‹ Histoire générale de l'artChapitre 120 sur 222 · I.MMACt LKK Conception · texte numérisé non relu

I.MMACt LKK Conception

(Ijessiii a M. L. de Madra^d.)

(Cliché Lacoste.)

étude anatomique rivalise avec le charme de la couleur, ses Vierges au voile blanc et au manteau bleu, d'un type si expressif et si pur (fîg. 542), la Soledad de la cathédrale de Grenade si douloureuse et si poignante sont populaires dans toute l'Espagne.

Le groupe grenadin compte encore Pedro de Moya (1610-1666), qui, au lieu d'étudier en Italie, s'était formé en Flandres, où il servait comme soldat, et en Angleterre, auprès de Van Dyck, dont il était devenu l'ami. Pedro de Moya est moins connu par ses œuvres que pour avoir deviné Murillo et lui avoir montré la voie où il devait s'illustrer.

Bartolomé Esteban Murillo (Séville, 1618-1682) avait rencontré Pedro de Moya dans l'atelier de Juan del Castillo. A la vue des

ESPAGNE

FiG. 547. — MURILLO.

L Annonciation.

(Musée du Prado.) (Cliché Hachette.)

copies de Rubenset des études d'après Van Dyck que lui montre son ami, il est frappé d'un trait de lumière. Des lors, il accumule les sergas, toiles grossières que les colporteurs achetaient pour les expédier dans le Nouveau Monde, réunit un petit pécule et veut gagner lui aussi les Flandres. Il part, mais il s'arrête à Madrid, où Vélasquez l'accueille avec bonté et, pendant près de dix ans, il copie les Titien, les Véronèse, les Rubens, les Van Dyck, les Vélasquez des magnifiques collections royales. En 1645, Murillo revient à Séville et compose la Cuisine des Anges (Musée du Louvre), la Mort de sainte Claire (Musée de Dresde), San Diego de Alcalà (Musée du Prado), inspirés des maîtres qu'il a si patiemment étudiés. Enfin, en 1 649, délivré de toute contrainte, il peint les admirables Saint Antoine de Padoue du musée (fig. 543) et de la cathédrale de Séville et, plus tard. Sainte Elisabeth pansant les teigneux (fig. 544), Saint Ildefonse recevant une chasuble des mains de la Vierge (fig. 545), puis X Annonciation (fig. 547), la Vierge du Rosaire (fig. 548), Saint Thomas et, enfin, le Christ se détachant de la croix pour embrasser Saint François d'Assise du musée de Séville. Pages sublimes où les jouissances de l'ascétisme et le mystère des extases, sont rendues avec une émotion qui n'a jamais été atteinte.

Entre 1 660 et 1 674, Murillo compose pour la Hermandad de la Caridad, a laquelle il s*est affilié, un magnifique ensemble. Le Frappe-

FiG. 348. — Murillo.

La Vierge du Rosaire.

(Musée du Prado.)

(Cliché .\nderson.)

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