CHAPITRE II L'ÉGLISE ET LA MOSQUÉE
MOSQUÉE-TEMPLE. — MOSQUÉE-ÉGLISE. — ORIGINE IRANO-SYRIIiNNE DE LA BASILIQUE ORIENTALE ET DE LA MOSQUÉE-ÉGLISE. — VOUSSURE OUTRE P.A.SSÉE : ARC POLVLOBÉ : FENÊTRAGE AVEUGLE; DÉCORS ÉPI- GRAPHIQUES ET GÉOMÉTRIQUES ; COQUILLE CANNELÉE ; CHAPITEAU- TAILLOIR. — CHATEAU FORT. — L'ARCHITECTURE VOÛTÉE EN SICILE, DANS LTTALTE MÉRIDIONALE, EN LOMBARDIE.
QUAND les Arabes eurent envahi la Perse, la Mésopotamie, la Syrie, l'Egypte, ils entrèrent en relation avec des peuples qui , s'étaient appropriés, à des degrés divers, la civilisation raffinée et la haute culture iraniennes. Encore barbares, ils furent naturellement enclins à se modeler sur les vaincus, et ils propagèrent les arts de la Perse dans les pays qui furent successivement conquis à la foi islamique. Des traditions vivaces appropriées au climat et à la nature des matériaux usuels y apportèrent des modifications, mais sans effacer jamais les traits originels. C'est ainsi que le mihrab de Cordoue (fig. 68) et le tombeau de Mahmoud à Bidjapour, TAlhambra de Grenade (fig. 421 a 425) et le Tadj Mahall d'Agra (fig. 69), témoignent des mêmes procédés de construction, présentent la même structure intime, les mêmes voussures outrepassées, les mêmes faïences, les mêmes coupoles sur trompes, les mêmes réseaux de figures géométriques et dénotent le même goût de la polychromie comme l'emploi des mêmes couleurs.
ESPAGNE
FiG. 68. — CoRDOUE. — Mosquée. Nef.
COLLATÉRAUX. MAKSOURA. MIHRAB (V. fig 94 et igS).
(Cliché Lacoste.)
La Perse étendit aussi son action directe ou indirecte sur l'architecture occidentale, qui, parfois, se combina d'une manière intime avec l'architecture musulmane. Les édifices religieux offrent à cet égard un champ d'étude excellent où l'on peut suivre les progrès et mesurer l'étendue de cette pénétration.
L'on admet que les premières églises furent élevées sur le modèle de la basilique romaine (fig. 70) et que les premières mosquées se rattachent aux temples égyptiens ou aux temples syriens de la période hellénistique. La mosquée d'Amrou (fig. 7 1, 72), bàtieen 642 de J.-C, représenterait, malgré de nombreux remaniements, le type primitif auquel, en raison de son origine, convient le nom de mosquée-temple Il comprend déjà toutes les parties constitutives de l'édifice religieux musulman, soit : une cour rectangulaire, le sahn, entouré de portiques ouverts sur cette cour avec, au centre, le bassin destiné aux ablutions rituelles (fig. 71, 75, 90, 92); un oratoire répondant au plus profond de ces portiques (fig. 71 , 72, 73, 76) et le mihrab (fig. 71 , 77) qui donne la k^b la ou orientation de La Mecque et qui est pris dans la muraille de l'oratoire opposé au sahn. Près du mihrab, sont disposes une chaire à prêcher, le mimber (fig. 77) ; les dikk^, estrades où se placent les lecteurs du Coran, et les k.oursi, pupitres destinés a recevoir le livre révélé.
Fig. 6q. — Agra. — Tadj Mahall.
(Clichc l'rith )