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COLLÈGE DE SAN GREGORIO

Valladolld. — Le collège de San Gregorio rentre dans la catégorie des édifices proto-manouelins (fig. 456). On est d'autant plus autorise a l'y mettre que, d'après Cean Bermudez, l'architecte,

Macias Carpintero, se serait coupé la gorge en Juillet 1490, alors que les travaux n'étaient pas terminés. On a la preuve par la date attribuée à cet événement, fùt-ilcontrouve, que l'édifice avait été entrepris avant la première manifestation du platéresque portugais (m/., p. 339 à 343).

Le palais où Philippe II vit le jour est une construction massive, sans intérêt, n'était la célébrité qu'il doit à cette naissance et n'était aussi l'unique mais fort gracieuse fenêtre d'angle ouverte dans ses murs aveugles.

Léon. — Le monastère de San Marcos, rebâti entre 1 5 1 4 et 1 549 par Juan de Badajoz, est un édifice quadrangulaire fermé sur un côté par l'église conventuelle (fig. 584). La façade surchargée de médaillons, de sculptures ornementales, de moulures et de voussures variées, présente audessus de la porte centrale un arc nettement outrepassé. C'est peutêtre la dernière manifestation occidentale de cette courbe. Bien différente de la façade, la sacristie (fig.

458) est un morceau délicieux où larchitecte a développé, en le rajeunissant, le thème de la chapelle de

rObispO Uup., p. 223). ^"';^- 453. - SAKAMANgUE.

|-j j '1 • • o POKI K I)K L UNIVERSITE.

rendant qu il construisait San (cucm de rauieur.)

Fig. 452. — Salamanqie. — Université.

Fenêtres intérieires.

FiG. 454. — Pedro Ibarra. — Patio

du c0llè(3e santiago

Apostol (Salamanque).

(Cliché de Vauteiir.)

ESPAGNE

Marcos, Juan de Badajoz fut chargé de restaurer le cloître de la cathédrale (fig. 457). L'on ne saurait trop louer le talent qu'il déploya pour harmoniser avec un monument gothique les réfections de style platéresque.

A la période finissante de cette même architecture, se rattache le palais bâti en 1 560 pour don Juan Quenones y Guzmanes et situé à l'angle de la place San Marcelo (fig. 433, 459). Il est établi sur plan rectangulaire avec patio central, torrejônes aux angles et galerie en attique sur la face qui longe la place. La tendance à multiplier les fenêtres extérieures s'affirme. Mais que l'on ne s'y trompe pas : ici, comme dans les palais italiens du XV' s., les baies en façade devaient répondre, celles du rez-de-chaussée aux logements des officiers de service, et celles de l'étage supérieur à celui des domestiques, tandis que les appartements du premier étage, réservés à l'habitation du maître, conservaient leurs jours sur la cour intérieure.

Zamora. — La ville, qui est riche en monuments religieux, ne possède que deux palais intéressants. Ils remontent au début du XVI" s. L'un, très simple, ressemble à la casa del Cordon de Burgos (fig. 444). Le second, sur la place de los Momos, a plutôt des analogies avec les vieux palais de Salamanque. Par la décoration de la porte, il rappelle la demeure de Mariala Brava (fig. 447); par celle des fenêtres, il

,1 ,1 Fig. 453. - SAl.AMANyUK. — (>ASA DE I.A SAE.

est comparable a la casa consôi.es du patio.

delasConchas(fîg.450). (cnché Laa»^tc.)

ÉDIFICES PLATÉRESQUES. AVI LA. SEGOVIE

FiG. 450. — Vai.ladolid.

Collège San Grkgorio.

(Cliché de V auteur.)

Avila. — La cite de sainte Thérèse est riche en demeures sombres, austères, aux murailles nues et aveugles. L'architecte n'aurait guère a y glaner, n'étaient les beaux cloitres du monastère de Santo Tomas.

Segovie. — Le style platéresque est représenté par deux maisons historiques : la casa de los Picos (maison des Pointes), où le corregidor élisait domicile en temps de guerre et où le Conseil de Ville se réunissait pour accueillir les rois quand ils entraient à Segovie (fig. 460), et la maison de l'illustre comunero, Juan Bravo, décapité le 24 Avril 1 521 (fig. 461 ). Avec sa galerie en attique, ses arcs en accolade très surbaisses, sa porte aux lourds claveaux, son écu armorié, celle-ci est un modèle parfait de ces demeures aveugles (comp., fig. 447, 460) d'où Ton n'osait regarder la rue que du haut des galeries supérieures. Tolède. — Comme le collège majeur de Santa Cruz à Valladolid et le collège de Santiago à Salamanque — d'une date postérieure — l'hospice de Santa Cruz fut fondé par le cardinal de Mendoza. II affecte la forme d'un carré circonscrit à une croix de Malte.

Dans la disposition primitive, les quatre branches formaient autant de nefs à la croisée desquelles s'élevait l'autel.

Le morceau le plus caractéristique, au point de vue du style, est le portail en marbre et en piedra hlanca de la Rosa (fig. 462). L'architecture, la modénature, les

FiG. 437 — JlAN I>E BaDAJO/. — (^LOÎIHK DK . . *. T

. ^..- . .. . I ,.». ornements sont italiens,

LA GATHKI»RAI K l)K l.KON. '

(Cliché .le i\iiiU'ur.) tandis quc 1 ébrasement 23 1 —

FiG. 458. — Juan de Badajoz.

Sacristie de San Marcos. (Léon)

(Cliché de Vauteur.)

et Tarchivolte sont ornés de statuettes disposées à la manière gothique. Il en est de même de la crête découpée, attachée au second membre de l'archivolte.

Saragosse. — L'architecture platéresque y revêt un caractère spécial dû à la longue faveur dont y jouirent les arts mudéjars et à l'usage général de la brique. Les corniches en grande saillie, que l'on ne saurait bâtir en petits matériaux, sont remplacées ici par des avanttoits très accusés. Ceux du palais du comte d'Argillo (fig. 463), du palais de Luna et delâLonja (Bourse du Commerce), sont de véritables œuvres d'art, OLi l'on reconnaît à la fois le style des palais florentins dus à Brunellesco et aussi le sceau des charpentiers musulmans.

La Lonja, un excellent type des édifices en briques, est très simple d'aspect et ne comporte que de rares fenêtres et trois larges portes. Ces dernières donnent accès dans une salle grandiose dont les voûtes font souvenir de la dernière période gothique (fig. 465). Les nervures retombent sur deux rangées de colonnes ioniques et sont comprises, à leur naissance, dans une gaine ornée d'amours et déçus héraldiques.

Une tout autre note est donnée par l'Aljaferia, que reconstruisit en partie Ferdinand le Catholique, et dont les plafonds de bois admirablement conservés sont mudéjars par le tracé, gothiques par l'inscription de la corniche et plateresques, si l'on s'en tient à la modénature et aux ornements sculptés et peints. Valence. — - VJAudiencia (1510) est lourde et massive comme

Fig. 459. — LÉON.

Palais des Guz.manes.

(Voir fig. 433.)

Fenêtres d'angle.

(Cliché de Fauteur.}

FiG. 460. - Ségovie.

Casa de los Picos.

(Cliché de raideur.)

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