COVADONGA
(CAiché Ha user y Meiiet.)
La porte de Tolède (fig. 605), en forme d'arc de triomphe, fut érigée à Madrid en 1813 pour célébrer le retour de Ferdinand VII après son emprisonnement à Valençay. Le Palais du Congrès {Caméra de los Diputados) , avec son portique d'inspiration romaine, date de 1843. Le Théâtre royal (1818-1 850), construit par Aguado sur le modèle des salles italiennes, ne présente aucun caractère saillant. En revanche, la Plaza de Toros (fig. 608), due à Rodriguez Ayuso et Alvares Capra, est franchement espagnole. La Bourse du Commerce {Boisa del Comercio), projetée dans le style de la Renaissance par Enrique Maria Repullés y Vargas, remonte à 1 893. La Banque d'Espagne {Banco de Espana) est l'œuvre de Eduardo de Adaro et de Severiano Sainz de la Lastra. Le ministère du Fomento est établi sur plan rectangulaire avec un motif saillant, au milieu des grands côtés et des pavillons aux angles. La Bibliothèque Nationale, par Jareno (1866-1894), comprend encore le Musée d'Histoire Naturelle et le Musée Archéologique. La bibliothèque proprement dite, éclairée par des ciels ouverts et où n'entrent que des rayonnages et des planchers en fer, réalise la perfection technique.
Ces édifices d'excellent style sont tout à l'honneur de l'architecture moderne espagnole, mais, à part la Plaza, n'ont pas d'accents nationaux.
En général, la même observation s'applique aux
constructions privées.
SI 1 111 Fig. 607. — La Coruna. — Soportales
euls, les grands balcons ' ^ . ,, „,,.
° . (arcades) de la Marina.
couverts et vitrés connus (Cltché de Vauteur.)
ARCHITFCTI'RF. CATALANE
Co8. — RonRiGiTEZ Ayuso.
(lUa^ia de Toros. Madrid.) (Cliché Lacoste
SOUS le nom de miradores avertissent le voyageur qu il a franchi les Pyrénées. Dans le Nord de TElspagne, ces miraJores ont pris une telle extension qu ils constituent de véritables écrans devant les façades ((îg. 607).
De propos délibéré, fai mis à part Barcelone, Vich et les villes voisines.
Le désir des Catalans de
ne rien emprunter au reste de l'Espagne s'est incarné dans un artiste au tempérament personnel, étrange, rêveur, Antonio Gaudi.
On doit a cet artiste une étude patiente de formules architectoniques raisonnées, sous leur apparente déraison, dont l'application a été parfois couronnée de véritables succès. Son œuvre maîtresse est l'église de la Sagrada Familia, en construction dans un faubourg de Barcelone.
Le projet initial est d'inspiration gothique. Dans les parties terminées, — elles sont rares, — le détail est étudié avec une conscience scrupuleuse et une rare habileté. Quant a la porte du Nord destinée à symboliser la création, elle est également construite sur un tracé gothique. Mais l'auteur, pour rendre le chaos biblique, a suspendu des stalactites aux arêtes constructives et imité jusqu'aux suintements solidifiés par le froid. Des statues, des motifs exquis de décoration, des envolées d'oiseaux, des bétes étranges se mêlent aux glaçons. Antonio Gaudi a la foi. 11 l'a communiquée à ses collaborateurs, sculpteurs, ornemanistes, appareilleurs, et tous l'ont secondé avec une ardeur méritoire et un réel talent. Une œuvre devant laquelle les Catalans s'inclinent, parce qu'ils ne discutent plus le talent de Gaudi, est le parc Giiell.
FiG. ÔOQ
Palais de Justice DE Barcelone.
(Cliché Toldra.)
ESPAGNE
FiG. 6io. — PuiG Y Cadafalch.
Maison Paseo de San Juan.
Barcelone, Patio.
(Cliché A. Toldra, Via':^o.)
Les revêtements extérieurs des murailles exécutés en mosaïque de faïence faite avec de gros fragments de carreaux brisés sont encadrés dans une architecture imprécise, qui déroute plus qu'elle ne charme.
Nombreux sont les élèves ou les imitateurs du maître. José Puig y Cadafalch, Luis Domenech y Montaner, Enrique Sagnier y Villavechia, Artigas, Pedro Falquéz y Urpi essayent de se frayer une route vers la sincérité et la distinction architectoniques (fig. 610,61 1 ). Les uns affectionnent le platéresque de Salamanque, les autres retournent au gothique ; ceux-ci font revivre le vieux style catalan, notamment dans les maisons de campagne ; ceux-là empruntent quelques ornements aux styles français du XIIP s. A Barcelone, le Palais de Justice (fig. 609) et la décoration intérieure du Musée des Beaux- Arts ; à Vich, la chapelle des Pères et, dans toute la province, des maisons aux harmonies inédites, sont précieux par leurs détails et offrent parfois des ensembles d'une simplicité charmante (fig. 612). Certes l'œuvre ne répond pas toujours à l'effort ; le maître et ses disciples se montrent excessifs dans leurs audaces. Mais appeler la critique, n est-ce pas un honneur que méritent seuls les véritables artistes ? La statuaire espagnole, surtout au début et au milieu du XlX*" s., est académique. Il faut atteindre à la fin du règne d'Isabelle II pour sentir renaître le souffle du Siècle d'Or.
A la première époque, appartiennent : José Granjea, statue de Juan
Fk;. (Jii. — Puig y Cadafalch.
Maison Pasko de Gracia,
Barcelone.
(Cliché A. Toldra, Viazo.}