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INTRODUCTION

IL peut sembler étrange que l'histoire des arts de l'Espagne et du Portugal débute en terre iranienne, à l'époque desSassanides, et que 1 étude des mosquées primitives serve de préface à celles d'églises occidentales. J'espère cependant montrer, au cours des trois premiers chapitres, que la Perse ne fut pas seulement l'inspiratrice de l'architecture musulmane et de l'architecture dite mudéjare de l'Espagne {inf., p. 132, 162), mais qu'elle prit une part notable et bien définie dans l'élaboration des thèmes religieux qui furent admis dans les Astunes, la Castille et la Catalogne après l'expulsion des envahisseurs et que les Bénédictins acclimatèrent plus tard en France.

Au lendemain de l'mvasion des barbares, l'Occident avait été submergé et nivelé dans le néant. Les seuls flambeaux qui répandaient quelque lumière éclairaient Byzance et sa rivale, la Perse sassanide, autour de laquelle se groupaient des satrapies aussi nombreuses et aussi vastes qu'au temps des Grands Rois. La Syrie, la Palestine, la Mésopotamie, la Susiane, l'Egypte étaient de ce nombre.

Voici que les hordes musulmanes levées en Arabie s'emparent, dans leur premier élan, de la Perse et des provinces vassales et font

ESPAGNE

FiG. 2. —Palais de Firouz- Abad (Voir fig. 17 à 22).

l'éducation de leur barbarie à des écoles où se sont propagés les enseignements de la métropole. Dés lors, les successeurs de Mahomet entreprennent la conquête du monde, entraînant à leur suite des artistes, des savants, des philosophes qui jettent la semence iranienne partout où les guerriers islamites plantent le Croissant.

Or, à l'aurore du Vlll« s., les Arabes, ^ , ' g g '1 dont la domination s'étendait sur la côte [•■^P""^""^ africaine de la Méditerranée jusqu'aux Colonnes d'Hercule, franchissent le détroit de Gabès, anéantissant à Guadalète la monarchie visigothe (71 1), et envahissent la Péninsule Ibérique. Durant près de huit cents ans, ils sont maîtres de tout ou partie du pays ; durant près de huit cents ans, la guerre aussi bien que la paix rapprochent

les chrétiens et les musulmans. Les arts, le costume, la langue, la littérature, les mœurs, les croyances des vaincus se modifièrent à ce contact.

Les fils de l'Espagne catholique, apostolique et romaine en vinrent

jusqu'à livrer quelques replis du cœur, quelques sanctuaires de l'àme.

Ils apprirent des musulmans à placer l'honneur du mari et de la famille

dans l'inviolabilité toute factice et

conventionnelle du gynécée et, si

la polygamie ne s'y introduisit pas,

si la garde n'en fut pas confiée aux

mêmes geôliers de l'un et de l'autre

côté de la frontière religieuse, la

femme forte de l'Evangile y vécut

du moins sous le soupçon injurieux,

y souffrit de la jalousie injuste et

meurtrière que les mœurs de l'Islam

avaient portée au paroxysme. Puis,

seule des pays chrétiens, l'Espagne

accepta l'accommodement spécial

et caractéristique que le Coran ,, ^ ^

, . j. . biG. 3. — Palais dl Sahvistan.

propose entre la prescience divine ^^^f,^, ^ ^,„^^, „ saiic b, mri. .?. et le libre arbitre. SaiicCvari. y'. Voir fig. 24, 25, 27.)

MOSQUEES DESPAGNE

FiG. 4. — Partie CENTRALE

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