, Santi-Ncreo ed Achilleo, Santa-Sabina et autres.

Sainte-Praxède est située non loin de Sainte-Marie- Majeure. Commencée au m* siècle, elle ne fut terminée qu'au commencement du ixe par le pape Pascal 1er. Les quatre travées et les transsepts ont ensemble 62" 55 de profondeur dans œuvre et 25»° 33 de largeur. Les transsepts ont 30m 85 de longueur sur 6m 17 de largeur. L'hémicycle a llm05 de diamètre. La nef centrale a 13™ 30 de largeur. On voit dans cette petite église la magnificence et la simplicité réunies à un suprême degré. A travers un portique antique orné de deux colonnes de granit, on monte à l'église par un escalier de km 87 de largeur , dont les marches se composent de marbre rouge antique, de grandes dimensions1. Ensuite on passe dans un porche de 15™ 90 de largeur sur 12m 66 de profondeur et placé à 65 centimètres en contre-bas du sol de la nef. Les huit colonnes de chaque côté de la nef, qui la séparent des collatéraux, ont un entablement horizontal. Six pilastres de peu de saillie, ayant une console au lieu de chapiteau, supportent trois grands arcs, semblables à ceux de San- Miniato près Florence. Les colonnes de la nef ne sont pas cannelées, leur chapiteau est corinthien.

L'église SS. Nereo ed Achilleo est un autre monument du ixe siècle. C'est un petit édifice composé d'un porche, de trois nefs, sans transsept, et d'un hémicycle à l'orient. Là, ce ne sont plus des colonnes qui séparent les nefs, ce sont des piliers octogones, couronnés d'une singulière mutilation du chapiteau ionique. Ces piliers sont liés à leur sommet par des arcs à plein cintre- Les fenêtres à ogive de la nef annoncent une restauration postérieure du xne siècle. Cette église a 25m 33 de longueur sur 17m 72 de largeur. La nef centrale a 8 mètres de largeur, le porche en a hm ^0.

Parmi les églises de cette époque, Saint-Clément de Rome est surtout remarquable. Élevée dans la première moitié du ix« siècle.

SS. NtfreV et

1. Les carrières de ce inarbre magnifique étaient situées entre le Nil et la mer Rouge. On ne les a plu» exploitées depuis le commencement du moyen âge.

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