PALAIS MONTEREY
FiG. 448. — Salamanque.
Palais Monterey.
(Cliché de Vauleur.)
remontent a la fin du X\' s. L'une d'elles, ou habita sainte Thérèse, offre dans l'arceau de la porte les immenses claveaux caractéristiques de l'architecture civile {sup., p. 151) ; la seconde, dite, sans preuve, de Maria la Brava, presentele même appareil (fig. 447). Elle est surmontée d'un encadrement délicat orne de boules incrustées dans la gorge et de trois ecus dont l'un, au centre, est compris dans une litre fleurie. Du troisième palais, il ne reste que la tour du Clavero. Assise sur une base carrée, elle devient octogonale dans la partie haute suivant une formule empruntée aux Mores. Elle fut élevée, en 1 480, pour Francisco de Sotomayor, clavero (trésorier) de 1 ordre d'Alcantara.
Le célèbre palais du comte de Monterey, vice-roi de Mexico, réalise le type des grandes demeures seigneuriales du XVI« s., comme la casa de Miranda est le modèle des belles et riches maisons. S'il eût été terminé (un côté seul fut achevé), le palais eût été carré et eût comporté huit torrejones : quatre aux angles, quatre au milieu des façades. Les longues murailles aveugles ou, pour mieux dire, les courtmes, la galerie supérieure, dernière expression du chemin de
ronde casemate, la balustrade découpée où survivent les merlons, ainsi que les écus héraldiques accrochés aux saillants des tours sont héritées du vieux château féodal.
La casa de las Conchas, qui tire son nom des coquilles de Santiago répandues à profu- FiG. 449. — Salamanque. — Casa de las • 1 r 1 r
CoNCHAs. Patio. sion sur la façade, tut
(Cliché Lacoste.) construite au début du
ESPA GNE
FiG. 45o. — Salamanque.
Casa de las Conchas.
(Cliché de r auteur.)
XVP s., bien que la riche décoration de la porte, des fenêtres, des balcons et des ciselures des grilles placées devant les ouvertures voisines du sol appartiennent plutôt au XV^ s.
finissant (fig. 450). A l'intérieur, l'attention est attirée par un bel escalier couvert d'un plafond en bois peint, de style mudéjar, et par un patio aux voussures en courbes et contre-courbes brisées, et aux balcons en pierre ajourée (fig. 449).
Ces voussures, anciennes dans l'architecture seldjoucide de Konieh et dont abusera l'architecture portugaise manouéline, se retrouvent dans le patio de l'Université (fig. 451), qui est elle-même un très beau spécimen du style platéresque (fig. 452, 453).
La casa de la Sal se signale, au dehors, par les arcades du rezde-chaussée et ses belles fenêtres. A l'intérieur, d'immenses consoles triangulaires, décorées, sur l'hypoténuse, de deux étages de monstres, rappellent le style vigoureux de l'atelier de Michel-Ange (fig. 455).
C'est à Pedro I barra comme architecte, et à Berruguete comme sculpteur, (m/., p. 439 à 44 1 ) que s'adressa Alonso Fonseca II, archevêque de Tolède, quand il fit construire à Salamanque le beau collège de Santiago Apostol. Le cloître, qui en est la partie la plus intéressante, consiste en deux étages d'arcades sur pilastres et colonnes d'une admirable pureté de style (fig. 454). On sent régner dans tout l'ensemble comme un souvenir des œuvres de Bramanteet, en particulier, du cloître de Sainte-Marie de la Paix.
Y'iG. 451. — Salamanque. — Université.
Patio. (Cliché Lacoste.)