PEINTURE
suivit jusqu'en Espagne. Mais, durant les années troublées qui suivirent l'avènement d'Isabelle II, il y eut un réveil du génie national. Peut-être le romantisme français ne fut-il pas étranger à ce mouvement. Madrid, où s'était formée la nouvelle école, en a conservé les principales œuvres. Ce sont les Funérailles de don Alcaro de Luna par Eduardo Carro, le Testament d'Isabelle la Catholique (fig. 617) et la Présentation de Don Juan d'Autriche à Charles-Quint par Eduardo Rosales, la Conversion du duc de Gandia et le Prince de Viane (fig. 618) par Moreno Carbonero, Jeanne la Folle (fig. 619) et la Reddition de Grenade par Pradilla, Flevit super illam (fig. 621) par E. Simonet, la Mort de Desdémone (fig. 620) par Munoz Degrain, la Mort de Lucain (fig. 623) par Garnelo y Aida.
En même temps que la peinture d'histoire, se développent la peinture anecdotique et le paysage. Nombreux sont les artistes qui viennent à Paris et fréquentent les ateliers fameux de Delacroix, d'Ary Schefîer, de Delaroche, de Gudin, de Meissonier. D'autres vont à Rome étudier les compositions chrétiennes d'Overback.
Les noms de Madrazo, de Zamacois, de Fortuny rappellent les portraits officiels exécutés par le premier, le Favori du Roi peint par le second et la Sacristie, \ Antiquaire, le Bibliophile, le Charmeur de
. ^1 r^ , ■ Fig. 617. — E. Rosales. — Le Testament
serpents et la rantasia ,, ,^
■i y ■ -,■, D Isabelle la Catholique.
du dernier d entre eux. (Musée d'An moderne.) (Cliché Lacoste.)
ESPAGNE
FiG. 6l8. — MORENO Carbonero.
Le prince de Viana.
(Musée d'Art moderne.)
Checa, dont les débuts furent si remarqués, a réalisé les espérances que la Course de chars et Y Invasion des Barbares iS^s,. 622) avaient fait concevoir.
Dans ses dernières manifestations, l'école espagnole se préoccupe moins des drames historiques que des scènes réalistes et modernes. Si les sujets ont changé, le même esprit anime les artistes. On peut en juger à la Plaza del Palacio de Teisidor, au Vœu (fig. 624) d'Alvarez Sala, à Barcelone en 1902 (scène d'émeute) et aux beaux portraits de Ramôn Casas, à la Grève de Vicente Cinanda, à la Communion des Sœurs de Mélida y Almari, au tableau de chats intitulé : Au bord du précipice de Suquer y Lôpez, au Mendiant d'Alejandrino Iruela y Arlola, à / Esclave en Vente de Jiménez Aranda et à l Esclave marocaine de A. Fabrés (M. d Art mod.), puis encore aux beaux portraits de Joaquin Sorolla (fîg. 626), aux tableaux de Zuloaga (fig. 627 à 629) et d'Emilio Sala (fig. 625), aux énigmes ultra- impressionnistes d'Anglada, aux illustrations de Daniel Vierge (fig. 630).
Enfin, aux derniers salons de Madrid, brillaient Santiago Rusinol avec les Jardins d'Aranjuez, José Bermejo avec les Vendeuses de fleurs à Rome, Joaquin Gonzalez Ibaseta avec la Sieste (étude de nu), Julio Romero de Torres, un Cordouan, avec une Musa gitana dorée par le soleil des Titien et des Giorgione (fig. 63 1 ), Eduardo Chicharro avec un beau
Fig. 619. — Pradilla. — Jeanne la Folle. (Musée d'Art moderne.) ((Cliché Lacoste.)