MUSEE DE LISBONNE
FiG. 704. — GiL ViCENTE.
Ostensoir.
(Palais royal d'Ajiida.)
(Cliché de V auteur.)
Thomar (cle5âo Thiago suivant une autre version). Ce sont des œuvres sévères, d un caractèrenational (tig. 693) et qui, pourtant, font souvenir du Catalan Jaune Huguet (sup., p. 191). Ellles seraient de Christovào Figuieredo.
Au X\ 1" s. appartiennent encore une Vierge et un Enfant Jésus (fig. 697), le portrait présumé de Dona Catalina Je Aragon, reine d'Angleterre, en Sainte Catherine, dû à Carvalho (fig. 698) ; la Vierge dans la Gloire du Paradis (église de Tarouca) peinte par Gaspar Vaz vers 1 540 et les portraits de Dom Joâo III (1521-1 557) et de sa femme, Dona Catalina, sœur de Charles-Quint, attribués à Sânchez Coello {sup., p. 266). Sur ce dernier, un ange soulève une draperie et montre la reine à l'amour divin (fig. 700). La note portugaise est peu marquée dans Y Apparition de Jésus (fig. 679), où des femmes au type flamand entourent un Christ qui rappelle le Jésus baptisé de la cathédrale de Vizeu, et, moins encore, dans douze tableaux qui, après avoir été enlevés de la cathédrale d'Evora pour être remplacés par un autel de style baroque, furent recueillis au palais archiépiscopal, et dans une dernière peinture représentant Sainte Hélène qui décore une chapelle du cloître (fig. 701). Cette suite de treize
panneaux remarquables, à tous égards, ne serait-elle pas due à des maîtres flamands ? Gérard David, dont la galerie grand-ducale de Darmstadt possède des œuvres très analogues et qui était en Portugal au début du XVI« s., les aurait peutêtre peints à cette époque. En revanche, deux beaux portraits d'évêques de la petite galerie jointe à la Bibliothèque munici-
FiG 7o3
— THIlMVyLE D ARGENT DE ISOSSA
Senhora da Oliveira.
(Guimaraes.) (Cliché Uiel.)
PORTUGAL
FiG. 706. — OSCULATORIUM.
(Académie des sciences de Lisbonne.} (Cliché Lacoste.)
pale se rattachent aux écoles locales (fig. 702). L'un porte sur l'agrafe de la chappe les armes de Portugal et d'Aragon ; il représenterait Dom Affonso, évéque d'Evora, et l'autre, caractérisé par la devise de Dona Leonor, serait celui de Dom Martinho de Portugal ou peut-être du cardinal Dom Affonso, fils de Dom Manoel et de sa seconde femme.
Il résulte de cette étude, et c'est le fait dominant, que, dès la seconde moitié du XV*^ s. et durant la première moitié du XVl^ s., il existait en Portugal trois écoles nationales répondant au Nord, au Centre et au Sud, distinctes des grandes écoles du reste de l'Europe. Elles s'affirment à Vizeu, dans les peintures attribuées à Grào Vasco ; à Coïmbre, dans les toiles du musée ; à Lisbonne, dans les deux triptyques du patriarchat, dans les tableaux qui représentent les Exploits de Corrèa et dans quelques panneaux délicieux où le type de la Vierge, l'architecture, les monnaies, les fruits valent un certificat d'origine ; enfin, à Evora, dans deux portraits d'évéque. Que ces écoles aient une origine flamande plus ou moins éloignée, que l'influence des maîtres d'Anvers et notamment de Quinten Matsys (1455?- 1530) se fasse sentir, c'est indéniable. Mais cette origine n'est pas unique. Il faut tenir compte
FiG. 707. — Calice