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MOSQUÉE-ÉGLISE

FlG. 82. — CONSTANTINOPI.E. — SaINTE-SoPIIIE

(i>ari. r/").

(Cliché Scbah et Joaillier.)

de la mosquée de Damas

(tîg. 91) fut porte en

Afrique dès le temps des

Omeiyades (tîg. 93). Il

pénétra en Espagne, fut

adopte dans sa forme islamique par la Catalogne et

le Roussillon (fig. 107,

164, 165. 227) et, de la,

se répandit en France

et dans les provinces

rhénanes {inf., 76, 80 et

ch. III, Conclusion, p. 98).

La mosquée - église

réagit de bonne heure

sur la mosquée-temple. Déjà, le plan et la suspension de la célèbre

coupole de l'Aigle de la mosquée de Damas (707 de J.-C.) sont du

type persan. La grande mosquée d'Aiep (reconstruite en 976

de J.-C), inspirée de la mosquée de Damas, porte comme son

modèle la trace des influences iraniennes (fig. 92). Ensuite la nef

centrale s'élargit et domine les autres ; l'entrée fut signalée par une porte surmontée d'une coupole (fig. 93) ; un dôme d'autant plus haut qu'il reposait sur des trompes de style iranien accusa la salle du mihrab (fig. 92, 93). Au début du xf s., une dernière modification rapprocha davantage la mosquée et l'église orientale. Elle consiste dans l'établissement d'une clôture qui, à l'imitation de l'iconostase, limite et isole la mal^soura réservée aux officiants.

Ces modifications successives dénaturèrent si bien l'aspect primitif de la mosquée-temple que, dans la mosquée de Cordoue, par exemple (m/., p. 89),rallée centrale plus large que les collatéraux, la

KiG. 83. — (jlelrkmk.

Chapelle souterraine de Tokai.e

Née et iconostase.

(Cliché du Révérend Père Jerphanion.)

ESPAGNE

FiG. 84. — SivRi HissAR (genre a ; sup., p. viii. '62). (Cliché Miss G. L. Bell, The Thousand a7id one Churches.)

maksoura divisée en trois sections dans le sens transversal, dominée au centre par une coupole et fermée par une clôture, puis, le mihrab en saillie très prononcée sur la maksoura se substituent, éléments par éléments, à la nef, au transept, à l'iconostase et à l'abside d'une basilique orientale (fig. 68, 94).

A cet égard, l'on notera, encore, le plan en arc outrepassé du mihrab, caractéristique des absides des chapelles souterraines de Cappadoce (fig. 83) et de quelques absides des églises de Lycaonie (fig. 84, 85).

11 faut comprendre aussi dans les mosquées primitives la célèbre Koubbet es Sakhra ou mosquée d'Omar (690-707 de J.-C.) et la Koubbet es Silsilé (fig. 95, 96, 98), qui réalisent dans l'architecture musulmane le type des édifices chrétiens à sanctuaire central circulaire ou polygonal et à déambulatoire {variété ^ ) que le Saint-Sépulcre de Jérusalem, Sainte- Marie d'Antioche semblent avoir offert de très bonne heure. Comme la Koubbet es Sakhra et la Koubbet es Silsilé, ces églises sont d'origine orientale, mais elles s'écartent du modèle voûté irano-syrien représenté par Saint-Georges d Ezra (fig. 7, 79), en ce sens que la coupole est construite en charpente et qu'elle repose sur un fût cylindrique.

Une nouvelle preuve de l'unité d'origine de l'église orientale voûtée et de la mosquée-église se déduit de l'emploi commun que leurs architectes firent de formules constructives et de thèmes décora-

Fl(3. 85. — SiVRI IIlSSAR.

'1'ransi:i>t nord. (Caract. :

Coupole sur trompes ;

grandes poussures et plan de

l'abside en arcs outrepassés.)

(Cliché Miss G. L. liell, l. c.)

ORIGi.\'E DE L'ARC OUTREPASSE

tifs, empruntes a la Perse. Ce sont, par exemple, la coupole sur trompes, les contreforts extérieurs, les voûtes et les colonnes en brique ou, à leur défaut, en dalles minces, les chapiteaux-tailloirs,

les arcades décoratives et la division des archivoltes en autant de membres qu'il y a de supports groupes en faisceau, le plan des sanctuaires en arc outrepassé. Ces motifs se retrouvent, en effet, non seulement dans les monuments de Sàmarrà, d'Abou-Dolaf, d'el Achik (Mésopotamie, ix' s.) et de Racca (ancien Nicephonum, près d'Edesse, IX*" s.), dans les grandes mosquées de Damas, de Jérusalem, de Kairouan, de Cordoue (vilT et ix' s.), mais dans les églises construites entre le v' et x' s. dans la Syrie centrale, en Lycaonie, en Cilicie, en Cappadoce, en Egypte, en Arménie et, avec des variantes, dans le Bas- Empire (comp. fig. 68, 73, 76, 93, 94. 195 avecfig. 79, 83 a 87).

L'étude des thèmes décoratifs n'est pas moins concluante. La difficulté que les Perses avaient à se procurer du bois pour construire des cintres les avait conduits, quand la pierre abondait et que la brique était rare, à user d'artifices. C'est ainsi qu'à Firouz- Abâd les moellons, montés d'abord par assises horizontales, sont ensuite jetés en chevrons sur l'ouverture. Un enduit de plâtre corrige les inégalités. Afin de réduire la charge, l ouvrier cherchait le plus grand cercle a inscrire dans le polygone formé par les saillies des moellons, et plusieurs fois l'angle au centre du secteur se trouva dépasser

Fig. 8ù. — Kaka Kii.issa [genre Corpoi.i; SIR iuompks.

l'"iG. 87. — Kcii.isK dAm {vari o'^ti et aventures de st\ie perse : comp. fii^. i3. 17, 19. 33, 30).

FiG. 88. — KouM. — Tombeaux de.s Cheiks. ((Cliché de l'auteur.}

ESPAGNE

180 degrés (fig. 20, 22, 97). La courbe ainsi décrite parut sans doute gracieuse, puisqu'elle se rencontre dans la majorité des édifices perses préislamiques et que, dans le palais de Rabbath-Ammân, elle est même employée d une manière systématique.

L'arc de cercle outrepassé, l'arc en fer à cheval et l'ogive légèrement outrepassée telle qu'elle apparaît dans les grands arcs de Rabbath- Ammân, atteignirent la Lycaonie (fig. 85), la Cappadoce (fig. 83) et l'Arménie, descendirent en Palestine, passèrent en Egypte, longèrent la côte nord de l'Afrique, aboutirent, d'une part, en Sicile et, de l'autre, en Espagne. Dans cette dernière direction, les traces de leur passage ont été relevées à Damas (fig. 73, 91) (parties les plus anciennes de la grande mosquée — 708 de J.-C), au Koséïr Amra, à Jérusalem (mosquée el Aksa — Vlll' s., et mimher du Haram ech Chérif) ; en Egypte (mosquée de Touloun, fig. 73, 74 — IX*^ s.) ; en Tunisie (mosquée Zeïtouna,

fig. 9-3 - 732 de J.-C).

Vers la même époque (vil' et Vlll' s.), les arcs outrepassés étaient également employés au cœur du Turkestan chinois, au Nord-Ouest de Koutchar,

dans les Ming-ni (Mille- Maisons) de Kyzil, grottes creusées de main d homme en pleine période bouddhique, avant la conquête musulmane. Et la preuve que ces arcs sont bien originaires de Perse, c'est que, depuis la Perse jusqu'à Koutchar, la route est comme jalonnée par des édifices voûtés semblables aux palais de Firouz-Abâd et de Sarvistan, par des berceaux tournés sans l'aide

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