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RETABLES ET STATUES POLYCHROMES

de Meslre Vit mer framengo ora estante nesta cidada et seu parceiro Joào Dipri {Maître VUmer le Flamand étant maintenant dans cette ville et son compagnon Jean d'Ypres). Faut-il en conclure que maître Vlimer et Jean d'Ypres sont les uniques auteurs du retable ? A considérer le style, il semble qu'ils travaillèrent à côté d'un maître espagnol de la fin du XV' s. Deux retables de Nicolas Chatranais, l'un à San Marcos, près de Coïmbre, 1 autre dans la chapelle du château royal de la Penha, sont encore à citer, mais en rappelant qu'ils sont l'un et l'autre des œuvres d'artistes français.

Très supérieures aux retables portugais sont les statues peintes et dorées du sanctuaire de Thomar (fig. 680). Elles concourent, avec les tableaux placés sur le parement du déambulatoire et la polychromie très chaude de l'architecture, à donner beaucoup de caractère au monument. Cette décoration fut entreprise sur l'ordre de Manoeir (1495-1521).

Enfin, le sculpteur et l'architecte eurent une part égale dans l'exécution des pelurinhos de pierre (colonnes de pilon), nommés aussi jorca dos fidalgos en raison des nombreux membres de la noblesse qui y furent suppliciés ou exposés. Ils se dressent encore sur les places publiques de Thomar, de Lisbonne, dç Cintra, d'Arcos, de Val de Vez et d'autres villes ou bourgs et, malgré leur destina-

FiG. 688. — FoNS ^'n■.K.

(Hospice da Misericordia de l^orlo.)

PORTUGAL

FiG. Ô89. — Couronnement

DE LA Vierge.

(Musée de Coimbre.) (Cliché de Vaiiteur.)

tion, sont parfois très élégants.

L'art de la miniature fut

cultivé de bonne heure. Frey

Bernardo de Brlto mentionne

un portrait d'après nature

du comte Henriques (1092-

1112) qui ornait le frontispice

d'une bible appartenant au

monastère d'Alcobaça. Cet

ouvrage est perdu, mais les

archives de Torre doTombo

possèdent un Commentaire

de r Apocalypse d'un art

barbare, signé Edgar ",

et daté de 1 1 89. Les dessins sont exécutés au trait

sépia sur des zones horizontales de couleurs jaune clair

assez vif et orangé tirant sur

le vermillon. L'architecture est de style mudéjar primitif. Au temps d'AffonsoIII (1248-1 279), la miniature fit des progrès,

ainsi qu'en témoignent deux beaux manuscrits sur parchemin. L'un

(Torre do Tombo, paquet II, n° III de Foraes) offre à la feuille 9

une image du Christ peinte en bleu et rouge ; le second (B. N.

de Lisb.) est une magnifique Bible hébraïque avec des enluminures

décoratives bleues, rouges et or. Elle fut écrite à Cerbère (Espagne)

en 1299 par le rabbin Abrahào et illustrée par José Osarfati. Elle est précieuse parce qu'elle donne un état exact de l'architecture mudéjare portugaise à cette époque et que l'on y voit se mêler en proportions à peu près égales le style gothique français et le style musulman de Sé-

ville.

l'iG. Oyo. — Descente DE Croix. . ,

(Musée de Coïtnbre.) (Cliché de Vauleur.) A Citer, encore, 1 an-

M.lM'SCRITS

FiG. 691. — Fiançailles

DE LA Vierge.

(Mu fée de Lisbonne.^

(Cliché de VaiUeur.)

cien Cancioncro du Collège des

Nobles (hg. 681), les Vistas c plantas das Forlalezas do reino fcitas

por Duarte Darmas, Escudeiro da

Caza do Senhor Rei Dom Manoel.

1495-1 521 , où les cavaliers

comme les piétons sont vêtus de

burnous et coiffes de turbans (Torre

do Tombo) et quatre beaux manuscrits de la Bibliothèque Nationale

de Pans : la Chronique de Gomes

Eannes de Azurara, écrite en 1453

et enrichie d'un excellent portrait

d'Henri le Navigateur (fig. 682) ; le

Leal Consellieiro, le Brève tratado

ou Epi logo de todos os visos reyes

que iem habido no Estado, par Pedro

Barrero de Resende (1635), avec

les portraits des gouverneurs des

Indes, et la Genealogia Universal de la nobilissima casa de San-

doval (1612), illustrée par un portugais nommé Eduardus Caldeira,

et reliée dans une magnifique couverture d'argent doré, ciselée à

Lisbonne. Une mention spéciale est également due au précieux Missel d'Estevào Gonçaloes (xviF s.), sur lequel les rois prêtaient serment à la Constitution (fig. 683, 684) et aux Memorias da paz de Utrech par Luis da Cunha (1715).

L'histoire de la peinture portugaise est plus obscure à ses débuts que celle de la miniature. D'après Frey Luis de Souza, il existait dans le couvent de Sào Domingo un tableau d'autel qui représentait Santa Isabel, femme de Dom Diniz {] 279-] 325), sous les traits de la Vierge Marie, et son fils, plus tard Affonso IV (1325-1357), sous ceux de X Enfant Jésus. De son côté, Frey

Fig. 692. — L'Annonciation.

(Musée de Lisbonne.)

(Cliché de l'auteur. )

PORTUGAL

FiG. 693. — Marie et les

Apôtres après la

résurrection.

(Musée de Lisbonne.) (Cliché de l'auteur.)

Bernardo Bnto fait mention d'une Adoration des Bergers où figuraient Afïonso IV et son fils Dom Pedro.

Une éclaircie se produit, — encore de bien courte durée, — après le passage de Jean Van Eyck, qui, en 1428, était venu peindre le portrait de Dona Isabel, fille de Dom Joâo I ' (1387-1433). Le choix que le monarque avait fait de Van Eyck s'explique par la multiplicité des relations que le commerce maritime établissait entre le Portugal et la Flandre. Dés 1 386, les marchands portugais avaient une bourse dans la ville d'Anvers ; en 1503, il y fut même établi une factorerie, qui ne tarda pas à devenir prospère. Nuno Gonçalves, nommé peintre d'Affonso V^ le 20 juillet 1 450 (Arch. de Terre do Tombo), appartient à la seconde période. On possède de lui les deux grands triptyques connus sous le nom d'Adoraçâo de San Vicente (l'un est signé). Ce sont des chefsd'œuvre (fig. 685, 686). Par l'étude attentive des figures d'hommes, par l'exécution savante des vêtements, par le rendu à la fois précieux et large des détails, par la composition, par la couleur, ils sont le plus bel hommage que l'art pouvait décerner au patron du Portugal victorieux des musulmans et aux créateurs de la marine nationale.

Sur le panneau central, dit do Infante, on voit, en effet, à droite, Henri le Navigateur

Fig. 694 — Vierge a la muUE.

(Musée de Lisbonne.) (Cliché de l'auteur.)

NUNO GOXÇALVES

(fig. 685) dont un autre portrait — sans doute du même maitre — se trouve dans la Chronique Je Gonies Eannes (tig. 682) et, au-dessous du saint, le roi Affonso V agenouille.

Des liens artistiques existent entre Nuno Gonçalves et les maitres flamands et bourguignons, mais, des sa jeunesse, l'école de peinture portugaise n'en affirme pas moins son individualité. Le type ethnique si caractéristique et si bien observé puis la gamme colorée l'y aident puissamment. Comme l'auteur fut nomme peintre du roi

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