Couronnes votives visigothes
(Musée de Cluny.) (Cliché Hachette.)
cintre est l'unique voussure employée.
Santullano a l'aspect d'une église modeste, construite au courant du siècle dernier. 11 faut voir, a l'extérieur, les ajimeces (fenêtres jumelées) où s'engagent des dalles découpées à jour suivant des tracés géométriques et les corbeaux de pierre qui, aux angles, aident à porter l'avant-toit (fig. 1 28) ; il faut s'intéresser aux contreforts de style asturien (fig. 1 25), aux gargouilles, aux arcs de brique en décharge bandés audessus du linteau de quelques baies (hg. 1 28) ; il faut monter dans les combles de la nef centrale et examiner les tirants des fermes ornes de cercles concentriques pour se convamcre que Ion est dans un monument ancien où se manifeste l'influence de 1 Orient.
Alors l'attention est attirée par l'abside, dont les colonnes de jaspe, les chapiteaux en marbre blanc de mauvais style corinthien et les antes ornées d'une décoration géométrique et surmontées d'un double cours de feuilles d'acanthe (fig. 129, 130) rappellent les motifs hellénistiques découverts à Mérida (fig. 192, 193) ou précédemment signalés au palais d'Hatra (p. 4, 5).
Les dispositions générales de Santullano sont, elles-mêmes, caractéristisques des basiliques latines de la variété v' ^ (sup., p. Vlll, 32) construites en Orient ou sous des influences orientales. Quelques églises préislamiques du Kara Dagh, la basilique de Karyes
Fig. 124. — Frag.menïs darchitec-
ture visigoihe.
(Musée de Mérida.) (Cliché de fauteur.)
— ESPAGNE
(Athos) et l'église de Monreale (Sicile), celle-ci héritière de monuments plus anciens, sont dans ce cas. Toutes diffèrent des basiliques classiques par la présence de deux absidioles supplémentaires et par l'emploi de la voûte dans la couverture.
Comment le modèle de la basilique latme orientale arrivera-t-il en Astune ? Assurément par les provinces oii, sous les Visigoths, avait fleuri une architecture chrétienne inclinée vers l'Orient. Il se pourrait donc qu'il y eût à Oviedo une copie des églises construites avant l'invasion musulmane.
Uajimez qui éclairait Tabside de San Tirso est le seul vestige apparent et certain de la construction primitive qui nous soit parvenu (fig. 1 36).
La Câmara Santa était une chapelle-reliquaire mise, pour la sauvegarde des reliques, au cœur d'un palais fortifié et placée, dans le même dessein, sous le vocable de saint Michel. Elle comprend un rez-de-chaussée voûté qui l'isolait du sol et rendait l'effraction difficile, puis un étage voûté en berceau
plein cintre, long de 1 0 mètres environ et large de 6. L'étage se compose de la Câmara Santa proprement dite, construite par Tioda, sous
le règne d'Alonso II, elReyCasto{792-S42), et d'une sorte de vestibule ou antecdmara, qui est l'œuvre d'Alonso VI (1066-1109).
La décoration de la Câmara Santa est simple. En tête, règne un arc doubleau dont les naissances portent sur deux colonnes de marbre. A son tour, le mur du chevet est percé
iG. 125. — San Miguel de Lino.
Contreforts asturiens.
Fig. 126. — Fragments d architecture
visigothe.
(Musée de Mérida.) (Cliché de fauteur.)