DOMI.\ATIO.\ ESPAGNOLE. — SCULPTURE
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FiG. 721. — Château royal de Quei.uz.
(Cliché Rocchini.)
La Pieté polychrome du musée de Coïmbre (fig. 7 1 4) se rattache par des hens trop étroits à 1 école de Juan de Juni \sup., p. 25 1 à 233) pour ne pas l'attribuer à un artiste espagnol. Trois bas-reliefs du musée de Lisbonne moulés, semble-t-il, en une matière composée de terre et de plâtre, font éprouver le même sentiment (fîg. 7 1 5). Ils offrent les grandes qualités de composition et de facture des sculptures italiennes du milieu du X\ll' s., et, d'autre part, la disposition générale et la polychromie rappellent les retables espagnols de l'école de Roldân {sup., p. 261). En revanche, Sào Francisco de Porto et, dans la même ville, la
chapelle Dorée de la cathédrale sont bien portugais, si l'on considère l'habit de bois excellemment fouillé et doré dont on a couvert après coup les colonnes, les voûtes, les autels et leurs balustrades.
Durant la domination espagnole, la peinture portugaise alla en décadence. Les portraits de grands personnages et d'inconnus réunis à l'Université de Coïmbre, à la Bibliothèque Nationale et au Musée de Lisbonne ont perdu tout caractère artistique.
Orfèvrerie. — Il est parfois difficile de faire le départ entre les pièces de fabrication nationale et celles apportées d'Espagne. Une œuvre sur l'origine de laquelle on ne garde aucun doute est la
FiG. 722. — Château royal de Queluz.
Salle des Fêtes.
(Cliché Rocchini.)
PORTUGAL
FiG. 723. — Lisbonne.
Arsenal do Exercito.
(Cliché A. A. Serra Ribeiro.)
FiG. 724. — Lisbonne.
Palais de Quintella.
(Cliché de Vaiiteur.)
chapelle de la cathédrale de Porto, symétrique de la chapelle Dorée. L'autel, le tabernacle, le retable, la garniture entière sont en argent. L'ensemble, bien qu'un peu lourd, est magnifique quand même. Le travail, commencé en 1632, dura un siècle. Pendant cette longue période, il n'a été employé à son exécution que des artistes et des orfèvres portugais dont on a précieusement conservé les noms : Bartholomeu Nunes, Manoel de Souza, Miguel Pereira, Pedro Francisco, Manoel Teixeira et Manoel Guedes.
Ebénisterie. — Le noyer, le palissandre, l'ébène, les bois venus de Goa sont les essences préférées. Toutefois, la belle qualité de la matière ne fait pas le seul mérite de l'ébénisterie portugaise. Les stalles de chœur de la se de Braga (xvil' s.) et celles plus modernes du monastère de Lorvào se signalent
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FiG. 725. — PORIO.
lôpiTAi. Santo Antonio.
(Clichc de F au te tir.)
REVETEMENTS DE FAÏENCE
FiG. 726. — Lisbonne.
Palais das Necessidades.
iClichc de Beauregard.}
par l'exubérance des ornements. D'autre part, les formes massives, le mélange de pièces tournées et de morceaux sculptés, la forte saillie des décorset des profils, quelques formes empruntées à l'Extrême-Orient donnent aux meubles un caractère accusé qui les distingue nettement de ceux des autres nations. Enfin, tandis que l'Espagne ferre les ais des portes avec des clous ciselés, le Portugal, pour composer la menuiserie des grands vantaux, assemble des panneaux rectangulaires en forme de pyramide à degrés (fig. 659) et les termine par un clou de bronze tourné ayant l'aspect d'un pion de jeu d'échecs ou d'une pomme de patère.
Faïence. — Le palais champêtre de Bacalhôa (rive gauche du Tage) fut construit vers la fin du xv« s., à l'intention de Dona Brites. mère de Manoel V^. Comme Cintra, il est un véritable musée de faïences décoratives. Divers pavillons, un portique, un bassin, les murs de clôture, les sièges, les caisses d'orangers, sont revêtus de magnifiques carreaux. Dans le pavillon central qui borde le bassin, on s'arrête devant les panneaux représentant la Querelle des Lapithes et des Centaures, puis, Suzanne et les Vieillards. Ce dernier, peint dans une gamme claire et douce — blanc, gris, ocre jaune, bleu, vert — porte sur le soubassement la date de 1 565.
D autres panneaux, d'aspect plus moderne, sont signés, sur une partie endommagée, d'un nom terminé par los répondant,
l-'iG. 727. - Lisbonne. Arc de triomphe.
(('lichc lif)Cclu)ii.)
PORTUGAL
sans doute, à Francisco Mattos, qui, en 1 584, exécuta les belles faïences de Sào Roque de Lisbonne. A Bacalhôa, l'on voit aussi des médaillons avec des bustes en relief, que l'on croirait sortis des ateliers de Luca délia Robbia, en même temps que ceux du couvent de la Madré de Deus à Lisbonne.
Des revêtements en faïence embellissent encore la chapelle ronde de Sant'Amroa d'Alcântara (vers 1 580), le monastère des dominicains d'Elvas, une église voisine de Bacalhôa (1648), l'église d'Alvito, Santa Maria Marvilla de Santarem, la Matriz de Caldas da Rainha, la jolie collégiale de style manouélin de Caminha sur le Minho, et le lycée d'Evora.
L'ART AU XVIII« SIÈCLE. — Après l'expulsion des Espagnols (1640), le Portugal se recueillit durant un demi-siecle ; puis, le churrigueresque d'une part et, de l'autre, les œuvres des architectes italiens firent sentir leur action. Mais le caractère national domina
FiG