MURILLO
FiG. 549. — MURILI.O.
JÉSUS ET Saint Jean enfants.
iMitsùe du Prado.) (Cliché Hachetlc.)
ment du rocher ou La SeJ et la Multiplication des pains, ou Pan y peces qui en font partie, sont parmi ses plus vastes compositions.
Murillo est aussi le peintre de ces Immaculées Conceptions (fig.
546) dont Montanés avait arrêté le type, de ces Vierges plus belles encore que les belles Sévillanes qu'il choisit pour modèle (fig. 547, 548). La gloire céleste n'illumine pas seulement les figures, elle règne autour d'elles, vaporeuse, tantôt argentée, tantôt dorée, toujours suave et caressante. Les qualités diverses de son talent brillent encore dans les petits tableaux représentant Jésus et Saint Jean enfants auprès de l'Agneau, peintures exquises dont on ne se lasserait pas de célébrer le charme (fig. 549, 550).
Murillo ne se spécialisa pas dans les tableaux religieux. Il rend
avec une saisissante vérité les sujets familiers et réalistes ; il prend dans les rues de Séville les modèles des jeunes vagabonds des musées de Munich, de Dresde, de l'Ermitage, du Louvre (fig. 551). Il est aussi un portraitiste excellent et un peintre de paysage, de nature morte et d'animaux d'une virtuosité surprenante.
Deux peintres essayèrent de s'élever contre Murillo. Le premier, Francisco H errera e/ A/ozo (Séville 1622-Madrid 1685), est un des premiers ar-
FiG. 55o. — McHii.i.o. -11 . • •
Le Divin P.FRf.i h tistes dont les œuvres témoignent
(Musée du l'rndo.) (Cliché Hachette.) d'un art en décadence. Malgré
ESPAGNE
FiG. 55l. — MURILLO.
Jeune mendiant.
(Musée du Louvre.) (Cliché Hachette. i
son style conventionnel et maniéré, il jouit de la faveur de Marie-Anne d'Autriche et de Charles II. Le second, Juan de Valdés Leal (Cordoue, 1630- I69Î), est, au contraire, un artiste de grande valeur et un coloriste expressif au sens le plus élevé du mot. Tantôt il s'inspire de Murillo, — Assomption de la National Gallery, Immaculée Conception du musée de Séville, Vierge des Orfèvres du musée de Cordoue, — tantôt il se complaît dans la représentation de sujets répugnants. Comme Pacheco, Valdés Leal fut un collaborateur extrêmement recherché par les statuaires polychromistes {sup., p. 261).
Au nombre des disciples de Valdés Leal, on place Palomino
(1653-1726). Il écrivit le Museo pictorico, qui lui valut le surnom
de Vasari espagnol. D'autre part,
il composa des tableaux religieux
(fig. 552) et peignit à fresque les
voûtes de los Santos Juanes à
Valence, de San Esteban à Sala-
manque et de la chapelle dite du 7a-
bernàculo a la chartreuse de Pau-
lar où il s'égale au Napolitain
Solimena et au cavalière del Pozzo.
Le chef de l'école de Madrid est
Antonio Pereda (Valladolid 1 599-
1678). Il peignit pour le salon des
Reines du Buen Retiro Gênes secouru par le marquis de Santa Cruz.
Claudio Coello (Madrid, 1623?-
1693), un élève de F. Ricci, qui
rappelle les Flamands par l'éclat du
coloris et de la lumière (fig. 553),
FiG. 552. — Pai.o.mino y N'elasco.
iMiMACUI.ÉE (>()NCEPIION.
(Musée du Prado.) (Cliché Lacoste.)
FiG. 333. — Gl.AUDIO COELLO.
Apotiiéosk de Saint Augustin.
(Muace dti Prado.)
i(]liché Lacoslc.)