MAJEUR
de la sala Jos Cvsnes. La véritable richesse décorative du palais réside dans les azulejos. Ceux qui remontent au Xl\' s. sont découpes et forment de véritables marqueteries. D'autres, plus modernes, conservent le dessin géométrique, mais sont de la classe appelée cuerda seca par les Espagnols {sup., p. 286). Une troisième catégorie, peut-être la plus curieuse, comprend le revêtement de la petite salle das Sereias (Sirènes). Les carreaux sont à fond blanc avec des feuilles de vigne vertes et des vrilles violettes en relief. Le cadre orné de dessins géométriques est bleu, blanc, vert avec des filets noirs. Il convient de citer aussi le haut lambris (3 m. environ) de la Sala dos Cysnes, composé de carreaux
blancs et verts et couronné d'une
frise verte 011 les merlons de style more alternent avec des châteaux.
Les énormes coupoles coniques qui dominent le palais étaient également tapissées de faïence.
Elles font partie des anciennes constructions et, comme celle d'Alcobaça, surmontent les cuisines {sup., p. 324).
Les revêtements de faïence de la vieille cathédrale de Coïmbre pouvaient rivaliser avec ceux de Cintra (fîg. 672) ; mais on les a en partie détruits.
Les plus anciens azulejos furent fabriqués par les Mores. Quelquesuns vinrent de Valence et de Séville. Bientôt, le Portugal eut, à son tour, des ateliers célèbres.
FiG. 68f). — Thomar.
CONVENTO DE ChRISTO.
Statues du sanxtuaire.
rVoirfur.OSg.)
(C.liché de V au leur.)
PORTUGAL
FiG. 68i. — Cancionero
DU Collège des Nobles.
(Bibliotkèqiie du Palais d'Ajuda.)
(Cliché de rauleur.)
en
Lisbonne en comptait treize. La salle des Cygnes fut commandée à ceux de Belem par Dom Manoel. Enfin les novices de l'ordre de Sào Thiago avaient établi à Pamella des fours renommés.
Les monuments muJéjars, si l'on excepte le palais de Cintra, sont presque tous groupés à Evora (Alemtejo). Le palais ruiné de Dom Manoel F^ présente des fenêtres doubles en arc de cercle outrepassé, ornées à l'intrados de festons tantôt en pierre, tantôt en brique et réunies à l'extrados par un gable accolade très aigu. Des colonnettes grêles et des chapiteaux ouvragés les complètent. Une porte du couvent de Loyos (fig. 676) et la petite terrasse couverte connue sous le nom des Portas de Moura, de la même date que le palais, se signalent par la même décoration. Le porche de Sào Francisco (vers 1 500), où le plein cintre fraternise avec l'arc de cercle outrepassé et l'ogive en fer à cheval, mérite aussi une mention (fig. 675).
Les architectures gothique et musulmane se marient encore à Santarem, dans le clocher-minaret de Sào Joào do Alporào ; à Vianna do Alemtejo, dans une fenêtre double aux archivoltes festonnées ; au château d'Alvito (entre Evora et Beja), commencé en 1494 sur l'ordre de Joào II, et dans un pavillon de campagne construit vers la même époque pour Affonso de Portugal, archevêque d' Evora.
L'influence musulmane persista en Portugal bien au delà du xvi s.
Fig. 682. — NuNO GoiNçalves.
Henri le Navigateur.
(liibliolhùque Nationale de Paris.)
(■Cliché Uachclle.)
PÉRIODE MANOUÉLINE. - SCULPTURE
C'est ainsi qu'à Guimaràes, Braga, Villa Real, Biagance, Porto et dans les villes du Sud. subsistent des adufas en tout semblables aux moucharabiehs du Caire.
Enfin Elvas, une des grandes cités de rAlemtejo, avec ses patios, ses escaliers découverts adossés aux murs des cours, ses toitures en terrasse, ses maisons uniformément blanches, a 1 aspect d'une ville marocaine.
Maigre la venue de Van Eyck en Portugal {inf., p. 352) et le long séjour que Sansovino y aurait fait sous le règne de Joào II (inf., p. 362),
ni la Flandre, m l'Italie
FiG. 683. — EsTEvÀo
gonçaloes.
Adoration des Bergers.
(Missel Acad. des Sciences de Lisbonne.) (Cliché de Vauleur.)
n eur e n t
une influence générale sur le développement des arts durant la période manouéline. La sculpture, notamment, ne la ressentit guère. Ce fut en effet, sous la direction de Joào et de Diogo de Castilho et de Nicolas Chatranais que furent exécutés les deux portails de Belem (fig. 659, 660), la décoration de Santa Cruz, de Coïmbra et notamment les tombeaux royaux (fig. 677) de Dom Affonso Henriques (1139-1185) et de Dom Sancho I*^^' (1185-1211).
D'autre part, dans la même église, on admire la chaire en pierre, du plus beau style français de la Renaissance, qui est l'œuvre de Joào de Ruào (Jean de Rouen). Cet artiste était arrivé à Coïmbre, en 1522, accompagné de lago Longuin (Jacques Longum) et de Filipo Uduarte (Philippe Odoart ou Edouard), trois maîtres français célèbres, dit la chronique d'Agostino de Coimbra.
Fig. 684. — EsTEVÂo
GoNÇALOES. — La PentecOte.
(Voir ci-dessus, fiff. 083.)
PORTUGAL
FlG. 685. — NUNO GONÇALVES.
Triptyque de San Vicente.
(Panneau central.)
(Archevêché de Lisbonne.)
11 y a lieu de penser que, entre autres travaux dont ils furent chargés durant leur séjour en Portugal, Jean de Rouen et ses collaborateurs sculptèrent également deux retables incrustés dans les murs du cloître de Santa Cruz, la porte latérale dite Especiosa de la se Velha et la Vierge du fronton.
De style français sont encore le tombeau de Dlogo de Pinhenço, premier évéque de Funchal, mort en 1 525 (Nossa Senhora dos Olivaes de Thomar) et ceux de Carreiro, de Dom Duarte de Menezes et des Barbosa (égl.
de Graça de Santarem), tandis qu'un manouélm très spécial, voisin du plus beau platéresque,
réclame le monument funéraire de Dom Joào d' Almeida dont la mort remonte à 1 5 1 2 (fig. 678).
En Portugal, les retables ont presque partout été remplacés soit par des tableaux, soit par des baldaquins, soit par des pyramides à gradins destinées, les jours de fête, à recevoir une profusion de lumière et, au sommet, l'ostensoir. Parmi ceux qui ont été conservés, celui de la se Velha de Coimbre est sans conteste le meilleur (fig. 679). 11 fut commandé par l'évéque-comte Jorge d' Almeida, qui occupa le siège de Coimbre de 1481 a 1543. On a trouvé dans les archives une quittance, en date de 1 508, au nom
Fig. 086. — -NuNO Gonçalves.
Triptyque de San Vicente.
(Volets.)
FiG. 687. — Grâo Vasco.
Saint Pierre.
(Cathédrale de Mt^eu.) (Cliché de Vanleiir.)