PÉRIODE MANOUÉLINE. - ARTS MINEURS
baça, la crosse de la cathédrale d'Evora dont les délicats bas-reliefs figurent des danses de sirènes et de satyres nus, le calice et la patène en vermeil du palais d'Ajuda (fig. 707). Malgré leur manque d'originalité, — c'est la seule critique qu'ils méritent, — ces objets, y compris les émaux de style limousin, semblent avoir été fabriqués en Portugal ou en Espagne. Ils seraient sortis des ateliers où l'on avait conservé la tradition que les émailleurs français avaient apportée dans les Asturies vers la fin XlV' s. L'un d'eux, nommé Fernay, travaillait à Oviedo en 1 378.
Broderies. — Les grandes cathédrales : Vizeu, Guimarâes, Coïmbre, Braga, possèdent des merveilles. Dans un ermitage de Castro Daire, l'on conserve une mître blanche brodée dor du Xlll'^ s. et un bâton épiscopal. Du monastère de Lorvào, proviennent deux chefs-d'œuvre : la chape de l'abbesse et une garniture de chaire oii, sur un fond de soie cramoisie, le brodeur a représenté l'aigle de Jupiter enlevant Ganymède.
L'OCCUPATION ESPAGNOLE (1580-1640). — Le dernier rejeton de la maison de Vizeu, le cardinal-roi Henriques, mourut en 1 580 sans laisser d'héritiers. Philippe II en profita pour envahir le Portugal.
Après la prise de Lisbonne, le roi d'Espagne s y fit proclamer sous le nom de Philip T'. Le nouveau monarque favorisa une transformation de l'architecture que les
Fig. 714.
(Musée de Coïmbre.)
- PlETÂ.
(Cliché de Vauteur.)
PORTUGAL
FiG. 7i5. — Descente de croix.
(Musée de Lisbonne.) (Cliché de Vatiteur.)
excès du manouélin avaient préparée.
Dès 1485, Laurent le Magnifique, à la demande dejoào 11(1481-1490), avait envoyé Andréa Con tucci, dit Sansovino, qui était demeuré en Portugal jusqu'à la mort du roi et y avait introduit 1 architecture italienne. Puis, vers 1 525, on avait construit à Evora une petite église, Nossa Senhora de Graça (fig. 708), dans le style de la Renaissance, connu en Portugal sous le nom de mi-
chel-angesque ou à la romaine. Mais le triomphe du manouélin fit avorter cette tentative. Aussi bien, peut-on considérer le cloître de Thomar, dit des Philippe, comme le premier édifice qui comporte des ordres académiques superposés (fig. 709). L'œuvre, du reste excellente, rappelle la cour du Palais Farnèse construit par Ant. de San Gallo, vers 1 530, et la basilique de Vicence décorée par Palladio, en 1 550. De son côté, le cloître en granit gris de la cathédrale de Vizeu est une association du cloître de Sainte- Marie de la Paix de Bramante
où les pilastres, les colonnettes, l'arcade et l'architrave se marient avec une si franche et si originale aisance, et du cloître platéresque de Santiago Apostol à Salamanque (sup., p. 228). Malgré les difficultés que le granit offre à la taille, les chapiteaux à quatre volutes, les fûts cannelés et les bases T ,- T^ • Aff sont d'une exécution par-
IlG. 716. — PaLAIS-MONASTERE de MaIRA. ^ . •■ ^ " v,Av.»«iiwi. p«.
(Cliché de railleur.} faite. La chapelle des
DO.\fI \ A T/0.\' ESP A G \ O L E