SCULPTURE ROMANE
Fi-G. 240. — Descente oe la croix.
(San Isidoro de Leùn.)
(CUchù de V auteur.)
tiennes, qui. à la même époque, se bornaient a construire de3 tours espacées, en général peu saillantes et. partant, sans valeur comme ouvrages de flanquement. Aussi bien, n'est-ce pas en France que les Espagnols avaient fait leur éducation. Ils étaient les élevés de l'école à la fois robuste et subtile que les Perses avaient amenée à un haut degré de perfection et dont la tradition est manifeste dans les forteresses parthes, sassanides (sup., p. 13, 14) et dans les forteresses syriennes des premiers siècles de l'hégire, telles que 1 enceinte de Bagdad, les remparts d'Ani (xr s.), la citadelle d'Alep (fig. 239), les portes Bab el Nasr et Bab el Fotouh du Caire (1060).
L'histoire de la sculpture romane est écrite en Espagne sur les mêmes édifices que l'histoire de l'architecture.
A \ antecàmara qui fut ajoutée à la Câmara Santa d'Oviedo, sous le régne d'Alonso VI, les douze apôtres qui portent deux par deux la retombée des doubleaux ont cette longueur exagérée des statues du portail occidental de la cathédrale de Chartres et des statues royales dites de Clovis et de Clotilde provenant de Notre- Dame de Corbeil. __.
La cathédrale de Santiago offre elle aussi de nombreux spécimens de la statuaire primitive.
Les plus anciens décorent la porte du transept sud ou de la Plateria (fig.
221), Quelques-uns sont mentionnés dans une description faite par des pèlerins français entre 1137
1 1 /lO A' 1 J'"' -4'- — ZAMOKA. — lo.MBKALI
et 1 143. p autres — tel
Adam el Eoe chassés du (Clhhé de ranleur.)
ESPAGNE
FiG. 242. — Salutation
ANGÉLIQUE. (San Vicente dWinla.)
(Cliché de rauleur.)
Paradis terrestre — sont au contraire attribués par ce document à la porte du transept nord, qui fut démolie au XVlii s. Ils lui appartenaient, en effet, et furent incrustés après coup. Les bas-reliefs compris dans la décoration primitive sont placés à droite et à gauche de l'entrée, à la hauteur des colonnes. La Création de l'homme, le Sacrifice d' Abraham, le Roi David jouant de la viole sont parmi les plus beaux. L'on remarque aussi un Signe du zodiaque semblable aux Signes du Lion et du Bélier conservés au musée de Toulouse, avec de nombreux chapiteaux provenant du cloître de Saint-Sernin. Les statuaires
toulousains, attirés par la réputation de Santiago qui, durant
cette période, balançait le prestige de Rome, avait suivi les pèlerins
jusqu'au fond de la Galice.
Les belles sculptures de San Isidoro de Léon (fîg. 223, 240)
sont également l'œuvre de Toulousains, puisque, avant I 1 47, on trouve
sur les chantiers de la colegiata les
artistes qui venaient de terminer la
cathédrale de Santiago.
Le portail occidental de San Vicente d'Avila (fig. 220), décoré de
figures excellentes, rappelle celui de
Saint-Ladre d'Avallon. Les sculptures
sont de style clunisien-bourguignon.
Pourtant, il est impossible de ne pas
remarquer dans la Salutation angé-
lique du portail sud (fig. 242) le sceau
persistant de l'école de Toulouse, qui,
dès le début de la période romane,
régna en quasi souveraine sur le
Nord-Ouest de l'Espagne.
Comme un grand nombre d'églises
Fk;. 243. — Zamora.
SCULPTURKS nu PORTAIL.
(('.licite de l'auteur)