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ARCHITECTURE LOMBARDE

FiG. 102. — PaLERME. — MORTARANA.

Voussures musulmanes de la nef.

(Cliché Alinari.)

Abàd (fig. 17, 19), de Rabbath-Ammàn et de l'église d'Ani (tîg. 87), fenélrages aveugles des palais de Firouz- Abàd, de Kharàneh et de Raccattg. 1. 17, 100) distribués comme dans ces édifices sur le haut des façades, clochers-minarets (fig. 91, 93), monstres affrontés (fig, 53 a 64) et, en général, sculptures ornementales de style et de technique sassanides. Ces caractères avaient été constatés depuis longtemps, et l'on en avait tour à tour cherché l'origine à Byzance, en France et en Allemagne. Or, la construction proprement dite diffère sur trop

de points essentiels de la construction byzantine pour y être rattachée. EJle ne saurait non plus procéder des pays situés au Nord des Alpes,

dont la Lombardie est séparée par une zone très large, qui était nettement acquise à Byzance.

Quelques archéologues ont également invoqué, comme un des facteurs entrant dans la constitution originelle de l'architecture lombarde, les monuments romains imités des constructions voûtées orientales et acclimatées en Italie après les guerres parthiques(Sup., p. 23). La filiation irano-syrienne de la coupole sur trompes lombarde ainsi reconnue serait tenue pour moins directe que je ne le suppose et, en tout cas, antérieure à la conquête de la Sicile par les Musulmans.

On ne saurait nier que les

Fig. 103.

— Palerme. — Chapelle

palatini;.

((Aichc Alinari.)

FiG. 104. — Église d'Aurona. — Chapiteauxtau, loirs KT SCULPTURE ORNEMENTALE DE STYLE SASSANIOE.

(l)cssin de /•'. de Dcirtciii, Architecture lombarde.)

Thermes deCaracalla, la Villa Adriana de Tivoli, la basilique du San Salvatore à Spoleto, cette dernière remontant au IV ou au v^ s., ne présentent dans quelques angles des arcs de liaison qui ressemblent aux arcs de l'architecture perse destinés à porter les coupoles. En revanche.

Ton ne saurait disconvenir non plus que le passage du plan carré au plan circulaire où repose la coupole perse sur trompes n'est pas réalisé. Il est vrai qu'il l'est dans San Giovanni m Fonte, une église de Naples attribuée au v"^ s. Admettrait-on qu'il n'y ait pas d'erreur sur la fondation de San Giovanni in Fonte, qui pourrait assurer que la coupole n'a pas é'.é remaniée à une date ultérieure ou qu'elle appartient à la construction primitive ?

Enfin, à supposer même que l'éghse ait été achevée au cours du V*^ s., et qu'aucune reprise n'en ait modifié l'aspect, il n'en resterait pas moins établi qu'elle présente un caractère iranien unique, tandis que ces caractères sont nombreux et concordants dans l'architecture lombarde, comme les derniers auteurs qui se sont occupés de ce sujet se plaisent a le reconnaître.

En pareil cas, l'introduction d'un thème ca-

FiG. io5. — Pavie. — Saint-Miciiel-Majeur.

(Cavac. : Coupole sur trompes, arcades

décoratives, fenétraffe aveugle de style perse.)

(Dessin de F. de Darlein. l. c.)

ARCH ITF.CTl'RE LOMBARDE

ractërislique de laichitecture iranosyriennc dans les édifices de l'Italie vers les \' et \l s. aurait eu pour effet de préparer l'adoption quasi inte'grale, par les maîtres lombards, des autres formules conslructives de la Perse apportées en Sicile par la conquête musulmane.

L'archéologie, l'histoire et la géographie s'accordent donc pour montrer que la voie de la Sicile et de l'Italie méridionale est bien la seule qu'ait pu suivre l'art de bâtir iranien pour atteindre la Lombardie. Il s'y unit étroitement à l'art décoratif du Bas-Empire. Ensuite 11 rencontra si puissante la barrière élevée par les architectes byzantins

qu'il ne la surmonta pas. L'on reconnaîtra, dans l'étude de l'architecture espagnole préromane, combien il importait d'établir ce point de fait.

l'^iG. loo. — Parmi-:. — La Cathédrale.

(Cliché Aliiiari.)

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FiG. 107. — Saim-Martin du Canigou (Pyrénées-Orientales). (Clu hé Labouche frùres.)

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