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TOMBEAUX DE LA MAGDALENA

Fkj. 244. — RiPOi.L. — Porche

ni-; i/Abbatiale. (Voir fig. 173.)

(Cliché de l'auteur.)

échelonnées dans la vallée du Rhône inférieur, la cathédrale de Zamora, SI intéressante par ses caractères exceptionnels, présente des motifs de sculpture empruntés au>c édifices romains. Tels sont, notamment, les bustes sertis dans une sorte de fenêtre, l'archivolte lauree et les bas-reliefs du tympan qui surmontent ces bustes (fig. 228, 243).

Dans la même ville, deux tombeaux de la Magdalena — ancienne église des Templiers — renouent la tradition nationale. Audessus d un portique que couronne un édifice fortifié, un templier vient de mourir. Le lit est appuyé à une muraille où sont sculptés des séraphins et deux anges qui emportent en paradis l'àme matérialisée du défunt (fig. 241). L'artifice employé pour éventrer l'édifice ainsi que le sujet représenté sont usuels dans l'imagerie religieuse ; les motifs de décoration des colonnes, des bases et des chapiteaux,

les animaux fantastiques qui luttent dans les tympans se rencontrent aussi dans d'autres monuments de cette époque, mais il n'en est pas dont la sculpture décorative soit rendue avec autant de finesse et traitée avec plus de talent.

Privée de l'enseignement donné par les moines de Cluny, la sculpture, en Catalogne, eut une enfance plus prolongée que dans le Nord- Ouest de l'iispagne. Les très rares motifs qui décorent les églises protoromanes sont barbares et plutôt dessinés que modelés (st/p., p. 84). Cet état se prolonge jusqu'au milieu du

Fro. 245. ESTELLA. — PoHCIlK » i

r,K San Miguel. ^"' ^- ^ ^.^"^ époque, le somp-

(ciichû de la.tteur.) tueux poftail de la colegiata de

ESPAGNE

FiG. 246. — Santiago. — Gloria

(SÔTÉ DE l'ÉvANGII.K).

Santa Maria de Ripoll témoigne de progrès décisifs (fig. 173, 244), Si les attitudes des personnages manquent de variété, si la technique k-mwm'' ^H! -B' 1 >^^^^ est encore imparfaite, la composition mâ'ï*^ ''J >yl'tJ,J^^^l dénote un effort Immense. Le style

et la disposition des sujets montrent que l'auteur avait étudié les arcs de triomphe et procédait de l'école latine au même titre que les sculpteurs de la cathédrale de Zamora.

A dater de 1 1 50, les écoles de l'Est et de l'Ouest se rencontrèrent au Sud de Pampelune. C'est au moins à Estella que l'on peut constater leur rapprochement, soit dans les beaux cloîtres de San Juan de la Rua et de la colegiata del Sar (fig. 250), soit dans la façade de San Miguel (fig. 245). La disposition générale des sculptures rappelle les zones horizontales de Ripoll ; d'autre part, le tympan sans linteau, les curieuses têtes qui le portent, les bas-reliefs où reposent les archivoltes font songer aux baies des églises romanes de l'Ouest — Santo Tome de Soria, Santiago de Compostela, San Vincente d'Avila, San Isidoro de Léon, — tandis que les bas-reliefs, notamment celui de droite, qui représente les Trois Marie au sépulcre du Christ, ont des analogies avec les oeuvres d'une finesse d'exécution et d'une recherche de style exceptionnelles de l'école naturaliste de Toulouse : tel Fig. 247. — Sa.miago le fragment de chapiteau du musée

Gloria. Porche de cette viWe OU Salomé danse devant

DE LA Basilique (coté t i ' i r^t. - 1

DE 1. Kpitre). tierode. Un y reconnaît la mam

(ciuhc dérailleur.) d'artistes échappés à 1 étreinte des

l.A Cl.ORIA

FiG. 248. — Orense. — Paraiso

(CÔTÉ DE L'ÉpÎTRE.)

((Cliché de V auteur.)

conventions et sinquiétant d'étudier la nuture. Les attitudes sont variées ; les visages, expressifs ; les coiffures, différentes. Les figures ne se rattachent plus aux thèmes archaïques que par la manière d accuser les parties inférieures du corps, plus propres à la sculpture sur ivoire qu'a la sculpture sur pierre.

En 1 1 68, le roi don Fernando (1158-11 88) accordait a don Pedro Gudesteiz, archevêque de Santiago, le privilège de construire le narthex connu sous le nom de la Gloria devant la cathédrale. La sculpture romane n'a produit aucune œuvre comparable aux statues qui le peuplent (fig. 246, 247). Mateo, maître architecte de la basilique, en est

l'auteur. Autour du Sauveur découvrant ses plaies, l'artiste a placé les evangélistes, les vingt-quatre vieillards de l'Apocalypse jouant de divers instruments, les apôtres, les patriarches, les prophètes. Certaines figures sont posées sur les colonnes des ébrasements ; les musiciens sont distribués sur la voussure, "qui forme une archivolte puissante au-dessus de la porte centrale (fig. 247), et les autres personnages ou les bas-reliefs sont répartis sur le tympan de la même baie et aux naissances des divers arcs de la voûte. Une représentation du purgatoire et de l'enfer complète ce merveilleux ensemble.

La cathédrale d'Orense possède dans le Paraiso (Paradis) une copie de la Gloria (fig. 248, 249). i'^^ 249. - Okknsk -Ca.hkdhai.e.

B.. 1 1' • • 1 FoKCHE nu Paraiso (cÔTi:

len que n égalant pas 1 original, he i/Évanou.ei.

elle ne laisse pas de constituer un iCiuhé de rauieur./

ESPAGNE -

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