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MONUMENTS IIS/GOTHS

FiG. 119. — Pont DE Mi:Rii)A.

(Cliché de l'auteur.}

desquelles Guarrazar, ne furent pas les seules à connaitre une grande prospérité. Italica. Osuna. Seville, Cordoue, Grenade, Castulo, Alarfe et surtout Merida brillèrent d'un vif éclat.

Merida, qui entretenait un commerce très actif avec le littoral méditerranéen, fut une des portes par oii s'introduisirent les arts qui florissaient à Byzance pour s'amalgamer avec ceux hérités de la Rome impériale. Les monuments visigoths ont

disparu, mais l'on a découvert des fragments qui, à défaut des édifices, fournissent des renseignements précieux.

Les colonnes sont à fût uni ou cannelé en hélice. Les chapiteaux se rattachent pour la plupart à un type corinthien dégénéré (fig. 124). Les ornements sont souvent empruntés à la flore et présentent peu de relief; la modénature est romaine. On trouve, mêlés aux rinceaux, quelques emblèmes chrétiens : la croix grecque, la colombe, le poisson, l'A et l'w du chrisme (fîg. 1 26).

Cet ensemble d'éléments constructifs et d'ornements sculptés appartenant aux édifices visigoths de l'Espagne ressortissent-ils à un style spécial ? C'est mon avis. De même qu'il y eut un style ibérique composite, de même il y eut un style visigoth où la dominante latine, quelques traditions locales et l'art byzantin des Vl'^^ et VlP s. se confondirent dans des proportions que l'on ne rencontre pas ailleurs et donnèrent a cet alliage un caractère particulier, propre à l'Espagne. Il est exprimé d'une manière manifeste dans les pré-

FjG. 120. — TilÉATRE DE RONDA.

(Cliché Lacoste.)

ESPAGNE

FiG. 121. — Temple d'Evora.

(Cliché de l'auteur.)

cieuses couronnes votives découvertes en 1 858 à Guarrazar, près de Tolède, et que se partagèrent le Musée de Cluny et l'Almena real de Madrid (fig. 123).

Elles portent les noms des rois Swenthila (621 - 63 1 ) et Receswinth (649-672).

Parmi les édifices qui s'élevèrent dans les Astunes, sur les premiers territoires recouvrés par les chrétiens, les plus anciens remontent au règne d'Alonso II, el Rey Casto (792-842). Ce sont trois églises d'Oviedo : San Julian de los Prados (vul. Santullano), San Tirso et la Câmara Santa.

Santullano se compose d'un portique, d'une nef, de deux collatéraux, d'un transept, d'une abside et de deux absidioles répondant aux collatéraux (fig. 127, 128, 130). La nef, be:iucoup plus haute que les bas-côtés, est couverte en charpente. Le cancel est dans le même cas, de sorte que les combles extérieurs de la nef, de l'abside et du cancel dominent l'ensemble de la couverture et dessinent une croix latine.

L architecte, qui avait craint la poussée des voûtes sur les murs élevés, se montra moins timide dans les parties basses de la construction.

Il jeta des voûtes d'arête sur les collatéraux et tourna des berceaux sur les absides. Enfin la nef est séparée d'avec les bas-côtés par trois arcades sur piliers, et l'abside d'avec les absidioles par trois arceaux aveugles sur colonnes. Dans les voûtes, comme dans les arceaux, le plein

Fig. 122, — Fouilles d'A.mpurias.

(Collection Giiell, liarcelone.}

(Clichù Thomas.}

ÉGLISES ASTURIEN,\ES - SANTULLANO

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