‹ Histoire générale de l'église de Toulouse (volume 2)Chapitre 15 sur 21 · DEPUIS LA MORT DE PIERRE DE SAINT-^HARTIAL, EN 1401, JUSQU A · texte numérisé non relu

DEPUIS LA MORT DE PIERRE DE SAINT-^HARTIAL, EN 1401, JUSQU A

L ÉPiSCOPAT DE DEHNARD DU UÛZIËR, EN 1452.

Lé quinzième siècle s'ouvre dans notre histoire par la mort de Tarchevêque de Toulouse, Pierre de Saiot-Martial. Il termina sa longue carrière après avoir gouyemé son Ëglise pendant huit années. Immédiatement après sa mort, le chapitre de Saint-Etienne nomma à sa place Vital de Casteimoron, son prévôt, né à Touloi)se, homme également distingué par son amour pour les lettres et par Tétude du droit qu il professait avec la plus haute distinction dans Inniversité de cette ville. L'élection de Vital fut confirmée par Aimeric, archetéque de liourges. Son sacre eut lieu dans sa métropole le ^ mai 1402, et il prit aussitôt possession de son évêché. Mais Benoît XHl, qui était assiégé dans son palais d*ÂTignon, nomma de son côté à * l'archevêché de Toulouse Pierre Ravot, franciscain, son référendaire, évéque de Saint-Pons et sa créature. Le pape envoya môme des députés à Toulouse pour mettre le nouvel élu en possession du temporel de Tarchevéché. De là naquit un déplorable scandale, cette métropole ayant à la fois deux archevêques.

Ce qu'il y eut de plus embarrassant dans cette affaire, c'est que Tuniversité de Toulouse soutenait le parti de Be-

iVti TBVP8 INTBMltoUIRBS.

noit XUI. Ëlle écrivit au roi une longue lettre qui fut présentée au monarque et aa parlement par le docteur Gui Flandrin, le 17 mars 1402* Dans cette lettre, les membres

de ce corps savant exposaient les raisons qui devaient porter le prince à rendre Tobédience à Benoît. Le parlement de Paris réfuta cet écrit , et le roi envoya en Languedoc le duc de Berri pour maintenir la soustraction dans cette

province.

Mais les choses changèrent bientôt de face : le i'i mars 1^3, Benoît parvint â s*évader du palais d* Avignon où il était détenu depuis cinq ans, et le roi lui rendit l'obédience. Sur ces entrefaites, les Anglais, nonobstant la trêve, disaient des courses continuelles dans le pays et le mettaieût | à contribution : c*cst ce qui détermina Charles VI à envoyer pour gouverneur en Languedoc Jean de Bourbon comte de Clermont , qui assembla son armée à Toulouse à la fin de janvier 1405. Elle était composée de la plus grande partie de la noblesse du pays ; parmi les chevaliers présents, on distingait ceux de la famille d'izalguier, Le Galois, et le comte d'Armagnac. Jean de Bourbon se mit en campagne à la tête de seize cents hommes d armes et quatre mille * hommes de pied. Dans six semaines, il conquit dix-hait places. Il était de retour à Toulouse de son expédition lors que le roi fit saisir tout le temporel de l'archevêché» ainsi que les maisons et châteaux qui en dépendaient, parles lettres suivantes :

« Charles , par la grâce de Dieu roy de France, aux sé* » neschai, viguier, juges mages et des crimes de notre » séneschaussée de Tolose, au juge de Verdun en ladite » séneschaussée ou à leurs lieutenants, et à nos amé:» et

TEMPS mKRMÂUUtnBS. i53

• eschaDsons Pierre AsAorg, AroauU de la Plaignole el Rai-

« uiODd de Puybuiiquo, salut. — Pour certaines causes qui

» à ce nous oui meu et meu?enl, vouIods, vous mandons

» et comiaettous par ces picienles, et a cliacua de vous -

» qui premier sera sur ce requis, que incontinent ces lettres

» voues, vous prenez et mettez rr;aliiient cl de i'aii ca nos-

» tre main toutes les villes, chasteaux, forteresses et biens

» temporels de noslre amé et féal conseiller Maître Vital de » CastelmauroD archevesque de Tolose, et k luy apparte- » nans à cause de ladite archevesché, et souf; icelle les gar- » dés et gouvernés, ou laites garder et gouverner par per- » sonnes suffisans et saurs qui en puissent et sachent ren- » dre compte toutes et quantes fois que mestier sera et où

• il appartiendra, sans faire ne souffrir estre fait des choses » dessusdites ne aucune d'iceiies, recréaoce ou délivrance » jusques à ce que par nous sera sur ce autrement ordon- » né. iMandons et commandons à tous nos autres justiciers,

• officiers et sujects que à vous et à chacun de vous et à » vos commis et députez ès choses dessusdites et ieur^ dé- » pendances obéyssent et entendent diligemment, et vous » prestent et donnent conseil, confort et ayde si mestier

• est et requis en seront* Donné k Paris le onziesme jour« » d'octobre Tan de gracQ mille quatre cents et cinq, et le

» vingisixième de nostre règne. Par le roi. Présens Mes* » i^ieurs Colard de Maleville et plusieurs chambellans. »

La lettre écrite au roi par Tuniversilé de Toulouse contre la soustraction fut jugée le 5 juin 1406; Jean Flaoul, profes- .seur en théologie, attaqua vivement celte lettre, et Tavocatgénéral Jean Jouvenel des lirsins conclut à ce qu elle fût lacérée et que les auteurs fussent punis comme cou|>ables

&94 mn mmiiÉDiiiiu.

da crime do lèse^majesté. Le 10 juillet, le président rendit

un arrêt qui portait « que la lettre présentée par messiie » Guigoon Flandrin, comme îDjurieuse et diCEatmatoire du » roi et de la majesté i uyale, de ceux de son sang, de son » conseil , du clergé de France et de roolyersité de Paris, » seroit despécée en pièces en la cour de céans, et les » semblables à Toulouse et sur le pont d'Avignon ; et sera » lait cuaiiaariiiemeiit a son de trompe par tous les baillia- » ges, sénécbaussées et jugeries royaux de ce royaume, » quelconque ayant la copie ou double d'icelle qu'il Tap- | • porte ou envoie en la cour, dedans trois mois après la » dite publication, sur peine de cent marcs d'argent, et de » oncques il se pourra meslaire envers le roi et sa dite » cour. » Le parlement réserva au procureur du roi la poursuite des auteurs de la lettre, contre lesquels on décréta prise de corps, ainsi que contre ceux qui Fav^deot apportée. Ceux-ci se retirèrent aussitôt dans leurs foyers.

Cet arrêt ne fit que ranimer le zèle de runiverslté de Toulouse pour la cause de Benoit XIIl et pour celle de Pierre Ravot, sa créature. Vital de Castelmoron avait cra prudent de céder à l'orage : il se retira à Bourges, où il ' assista à Finstaliation des chanoines dans la Sainte-Chapelle de cette ville ; de là il se rendit à Paris pour assister au concile général des Gaules, célébra la messe du Sainl-£$prit à la Sainte-Ciiàpelle pour l'ouverlure de cette assemblée, et accorda quarante jours dlnduigences à ceux qui visiteraient l église de Monlrouge dans laquelle on avait élevé un autel dédié au saint-sépulcre. Le départ de Vital de Castelmoron et l'obédience rendue à Benoît XIII par le roi ranimèrent les espérances de Pierre tiavot. Après avoir

TUn tNTIlMÉDUIUi. A55

disposé toutes choses pour Texécution de ses desseios^ il

lixa le 15 novembre 1406 pour son installation sur le siège métropolitain. Pierre de Cardoone, protonotaire da pape , et Jean Corneille, docteur régent et lieutenant d'Aymeri Nâdal, abbé de Sainl-Sernia et recteur de runiversité, as* semblèrent dans Féglise des Cordeliers une centaine de professeurs, docteurs et écoliers, parmi lesquels on voyait des chanoines, des retigienx, et d^autres ecclésiastiques.

Cette troupe armée se rendit à Saint-£tieane pour installer Pierre Ravot. D*un autre côté, Philippe Bonne, jugemage, accourut à la mcirupole pour sopposer a la publication des bulles. Aussitôt les docteurs et les écoliers firent usage de leurs armes ; on se précipita sur lui et les autres officiers ; Philippe fut meurtri de coups, foulé aux pieds, et muui ut des suites de ses blessures ; Pierre Corneille dit le Mal François coupa le nez à un sergent royal. Au milieu de co Umiulte on publia les bulles ; ensuile Cardoiine, à la tète de cette horde d^étudiants, alla aihcher ces bulles dans toutes les paroisses de la ville. On vit ces forcenés parcourir les rues et les places publiques, attaquer les personnes înoffensîves, blesser plusieurs officiers, et menacer de tuer les prmcipaux habitants. Après s'être fortiûés dans les couvents des cordeliers et des jacobins, ils firent publier une excommunication contre Vital Casteimoron et ses partisans.

Le parlement de Paris ne tarda pas à être instruit de tous ces désordres. Il envoya à Toulouse le chevalier Pierre des Essarts avec un huissier charge de citer les auteurs du tumulte. Personne ne comparut. Alors le chevalier décerna

contre eux une prise de corps, fit saisir tous leurs biens

456 TEMPS IKTBEMÉDUiaEb.

par arrêt du % juillet 1407, et le sénéchal de Toulouse défendit à tout citoyen de porter des armes dans la yille.

Le schisme se perpétuait toujours et ne fut pas éteint par la mort de Bonifaoe IX, à qui les cardinaux romains donnèrent pour successeurs Innocent W et Grégoire Xil , tandis que Benoît Xili continuait k amuser les rois et les peuples par de faHacieuses promesses, opposant des cardinaux de création nouvelle k ceux que créaient ses rivaux , et des conciles à leurs conciles. La neutralité entre les deux obédiences ayant été acceptée et proclamée par Charles VI en i40S, Rierre Ravot fut chassé de Toulouse et de la province. Le concile de Pise, tenu l'année suivante, et auquel assista Vital de Castelmoron, arrêta le schisme par rélection de Pierre Philaret qui prit le nom d'Alexandre V. , Ce pape adressa des lettres apostoliques au clergé et aux fidèles de 1 Eglise du Toulouse, dans lesquelles, après avoir rapporté tout ce qui s était passé au sujet de lélection de Vital de Castelmoron et de la nomination de son rival Pierre Ravot, il annula toutes les sentences portées par ce dernier, confirma Vélection de Vital de Castelmoron en qualité d*archevéque de Toulouse, et délégua Amédée cardinal de S^- Marié la Neuve pour lui conférer le palllum (1409).

L'ordre fut donc rétabli dans TEglise de Toulouse ; mais Vital ne jouit pas longtemps de son archevêché : il mourut au mois d'août 1410, et tut inhumé dans le chœur de sa métropole, devant Tautel principal, avec une épitaphe. Apres avoir gouverné son £gUse pendant dix années, Vital a laissé parmi nos évéques un nom illustré par sa science ecclésiastique et les négociations importantes dont il fut chargé auprès de plusieurs princes. Au mois de septembre

Tuifs imaHiDiàiiis. , k&l

saiyant, Jean XXIII, qai avait succédé à Alexandre V>

nomma k 1 archevêché de Toulouse Dominique de Florence, de Tordre des frères prêcheurs, né dans la Provence, qui fut successsivement évêque d'Albi, de Saiut-Pons el d'Albi une seconde fois.

Dans ce même temps, le roi ùta le gouvernement du Languedoc an duc de Berri et nomma trois commissaires pour du iger cette pi uviuce : c'étaient Guillaume de Vienne, Reynier Pot, et Pierre de Marigny. lis s*avancërent vers Toulouse, et sy tiouvaiciU au mois de février 1412. Au mois de mars, ils rendirent une ordonnance par laquelle « il était enjoint à tous les sujets du roi en Languedoc de » combattre le comte d'ArmagnacNOt autres sujets re2>eUes » qui couraient la province et y causaient de grands maux, » de les prendre et de saisir leurs biens. » On se mit en campagne au mois d*avril pour mettre sous la main du roi le comté de Rodez ({ui appartenait au comte d'Armagnac. Celui-ci parcourait alors à main armée le comté de Com^ minges ; ayant pris la ville de illie-en-Dodon, il y arrêta prisonnière Marguerite de Comminges. Le roi , pour opposer à Bernard d'Armagnac un capitaine de grand renom, institua général du Languedoc Jean comte de Foix, fils aîné d'Archamhaud de Grailli.

Jean et les commissaires allèrent assiéger le château de Touget, situe au diocèse de Lombez dans la vicomté de Fezensaguet, où existait une abbaye dépendante du monastère de Saint-Orens d'Auch. Trois cents arbalétriers et l'artillerie des arsenaux de Toulouse furent envoyés au siège, qui n'eut pas une heureuse issue poui les armes du roi , car d'Armagnac, étant survenu avec un corps de troupes,

tô8 TEm imaiitoiiiBBs.

obligea les assiégeants à le lever, et reprit toutes les places

qu uii lui avait enlevées. Dominique de Florence, archevêque de Toulouse, fot alors chargé par le roi d'aller offrir la paix à ce prince, qui accepta une Irève jusqu au premier mars de Tannée suivante.

S*ll iaut ajouter foi au bon chroniqueur Bardin, les archevêques de Narbonne et de Toulouse tinrent en 1412 un synode ou concile dans Tabbaye de Saint-Hilaire au diocèse de Carcassonne, pour réprimer les actes des commissaires du roi Jourdain Calmettes, juge de Villelongue, le damoiseau de Saint-Loup, viguier de fieziers, maître Héiie de FoUeval, procureur de la sénéchaussée de Carcassonne, qui avaient été envoyés pour procéder à des informations sur la conduite des moines noirs ou bénédictins, n fut décidé dans ce concile qu'on excommunierait les cominissaires royaux, et qu*on porterait des doléances au pied du trône sur ces usurpations sacrilèges de la puissance spirituelle. Ces doléances ne furent point accueillies par le prince, et le concile se sépaïa.

Tous ces faits ne sont appuyés que sur un seul témoi* gnage, et conséquemment peuvent ne pas avoir une entière certitude.

Guillaume de Vienne et Reynier Pot se trouvaient k Toulouse en 1413, où ils convoquèrent , le 5 janvier, la noblesse de la province pour résister aux Anglais qui se trouvaient toujours en armes. Us demandèrent alors au roi d*étre déchargés du gouvernement du Languedoc et de la Guienne, et ce prince nomma à leur place le maréchal de Boucicaut, qui, se trouvant à Toulouse le 28 mars, y convoqua de nouveau la noblesse tant contre les Anglais que

TIMM tlITBlIllÉSUIin. 45d

coDtre le comte d'Armagnac. Celui-ci , ayant rompu sa trêve, avait repris la guerre; mais, grâce au comiétabie d*AU>ret et à sa médiation, ce comte accepta des conditioi» de paix.

Le maréchal de Boncicaut ne garda pas longtemps le

gouvernement du Languedoc, car le roi le rendit au duc de Berri yers le mois d'octobre. Ce prince ne put se rendre dans son gouvernement, et nomma pour ses représentants Geraud évéque de Carcassonne, les seigneurs de Barbazan et de Langheac, Jcaii Audiicu, Guillaume Guérin, et Boucicaut avec le titre de capitaine général.

Toulouse fut à cette époque toute occupée d'une singulière aventure. Anselme dizalguier, chevalier de cette ville, avait pris pour épouse, dans ses voyages, une négresse africaine et en avait eu trois enfants, une mie et deux ûls. Cette négresse, qui se nommait SaluUmïs, appartenait à une riche famille du pays et était née dans une ville d Afrique appelée Gago. Huit ans après leur mariage, Anselme résolut de faire voile vers sa patrie ; après la mort de son beau-père, ayant réuni toutes les richesses de son épouse, il s embarqua sur un vaisseau avec ses enfants et sa femme, traversa la Méditerranée, et vint aborder à Marseille. Sa suite se composait de trois eunuques noirs et de trois négresses. Arrivé à Toulouse, Anselme fit baptiser sa femme et ses enfants. La petite lille, âgée de six ans, reçut le nom de Marthe ; elle était d*un noir d'éhenne, avait une ligne blanche sur le front ; deux doigts blancs à la main droite tranchaient sur sa couleur naturelle. Marthe devint si belle, si gracieuse, que les jeunes filles de Toulouse s'éclipsaient près d'elle. Les qualités de son esprit remportaient

460 TEIR» IMTBBMÉDUIUS.

de beaucoup sur les doos extérieurs de la nature. Elle se

fit bientôt distinguer par sa piété eu assistant tous les jours aux offices de TËglise, et eu distribuant le Chiit de ses économies soit aux pauvres, soit aux religieux mendiants.

Marthe, ayant atteint sa seizième année, fut donnée en mariage à Eugène de Faudoas, noble chevalier du Toulousain. De leur union naquit un iils, Ëustache de Faudoas , noir comme sa mère, et qu'on nomma le Maure, Anselme eut encore à Toulouse deux filles : Tune blanche et 1 autre presque noire qui , après la mort de leur père et lorsque leur mère était déjà avancée en âge, se lirent religieuses. Anselme composa Thistoire de ses voyages, dans laquelle il décrivit la religion, les lois et les mœurs des peuples qull a?ait visités; de plus, un glossaire arabe, turc et africain accompagné d'une traduciKJii française et latine.

Lm des eunuques noirs qu'Anselme avait menés avec lui s'appelait Aben-Ali et était très versé dans la connaissance des plantes médicinales ; il excellait surtout à guérir les lièvres chaii(le> el upiiiiàlres par les vomitifs et biphlibotamie. Le bon chroniqueur Bardin, qui nous a rapporté toute cette histoire, nous affirme qu' Aben-Ali le guérit lui même d'une pleurésie par ces expédients. La science d' Aben- Ali loi coûta la vie, car Bardin nous assure qu'à Tâge de soixante-treize ans il fut eqipoisonné à l'instigation des médecins de Toulouse, jaloux de sa brillante renommée.

Le 10 février 1414, le roi publia une déclaration contre le duc de Bourgogne et résolut de lui faire la guerre. Far suite de cette déclaration, le duc de Berri chargea le capitaine général Boucicaut de convoquer la noblesse de Toulouse. Celle-ci députa vers le monarque Bernard de

TBHPS INTBBNÉDiàlBES. 46 1

Saguet et Jean Rigault pour (aire quelques remontrances. Elle craignait qu'en marchant contre le duc de Bourgogne, on ne dégarnit la province, toujours menacée par les Anglais. Ce prince avait envoyé partout des émissaires pour exciter les peuples k ne pas payer de subsides. Ces émissaires trouvèrent de Fécho à Carcassonne, dont une partie des habitants se ^iouieva. Les consuls de cette ville, justement effrayés, vinrent trouver Boucicault au château de Balma pour lui demander grâce. Le maréchal se contenta de (aire trancher la tôte à quatre des plus coupables, et l'affaire fut assoupie.

Le désir qu'avait FEglise de voir le schisme d'Occident entièrement éteint lit convoquer un concile général à Constance. 11 fut décidé qu'on y enverrait des députés de toutes les provinces ; celle de Toulouse y envoya larchevéque Dominique de Florence, les évéques de Lavaur et de Parnitus, labbc de Saint-Sernin, le prieur de la Daurade, Tabbé de Moissac , Pierre du Pont et Geraud Feydit, licenciés ès-lois, ei iici Li and de Cluzel, docteur en droit canonique. Le concile de Constance se donna beaucoup de mouvement pour Textinction du schisme, ainsi que l'empereur Sigàsmond qui s'y était rendu. Dans ce concile, Jean XXllI et Benoît XIII furent déposés, et Martin Y fut élu seul pape de r£glise cathohque.

Parmi les députés au concile de Constance, nous trouvons Sanche de Muller, religieux de Tordre de saint l>ominique de Toulouse, qui fut envoyé & Constance par le comte de Foix. il était docteur régent de iumversité et professeur à Técole de Saint-Etienne, ce qui nous montre qu il existait alors une école de théologie attachée à la mé-

461 Tups iimaMÉouiRn.

tropole. Muii6r lut promu k révêché d Oleroii, et mourut en 14U. Son corps fot porté à Toulouse et inhumé dans l'église des Jacobins. On a de lui une explication du premier livre des Sentences.

Le 1" mai 1415, la trêve que le roi de France avait condue avec celui d*Aûgleterre était près d'expirer : c*est ce qui détermiaa le monarque français à prendre ses précautions contre les Anglais. En conséquence, il nomma son cousin le duc de Bourbon capitaine général du Languedoc et de la Guienne, nomination qui fut approuvée par le duc de Berri. Ce dernier, ayant appris que plusieurs capitaines s'étaient assemblés en Languedoc et y commettaient avec des troupes à leur solde une infinité de brigandages, ordonna au sénéchal de Toulouse d'assembler la noblesse pour combattre ces nouvelles compagnies. On comprend que la guerre contre TAngleterre força le roi d'imposer extraordinairement son royaume : les trois sénéchaussées du Languedoc devaient payer cent mille francs. A cette nouvelle, les capitouls de Toulouse, sans en avoir demandé la permission à la cour, assemblèrent les trois états vers le mois de juin pour s*opposer à la levée des subsides. Le roi écrivit aussitôt (12 juillet) à Jean de Bonay, sénéchal de Toulouse, pour arrêter cette assemblée ; le dauphin écrivit à son tour dans le même sens, et Charles VI écrivit enfin lui-même aux capitouls pour leur défendre de s'assembler. En même temps il ordonna au duc de Bourbon de se rendre à Toulouse pour lever les deniers de ïayde.

Le 18 septembre 1415, Louis dauphin de France renouvela ses lettres aux derniers magistrats élus à Toulouse pour les presser de lever les subsides, car les Anglais s'étaient

TBMPS INmMtoUIftBS. 463

mis à parcourir le Languedoc, s*emparant de quelques

chàleaux et faisant plusieurs prisonniers. Cette agression fut suivie de la funeste bataille d^Âzincourt qui !ùt livrée le 15 octobre. Enflés de ce succès, les Anglais formèrent le projet de s*emparer de tout le royaume. Jean duc de Berri ne survécut pas longtemps à ces événements : il mourut à Pans le iâ de juin 1416, à l'âge de soixanteseize ans, après avoir gouverné la province quatre différentes foi&. Les qualités qu'il pouvait avoir s'eiîacent devant le pouvoir illimité qu'il exerça jusqu'au despotisme en accablant les peuples d'impôts pour fournir à ses dépenses.

Nous laisserons le chroniqueur Bardin nous parler d*une pluie de sauterelles dont les environs de Toulouse furent infectés, et d*un événement assez extraordinaire arrivé dans l'église des Cordeliers à deux religieux avancés en âge qui furent successivement frappés à l'autel d'une attaque de catalepsie pendant la célébration des saints mystères, pour nous occuper des prédications de saint Vincent Ferrier dans la cité.

Cet homme apostolique arriva k Toulouse en 1416. Le

dimanche des Rameaux, il prêcha à Saint-Etienne sur le jugement de Dieu. Une foule immense remplissait la vaste enceinte et se répandait au dehors. Les auditeurs étaient tellement pénétrés par son éloquence qu'on n'entendait de

toutes paris que ces mots : Miséricorde ! miséricorde !

Quand il sortit de TégUse, on se précipita sur ses pas et on 4*accompagna jusqu'au couvent des dominicains. Deux jours après, il prononça un nouveau discours au cloître des Jacobins, en présence de Dominique de Florence, archevêque de Toulouse, et de tout le clergé. Le jeudi-saint, le prélat

4û4 TEMPS IMTBRMÉOliiaES.

le retint dans son palais, où il guérit nn paralytique âe?ant tuul ie peuple. Le veudredi-saiût, au sermon de la Passion, il fat interrompu par les larmes et les applaudissements de sou audiloiie. Le lundi de Pâques, il douna un nouveau sermon à Saint-Btienne, et se rendit ensuite à Muret où il parla sur la guerre des albigeois el rinstituliou du Rosaire. Tmeent Ferrier opéra des prodiges à Toulouse par les înnombi abies coiiversions qu'oblinrenl son zèle et sa sainteté.

Guillaume du Poy^ évéque de Mirepoix, possédait une maison dans la rue de Tille ; en 1417 il ki donna pour y fonder un collège sous l'invocation de saint Nicolas, à cause d'une chapelle dédiée à ce saint qui se trouvait à côté de celte maison. Huit pauvres écoliers devaient être élevés dans ce collège et ne pouvaient y rester que huit ans. Guillaume Fulci, chanoine de Mirepoix, et Guillaume de Vaccori, chanoine de Rieux, neveu du fondateur, devadent nommer aux premières places. Martin V approuva ce collège ainsi que Varchevéque de Toulouse. Il était situé dans la rue qui porte son nom, sur la paroisse de la Daurade. Il est aujourd'hui entièrement détruit.

Le couvent des cordeliers de Toulouse vit alors Pierre Salpitti, évéque de Bazas, terminer sa carrière. On' croit qu il avait renoncé à son évêché pour embrasser dans cette maison la règle de saint François et pour s'y préparer à la mort. Il fut enseveli dans l église de son ordre.

Après la mort du duc de Bern, le. roi réunit à ses états le Languedoc. Il ordonna aussitôt au sénéchal de Toulouse de faire sortir de la sénéchaussée plusieurs ecclésiastiques et religieux dévoués au roi d'Angleterre et Accusés de vouloir lui livrer les châteaux et les villes qu'ils occupaient ; on

TBXPS IMTSBHÂOUIRES. 46$

deleodit égaiemeal à ces personnages de posséder .d6s bénéfices dans la sénéchaussée, et les religieux des quatre Cidres mendiants ne purent plus à i avenir posséder des bénéfices-cures comme i)s rayaient fait par le passé.

lAi levée des subsides éprouvait toujours de grandes difficultés ; plusieurs villes se refusèrent à les payer, et pri-^ rent les armes. Cette révolte était particulièrement excitée par les émissaires du duc de Bourgogne,- qui s*était ligué avec le roi d'Angleterre. Jean d'Armagnac se mit alors en campagne, assiégea et prit sur les Anglais La Réde en Gascogiiu, dans le mois d'avril 1417. Jean de Bonay, sénéchal de Toulouse, coopérait à ce siège. Le 6 de ce mois, il écrivit aux seigneurs officiers du roi à Toulouse, leur annonçant que les Anglais étaient assemblés en très grand nombre ^tre les deux mers, et leur ordonna de faire crier à Toulouse que tous ceux qui étaient du parti des Anglais et qui leur servaient d'espions eussent à sortir de la ville dans un certain temps, sur peine de Imt.

Au commencement de novembre, la reine Isabeau de Bavière s unit au duc de Bourgogne. Us envoyèrent partout des émissaires,, pi^mettant à ceux qui embrasseraient leur parti qu'ils ne payeraient aucun subside. Cétait le moyen d'avoir des partisans. Dominique de Florence, archevêque de Toulouse, se déclara en leur faveur et entraîna un car- , tain nombre de citoyens, il convoqua une assemblée des trois états du Languedoc, que les officiers du roi attachés an dauphin eurent beaucoup de peine à empêcher. Ce dernier prince fut nommé lieutenant-général du royaume, et en cette qualité il adressa des lettres aux principales villes pour s'opposer aux usurpations dlsabeau de Bavière. Cette

4C(i ThMPS IMÏËlillÉUiAIttl».

iLiiic devenait de plus en plus audacieuse. Le 30 janvier 1418, elle oomma Louis de Chaions comte de Genève, RegnauU vicomte de Murât, Guillaume de Saulieu et Jean de Tarraut s^s aml)assadeurs spéciaux pour réduire sous son obéissance 4e pays du Languedoc. La présence de ces commissaires, el surtout leurs promesses de ne plus lever de subsides, soumirent à la reine et au duc de Bourgogne presque toute la province. Le vicomte de Carmaing (Caraman) et les capitouls de Toulouse reçurent ùe& lettres de la reine, datées de Troyes, duunant des assurances sur les intentions formelles de cette princesse.

Les commissaires arrivèrent à Toulouse le 21 mai. lis destituèrent Jean de Bonay, sénéchal, et Bertrand de Nogaretjugc mage, comme attachés au dauphin ; ils nommèrent à leur place Hugues de Carmaing et Arnaud de Pynoi. Tou-* louse reçut bientôt après la nouvelle qu'à Paris, dans la nuit du ii) mai, les émissaires du duc de Bourgogne S'é- , taient emparés de la personne du roi , que le comte d^Ar^ magnac et les partisans du monarque avaient été massacrés, et que Tanneguy-Duchatel avait fait évader le dauphin. Ce prince se retira à Melun, où il assembla ses amis; quant au roi , il fut gardé prisonniej à Troyes' par Isabeau de Bavière qui avait fait son entrée à Paris le 14 Juillet. Cette femme et le duc de Bourgogne gouvernèrent alors te royaume au gré de leurs ambitieux. désirs.

Le sénéchal Jean de Bonay soutenait cependant encore dans le Toulousain le parti du dauphin de Fraiicc. S étant jeté dans le château de Buzet sur le Tarn, il réunit autour de lui quelques partisans. Sa fidélité n'empêcha pas le comte de Genève de s emparer de Toulouse et des envi*

rons. Les capitoulâ de cette ville se rendirent alors à Troyes pour làire leur soumission à la reine, el lui demander TautorisatioD d'assembler les trois états pour le bien de la province. Cette permission leur fut accordée à certaines conditions.

il était de i intérêt du dauphin de remettre le Languedoc . sous son obéissance ; o*6St ce qui le détermina à nommer, au uois d août, Kenaud, arctievéquc de Reims, son iieute* naiit dans cette province. Ce prélat composa une petite armée et fit la guerre aux Bourguignons. Il y eut une trêve entre les deux partis, mais bientôt les hostilités recommen- ' cèrent. Alors le tlaupUiii pnl le gouvernement de Tétat sous le titre de régent du royaome. Sachant que Jean comte de Foix jouissait d*un grand crédit m Languedoc, il le nomma SOQ lieutenant, au mois de décembre 1418.

Le parti bourguignon était assez puissant à Toulouse, et ^ nous avons déjà vu que Dominique de Florence l'avait em^ brassé. Ce prélat approuva à cçtte époque la fondation du collège de Maguelonne £aite déjà depuis longtemps. Plein de zèle pour le culte de saint Thomas d*Aquin, il renouvela le décret de Jean de Cardaillac pour la célébration de la féte de ce docteur. La doctrine de Tange de Técole avait alors à Toulouse un savant interprète dans Jean de Xlapréoles, dominicain et professeur de théologie dans Tunîversité de cette ville. Il composa des commentaires sur les quatre livres des Sentences, où il prit la défense de la doctrine de saint Thomas avec tant de force, qu on rappelait de son temps le prince des thomistes. Ses ouvrages furent plus tard imprimés. Il mourut à Rodez, après avoir assisté au concile de Bâle. L'ordre des carmes possédait aussi à

408 T&MPà IjiTEEMKblAlbËS.

Touiuuse un homme recommandable par s.l science, Jeau Grossin, qai devint' géaéral de cet ordre. On a de lai sieurs ouvrages qui ont pour sujet riiistoire des carmes et des personnages célèbres qu'il a produits.

Jean de Fois arriva à Toulouse en 1419, au mois d'avril, il sç ût installer en qualité de lieutenant du dauphin en praseooe d^one imposante assemblée composée da clergé et de la noblesse. Bernard de tioaix, damoiseau, qui était le chef dd parti bourguignon, quitta la ville. Jean assembla aussitôt les communes du pays, lesquelles s eugagereol à lui donner des sobsides pour chasser lés gens d*anne$ que le prince d'Orange et autres capitaines tenaient dâfis la contrée. 11 se mit en effet à la tète de ses troupes, et • força le prince d'Orange à se retirer. Le comte de Foix convoqua pour le 15 juillet les trois états à Toalouse ainsi qu'à Beziers. La position devenait de plus en plus délicate. Le dauphin et le duc de Bourgogne cherchaient à se ré-, concilier : aussi une entrevue fut-elle assignée sur le pont de Montereao, au 10 septembre ; mais le doc de Bourgogne y fut tué avec Archambaud de Grailli , frère du comte de Foix.

Le dauphin se retira aussitôt à Gien, et envoya partout des iettresHïirculaires pour justiûer sa conduite. L'occasion étant favorable à Isabean de Bavière de détacher Jean de Foix du parti de ce prince, elle employa à cet effet rentremise de Gui de la Brosse, moine et sacristain du Pont-St- £sprit, qui, faisant espérer au comte une vengeance éclatante de la mort dé son fi*ère, parvint à le détacher presque du parti du dauphin. Ce dernier prince se rendit de Gieo à Bourges, où il assembla un corps de troupes, bien déter

TEMPS LsmxiîDtiiaK». 469

miné à résister aux coupables entreprises de sa mère. Méconteut de iâ coûduite du comle de Foix, qui du reste détournait à son profit les revenus du Languedoc, il résolut (le se rendre dans cette province ; il arriva en eilol ii Toulouse au commencement de mars 1420, suivi de Charles comte de Clermont, lils du duc de Bourbon ; de Tarcbevéque de Bourges, son vice-chancelier ; du comte d*Ârmagnac, et de plusieurs autres prélats et seigneurs.

Charles le dauphin fut très bien reçu à Toulouse ; Bertrand de Nùgaret et Pierre de Foucaud, viguier, lui avaient préparé les voies. Tous ceux qu'avait destitués le parti bourguignon furent rétablis dans leurs cbai ges. Le 4 mars il 6e rendit au château de Buzet et de là à Carcassonne, où il avait convoqué les états généraux de la province pour le 17 de ce mois. Ce fut dans cette assemblée que, pour reconnaître la manière dont les habitants de Toulouse Ta- • vaient accueilli, il leur confirma le privilège de posséder des fiefs qui ne devaient pas hommage au roi, et accorda à tous les capitouLs présents et à venir le privilège de posséder toute sorte de terres ou seigneuries sans payer aucun droit. Cest dans ce dernier privilège que l'on a reconnu Torigine de la noblesse des capitouls.

Le 20 mars, il publia à Carcassonne les lettres suivantes : * Ayant transféré le parlement de Paris à Poitiers, et con- I» sidérant la grande dislance t^u il y a jusqu'au dit lieu de » Poitiers de ce pays de Languedoc, et aussi du pays du » duché de Guienne deçà la Dordogne, et qu'à cause du • peu de sûreté des chemins par la multitude des gens » d'armes qui sont en divers endroits du royaume, les su- » Jets du pays ne peuvent aller poursuivre leurs procès k

47â TBIIPS INTBBHtoiAlUS.

les conséquences à déduire : il n'était plus permis à Tarchevèque d'exercer ses fonclious ; tout ce qu'il pouvaiL iaii c devenait frappé de nullité ; il fallait procéder à une nouvelle élection : on en parlait de toutes parts et on écrivit en ce sens. L'archevêque entreprit sa justilication dans un long discours qu*il prononça dans sa métropole et où il ne manqua pas de citer plusieurs exemples pris dans les récits de la Bible. A la fin de son discours, il lança une sentence d'excommunication conU e tous ses accusateurs ; ceux-ci ne manquèrent pas d'appeler de cette sentence au fùtar s^nnode et au pape lui-même.

Instruit de cette affaire, Martin V déppta Guillaume de . Chalençon, évêque du Puy, pour donner ad cautelam Fab-

solution à Tarchevèque et aux conseillers clercs ; mais le

président de Saint- Etieniiu ae voulut pas que l ouvoyé du pape donn4t cette absolution en pleine cour de parlement, et elle fut octroyée devant les familiers du pontife. Nous devons conclure de ces faits que Dominique de Florence s'était démis des fonctions de président, et que le sire de Saint-£tienne avait été nommé à sa place.

L archevêque vit avec une véritable affliction la conduite de son clergé dans celle circonstance ; il dut porter en secret des plaintes au siège apostolique sur le relâchement des mœurs qui existait parmi ses chanoines et les désordres qui régnaient dans sa métropole, puisqu'à cette époque, par ordre de Martin V, el de concert avec Jean Belin évéque de Lavaur, il composa et pubha des statuts pour la réforme de son chapitre. Il s'occupa aussi de plusieurs réparations à exécuter dans son égUse. Par son testament, qu*il fit en 1421, il laissa une somme d'acgeut considéra-

TUM iMTBBMÉDIAlua. 473

ble, ses meubles et ses manuscrits» au couvent des dominicains de Saint-Maximiû en Provence, où il avait pris 1 habit de cet ordre. On a conjecturé de là qu*il était Marseillais dorigine, et issu de la noble famille de Flourens, d'où lui est venu son nom. 11 euste près de Toulouse une paroisse ainsi nommée dans laquelle Dominique de Florence aurait peut-être possédé quelque terre pu château auquel il aurait donné le nom de ses ancêtres.

Pendant que Charles VI s eiiorçait de se liguer avec di- . vers princes étrangers contre le dauphin son fils, celni-oi lisait soutenir sa cause en Languedoc par le comte de Clwmont qu*il avait établi son capitaine général, et qui fit son entrée à Toulouse en cette qualité en U%\. Le régent fit lui-môme plusieurs voyages dans la province ; au mois d'avril, il se rendit à Toulouse et de la à Capeslan où il reçut les députés du parlement, le. président sire de Saint- Etienne et les conseillers de Rouaix, de Martin et dTlbunne. Ils demeurèrent huit jours à la cour du régent de France^ y reçurent des instructions particulières, et pour cadeaux des mules richement caparaçonnées, avec des revenus annuels que devaient leur payer les receveurs des aides. . Dans les statuts de réformation que Dominique de Florence avait publiés pour son chapitre, il avait été question de favoriser par tous les moyens possibles la science théologique du clergé. Nous avons déjà paiié d'une école attachée à la métropole ; dans cette école on forma une riche biblîothëquè, qui s*augmentait tous les jours par les libéra^ lités.de plusieurs personnages. Ainsi, en 1421, Pierre de Gardes, prévôt du chapitre de Lavaur, légua à Saint-Etienne de Toulouse un beau bréviaire à Tusage de cette église, un

474 TBIIS urtBMtouitKS.

psautier, un livre contenant les psaumes pénitentiaux et

roflice des morls, et une bible magniiique ebtiaiée soixante écus.

Le dauphin passa en Languedoc le reste de Tété et une grande partie de l'automne de i4il. A la mi-septembre Jl tînt rassemblée des états à Garcassonne, était k Toulouse le 12 et lé 18 octobre, et à Bourges le 6 novembre. 11 augmenta de deux conseillers clercs et de trois laïques le parlement de Toulouse, qui eut aussi deux présidents puisque Jean Jouvenel se qualifiait déjà de premier président eo cette cour. '

Le 17 mars 1422, mourut à Toulouse Dominique de FTorence, après avoir gouverné pendant onze ans son Eglise. Célait un prélat sa^nt et éloquent. Après avoir été confesseur de Clément VU, il fut député vers le roi de Gastille pour Fabsoudre de la sentence d'excommunication portie par le pape contre ce prince. 11 embrassa tl'abord le parti bourguignon, mais il ne tarda pas à Tabandonner pour seranger du côté du dauphin, qui parut faire grande estime de sa personne. Ce prélat fut inbumé dans Téglise des Jacobins, près de la tour du clocher. Après sa mort, le siège demeura vacant près d'une année.

Charles VI mourut le ÎO octobre. Le daupbln était à Ëspaili près du Puy lorsqu'il apprit sa mort , et fut proclamé roi en ce lien sous le nom de Charles VII. Toulouse rendit à Charles VI de splendides honneurs funèbres, dont le chroniqueur Bardin nous a laissé une ample description. C'est à tort qu il parle de la présence de larchevêque à ce service, car il était mort plusieurs mois auparavant, et son successeur ne fui élu que Tannée suivante.

- . min iKiBBiiÉDUius. 47d

Le oouveau roi coMrma à Mehuu eu Berri, lô il décembre, les privilèges de la ville de Toulouse, et saoetiODiia la cootiscatioQ du château et de ia ville de Saint-Salpice dans le Toulousain. Celle ville, slluée noo loin de l*abbaye de

Lezat , avait appartenu à Eléonore de Commiuges ; elle

passa ensuite an pouvoir de Gaston-Phébus, qui la perdit

daus sa guerre contre le duc de Berri. Charles Yl ea avait disposé en Êiveur de Jeanne de Boulogne, femme de ce duc. Sur la lin de sa vie, Jeanne vint habiter SainL-Sulpicc et y Êibriqua la £a^usse monnaie, entretenant des intelligences secrètes avec le roi do Portugal : c'est ce (jui engagea le sénéchal de Toulouse à s'emparer au nom du roi de ce ebâteau, que celui-ci céda au maréchal de Lafayette. *

Au mois d'avril 1425, le chapiUe de Saint-£tienne donna un successeur à Dominique de Florence dans la personne de Denis du Moulin. Né à Meaux, il fut professeur très habile dans 1 un et Tautre droit, après avoir été successivement chantre de Téglise de Vienne, chanoine de Chai lres, de Reims, de Tours, d*Albi et d*Ëvreux. A Fépoque de sa promotiun, il n'était que sous-diacre et remplissait l'office dë conseiller ordinaire dn roi« Sa nomination fut confirmée par les vicaires généraux de l'archevêque de Bouiges; il reçut tous les ordres et la consécration épiscopale des mains des évêques de Laon, de Noyon et d'Albi. Charles VU le plaça à la téte de la chambre des requêtes, et lui confia la mission délicate de soumettre à' son autorité les habitants du Dauphiné« Ce fut dans son voyage k Toulouse, au mois d*août que le prince honora le nouvel archevêque des marques éclatantes de sa confiance.

Au mois d*octobre, on procéda à Télectton des nouveaujt

476 TKMM IJtTEMtDIAJMS. .

capitouls. Nous apprenons que cette élection était soumise

à l'inquisiteur de la foi. Bai iheleQiy Giscard en reuipii^^ait alors les fonctions. Il récusa François d'Albert sous le prétexte que cet homme était dans l'habitude de prononcer des jurements contre la divinité. Les autres capitouls accaptèrent la sentence, et nommèrent à sa place Pierre de Sarlat. &Albert en appela au parlement et y perdit sa cause.'

Cette cour suprême reçut, au mois de février Ui4, 1 or-

dre du roi d*informer des crimes et forfaits de lean Le Maingre maréchal de Boucieaut. L'hi^loue ne dit pas quels étalent ces crimes. Nous sa?ons seulement que le parlement

de Toulouse mit sous la main du roi les terres d'Aramon et de Salerargues que ce prince lui avait données. Guillaume évéque de Laon, Alexandre le Buul ^ier et Jean de Labarre avaient été chargés par Charles VII du gouvememeilt des finances en Languedoc. Ces commissaires assemblèrent à Mon^Uier les états généraux de la province ; on y appela le cardinal de Foix évêque de Commioges, les évéques de Saiot-Fapoul, de Lombez, de Pamiers, de Lavauretde Montauban (ce dernier était Geraud Faydit, chanoine de S'- Ëtienne de Toulouse, qui venait d'être promu à cette dignité) ; les abbés de Grand-Selve et de Gaillac, Arnand Roger de Comminges, le vicomte de Carmaing, Jean de Lautar, les consuls de Grenade et de Gimont, de.Castelsarrasin, de Rieux, de Saint-Berlraud, de Villefranche, de Revel ; Jacques roi de Hongrie, et de Lamarche, que le roi venait de nommer gouverneur .du Languedoc. H n est pas fait mention de Denis du Moulin dans cette convocation, parce qu'il se trouvait aloi s à Paris où il traitait auprès de

Tutps umimÉotAiiBs. 477

la chaml)r6 des Comptes du remboursement de certaines sommes qa'il a?ait dépensées à répoqae de son ambassade

auprès du duc de Savoie. L'assemblée de Montpellier accorda au* roi une aide de cent cinquante mille livres payables en quatre ans pour les frais de la guerre.

Le parlemeùt de Toulouse recevait alors au nombre de ses conseillers Piene Baidin, père du chroniqueur. C'était un homme très versé dans la littérature* Ses ancêtres avaient été honorés du capitoulat. 11 composa plusieurs ouvrages qui ne sont pas venus jusqua nous, et dont son fils nous a conservé les titres : Tun , sur les privilèges et les immunités des moines ; un autre, sur Torigine de la iuridiclion ecclésiastique qu*il rapportait aux empereurs et aux rois ; un troisième, sur les moyens de réprimer la trop grande autorité des évéques ; et un commentaire sur les décrétâtes touchant les tribunaux épiscopaux.

Pendant que Pierre Bardin enrichissait Toulouse de ses nombreux ouvrages, la compagnie du Gai-Savuir recevait une fondation qui devait- assurer son existence des libéralités d'une dame toulousaine devenue célèbre dans nos annales sous le nom de Clémence» Ce nom apparaît pour la première fois dans une ode en vei s romans qui a pour lAtre la Bertat, et dans laquelle est raconté le désastre de la fameuse bataille de Navarette où Henri de Transtamàre, nouveau roi de Castille, fut défait, où Du Guesclin fut fait prisonnier, et où enfin quatre cents Toulousains qui avaient accompagné ce grand capitaine périrent presque tous. Cette ode a été évidemment composée après Tannée 1387, car .il y est parlé de la dignité de connétable, qui ne fut donnée à Du (luesclin qu'en 1 380 ; de plus, cette pièce n*est que

47]i THIK INmiiOUllES.

le sommaire de la vie de ce héros, el ne fut publiée (^u'eu 1387. La date de 1367 n*esi donc pas celle de la eompositiou de celle pièce ou du prix quelle obiuit aux jeux, du Gai-Savoir, mais celle de la bataille de Navarette, qui fat en effet livrée à cette époque précise.

Celle ode si remarquable est donc postérieure à raDoée 1587, et les meilleurs critiques croient quelle fut composée et couroûoée dans les premières années du quinzième siècle. Si on la place plus loin, c'est loi enlever tout son intérêt^ car elle paraît avoir été composée pour les familles encore existantes de ces braves Toulousains qui 'avaient péri à Navarette. Celte pièce est adressée à une dame nommée Cîémênce (dona Clmensa), Il n*est pas question d'isaure. L auteur présenta son ode au concours, et il affirme que cette dame avait donné des fleurs pour ses prix : de llom de boatros nias. A la lin de son poème, il Tinvoque encore. Quelques vers de cette pièce ont porté à conclure qu'elle était présente à ce récit, car le poète lui dit : « Je n*en dirai pas davantage, car je vois qu*il ne vous plait pas découler, ô darne Clémence, la niurt de tant de braves gens. • Le nom dlsaure n*a été ajouté à celui de Oémence que beaucoup plus lard, et le poète Pierre de Saint-Anian est le premier qui Fait employé, en 1^9, dans une ballade. Ce nom, qui évidemment a été apporté par la tradition, paraîtrait indiquer que Clémence appartenait à quelque famille seigneuriale de Toulouse, peut-être k. celle deslzalguier, qui avait son. palais dans la rue qui a pris le nom d'îsaure et son tombeau dans Téglise de la Daurade. Ce qu'il y a de certain, c est qu en 14^ cette iiamiiie était très puissante à Toulouse ; que Pierre Izalguier seigneur âe

nin IMTUHÉDlilUS. 479

Ciermonl était alors capitoui ; qu'il existait au monastère des chanoinesses de St-Saturnin une vertueuse fille Dommèe Aude Izalguier qui en fut abbesse depuis 1411 jusqu'à 1447 ; que plus tard Marguerite de Foix dame de Clémeuce épousa Poas Izalguier seigueur de Casteloau ; que Catherine de Pardeilhàn, héritière de la seigneurie de Oémenoe, épousa Jean dizalguier seigneur de Fouiquevaux; qu'enfin

. Isabeau de Rochechouart, fille de Marie dlzalguier, épousa Ogier de La Moihe seigneur d'Izaut ou Izaur. £n donnant ici ces généalogies, nous avons voulu montrer que les deux seigneuries de Clémence et ôUsaure se trouvaient dans la famille des izalguier. (i)

Ainsi , d'après nos calcul^ et nos études, dame Clémence Isaure aurait donné pour les prix du Gai-Savoir, vers Tannée 1424, des biens ou des revenus par un testament dont les clauses ne furent que beaucoup plus tard remplies : car,

' d'après le poète Yôulté, rcxécution des volontés de cette dame éprouva bien des difficultés et suscita beaucoup de procès.

L'année qui suivit la fondation de Clémence Isaure, Charles VII arriva à Toulouse vers la fin de janvier 1425. Le * 13 février, à la demande des capitouis, il donna des lettres de sauvegarde en faveur de la maison des femmes prostl- . tuées. Ces femmes étaient toutes réunies dans un lupanar commun qui payait à la ville certaines redevances. Le

(4) Voir le P. Ansblo, t ni, pag. 360 et 361 ; tom. v, pag. 493 ; tom. IV, p. 666. n est très important d'observer que le nom de Clé'

même est le même que celui d'Esclamoiide (voir XOnomaslicon de Simon de Feyronnet , p. 60.)

480 TEMPS INTEllJaÊDIAIttBS.

prince reçut à Toulouse le serment que lui prêta Jean comte de Foix en sa qualité de nouveau lieutenant du Languedoc»

Peu après le départ du rot pour la Touraine, arrivèrent k Toulouse des religieux italiens dont la règle avait été approuvée par les pontifes de Home, ils portaient le nom de Jésuaies, étaient Têtus de blanc, mendiaient leur pain, et vivaient très pauvrement. Les capîtouls leur cédèrent un terrain près de la porte Montolieu, à côté d*un oratoire dédié au Crucilix. Ils y. bâtirent de pauvres cellules. Les Jésuam étaient laïques ; les disciples de saint Ignace de Loyola ne sont donc pas les prenuers qui aient pris le nom que leurs ennemis lenr ont t^t reprocbé. Nos bons reli* gîeux. furent décimés par la peste qui désola en \ la ville de Toulouse; un seul put retourner en Italie. Ce fut à cause de cette peste que le parlement de Toulouse transporta ses séances à Beziers. Le premier président (Jean Gencian) fut chargé par Jean de Foix de réunir à Carcassonne les trois états du Languedoc pour le 22 septembre. L'objet principal de cette assemblée était de nommer des députés aux états généraux que le roi avait convoqués à Mehun-siir-Yeaze pour le mois de novembre saivant.

Denis du Moulin, archevêque de Toulouse, n assista pas à rassemblée de Reziers et envoya seulement son grand* , vicaire. Au milieu des soins spirituels que ce prélat donnait à son troupeau, il ne négligea pas ses affaires temporelles ; et s'il se donna quelqnes mouvements poui inoyeaner la paix, son intervention dans les affaires publiques ' ne fut pas désintéressée, car le roi lui assigna, aux états de Mehun, la somme de mille livres pour solde d un voyage

eutrepris au mais de septembre, et ordonaa .(ju ou iui payât (dus tard la somme de huit cents livres tournois pour avoir vaqué par son ordre:

Toulouse fat à cette époque le théâtre d*un déplorable événement : un sgus-diacre nommé Boville tua pendant kt Duit un bourgeois nommé Pierre Geraud. Le (larlemeot se saisit de l'affaire ; inais l'accusé refusa de prêter serment «t déclina la juridiction de la couc suprême^ prétendant qu'il devait être jugé pai raichovêque. Le parlement n accepta pas ses. réclamations ; et comme Faccusé ne voulut répondre à aucune des questions adressées, on le considéra comme muet, et on lui ût son procès dans la forme usitée en pareil cas. l'inquisiteur de la foi eut aussi à réclamer contre les capitouls qui avaient condamné un blasphéniatenr. L'inquisiteur prétendait que ces sortes de crimes devaient être déférés k son tribunal. L'affaire ayant été portée devant le sénéchal, celui-ci <)ébouta Tinquisiteur de ses prétentions. Le parlement jugea diiléremment : il cassa la double sentence- des capitouls et du sénéchal et maintint les droits de Tinquisiteur. La peine infligée aux blasphémateurs consistait à les enfenner dans une cage de fer et à les plonger trois fois dans le fleuve. Cette peine fut étendue aux femmes qui favorisaient la débauche, et souvent aux prostituées elles-mêmes.

Vers la fin de l'année 1426, Denis du MouUn, qui se trouvait a Toulouse, publia des statuts sur la ouur archiépiscopale de cette ville, et fixa un peu la marche à suivre pour les procédures et jugements ecclésiastiques, matière qui avait été jusque-là très imparfaitement réglée. Les statuts «

• de Denis du Moulin ne sont pas venus jusqu'à nous, mai^

482 TEMPS I.\TEaMÉlltAtRE5.

ils sont cités avec éloge dans ceux du cuidiiial de Joyeuse.

L'ordre des frères minears reçut alors à Toulouse une marque éclatante de la générosité et de la munificence de révôque de CommiDges Pierre de Fpix. €e grand homme était fils d'Archambaud de Grailli vicomte de Béam et d Isabelle, sœur de Matthieu de Foix. Après avoir lait ses études à Toulouse avec la plus grande distinction, par unè humilité profonde il renonça à toutes les grandeurs de la terre et embrassa la vie religieuse dans le couvent des franciscains de Morlas en Béarn. Malgré sa résistance, le souverain pontife le tira du cloître et le nomma évéque de Lescaret ensuite de Cqmminges. U succédait dans cette égli§e à

Manaud de Barbazao, car Geraud d*Aure, qui avait été élu

par le chapitre, ne fut pas reconnu par Martin Y.

Ce fut en 1426 que Pierre de Foix prit le gonvememeul du siège de Comjniûges, à l'âge de vingt-deux ans ; il fut créé cardinal au titre de Saint-Etienne au mont CobIius. L'amour qu'il avait pour son ordre le porta à construire à Tqulouse la magnifique église des Cordehers et à créer un collège pour vingt-six écoliers. La chapelle de celle maison fut dédiée à saint Jérôme ; il renrichit d'une bibliothèque magnifique uù se trouvaient Véunis de très précieux manuscrits. Cette dernière fondation ne fut faite qu'^ 1457, pendant que Pierre cardinal de Foix gouvernait l'Eglise d'Arles. Ce collège porta son noioa, et fut aussi désigné sous celai de la Vache, à cause des armes de la maison de Béam à laquelle appartenait ce grand homme. (Ce collège est aujourd'hui occupé par les Dames de la Compassion.)

Le comte de Foix convoqua l'assemblée des états du . Languedoc à Beziers pour le 8 juiHet 1428. Denis du Meo-

TKBP$ lflTEMl6l)lAIRGS. 483

iîQ s'y trouva, et \& roi lui donna une gratilication de quatre cents livres pour les dépeoses qu*il avait faites. Ces états, qui ue $*ouvrirent qu'au mois d'août, accordèrent à Cliarles VII des subsides pour résister aux Anglais, et nommèrent des députés pour les états généraux qui s'ouvrirent à Chioon aa mois d'octobre. €e(te dernière assemblée demaiida au roi de i éuuir eu uii seul les deux parlemeuts de Poitiers et de Beziers ou Toulouse, ce qui fut exécuté : en sorte que le parlement du Languedoc, qui n'avait duré que huit ans, fut réuni à celai de France jusqu'en i443, époque à laquelle il fut rétabli pour toujours.

Pendant les états généraux de Chinpn, le comte de Foix fit sa résidence en Languedoc pour garder cette province * que les routiers infestaient encore, et en particulier André de Ribes, qui occupait diverse^ places dans le Toulousain. Ce capitaine fut pris et mis à mort. Le comte exerçait une véritable autorité souveraine en Languedoc, car Hélîe, prévôt de l'Eglise de Rieux, ayant été nommé juge-commissaire et exécuteur apostolique dàns le Languedoc et la Guienne pour l'extirpation du schisme et de Thérésie, ne put remplir sa mission sans le consentement du comte, qui la lui accorda par des lettres qui portent la date du 20 décembre 1428, à condition qu'il agirait de concert avec quelques jurisconsultes qu'il désigna.

L'année 1429 vit les aHaires de Cbaiies VU changer entièrement de Êtce par les exploits de Jeanne d*Arc, la levée du siège d* Orléans, et le sacre du roi à Reims. Les états dti Languedoc s'étaient assemUés au -mois d*aoûtàCarcassonne ; ils se réunirent de nouveau le 15 octobre. Ce fut dans cette seconde session qu'on nomma des députés pour

4â4 TKXPi LNTBMtiDUlRIS.

aller compliiuenter le roi sur son sacre, qui avait lieu au mois de juio. Denis du Moulin, archevêque de Toulouse, était au nombre de ces députés. Il nous est impossible de suivre ici toute la durée des états du Languedoc qui s'assemblèrent si souvent à celte époque ; nous dirons seulement que le roi, se trouvant à Gergeau le 5 mai 1430, y confirma une ordonnance du comte de Foix relative aux capitouls de Toulouse qui avaient été continués dans leur charge a cause des soins qu*ils s'étaient donnés pour maintenir les peuples de la sénéchaussée dans le devoir.

Ces peilples étaient perpétuellement vexés par lés routiers, qui , au nombre de six miiie hommes d*armes, désolaient la province. Le comte de Foix donna commissioD aii chevalier Jean de Mauléon Je les réprimer: celui-ci ordonna aussitôt au sénéchal de Toulouse d assembler- le ban et 1 arrière-ban de la sénéchaussée pour aller combattre ces brigands, qui furent ainsi tenus en échec.

Tuulouse possédait alors les quatre ordres mendiants : dominicains, franciscains, augustins et carmes. Ces religieux firent ensemble un accord touchant les diverses solennités qui devaient , se célébrer dans leurs ordres, et auxquelles ils étaient tenus tous â*assister. Cet accord avait encore pour objet certaines préséances dans la distribution des grades universitaires. Le comte de Foix se vit obUgé d*interyenir dans un diilérend qui s'éleva entre Jean du Puy, professeur de théologie, dominicain inquisiteur que le pape venait de nommer k i evéché de Cahors et qui voulait garder avec son évéché cette dernière charge, et frère Raymond de Manassio, à qui le roi avait accordé la place d'inquisiteur depuis que le premier avait été prendre possession de

TEMPS iHTllMÉDlAim. 485

soD évôehé. Noifô ignorons le résultat de ce différend, dont

le comte s eUil lerservé la connaissauce. Las capitouls en appelèrent ao monarque de Tamende de

dix mille écus d'or k laquelle ils avaient été condamnés par

arrêt du parlement pour avoir ôté des mains du sépéchal de Toulouse une femme du lieu de Portet près de cette ville, accusée de plusieurs crimes. Le parlement avait ^ de plus, privé ces magistrats de Texercice de la justice criminelle. Le roi , se trouvant k Vienne en Daupbiné au mois d'avril 1434, examina les plaintes des capitouls, modéra le prix de Tamende et leur rendit Texercice de la justice. On comprend que le sénéchal Jean de Bonnay dût faire opposition à ces actes ; mais la décision royale prévalut.

Le roi témoignait toujours beaucoup de conflance à Denis du Moulin puisqu il l'envoya, pendant qu'il était du côté du Rhône, en ambassade auprès du roi de Castille et de Léou pour traiter de quelques affaires relatives aux deux couronnes. Ce prince récompensait toujours magnifiquement les services de rarchevéque, car il lui assigna 5200 moutons d'or pour ce voyage, dont 3000 lui furent immé- . diatemenL pâ)C5 et les autres daus Tannée suivante. Ce prélat était vraiment infatigable : à peine de retour d'Espagne, il se rendit k la cour de Savoie pour assister aux fiançailles d'^édée avec lolande, lille de Charles Vil ; de là il fut envoyé auprès du duc de Bourgogne en Flandre avec le seigneur de Gaucourt. Avant son départ, il reçut du roi 800 livres tournois et 900 à son retour. Dans tontes ces légations, il eut pour secrétaire Pierre Lenormaot.

Jean comte de Foix touchait au terme de sa carrière. Il • mourut à M^eres le 4 mai 1456, et fut inhumé k Bol

48G TiHM umiHfttnÂiiis.

bonne. Gaston son fils lot succéda. Le roi ne se pressa |ki$

de nommer un lieutenant en Languedoc, et admmislra pendant quelque temps la province par lui-même. Les étals du Languedoc ayant été convoques à lieziers, ils s ouvrirent le 8 janvier i4S7, et on accorda mille écusd^orà Louis, lils aine du roi pour ses affaires. Du Moulin se trouva à ces états, et accompagna Charles VU dans le voyage que le pnucc iit alors en Languedoc avec le daupliiu. A Montpellier, il usa de son ascendant auprès du monarque pour rengager à donner ceiil livres à prendre sur larecette de Toulouse aux franciscains de celte ville* Cette communauté ne possédait pas de rentes ; elle était composée de cent religieux, et le chapitre générai de Tordre, aa ' nombre de quinze cents moines, devait se tenir k la Pentecôte dans ce couvent. L'archevêque obtint la place d intendant de la justice des aides pour la province et celle de membre du conseil privé. Le 7 juillet 1438, du Moulin assista à la grande assemblée réunie à Bourges avec un grand nombre d'évéques et de jurisconsultes. Ce fut là qu*on établit la fameuse pragmatiquè-sanction, Cétait une ordonnance en vingl-trois articles. On y adopta la plupart des décrets' du concile de Bâle ; on y reconnut rantorifé des conciles œcuméniques supérieure à celle du pape ; on . y abolit les annates, les réserves, les expectatives, lamultipUcité des censures et des appellations à Home, les jugements ecclésiastiques hors du royaume, et on y rétablit les élections canoniques. Un auteur moderne (1) prétend que • la pragmatique n'avait qu'un petit défaut, celui d*ètre

(1) ROHEBACSEB, Htst, UlttU, tODl. x\v, p. Ii74-S12.

» radicalemeul nuUe : car, dil-il, tout coDtrat astnul qui

» n'est poïai couseoU par les deux pailie^ cunLiaciaiites. » Ôr, la pragmatique était un contrat entre ies Eglises » France el le pape pour régler les rapports mutuels de • pari et d'autre ; le consentement du pape y était donc » absolument nécessaire. » Tout cela est ^surément très juste ; mais Fauteur a oublié ce qu il a dit un peu plus haut , '*que les députés d*Eugène IV furent convoqués à Bourges, et qu ils y furent entendus : en sorte que le ùéîàui de la pragmatique devint, comme on le voit, infiniment petit. '

Après rassemblée de Bourges, du Moulin rentra à Toulouse, puisque, le 18 juillet, il assista au contrat de mariage - ' d'Ayssin de Montesquieu d*Angles avec Dulcie de Faudqas» fille de Beraud de Faudoas de Barbazan.

Les routiers, ayant à leur tête Rodigo de Viliaudrant et d autres capitaines, exerçaient de continuels ravages dans toute la province. S'étant emparés de la ville de Sainte-

Gabelle, dans le Toulousain, ils s'y fortifièrent. Jean de Bonnay, sénéchal de Toulouse, ne pouvant les réduire par la force, pi il le pai li de traiter avec eux, et leur fil abandonner leur place d'araoes moyennant une somme qui leur fut comptée.

Le ^5 mai 1439, Louis dauphin de France, pendant que son père* était à Lyon, fit son entrée solennelle à Toulouse, et fut logé à la sénéchaussée. 11 n'était alors, âgé que de seize ans. Le roi , qui avait une entière confiance à Denis du Moulin, le donna pour conseiller au jeune prince. Ce fut pour ie récompenser de ses bons et loyaux services que ce prélat fut transféré à l'archevêché de Pans, eu il mcurlit

488 nMFS nmiMiDiAnB.

en 1447. U avait gouverné TEgiise de Toulouse dix-sept

ans et avait passé la plus grande partie de son épiscopat dans les légations et les ambassades. Le journaliste de. Charles VII le traite de prélat cupide, et même de conçussionnaire. Tout ce qu^on peut dire^ c'est que, s'il servit son prince et sa pairie, il ne te fit pas gratuitement, et eut le soin.de se flaire payer des sommes considérables pour ses diverses ambassades. Il légua ulBfe certaine somme pour la construction d'un pénstyle et d'un portail à son église cathédrale, ouvragé gui fût exécuté par son successeur.

Au. mois de juillet^ Pierre du Moulin, maître ès-arts, vice-cbancelier du Languedoc, licencié en droit civil et canonique, juge des appellations des causes civiles, maître des requêtes, et flrëre du précédent^ fut élu pour lui succéder. Il fui mis en possession par Bernard du Hazier, prévôt de la cathédrale. Ayant accompagné le dauphin à Toulouse et sa trouvant en cette ville au moment de son élection, le roi le nomma à la lieutenance des aides ou subsides, et lui fit compter deux- cent cinquante livres tournois.

Louis dauphin était encore à Toulouse le 10 juillet. 1^

nomma des commissaires pour visiter plusieurs personnes, hommes, femmes et enfants,' qui s'étaient répandues dans

la ville et sénéchaussée de Toulouse, et qui se trouvaient infectées d'une espèce de lèpre appelée capoterie. Un traité fut aussi coiiclu avec les capitaines des routiers qui s'étaient emparés 0e Seisses, Braqueville, Beauzelle et ViUemur, traité par lequel , moyennant une somme de deux mille écus d'or, ils consentirent à abandcmner la province. Louis partit de Toulouse k la fin de juillet. Etant à Âlbj,il

Vmn IMTERSlOIAlBIS. 189

exempta le Doovel arche?éqiie do service d*un cbevalier

pour le ban. Les routiers, après le départ du dauphio , contiDiièreiit d'exercer leurs ravages l bien pins, des seigneurs formèrent contre le roi une Qocspiration dans laquelle on entraina le jeune prince. Jean deCbabannes, sénéchal de Toulouse, entra dans cette ligue. A cette nouvelle, Cbaries VII destitua le sénécbal mars 1440) et nomma à sa place Galaubiac de Panassac, auquel il adjoignit le vicomte de Lomagne pour son lieutenant en Languedoc.

Le vicomte se rendit & Toulouse, et le 12 avril il assembla tous les officiers de la sénéchaussée, leur fit part des événements qui se passaient alors en France, et requit Tenregistrement des lettres d institijftion du nouveau sénécbal. L'assemblée répondit que les lettres étant adressées aux généraux de la justice dans le pays, on ne pouvait les enregistrer sans leur ordre ; que Pierre du Moulin étant l'un des grands justiciers, on pouvait lui présenter ces lettres. Alors le vicomte pria Tarehevéque de se rendre à l'assemblée ; mais le prélat s'excusa sur ce qu'il n'était pas le seul des généraux et qu*il n*avait pas les sceaux. Cette excuse n'empêcha pas le vicomte de se rendre le lendemain à la cour présidiale, suivi de Farcbevéque et des capitouls, et de son autorité mit en possession le seigneur de Panassac. La r^llion des seigneurs de la cour n'eut pas de • suite : ils vinrent demander pardon au roi, qui le leur accorda.

il paraît que Pierre du Moulin s*était rendu auprès du

roi qui avait entrepris un voyage dans la province à la fin * de novembre 1441, puisqu'il partit de Montpellier pour se

rendre promptement en Gascogne afin d'engager le vicomte

490 TKVrS IMBBMtDUlRIS.

de Lûipagne à ne pas causer trop de dommages dans le

pays du Lauguedoc. Voici quelle avait clé l'occasion de celle prise d'armes, Les Aoglais assiégeaient à cette époque la ville de Tarlas en Gascogne sur le sire d Albret qui en clail seigneur. Le roi, ayant résolu de la seixmrir, convoqua à cet effet toutes les milîees du royaume ainsi que la noblesse de la sénéchaussée de Toulouse, et établit le quartier général dans cette Ytlle pour le l*' avril Mais le yieomte d^ Lomagne n'avait pas attendu les ordres du prince: il s*était d^à mis en marche. Ce mooyemeot de troupes causa beaucoup de désordre dans la province : ce qyi iorga le roi à donner Tordre aif sénéchal de Touliwse de séparer ^ noblesse déjà réunie: Alors le roi s avança vers le Languedoc. Il était à Limoges le 4 mai. Après les fêtes de la . Pentecôte, il se dirigea vers Toulouse, y lit sou entrée solennelle le 8 juin 1442, vétu de noir, monté sur un cheval blanc, et s'avança sous un dais brodé d'or porté par les capitouls. Il descendit à la sénéchaussée. Ayant rassemblé son armée aux environs de la ville pour la journée de Tartas, il en partit le 12, après y avoir laissé son conseil. Le 13 juin, il se trouvait à Grenade sur Garonne. Tartas s*étant rendue, il était de retour à Toulouse le 26 juillet; nous l'y trouvons encore le 22 août avec la reine qu*il y avait laissée. Celte princesse quitta bientôt cette ville, et le roi alla (aire plusieurs excursions dans }a province.

Pierre du Moulin se vit obligé de promulguer la bulle d'Ëugène IV en ikveur de Tarchevéque de Narbonne et de ♦ ses suffragants. Dans cette bulle il ordonne aux liiquiMleurs de s'entendre toujours avec les évéques bans Texercice de leurs cbarges el de leur prêter un mutuel appui. Celte

TEMPS umftMtouius. 494

promulgation M nécessitée par la conduite que Tinquisiteur

de Toulouse tint à régard de l'archevêque, conduite qui suscita un procès entre les deu& parties, mais qui n'eut pas d'autres conséquences.

Charles VU demeura avec toute sa cour à Hontauban tout le mois de janvier 1443. Le chroniqueui liai din affirme qu'il tint à cette époque dans cette YÎUe les trois états du Languedoc ; que la présidence en fut donnée à Bci Iraud de Laroche-Fontenilles, évéque de Montauban, au préjudice des ai'chevèques ; que ceux-ci, irrités, se retirèrent de l'assemblée, à Texception de Pierre du Moulin qui prétendit que le roi avait le droit de choisir le président. Le chroniqueur donne ensuite les noms de tous les prélats et de tous les seigneurs qui assistèrent à cette assemblée où le roi annonça le rétablissement prochain du parlement à Toulouse. Ces circonstances ont paru fabuleuses à de graves historiens. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il assigna les états du pays de Comminges à Toulouse pour le 17 février, aiin de contraindre Matthieu de Foix à donner la Uberté à Marguerite de Comminges sa femme, qutil tenait prisonnière et (jti'il avait fait transporter dans Tune des tours du château de Foix.

Les étals de Cojnminges se trouvèrent ajournés jusqu'au â6 février. Le roi entra à Toulouse le même jour, et le samedi 9 macs il stipula un accord avec Matthieu de 1 oix par lequel la comtesse devait être mise én liberté ; qu'ils ^ jouiraient enseml)lc du comté de Commiiiges, et qu'après Jeur mort ce comté serait réuni à la couronne. Immédiatement la comtesse Marguerite fut mise en liberté et conduite à Toulou^. Celte illustre dame, qui était très vieille, se

49S TIMM IKTiaMÉDlAlMb.

rendit à Poitiers où oUemounit peu de jours après. Matthieu de Foix épousa alors eu secondes uoces Catherine dame de Goaraze, et jouit du comté de Commioges jusqa^à . sa mort, arrivée en 1481. Après lui, le comté fut réuni à la couroime.

Marie d'Anjou suivit le roi son époui k Toulouse. L'entrée de la reme tut magoiiique. Le dauphin la portait ea croupe sur un cbeyal blanc ; elle était vêtue d'une robe bleue doublée d hermine, et cûilïée d'un chaperon de gaze blanche relevé d*un côté et d'autre sur le front. Les capîtouls souteoaieat, au-dessus des illustres voyageurs» un dais aux armes de France et d'Anjou. La ville, à cause de sa noble et joyeuse entrée, lui ût présent de cinquante marcs d'argent ouvré valant cinq cents livres. ,

Pendant son séjour à Toulouse, le roi accueiUit lavorablemeut les demandes qui lui furent adressées par les états du Languedoc sur plusieurs points, et entr'autres sur le rétablissement du parlement dans la province* li rendit aux capitouls Vexercice de la justice civile et criminelle, grâce qui leur fat octroyée à Toocasion de la conduite honorable que ces magistrats avaient tenue à cet égard eu payant la somme de six mille réaux d*or à laquelle ils avaient été condamnés dans l'affaire du sénéchal dont il a été parlé plus haut. Le roi leur remit cette ^mme parce que la ville ^vait beaucoup souffert de l'armée, et qu'un vaste incendie avait consumé unB grande partie de la cité.

Le roi partit de Toulouse le 8 avril 1445, suivi du roi .

de Sicile et de toute sa cour, et prit la route du Limousin.

Conformément à ses promesses, il rétablit, par un édit donné à Saumur le 12 octobre, le parlement du Laoguc-

TIHPS INTCRIlÉDIiim. 4dJ

Uoc et en lixa la ré^îidence à Toulouse. Il ordouna qu'il (xmimeDcerâût ses séances à la Saint-Martin â*hiver ; qu'il serait composé de quatorze juge§, savoir : deux présidents Isuques ; douze conseillers, six clercs et six laïques ; deux grefâers, et huit iiuissiers. Aynard de Bletereus fut nommé premier président et Jacques de* Maux second président. Le roi nomma 1 archevêque de Toulouse et un autre évêque de la «province prélats assistants ou conseillers d*honnear. Par suite de diverses circonstances, rinstallation du nou- • veau parlement n'eut lieu que le 4 juin 1444. Ce jour-là, ' Pierre da Moulin célébra la messe du* Saint-Esprit. Après la cérémonie religieuse, les gens du parlement se rendirent au lieu fixé pour leurs séances; TarcheTéque et Targentier du roi prononcèrent d& très belles harangues auxquelles le premier président répondit , et la cour fut installée par Jean d'Etampes, maitre des requêtes de l hôtel du roi, et Jacques CkBur^ son argentier.

Par rédit de création du parlement de Toulouse, les commissaires généraux sur le fait de la justice avaient été ré- TOqués, et aussi ceux des appels des aides. Ces divers commissaires ûrent opposition à ce que le parlement évo- ' quât les affaires qui étaient de leur ressort. Aliii d'éviter tout conflit, le roi institua ou plutôt rétablit une cour des »des qu'il incorpora au nouveau parlement. En conséquence, Pierre du Moulin, Jean d'£tampes, Jean d^Assi et Pierre Barilbet furent institués juges souverains sur le fait • de la justice des aides et de» tailles, et installés en cette qualité le 20 novembre, après avoir prêté sermènt k genoux . entre, les mains du premier président.

Le i*' août, Pierre du Moulin présenta en son nom une

494 * TIÛMJ'S IMËOMKllUiRSÂ.

requête au parlemeul à l'effet d'ubteair qu'un ceilaiii clerc nommé Jean Ascher, qui était daos les prisons de la cour, lui iùt remis. Cet homme était accusé d'avoir cilo ea cour romaine Pierre Boissié, curé de Saiote-Sigalaioe aiji diocèse de Lavaur, et cela contre la défense qui avait été portée par la pragmatique-sanctioD. La couc" interrogea le prévenu et voulut connaître sa cause. Ce ne fut qu'après un premier jugement qu'il fut livré à raichevéque et transféré dans la prison de roffiicialité. L*appel qu*il avait interjetéea cour dô Home lui ût rendre la liberté.

Depuis son installation,-le nouveau parlement, k cause de l'étendue de sa juridiction, se trouvait nécessairement mêlé à tontes les graves affiûres de la province : ainsi, au mois de septembre, il confirma les anciens arrêts qui avaient été rendus touchant la liberté que les esclaves recouvraient ea se réfugiant à Toulouse, contre, les prétenLions des commissaires du roi d^Ars^on ; au mois de janvier 1446, il s'occupa de rallau c de l'évêché d Lzès entre Alain de Coëtivi et Guillaume Soyberti qui se disputaient cet évéohé. Une sédition des habitants de Lectoure ayant éçlaté contre la garnison royale, le parlement interposa son autorité pour arrêter le désordre.

Les états du Languedoc s'assemblèrent plusieurs fois à cette époque dans la ville de Montpellier. L'assemblée de , 1449 accorda plusieurs aides et subsides au roi, et trois cents livres à Pierre du Moulin pour avoir dressé les constitutions du pays et pour les frais qu'il avait £aits durant , la tenue des états. L'année suivante, ce même prélat obtîDt mille livres à cause des frais de son ambassade vers le roi en Normandie dans les intérêts de la province.

TBIVS IMTBRIltDUtlIS. * 495

La prévùlc de Saint-Ëtleone de Toulouse fut succossivemeDt occDpée, dans la première moitié du quinzttee siècle, par Nicolas Teicius , qui succéda à Vital de Castelmoron« et qui assista au cooeile de Pise en Après lui, Chatard d'Aicard fut créé prévôt, et fut enseveli dans la chapelle de Saint-Laurent. Etienne de GaiUac, docteur en décrets, viiit après lui ; il exempta les habitants du lieu d'Ëscalquens de plusieurs servitudes, et approuva les statuts de la réforme du chapitre de Saint-Etienne que 1>oniinique de Florence et révèque de Lavaur avaient dressés par oN dre de Martin V. On voyait autrefois , vi$-à«vis de la porte du cloître de Saint-^Elieuiie, le tombeau d Etienne de Gaillac qu'il avait lait Gonstroire de son vivant. Bernard du ^ Rozier, chancelier de lËglise de Toulouse, professeur en Tan et Fautre droit, ftit élu pour Ini succéder pendant qu'il remplissait à liume les ioDclions de référendaire auprès d*Eugène IV. Il était né au Mas-Saintes-Poelles dans le Lauraguais. Dans sa jeunesse, il prit rang parmi les cha- ' noines de Saint-Etienne, et enseigna pendant vingt ans le droit civil et canonique dans ruaiversité de Toulouse. A . Rome, il fit admirer sa rare éloquence. Il fiit d'abord promu aux évôchés de Bazas et de Montauban, et bientôt après à Tarchevéché de loulou^, comme nous le verrons plus bas.

L'abbaye de Saint-Saturnin fut encore gouvernée, dans les premières années de ce siècle, par Aymeric Noël, qui devint évéque de C!ondom. Bernard d*Aurival lui succéda; et à celui-ci Foulques de la Rouère. Ce dernier fut créé conseiller clerc au parlement de Toulouse. Nommé conservateur des privilèges des dominicaios, il défendit aux ofii- ' ciaux de la province de Bourges d*exercer sur eux aucone

496 * Tiuirâ UMiM&uiàiAEs.

juridiclioo. Il pre:>idd au.v obsèques d'Aynard de Blelerens, premier présideni du parlemeot. Il était né à Saiol^iéoAard dans le Limousin. - .

Le prieuré de la Daurade nous offre, dans la période que nous venons de parcouru , des faits dignes d'intérêt. Pendant que Raymond de Vayrac était encore prieur, iean de Capdenier, seigneur illustre, institua les moines de cette maison ses légataires universels. Raymond fut élu abbé de Moissac ; après lui, Jean de Maussio et Gui de Vayrac parent du précédent gouvernèrent le monastère. Leiui-ci fut aussi élu abbé de Moissac. Raymond d*Arentes remplit la place de prieur après Gui; il était bâtard , et professait le droit canonique à Toulouse. Le comte d* Armagnac, dont il était conseiller, avait puissamment contribué à lui faire obtenir cette place. Pierre de Rocaseil, prieur claustral, fat envoyé au concile de Constance, et son monastère s agraDdii par les libéralités de Marguerite de Tarride, qui lui céda une vaste maison.

Raymond d Arentes s'efforça de secouer le joug de Tab-

baye de Moissac ; mais son monastère devint la proie des flammes en 1429. Les religieux alors existants s^engagèrent à reconstruire la maison à leurs dépens ou à ceux de leurs Camilles, à la conditioi) qu'ils demeureraient toujours daos le prieuré. Cette condition fut acceptée par Tabbé de Moissac» ex devint la source de la destruction de la discipline claustrale et d*one infinité de désordres dont on eut beaucoup de peine à arrêter le cours. Le nombre des religieux fût réduit à quinze par Raymond, dans l'intention de s'approprier les revenus des divers olûces. 11 ne put cependant réaliser ces projets sur ce point , les moines en ayant ap-

' TEMPS INTEa:ai^;l41EES. . .

pelé AU Lctidinal de Foix. Raymond fut pourvu du prieuic d6 Saiot-Orens d'Aoch par Ëugène IV. A peine cette pro** motion fut-elle connue de Tabbé de Moissac, qu il se hâta de nommer prieur de U Daurade Amalric dè Senerges, bomme également distingué par rhonnêtelé de ses mœurs, la noblesse de sa, naissance et sa piété.

L'abbaye du Mas-Ganiier'fuI gouvernée par Pierre, Gi- rard, Peiadon (qiii aliéna le ramier de la Garonne pour fournir àu yestiûre de ses religieux), par Raymond d'Avi^ dat et Jean du Faigar ; -~ celle des cliaoumesses de Saint- Satornin ne nous offre que le nom de deuxabbesses, Aude d'Izalguier et Françoise Pilote: — celle de Saint-Panlaléon, le nom de GaiUarde de Braderie, de Bertrande SilTà et d'Aliernorde de Baroque. Le monastère d'Eaunès ne compte que deux abbés : Guillaume Durandi et Jean de Taiilepëde ; Grand-Selve deux encore : Jean Azêmar, qui fut destitué par les abbés de Maurimont et de Cadouin à cause de sa mauvaise administration, et Gilles de Morban.

L'abbaye de TOraison-Dieu, qui avait été complètement détruite dans les guerres des albigeois , et dont la mense fut unie à celle d'£aunes en 1344, reprit peu après son ancienne splendeur; elle ftit monstniite, an* quinzième siècle, à Muret, et reçut alors dans son sein des vierges de la plus .haute noblesse. Jéanne Desjardins, Marguerite •de Bonneioi et Gratienne de Ritouret la gouvernèrent jusqu*à la moitié du quinzième siècle.; depuis cette époque, on ne retrouve plus la série de ses abbesses qu*au dix-sep: . tième.

Marguerite de Levis , qui gouvernait l'abbaye de Salen-

ques, jeta un grand éclat sur cette maison. Ses brillantes

498 TIVPS INTIBMâDlàlBU.

qualités et son influeace y conduisireot des liiies de la plus haute distinction, panoû lesquelles noùs remarquons Eglanline et Mirade de Foix, ainsi que Marthe de,Pardeiihao. — La Gapelle eut pour abbés Bernard de Porta, Etienne de Lachao et Raymond de Descut; la.maisoa des ciaiisses à Toulouse fut gouTernée par Françoise Delpont, Messende de Morlau, et Kihjarde de Tourneur.

Nous avons laissé, au eommencement de ce siècle, Guillaume du Puy sur le siège de Rieux ; il fut iJioiiiu à l'évêché de Mirepoix, et eut pour successeur Pierre de Levis chanoine d'Agen. A ce dernier succéda Vital du Lion, prieur de Saint-Capcais d'Agen, qui fut évincé de son évèché de Rieux par Gaucelin du Bousquet. Ce dernier était docteur en droit à Toulouse , juge à la chambre des appels civils et de la sénéchaussée. H fit présent k son éj^lise d'un magoihque cahce sur lequel il lit graver son nom. Hugues de Raffignac fut promu à l*évécbé de Rieux après la mort ' de Gaucelin ; il unit les prieurés d Uursas et de Mootdavexan à son chapitre ; il consacra son église cathédrale, et y fonda plusieurs obits. 11 se démit, de sou évécbé pour se retirer à Sariat, où il mourut encodeur ^e sainteté. Son corps fut transporté à Rieux, et iniiumé derrière lautel de la chapelle de saint Sixte dans la cathédrale. *

Jean de Requainiund, Jean de Proguan, un autre Jean, de Pequaimond, et Sanche de Lagoussan, gouvernèrent Isuccessivement Tabbaye de Feuillaids; Jecui, deuxième du . liom, et Antoine de Solère celle de Galers; Arnaud lil, Elie de Foix et Raymond celle de Bolbonne.

Nous trouvons encore Manaud de Barbazan sur le siège de Comminges, au commencement du quinzième siècle. Il

TEXrS IKTERMÉDUtRKS. 499

eut pour successeur Geraud d'Aure, dont l'élection ne fut pas confirmée par le pape, comme ayant été faite par le chapitre contre sa yolonté.^Pierre de Foix lui succéda. Nous avons déjà parlé de ce grand homme, qui fat transféré à i église d'Arles. Après lui, Gnmoald et Raymond d'Espagne occupèrent le siège de Saint-Bertrand. — L'abbaye de BonnelQHt ne nous oûre que deux abbés dans cette période : Jean et Vidian ; celle de Nizors, deux autres : Bertrand et de Jannac ; et celle de la Lumière-Dieu, deux.abbesses : Raymonde et Jeanne de Billy.

Pierre du Moulin présida les états du Languedoc à Toulouse, an mois dë février 1451. 11 fut. bientôt après atteint de la peste qui ravageait la province, et mourut au château de Balma le 3 octobre. Son corps fut inhumé dans le chœur de sa cathédrale, avec une épitaphe. Avant sa mort» il fit construire le grand portail d'entrée de Téglise Saint- Etienne, soit k ses frais, soit avec les sommes qui avaient été léguées par Denis son frère. Les statues de ces deux prélats se voyaient autrefois sur ce portail, placées dans des xiiches et. couvertes d'un ^s. U restaura le palais épiscopal , et construisit de vastes bâtiments au château de Ver- . feil. Pierre du Moulin gouverna 1 église de Toulouse pendant douze années. Son successeur fut Bernard An Rozier, dont nous avons déjà parlé.

. LIVKE xxxir,

DEPUIS .L EPISCOPAT DE BERNABD DU ROZIER, EN 145^,' JUSQU A CELUI* DE JEAN D*OftLéANS, EN 1S02.

Cliai les VU, après avoir chassé les Anglais de la Normandie, résolut de les expulser aussi de laGuienne. Cette expédition, îi laquelle prirent part le sieur de Panassac sénéchal de Toulouse et le comte d*Annagnac, mit toute cétte province sous le domaniB du roi. Borde^iux i'iil pris en 14j2, et les Anglais se virent forcés de quitter le royaume.

L'élection de Bernard du Rozier , l'un des plus illustres prélats qui aient occupé le siège de Toulouse, fut approu- ^ vée par Nicolas V, qui le nomma conservateur des privîM* ges de Tordre de saint Dominique. Son premier soin fut de répandre dans sa ville épiscopalè la confrérie de rimmaeulée Conception érigée dans Tégiise de la Daurade, et d'en approuver lès anciens statuts auxquels il avait fiût de nom* breux changements (1). Déssireux de rappeler son clergé k Fobservatiou de la discipline ecclésiastique, il convoqua a Pâques son premier synode diocésain. Les règlements qu'il y dressa fonnent^ixante-dix titres, sur la foi, radministrar

(4) Il pul>lia a cet elTot une onlonuauce qui a elé imprimée en 1684, €l que nous poj>sedons.

tioA des sacrements, ies sépultures, rexcommuoication, la

vie des clercs, les usuriers, les sorciers et les devins, el sur plusieurs autres oiatières. Ces statuts synodaux sont venus jusqu*à nous, et on ne peut assez en admirer la sagesse (i).

Cest à Tannée i4$4 que se termine la grande chronifiue de Guillaume Bardin, iiis de Pierre Bardin dont nous avons déjà parlé. A Tépoque de Vin^lation définitive du parlement de Toulouse, il fut nommé conseiller clerc à ce parlemeot. D était prêtre,, ainsi qu'il l'affirme loi^-méme dans sa chronique qui commence à 1 année 1031 et Unit à Tépoqne que nous parcourons. On lui reprocbe d'avoir insàré des faits complètement erronés et qu'il n'aurait recueillis qnè sor des tradition^ incertaines; il mérite cependant pins de coniiance pour les faits qui lui sont contemporains. On a cm que cette chronique n*appa)rtenait pas à Guillaume Bardin, et on a supposé qu elle avait été composée sous son nom beaucoup plus tard« Nous la croyons authentique,, tout en reconnaissant qu i! ae faut admettre bien des assertions que sotts toutes réserves.

Toulouse vit alors paraître son premier historien dans la personne de Frère Ëtieone de Ganuo» religieux (ranciscain du couvent de cette ville. 11 était né à Lavaur d'une famille distinguée, et montra de bonne heure beaucoup de goût pour les* recherches historiques. A la prière de Bernard du BoBier, il composa ses Annaks sur Xaulouso» dans lesqueUes . il prétend déterminer d*une manière précise l'époque de la

;<} Ce3 sUtuU cni axe imprimés eu 1669.

TnfK imniDuiHiis. S03

fondation de Toulouse sous les Juges d*IdraëL Une critique

plus bùre et plus éclairée a fail bonne justice des âssertious du bon franciscain qui ajoutait foi à toutes les fsbles populaires et leur donnait asile dans ses écrits. 11 dédia son livre à Pierre cardinal de Foix,. alors archevêque d'Ârlee. ,Ce livre a été imprimé sous le règne de Louis XI.

L'église de Notre-Daoïe de la Dalbade fut terminée en 1455 ; elle avait été cuiamencée sur l'emplacement de Tancienne église; Le l"" novembre de cette année, Bernard du Rozier la consacra solennellement. Ce monumeiiL appartient au style goUiique de cette époque ; toais on avait banni toute les ornementations dont le moyen-àge avait snrchargé cet ordre d'architecture. La tour du clocher était surmontée d'une flèche élancée qui fut abattue & la révolutloQ française.

S'il faut ajouter foi aux archives de Tordre de saint Dominique, l'égiise du couvent djes dominicains à Toulouse et une partie des bâtiments nouvellement construits auraient été Violemment ébranles à cette époque par TeSet d un tremblement de terre, et les religieux auraient été réduits à une affreuse misère. Ces archives reproduisent une bulle

de Nicolas V qui autorise les dominicains à réunir toutes les

aumônes nécessaires pour arrêter la. ruine de leur maison.' Quant aux privations que ce monastère fut obligé de 6 imposer, on en découvre facilement la cause dans l'affreuse stérilité qui désola la province en 1459. Pour ce quï est du tremblement de terre, nous n'avons trouvé aucunetrace de son existence dans nos annales. Cet ordre venait de recevoir un nouvel éclat de la canonisation de Vincent Ferrier ; c est ce qui porta -plusieurs nc^les et bourgeois

Di

504 vMfs itmiMiotAniis.

de Toulouse. à soàticiter TérectioD d^aoe coDfMrie en son

honneur, laquelle fut établie dans une splendide chapelle dédiée aus Rois Mages dans le cloUre des Jacobins, el qui

existe encore.

Déjà le parlement de Toolonse se mettait en opposition

avec le siège apostolique, puisqu'en ii60BeiiiaMl du ÏU)zm se vit forcé par un arrêt de cette cour de révoquer certains aetes qu^il avait produits en verta de plnsieur»-

lettres du pape qui n'avaient point été sanctionnées par le partement. Lorsqu on apprit à Toolonse la mort de Char>< les Vil^ qui avait succombé le 22 juillet 1461, de magniû- (lues obsèques fbrent câébrées dans cette ville en son hon-^ neur. Le dauphin son Uis, qui prit le nom de Louis XI, loi soccéda. Ce prince révoqua plusieurs officiers do Languedoc, entr autres Pierre Vaiuiier^ président au [îtirlement de Toulouse, et Pierre de Ligonne, procureor^général : ie sénéchal Galaubier de Panassac fut remplacé par Hugues Maueip seigneur de Boumazel* Le nouveau roi pourvut aux* places vacantes des conseiilcl^ clercs du parlement, entr autres à celles de Jean Gentian et de Barthélémy d'Ârtigueloupe, qui venaient d*étre nommés évéqnes de Lavaur et de Pamiers. Dans le mois d'octobre, il approuva les privilèges, immunités, us et coutumes de Toulouse.

Louis XI s'empressa de récompenser ceux qui avaient servi sa cause pendant quil était dauphin : ainsi, au-moi^ d'avril 1462, il céda ie comté de Comminges à Jean bâtard d*Armagnac, et rétablit Jean V comte d*Armagnac dans, ses domames, dont il avait été dépouillé sous Charles Vli. Ayant donné rmidez-vous à Tours à Gaston IV comte de- Foij, il convint du mariage du fils de ce seigneur avec

TIMM imMÉOUiBBft 5Û&

Madeleioe, sœur du roi. Geluirci se rendit à Bardeaux pour

la célébration du mariage. Gasli^n de Foix déploya pour cette ccrémoDie une grande magoifiGence. Jean ccwite de Coiiimiuge^, manichal de France, recul de la générosité du roi la sdgneurie ét la ville de Saint-Béat.

De Bordeaux, où il avait institué un nouveau parleuieiit, Louis XI s^avança jusqu'à Bayonne danss^ le dessein de sV boucher avec les rois de Castille et d'Aragon ; il prit ensuite la route de, Toulouse, et se trouvait à Muret sur. Garonne le^ mai 1463. Deux jours après, il fit son entrée solennelle. à Toulouse. On alla Tattendre au château de . Braqueville ; Etienne de Rouaîx portait Tétendard de la ville, et était suivi des ca[Mtouls et dune fouie de peuple. A la porte de Muret, on avait préparé une table sur laquelle étaient placés une croix, un missel et le canon de la messe. Les capitouls ayant prié le roi de Mre serment de conserver les privilèges de la ville, le prince se découvrit, ôta ses gants, et fit le serment.d'usage. Les capitouls lui présentèrent alors les ciels de la ville, qu'il rendit avec ces mots : NiMis les tmimandons à garder . Le cortège se mit alors en marche. Le roi marchait sous un dais magnifique ; il était accompagné de Charles duo de Berri son frère, du comte de Perche, de Jean de - Foix prince de Navarre, de Jean d'Armagqac comte de Comminges, de Tri6ta&-l*Ermite', et de plusieurs antres seigneurs.

Louis XI trouva les habitants de Toulouse dans la déso- . lation : un affireux incendie Tenait de consumer les trois quarts de cette ville. Le feu ayant pris, le 7 mai, k la maison d*on boulanger près de la place des carmes, un vent du Midi tiès-violenl lavorisi le développement de cet in-

506 TU» iNTinitoiiittB.

cendie qui dora dome joars. Sept mille soixanle-qoatre -

maisons toutes bâties eu lx>is iureut consumées aiusi que le couTenl des Âugostins, et il périt on grand nombre d*habiiaiits. Touclié de ses malheurs, le roi accorda à la ville ane exemption des tailles pendant cent ans.

Le peuple, qui est souveul aveugle ilaus son désespoir, attribua cet incendie aux Catalans qni se tronvai^t alors en assez gPeand nombre à Toulouse, prétendant que ces étrangers avaient voalu se venger de ce que le roi s'était ' ligué contre eux avec le roi d*Aragon. Pour apaiser la foreur populaire, le juge d'appaux lit jeter les Catalans en prison. Cependant on ne tarda pas à découvrir la cause de rincendie, qui n'était autre que f imprudence da boulanger et de sa femme. Oeux-ci ayant été condamnés à mort, leur exécution allait avoir lieu sur la place du Salin .lorsque le roi, qui logeait à la Trésorerie, venant à passer, leur fit grâce : ce qui n empêcha pas ces iniortunés de mourir plus tard de frayeur. Louis XI asâsta à la procession générale de la Fête-Dieu, le 10 juin, et se tint sous le dais derrière le célébrant. Le comte de Foix parat aussi à cette cérémonie, portant un habit de velours cramoisi et effaçant tous les seigneurs par sa magnificence. Le roi pa^ tit de Toulouse vers la mi-juillet 1463 et prit la* route de Touraine.

Peu de temps après le dépari du monarque, le prieur de la Daurade céda aux religieuses de SainteOiaire Tabbaye

de Saint-(]yprien occupée par les dames bénédictines. Cellesci s'étaient retirées depuis très longtemps au couvent de Samt-Rome, ayant à leur tête Adalaïs de Rivais. Les clansses, qu'on appelait les religieuses de la Porte parce que

TSMP5 imUIÉIIUlMS. . '507

le monastère se trouvait situé près de la porte de ia ville,

ooiitiDuèroiit d habiter cette niaiion jusqu k la Uévuiuliuu

fraoçaîse, y menant une vie très-pauvre et regardées comme

de saintes filles. Celles qui survécurent a la révolution organisèrent de nouveau ieJr communauté rue Veiane, sous la direction do Père Gaillard, religieux franciscain. L'ancien « monastère des pauvres clarisses, dont Féglise existe encore, forme aujourd'hui une dépendance de l'hospice S'-Joseph 4le la Grave.

L*aDuée 1464 vit mourir à Avignon le cardinal de Poix dit le Vieux, à Tâge de soixante-dix-huit ans. Nous avons déjà parlé de ses. riches fondations à Toulouse. 11 avait dressé, pour le collège qu ii avait établi sous sou nom, dee statuts qui furent confirmés par Tristan évéque d'Aire et Garciâc évéque d'Oleron. Ce collège produisit des hommes illustres, tels que le cardinal d'Ossat, Pierre de Marca ar-* chevêque de Toulouse, et Bosquet évéque de Montpéllier. La bibliothèque, riche en précieux manuscrits, avait appartenu à Benoit XllI. Malheureusement pour la viiie de Toulouse, ces nlanuscrits furent dispersés et en partie achetés

par Collier L pour la bibliothèque du roi.

Gabriel Galaubiac de Panassac, antien sénéchal de Toulouse, mourut aussi en 1464. 11 légua par son testament cent livres tournois de rente au couvent des frères pré^ cheurs de Toulouse, à condition qu'on y chanterait tous les jours une messe pour le repos de son àme et pour sa bmtDe, dans la chapelle dédiée \ saint Gabriel. Selon son désir, son nom et ses armes furent gravés sur les murs de cette chapelle, avec l'inscription suivante, que nous^ transcrivons ici pour donner une idée de iaiangue vulgaire

o08 TIMW UfTVailâDiAlllSv

qui était alors pariée k Toulouse : lui e& ia capeUa de Moussur Gabrid de Panassac, camUU segnêu de Panamc ef chamMUm 4^1 rey tiostre segnou. Ce riche et puissaul seigneur se montra aussi très généreux k Fégard.des ermites

augustiiis..

> Les états do Languedoc, qui s*assemblaient' de temps à

autre à Toulouse, à Be^ers et à Montpellier, portereal . leurs doléances an roi sur ce que le parlement tenait ses séances à Touluusu beulement, tandis que, d'après les conventions établies, il devait être déambulaiùire, et être tenu pendaiii un certain temps dans ciiacune des trois sénéchaussées ; c*est ce qui détermina Louis XI à accorder aux habitants de MonlpoUicr la translatiuu de ce paileracnt en . cette Tille par des lettres du 14 mai 1467. La cour des aides, qui se trouvait alors entièrement séparée du parle* ment, y fut aussi transportée.

De nouveaux troubles étaient sur le point d*éclater dans le royaume, car le duc de Normandie frère du roi s était retiré très mécontent auprès du duc de Bretagne, et on disait que ce dernier et le duc de Bourgogne se proposaient d'appeler les Anglais en France. A cette nouvelle, le roi convoqua toute la noblesse et les milices du royaume par des commissaires spéciaux. Le sire de Fontahilles fut particulièrement chargé du Languedoc. Le sénéchal de Toulouse ayant convoqué^ d'après les ordres reçus, la noblesse de cette ville pour le 4 décembre, les rnihce^ qui furent levées eurent pour d^tination de se rendre auprès du comte (le Caudale, vice-roi du Uoussillon. Les Toulousains ue voyaient qu avec peine la translation de leur parlementa Montpellier ; ce^fut donc pour les calmer qiie Louis XI, qui

fBXn MTIftHtoUlRIi. 809

aimait beaucoup Toulouse et qui se montra constamment

bienveillant à son égard, rétablit d'abord rofûce de jugemage. 11 donna cet emploi à un médecin de Tonlouse, Guillaume Bruni, qui était le médecin particulier du roi. . Bruni sut profiter de la faveur du prince, et obtint le rétablissement à Toulouse du parlement et de la cour des aides.

Cédant au sentiment d'une noire ingratitude, le comte d'Armagnac favorisa secrètement le parti des ducs de Bretagne et de Bourgogne, et fit quelques mou?ements dans la province : ce qui engagea le roi k donner le commandement du Languedoc à Antoine de Cbabanes comte de Dammartin, à qui il fiit ordonné de se rendre à Toulouse et de recbercber avec soin ceux qui avaient embrassé la cause des princes. L*évéque de Castres, frère du duc de Nemours, était accusé d avoir employé le temps de ses éludes à Toulouse à ménager la reddition de cette ville aux Anglais. Daramartin exécuta les ordres du roi, et au mois de mai 1469 il mit tous les domaines du comte d*Armagnac sous la main du prince. Le cou i le sortit du royaume, et n opposa ainsi aucune résistance à rexpéàitiôn de Dammartin ; mais il rentra bientôt après, et se retira à la cour de Charles duc de Guienne, qui le rétablit dans la possession de ses domaines. Il faut observer que Louis Xî, dans Fintenlion de détacber son frère Cbarles du parti des princes révoltés, lui avait donné le duché de Guienne. Le roi , irrité de sa conduite, enyoya contre ces seigneurs Gaston du Lion, sénéchal de Toulouse, qui alla assiéger le comte d'Armagnac dans Lectoure. Sur ces entrefaites, Cbaries duc de Guienne étant mort, cette province fut réunie à la couronne. Mal- * gré sa vive résistance, d'Armagnac fut vaincu à Lectoure,

510 Tun wmiiloiiiMS.

et se trouva eftveloppé dans le massacre qu y firent les

troupes du roi, le b mars 1472.

. Jeanne de Foii femme de Jean V d'Armagnac, après avoir été dépouillée do tous ses joyau>L et de tous ses titres, fut conduite au château de Bozet dans le Toulousain par Gaston du Lion. Les traditions du pays affirment qu on renferma dans les souterrains du château, et on montre encore aujo\ird'hoi les rester de cette prison ténébreuse. L'histoire de sa grossesse,, de son avortement, et de sa mort peu de mois après la perte qu*eUe fit de son époux, est évidemment controuvée puisqu ii est certain que Jeanne vivait encore en 1476, car ette présenta une requête au * parlement de Toulouse afin de rentrer dans les domaines dn comte ; Louis XI lui donna même une pension de six mille livres. Il est probable qu'elle nuiurut de chagrin au château de Buzet, mais nullement des suites de quelque crime commis sur sa personne.

. Pendant que la comtesse Jeanne de Foix languissait au château de Buzet, Bernard du Rozier donna au pape Sixte IV sa démission de Tarchevéché de Toulouse en faveur de Pierre du Lion, ll fiit porté à cette cession par Pierre du Rozier, son neveu. 11 avait gouverné TEglise de Toulouse pendant vingt-quatre ans environ. Toujours généreux envers son éghse métropolitaine, il Tenrichit d un orgue magnifique placé à Ventrée du chœur, au-dessus d*un autel dédié au Corpus Chmti. Âprès avoir fait construire des stalles pour te haut et le bas choeur, il donna plusieurs insignes reliquaires, des croix incrustées de pierres précteuses, et jeta les fondements de la chapelle des firassiers (aujourd hui des Morts), où il institua une célèbre confré-

rie. VûulaiU doter la basilique de Saiat-Seroia des marques de sa munificence, il donna les sommes nécessaires [>our établir la grande verrière qui éclaire la graiitlc; nef de cette ^$e. Auteur fécond et presque inépuisable, il composa plusieurs ouvrages en l'honneur de la mère de Dieu, de saint Etienne et de plusieurs saints, des commentaires sur les livres sacrés, des sermons, des explications sur le droit canonique, des écrits sur Tautorité du pape et des éTéques, des histoires, et des traités sur la physique: Son chel-d œuvre est le livre renliermant les actes de la légation du cardinal de Foix en Espagne. La bibliothèque des domioicaiûs à Toulouse possédait son Traité sur le Pouvoir spirituel, et celle de Paris son Traité sur la Liberté de r£glise. 11 ne faut pas s étonner, après cela, que les écrivains de son temps raient appelé un prodige de science, et aient avancé que rien de ce que 1 homme peut savoir ne lui était étranger.

La piété de Bernard du Rozier égala .^a science. Plein dune sainte et infatigable ardeur pour le bien de son clergé^ il tint des synodes et dressa des statuts, prit le plus grand soin d étendre le culte de la. Sainte- Vierge, et fonda quatre obits dans son église métropolitame. Nous {façons sa mort au 18 mars de Tannée 1475. 11 fut inhumé dans le sanctuaire du chœur de la métropole, du côté de Tépître; Plusieurs miracles s opérèrent a son tombeau. (Quoique Pierre du Lion eut été nommé drcherôque de Toulouse du rivant de Bernard du Ruzier, il ne prit cependant possession de son siège qu'après la mort de son prédécesseur. Il parait que rarchevéché demeura quelque tenii)^ vacant : c'est ce qui résulte dnn testament de Matthieu dËspagne fait à

m s TBNPt INTIlMtoUiatS.

Auragae daas le Toulouâaiû, aa mois d octobre 1475. Pierre était Béarnais d'origine et frère do sénéchal de Toalonse. Il avait été abbé cominaDdataire de Sorèze. Le parlement' était rentré à Toulouse au commencement

de cette année ; la peste qui avait désolé cette ville lavait forcé de se retirer successivement à Âlbi, à Réalmont , h Gaillac et à Revei. * La mort du duc de Bourgogne, arrivée le 5 janvier 1477,

vint délivrer le roi d un redoul^ible ennemi. Louis s empressa aussitôt de convoquer la noblesse de . la province pour iaire la conquête des états de ce prince. Gaston du Lion, sénécbal de Toulouse, qui servait alors sur les frontières de l iaiidi es, écrivit aii v pi incipaux officiers de la sénéchaussée pour que Ton fit partir de cette ville les milices ainsi que six ménages de gens de métier et deux de gros marchands que Toulouse restaiv à fournir. La peste continuait toujours ses ravages, et nous voyons encore le parlement obligé de tuir en 1481 à Saint-Félii de Caraman, • de là au Bourg-Saint-Bemard, et ensuite à La Saivetat- Saint-Giiies, d où il rentra a Toulouse le 12 novembre.

Pierre du Lion sut s'entourer dans Tadministration de son diocèse d'huniiiies très capables, parmi lesquels ou distingue Matthieu de Ponet, son vicaire-général, et Etienne d*Âu* frery. Le premier, très versé dans la connaissance du droit canonique, publia en 1481, au nom du prélat, une célèbre orduiiiiaiice (que nous avons encore) en faveur des églises paroissiales. Un abus s'était introduit au préjudice des recteurs et vicaires. Il existait alors dans diverses églises des Tables ou sociétés destinées à recevoir les offrandes pour être appliquée$ au soulagement des âmes des trépassés. ,

t T&MPS INTKIUIÉDI AIRES. i}\'J^

Certains uicuibios ue rendaient plus aucun cumple ; quel-

• qaes prêtres même, s*étaiit fait nommer par des laïques aux fonctions de directeurs de ces Tables, attiraient ainsi à lear profit toutes tes ofi^des. L'arcbevéque ordonna qu*à l'avenir aucun ecclésiastique neùt la témérité d'accepter dans r£glise une place qoelconqae par nomination laïque ; bien plus, il défendit expressément d'engager les fidèles li laisser par testament des legs pieuik à ces Tables au préju^ dice des églisès paroissiales.

PieiTe du Lion attribue lerection de ces Eglises au pape saint Denis qui vivait au troisième siècle, et déclare que tous oeujk qui, sous l'apparence du bien, — sub quddam speùie boni — chercheront à rompre Funité de ces Eglises, seront semblables à ceux qui déchirèrent la robe sans cou* ture du Sauveur;, ou aux Israélites qui sacrifièrent sur la montagne d*Oreb. Nous apprenons de cette ordonnance qu*on offrait pour les âmes du purgatoire du pain, du vin, des œufs, des pigeons, et des poules ; que ceux qui vou-

• laient frustrer le recteur de ces offrandes allaient attendre les fidèles, et surtout les femmes, k la porte de l'église ou* sur le chemin pour détourner ainsi les oblattons faites à la paroisse ; que des prêtres ne rougissaient pas de faire un honteux trafic en se rendant dans les cimetières et répandant des bénédictions sur la tombe des morts. Rien n'égale la sainte indignation de cet archevêque contre ceux qui portent préjudice aux recteurs : t Ceux-ci, dit-il , ont planté la vigne, et des prêtres étrangers {peregiini sacerdotes ) viennent en prendre les. fruits. • Cette ordonnance est imimprimée dans la collection de messire de Peyronnel, curé du Taur, L ii, 1.

. Etienne d*Aufi éry lui élevé à la digoité d'oflicial du dioeèse de Toulouse par Pierre du £ion. Cétaît un célèbre * jurisconsulle ûé dans cette ville, où il avait proiéssé le droit dès râge de vingt ans. n fut créé plus tard président aux enquêtes. Oo a de d Aulréry^ua ouvrage devenu cdèbre sous le litre de Dedsioim CajMœ tokmnœ, qn*il composa étant ûlUoial. Il importe d'observer que cet auteur n'a fait, dans cet écrit , que commenter les décisions de Corserios dont nous avons parlé plus haut. A la vérité, le travail de d'Aufréry est plus étendu que le texte primitif. L^oumge de lofticial fut imprimé pour la première fois à Lyon, en 1538, chez Vincent de Portanier, et plus .tard en 1617 dans la môme ville. Nous ne donnerons pas ici l'analyse de cet ouvrage, qui n'oUre aujourd'hui presque aucun intérêt. On a encore de cet auteur quelques autres écrits qui ont tous pour objet le droii civil et canonique.

On attribue à Louis XI la fondation à Tootoiise des religieux.,de la petite observance, au- faubourg Saint-Michel. l\ fit construire à ses frais Féglise qui existe encore et les anlûens bâtiments. Sixte IV confirma cette fondaliuii royale. Au commencement du^siècle suivant, M. de Buisson enri* chit ce monastère de plusieurs meubles et vases précieux aîâsi que d*une belle bibliothèque. Çest en ce lieu qa'il choisit sa sépulture.' Au dix-septième siècle;, ceUo maison fut cédée aux récoUets,' qui recoupèrent Jusqu'à la révolution française. Elle a été, de nos jours, cédée aux missionnaiies du diocèse. Le roi ne survécut pas longtemps à cotte fondation ; il mourut à Tours le 50 août 1485, pen regretté de ses sujets et laissant la couronne au dauphin son ûls, qui prit le' nom Je Charles VIII. Après avoir été reconnu

TBMPS INTBRSftOlAlftBS. ^1^

comme souverain aux états de Tours, ce prince contirma dans leurs charges, le 12 septembre, tous les ofTiciers du parlement de Toulouse. Plus tard, il en augmenta le nombre . de quatre conseillers clercs et d*aulant de laïques. Celte augmentation servit à turmer dans le |)arlement la chambre de la TodmelljB. n confirma aussi tous tes privilèges et coutumes de la ville de Toulouse.

Le plan que* nous avons adopté dans la composition de celte histoire ne nous permet pas de parler ici des assemblées des états du Languedoc, des doléances que présenta aux rois de Fi aiice cette province, et des c(»ncessions de l^autorité royale. Quelques faits cependant méritent d'être ici rapportés ; ainsi, au mois de janvier 1484, Charles Mil érigea en comté, en faveur de son cousin Jean de Foix, la vicomlé de Caraman et les trois baronies de' Saint-Félix, d Auriac et de Bauville, sous la.redevance d'une paire d éperons d*or à chaque mutation de seigneur. Celui-ci, qui descendait de Pierre d'£use frère de Jean XXIl, avait pris le nom de Pbli parce qu'il était fils disabeau de Foix, et aussi parce qu'il avait épousé Jeanne de Foix fille de MalAjf tbleii de Foix comte de Comminges ef de Catherine de Coaraze.

La sénéchaussée de Toulouse devint à cette époque le

théâtre d une guerre assez vive entre iMadeleine de France d*un côté et le vicomte de Narhonne de Tautre. On a vu plus haut que Madeleine, sœur de Louis XI, avait épousé Gaston prince de Viane, ûls de Gaston IV de Foix. Elle eut de ce mariage François-Phébus, qui devint roî de Navarre par Ëléonore son ^eule. Phébus mourut sans enfants, et laissa héritière Catherine sa sœdr» D*un autre côté, Jean

i>16 TKMPS INTEKMKDIàiaf».

fie Foix vicomte de Naibuijuc et second fils dâ Gaston IV disputa cet héritage à sa nièce ; de là,- guerre, attaques et défenses réciproques. Charles VIÏI, désiraiU dotuiei m appui à Catherine^ lui fit. épouser, en janvier 1484, Jean fils d'Alain sire d'Albret. Dans le dessein de soutenir les droits de sa iille Catherine, la princesse de Viane remplit le omié de Poix de ses troupes et mit h leur tête un capitaine nommé Robert le Diable, qui y e&erça beaucoup de, ravages. Le vicomte de Narbonne s'avança alors a la tète de cinq mille hommes d arme^ dans le Lauraguais, campa à Saint-^ Félix de Caraman dans le dessein d*aller attaquer Auterive qui appartenait à la princesse de Viane et au roi. 11 réussit à s*en emparer. Llntervention du monarque dans ce différend ût suspendre les hubiililés et opéra la remise de quelques places dont le vicomte de Narbonne s*était emparé ; mais celle guerre dura quelque temps eucure, et ne fut terminée qu'en 1497 par le traité de Tarbes.

Nous avons déjà vu qu après le vaste incendie qui détruisit la plus grande partie de la ville de Toulouse, le roi ^nis XI Favait exemptée des' tailles pendant cent ans. Les états de la proviuee qui se tinrent au Puy en 1485 firent au roi des réclamations à ce sujet, prétendant que la position de Toulouse ayant changé, il était juste qu'elle sup- Iportât sa quote-part des impositions. Le roi parut avoir égard k ces, réclamations, et déclaia qu§ Toulouse payerait sa portion sur les subsides. On conçoit que les habitants cherchèrent li s'en défendre. Us y réussirent en eÇet, car Charles VUl confirma le don des tailles accordé par son père. Du reste, la peste qui édata k Toulouse dans Télé de ' 1485 justifia la concession du prince. A cette occasion, le

• TEMPS IMTBKMÉDUl&Efl. ^ 517

parlemeot sé transféra à Lavaur le 22 juillet et y séjourna josqo^au mois de septembre.

La terrible îDqaisitîQn d'Espagne poursuivit à Toulouse,

en 1487, ceux qui avaient fui ses sentences. Il y avait alors àSKùs celte ville lean de Pedro Sanchez, qui avait été brûlé en effigie daiis Sel patrie. Il était venu demander un asile aux Touloasains. Malheareusement pour loi, Antoine d'Augustin, gentilhomme de Saragosse, faisait alors ses études à Toulouse avec quelques autres Espagnols. Animés d'un zèle peu éclairé, il§ demandèrent que Pedro fût arrêté : ce qu'on eiLécuta. Aussitôt Antoine écrivit à Pierre d^Augustin, sdn frère, pour qu'il prévînt les inquisiteurs de Saragosse de ce qui venait de se passer. Pieire d Augustin communiqua cette aftailre au frère du fugitif, et il fut décidé qu*on écrirait k Toulouse pour engager Antoine à retirer sa plainte et à consentir que Pedro fût remis en liberté. Ce conseil fut suivi. Par une imprudence impardonnable, Pierre d'Augustin avertit les inquisiteurs de Saragosse, qui demandèrent à ToLdùuse Textiadition de Pedro. On répondit de cette ville que ce fugitif avait été mis en liberté, et qu'oti n'avait pins de ses nouvelles. Pierre d'Augustin et les amis qu'il avait initiés dans celte affaire furent alors condamnés Il subir à Saragosse une pénitence publique.

Gaspard de Santa-Crui, frappé aussi par iinquisilion d*Espagne, avait encore pris la fuite et s*étatt réfugié k Toulouse, où il mourut, après avoir été brûle en efUgie à Saragosse. Un de ses fils, accusé d'avoir &voi1sé Tévasion ' de son père, fut arrêté par les inquisiteurs et condamné à subir un auto-da-fé public. On lui remit ensuite une copie du jugement rendu conlie son père, et on lui ordonna de

54 s rurs imixâDiAiEBs.

se rendre à Toulouse pour présenter cette pièce aux domi*

iiicains. Celle pièce portait que le corps de son père seicui exhumé pour être brûlé. .Tout cela fut exécuté. Si , d*UD côté, on est étonné de la rigueur de Vtnquisilion d*£spagne, de Tautre pu doit Tétre beaucoup plus de la faiblesse d*ua fils qui ne prét&re pas la mort à Texécution d'une sembla^ ble mission, r^otie impartialité nous di)lige à dira que les faits que nous venons de rapporter sont extraits de Thistoire de riuquibiUuLX de Liorente, auteur très opposé à ce célèbre tribunal.

Au moi^ de janvier 1491, mourut à Toulouse l'archevêque Pierre du Lion, après avoir gouverné cette Ëglise pendant seize ans. Lorsque la moit le frappa, il venait de rendre justice à un prêtre du diocèse de Montauban nommé Anloiiie do Cardailluc, eu lui conférant réglisc paroissiale de iiastelmairan que lui avait refusée Jean d'Âuriole, évéquode Monlauban. Après sa mort, plusieurs chanoines de Saint- Ktieunc demaudèreat pour archevêque Pierre du Rouer^ neveu de Bernard, prévôt du chapitre et abbé de Montolieu. iï élection eut heu le 1 1 février, et le 18 d'autres chanoines élurent Hector de Bourbon. Ce dernier était fils naturel de Jean duc de Bourbou et frère de MaJllhieu de ûourbon . gouverneur mailtime d*Âquitaine et de Provence, et de' Charles de Lovcdaii d'où sont venus les seigneurs de Malause. Hector était évéque de Lavaur lorsqu'il fut nommé au siège de Touluuse par une bulle d'Innocent Vlli. Pierre du Rozîer et les chanoines qui Tavaieut élu appelèrent de l'élection d'Hector au parlemeut de Paris, el lirent confirmer celle do Du Rozier par les archevêques de Narbonne etde Bouig s, «]ui se disputèrent le. droit de confirmation.

TEMPS IXTElMÈMAlRea. v S 19

Pierre ne paraissait nullement disposé à céder à Hector :

aussi, le 22 septembre liDl, prit-il possession solennelle de l'archevèobé en s'instaliant dans la chaire épiscopale. Le pape, qui avait été instruit de ces prétentions, fit signifier au chapitre de Saint-£tienne quil entendait maintenir ïélection d*Hector de Bonfbon. En vertu d'une commission apostolique, Tabbé de Tasque, nommé à cet ellei commissaire,- fit assigner les deux parties au château de Malause, et y donna une sentence définitive en faveur d Hector. Appel fat interjeté de cette sentence au parlement de Bordeaux, qui termina lailaire contre Pierre du iiozier. Cette longue < Querelle causa beaucoup de bruit et de si»ndale dians Toulouse, chacun prenaiU pai li pour ou contre les nouveaux élus. Les choses en vinrent au point que le parlement fut . obligé (linterveuir, requérant tous genUlshommes à l'effet de garder la ville et défendant toute réunion ou assemblée. La vicloire resta k Hector de Bourbon, qui ne demeurn paisible possesseur de Tarchevéché qu'en Tannée 1500, après de longues et pénibles contestations. Du reste, pour consoler Pierre du Aozier de sa délaile, on Téleva sur io sîége de Lavaur.

Charles VUi étant mort sans eulants k Amboise le 7 avril 1498, Louis duc* d'Orléans, son plus proche héritier, lui succéda sous le nom de Louis Xll. A peine ce prince eutil pris les rênes de Tétat, que Toulouse s'empressa de lui envoyer des ambassadeurs, soit pour lui rendre lininmage, soit pour le prier de continuer à-la ville ses privilèges. Le 10 mai, le capitoul Martin d Estang porta la parole. Le roi se montra très bienveillant et *confirma les privilèges. Le parlcHKiit envoya, de son côté, des députés au roi. A leur

5S0 mits imurtDUius.

retour, ils Uûuvèrenl la ville eotière en proie à la plus L t unde désolation par suite de la disette qui, cette aonée, aCQigeait tous les habitaots. Le soin que pnieot les capitouls de chasser les monopoleurs de grains et vne sage distribuliMii de secours en prévinrent les terribles suites.

Louis XU rendit plustearis ordonnances pour le bon ordre de la justice et certaines règles à suivie dans réducaliou publique à Toulouse ; Louis d'Amboise fut noinmé coinniissaiie iu)ai puui rexécution de ses décrets. Il se rendit à Toulouse au mois d-août, et ûi enregistrer au parlement ces diverses ordonnances. Celles qui étaient relatives à rUniversité .éprouvèrent bien des diCticultés : on préiendait qu^elles étaient contraires aux privilèges de <5e corps savant. L'archevêque Hector de Bourbon et son offîcial, d'un côté, Tabbé de SainVSemin de Tautre, qui se dikpntaient le titre de cooserva^jr, ûrent opposition. Tous les religieux entrèrent dans la dispute, qui fat heureusement terminée par uu arrêt du parlement qui conservait à chacun ses droits acquis. Louis d^Âmboîse avait été aussi nommé prélat réformateur de toutes les églises et abbayes des provinces de Toulouse et de I^arbonne.

Le i*' décembre 1500, Hector de Bourbon, qui venait d étre créé chevalier et chef du conseil de Pierre de Bour - , bon, rendit une ordonnance pour confirmer les privilèges et statuts de Tancienne confrérie des Tolpsains établie dans réglise de la Daurade. Il rendit cette ordonnance en présence d'Antoine de Sabonières son oilicial, de Louis Roc son procureur fiscal , d*Etienne de Rîome recteur de Cepet, et de Jeaa Malortic recteur de Préserville.

Dans notre revue rétrospective, nous allons maintenant

TUM IMTiMliClAliBS.

noa^oecuper des al:^yes et autres établi^seuieftts religieux du diocèse de Toulouse à la fia du qumaième siècle. A Bernard du Rozier qui devint archevêque de Toulouse succéda dams la prévôté de Sakil-EtieDiie Alaio de Goëtivi, évêque de Preueste et cardinal, lequel mourut à Rome eu 1474. Après lui, iean Duchâtel, frère de Tannegui-Duchâtel, occupa cette dignité. Il eut pour vicaire-général Guillaome Yiiard et futévégue de Carcaesoniie. Pierre du Rozier succéda à Jean Duchàtel. Nous avons déjà rapporté son * histoire. Il se démit de sa préTôté.

L'abbaye de Saiut-Saturoin fui gouvernée à cettft époque par Jean de Jeanbac de Limoges, mort en t46î' ; Bernard du Rozier, qui fit percer la grande rosace^ qui éclaire la nef de* la basilicjue ; Jean de Gaufredi, cardinal ; Gilles du Val, conseiller du roi Louis XI , et Laurent Lailemand, évêque de Grenoble.

Le prieuré de la Daurade était toujours sous la direction d' Amalrlc de Senerges dont nous avons déjà fait Féloge. Il . fut frappé d'excommunication parce qu'il avait différé de payer quatre-vingt-dix écus à Gôme de Médicis et aux marchands de Florence attachés à la cour pontificale. Ce l'ut à ses éoins que la célèbre confrérie des Tolosains dut son éclat, la confirmation de ses statuts et la perpétuité de sa durée. On oheroha vainement à Télever à plusieurs abbayes : il sut résister k toutes les sollicitations. 11 céda aux clarisses le monastère des bénédictines de Saint-Cyprien, et devint le soutien de son prieuré, dont Téglise'et la maison avaient été dévorés par les flammes. Son successeur fut Jean de Morlhon, fils du président au parlement, qui dissipa tons

les biens du monastère el introduisit le relàchemenl daiis la discipline monastique.

Jeaii de Fali^^ai abbci du Mas-Gainici' abdiqua son liLre

en 1457 à cause de son grand âge ; Audouin de Gain loi

succéda. Il avait été prieur de Saint-Sardos. Louis d'Alberti évéque d'Aire lui disputa Tabbaye, qu' Audouin garda jusqu*à sa mort. Après lui, Geraud du Prat, â*une illustre race et prieur d'Auvillars, gouverna le monastère. Cestà cet abbé que le Mas dut toute sa gloire : il fit construire un nouveau couvent et Teutoura de murailles. Après avoir * augmenté ses domaines en achetant de Jean dlzalguier seigneur de Castelnau plusieurs terres, il fit réparer tes fermes et les moulins de son abbaye ; il poursuiKit ceur qui avaient usurpé les biens cl les fit rentrer dans le devoir. Léglise du Mas lui dut tout son éclat, et la sacristie ses ornements. Il fit une loiidalion pour trois prêtres séculiers et un clerc qui devaient, tous les jours, chante^ une messe solonnelle à l'autel de la Vierge. Les bienfaits de Geraud du Prat lui firent donner le surnom de Grand.

Nous ne trouvons dans cette période qu'une seule abbesse de Samt-Sernin à Toulouse, Antoinette de Casarte ; quatre à Saint-Pantaléon : Alienorde de Laroque, Claire de Punctis, Pétronne du Mont, et Jeanne de Bérailb. — Jean de Thailhapëde et Jean de Casalières gouvernèrent Fabbaye (rEauues. — L'abbnye de Grand-Selve fut dirigée par Gilles de Morban jusqu'en 1459. Après lui, on trouve Bertrand d*Albi, 4rnaud Blanc, Antoine du Narbonne évêque de Vabres et abbé de Fontfroide, qui se démit en laveur du card^iiai (1 Aiiiboisc. Celui-ci eut [mw successeur Louis de ISarbonne, frère du précédent. .

Ileoriette de Causan commença k gouverner Fabbaye de Salenqoes en 1460. Ëlle reçut au nombre de ses. filles Béa-

lï ix et lolaiide du Foix ainsi que Grisca d'Estou. Après elle,

ËléoDore de Foix, de 1 illustre maison de ce nom, fut élue

iibbessG. Son moiiastère fut réformé en 1482 par les soins de Tabbé de Citeaux. On croit que c'est elle qui en appela au pape Sixte IV d'une sentence d'èxcommunication qu'elle avait encourue de la part de Tabbé. de Citeaux pour avoir refusé de recevoir dans sa maison une religieuse qui n*avait pas demandé le conseutemenl au comte de Foix, d'après les conditions de la fondation. Agnès de Montaut lui succéda. Les prémoatrés de La Capelie eurent pour abbés Dominique de Melou, BerojU^ Doyal et Bernard du Moulin. Les religieuses de Sainte-Claire, urbanistes, eurent pour abbesses Arnaulde de Grimoard, Marguerite de Durfort et Jeanne de Grossolles.

Pierre Bonaldi succéda à Hugues de Raffignae dans l'évé-: ché de llieux. Sou testament est daté de Toulouse, eu 1462. Après lui , Gaufrid de Barilhac ocçupa ce siège. 11 avait été par deux fois nommé évéquc de Carcassonne par le chapitre de cette ville. Ce fut lui qui unit à son cbapitre de Rieux le prieuré de Saint-FéHx dans son diocèse. 11 eqt pour successeur Pierre d'Ateac de Ladouze. Né dans le Périgord d^une très-illustre famille, celui-ci devint docteur en droit, professeur à l'université de Poitiers, conseiller du roi et abbé de Lagrasse. Cétait un bomme profondément versé dans les lettres divines et humâmes. Le roi le choii^it pour présider les états de Montpellier. Plus tard, il assista aux états de Tom > oi présida ensuite ceux du Puy. Il fut transféré au siège de Lectoùre, et enfin à la métropole de Nart *

!>24 TBNPS INTERMtoUllIliK.

bûûûe. Uugue:^ d Espague lui succéda sur le siège de Aïeux quand il quitta celui de LéSctoure. Ce prélat fit constniire une salle destinée à renfermer les archives et les diplômes de son ehapitre. .

L'abbaye de Feuillants fut successivement gouvernée, pendant les cinquante dernières années du quinzième siècle, par Jacques Leclerc le Bourguignon, qui abdiqua en faveur d^Àniand de Galyaire ; Jean de Horaire, docteur en droit caiioii, et Guillaume de Buniieval , archidiacre de (jornminges.

Antoine Solier était abbé de Calers en î-459, et passa de - cette abbaye à celle de Bolbonne. Maurice de Palabat, moine de Pontfiroide, lui succéda. 11 fnt question d*miir l'abbaye de Calers à celle de Bolbouue. Cette union était déjà commencée lorsque le chapitre général dé Cftuhratix en arrêta rentière exécution. Jacques de Gailhard, morne de Funtfroîde, maître en théologie, succéda à Maurice, et Julien de Pelicier à Gailhard. Ce dernier était bachelier en décrets et moine de Grand-Selve. Son élection tôt cessée au cha^ pitre général, et un autre abbé fut élu à sa place.

Ainsi que nous Tavons observé, Arnaud-Raymond d'Espagne occupait le siège de Comminges en 1450. Ce siège demeura vacant depuis 1462, époque à laquelle mourut ce prélat, jusqu'en 14G5. Les auteurs no s'accordent pas sur le successeur immédiat de Raymond d^Ëspagne ; le^r uns croient que ce fut Jean-Baptiste de Cibo, cardinal sous- Sixte IV et qui devint pape sous le nom d'Innocent Vlli ; d'autres affirment que ce fut Jean-Baptiste de Foix, et nous regardons ce sentiment comme beaucoup plus probable. Jean-Baptiste de Foix n'appartenait pas à la grande famille

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de ce nom ; il était ûls naturel d'Ârcbami)attd de Graiiii

captai de Buch, qui avait pris le nom de Foix par sa femme Isabelle, fille de Matthieu comte *de Foix. 11 fut d'abord abbé de Saint-Sever en Gascogne et ensuite évêque d'Acqs. 11 devint évèque de Comminges en 1467, et assista en qua- Hté de témoin aux conventions matrimoniales entre Bertrand du Puy et Domeoge de Binos. L'historien Sandoval assure quil se rendit à Pampelnne en 1481, et qn*il assista a rentrée solennelle que fit dans cette ville François-Phébus roi

de Navàrre. Nous le trouvons, quelques années plus tard , à Tarbes, ou il assista au contrat de mariage d'Anne de Foix et de Oaston d'Etampes. Il gouverna pendant vingt-quatre

ans TEglise de Commingcs, jjobsédant en môme temps l'abbaye de Saint-Savin dans la vallée de Lavedan. 11 mourut en 1501, laissant son chapitre héritier de ses biens et d'une portion des dîmes du lieu de Tnisagnet qull avait acquises de la reine de iNcuai coiiitessc de Bigorre. •

L'abbaye de fionnefont fut occupée, dans la période, de cinquante années, par deux abbés : Bertrand et Arnaud- , Guillaume de Mauléon ; celle de r^izors, par deux.encore : Bertrand de Jeanhac et Manaud d*Aure, lequel devint évêque de Tarbes. Blasietle et Rose deMontclar gouvernèrent Tabbaye de Fabas.

UN 1)IJ TKOlSiÈME VOLUME.

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