EGLISES DE ZAMORA
FiG. 232. — ESTKLLA.
Palais des ducs de Granada.
(Cliché de l'auteur.)
le portail, les colonnes corinthiennes
et les niches (tig. 228, 243)
semblent détachées d'un monument de la décadence romaine.
Zamora possède des églises plus
anciennes que la cathédrale. Elles
sont au nombre de celles que l'on
range parmi les édifices visigoths,
parce qu'elles présentent des arcs
en fer à cheval peu prononcés.
Or, la ville de Zamora prise, reprise et ruinée plusieurs fois, n'a
pas gardé de constructions antérieures au XI' s. Si les voussures
de Santiago de los Caballeros et
d'autres églises sont peu fermées,
c'est qu'à dater de la conquête
almoravide (1090) la tendance
des architectes musulmans fut de
revenir à l'arc en fer à cheval à peine accusé {sup., p. 68, 69). La cathédrale Vieille de Salamanque, commencée en I 1 20,
achevée en 1 1 78 (fig. 229), et la colegiata de Toro, construite
vers la même époque, n'apportent aucune contribution nouvelle à l'histoire de l'architecture
Il en va tout autrement des églises romanes de Ségovie : San Martin (fig. 230), San Esteban (fig.
231), San Millân, San Juan de los Caballeros et San Lorenzo (xii^ s.).
Le plan offre peu d'intérêt, en raison de sa ressemblance avec celui de Saint- Martin du Canigou, et les accents mudéjars s'expliquent de reste ; mais les galeries qui longent les églises constituent une disposition exceptionnelle en dehors de l'Espagne. Elles ont été signalées notamment à San Salvador de Valdedios et à San Miguel de Escalada {sup. , p. 66, 7 1 ; fig. 1 53, 1 54).
ii3
Fig. 233. — Tarrago.ne.
TolR DE 1. ArCHEVÊQIE.
f Cliché de l'auteur.)
ESPAGNE
FiG. 234. — AviLA. — Enceinte fortifiée. (Cliché de l'auteur.)
Comme ils précédaient des portes latérales, on pourrait croire qu'ils répondaient à une fraction d'un cloître inachevé ou renversé. Les églises de Ségovie et l'ancienne église des Templiers d'Eunate (Navarre) montrent qu'il n'en est pas ainsi. Loin de limiter une cour, les portiques entouraient le monument. Cette
réminiscence des temples périptères ne doit pas surprendre dans une ville où abondent les ruines et les inscriptions romaines et qui est alimentée d'eau par un aqueduc construit sous le gouvernement des proconsuls (fig. 1 1 7).
Le palais du Change, à Lerida, et l'ancien palais des ducs de Granada (fig. 232) — utilisé comme prison — à Estella sont les seuls édifices civils qui méritent de retenir l'attention.
Comme à l'époque précédente, l'architecture espagnole était polychrome. Les traces de couleur sont rares ; elles n'ont pas résisté aux intempéries. Cependant on peut citer San Baudelio, dont les peintures décoratives seront bientôt décrites (p. 130), et, en Roussillon, Saint- Martin de Fenouillar et Saint-Martin du Canigou {sup., p. 124, 83), qui présentent des semis de roses et des échiquiers tantôt blancs et violets, tantôt blancs et rouges, analogues à ceux de San Baudelio, ainsi que les chapiteaux du cloître d'Elne (fig. 1 77) et de la chapelle du château de Perpignan. Dans le domaine de la polychromie naturelle, je mentionnerai le clocher-minaret d'Elne (fig. 165), avec ses enca-
J ^ J I I'"l(i. 20'?. — AVII.A. — CUKVET FORTIFIÉ
drements de marbre rouge
. j ni; I,A CAl HFIIRAI-E.
ou noir, et la collégiale icuchédc lautcur.)
ENCEINTES FORTIllEES -
FiG.
iO.
Alcai.â
DE Henarks. — Tour di:
L Alcazar.
(Cliché de l'auteur.)
d'Espirade-l'Agly (Roussillon) avec ses revêtements de marbre blanc et noir imités, peut-être, de l'architecture musulmane de l'Espagne (fig. 68, 195), de l'Egypte et de la Syrie.
Quand Alfonso VI, après la reconquête de Ségovie, voulut y édifier un château où il pût braver les attaques des musulmans, il fit copier l' Alcazar de Tolède. Dès l'origine, les Espagnols auraient donc été les disciples des poliorcètes orientaux. Les nombreuses forteresses remontant à l'époque romane confirment ce précieux renseignement. Astorga, Avila (fig. 234, 235, 238), Léon, Zamora, Lugo à l'Ouest, Turegano (église fortifiée) au Centre, Tarragone (fig. 233) à l'Est sont à citer parmi les villes qui présentent des enceintes où, malgré des restaurations séculaires, l'on peut encore étudier la fortification espagnole de cette période.
D'une manière générale, l'enceinte se compose d'une muraille épaisse, flanquée de tours demicirculaires, puissantes, en forte saillie sur la courtine, très voisines les unes des autres et pleines jusqu'au chemin de ronde (fig, 234). La forme demi-circulaire est habituelle ; elle n'est pas unique. La belle tour de l'archevêque a Tarragone (fig. 233), la tour de l'Alcazar d'Alcalâ de Henares (fig. 236), la tour où s'ouvre la porte du monastère cistercien de Piedra fondé en 1 1 94, les tours anciennes du château de la Mota (sup., p. 317; fig. 1 53) sont en effet carrées.
Mais qu'elles soient rondes, carrées ou polygonales, la puissance
Il5
Fi(i. 237.
— 'roI.KDK. — PuERTA
nici. Soi..
(Cliché Lacoste.)
ESPAGNE
FiG. 238. — AviLA. — Porte San Vicenii;. {Vue extérieure.) (Cliché de l'auteur.)
pierre (Alep, fig. 239). Ces organes tèches, existent dans la tour dite de (fig. 233), le donjon du monastère de Piedra, la restaurée après la prise de Tolède (fig. 237),
que leur donnent les ingénieurs espagnols est caractéristique.
Le flanquement obtenu à l'aide des tours est souvent complété par un talus de pied où ricochaient les projectiles lourds, par des mâchicoulis (fig. 235) et par des bretèches de style oriental, construites et couvertes en dalles de et, notamment, les brel'Evéque à Tarragone Puerta del Sol la vieille tour
de l'Alcazar d'Alcalâ de Henares (fig. 236), la porte de San Pabloà Barcelone {sup., p. 78, 79), le chevet delà cathédrale d'Avila (fig. 235). Dans cette même ville, les approches des portes de San Vicente (fig. 238) et du Mercado Grande sont défendues par des arceaux crénelés, jetés entre les tours qui comprennent l'entrée. Trop élevés pour être démolis par l'artillerie de l'assiégeant et complétés en temps opportun par des files de hourds, ils étaient des ouvrages accessoires de premier ordre.
De cette étude, il résulte que les Espagnols, au moins à dater du règne d'Alfonso VI (1073-1 108), faisaient résider la puissance d'une forteresse dans les courtines flanquées de tours pleines, puissantes et
nombreuses et dans les doubles enceintes. Ils savaient, en outre, supprimer ou atténuer les angles morts et les secteurs privés de projectiles en dotant les ouvrages de talus de ricochet et de bretèches de pierre.
En cela, ils étaient très supérieurs aux ingénieurs des autres nations chré-
FlG. 23q.
Ai.KP. — En'ikkf ni: la (hTAnF.i.i.E.
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