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son neveu, aux gages de mille francs d'or par mois. Pendant Tabsence de ce prince, d'Armagnac lit tous ses efforts pour délivrer sa province des Anglais, qui occupaient plusieurs places et qui mèuiii étaient appi ochés de Toulouse ; il fit , en effet, un traité à Rodez, en 1387, avec leurs prin* cipaux capitaines. Celte négociation fut terminée moyennant une somme considérable qui fut payée aux Anglais.
A cette époque, Jean de Cardaillac donna à sa métropole la belle cloche qui porta son nom et la bénit solennellement. Deux cents ans après, ayant été endommagée, elle fut réparée par les soins de Jean d'Orléans, ainsi que Tattestaient les inscriptions qu on y voyait gravées (1).
Le duc de fierri revint k Toulouse en 1588 et y séjourna jusqu'au ^ novembre. La province se trouvait alors dans un état déplorable par suite des exactions de toute espèce dont s'étaient rendus coupables les officiers de ce prince ; c est ce qui porta un saint religieux du diocèse de Toulouse appelé Jean de Grand-Selve k se rendre à la cour pour exposer à Charles VI la situation du pays. Malgré tous les obstacles, Jean parvint jusqu'au monarque, et en présence mèo^e du duc il lui traça un tableau saisissant des calamités qui pesaient sur sa patrie. Le roi Técouta, promit qu*il ferait un voyage dans ces contrées pour remédier k tous ces abus, et prit te religieux de Grand-Selve sous sa sauvegarde.
Au moment où Charles VI se disposait k parcourir les
provinces du midi , Jean, roi d'Aragon, lui députa une
(4) inno à Ckristo nato, etc. (Gâtbl , Jlfm., 923). — Cetto doche Ait fondue lors de la RéTolQtion française.
ambassade extraordioaire pour le prier d envoyer à sa cour des poètes des Jeux Floraux de Toulouse, afin d*y établir ^ des concours de poésie semblables à ceux que les Sept Troubadours avaient institués depuis longtemps en cette ville. Quoique Thistoire ne nous parle pas des suites de . cette ambassade, on ne saurait douter que Charles VI n'ait bit droit à la prière de son royal allié, se servant pour cela de l'entremise des députés que le Languedoc avait envoyés auprès de sa personne. A cette époque, il n est point encore question de la fondation de Dame Clémence.
Avant son départ, le roi suspendit de son gouvernement de Languedoc et de Guienne le duc de Berri, et se mit en chemin le 2 septembre 1389 avec une pompe vraiment royale. Api ès avoir visité diverses villes, ce prince arriva à Toulouse le 29 novembre. Un auteur contemporain décrit ainsi son entrée :
« Si partit de Carcassonne le roi et alla à Toulouse, où » tout Languedoc attendoit, et fut reçu et festoyé si gran- » dément, que c'estoit merveille de veoir cette lyesse. £t y » avoit tant de gens es rues à le regarder, qu'on ne pou- * voit passer, si estoient les rues par où il passoit encour- » tinées et parées d*ornemens riches et beaux : et les con- » suis de la ville, vestus d'habits royaux riches et beaux » » portèrent le poésie au roi , et les petits enfans alloient » devant portans en leurs mains bannières de fleurs de lys, » criant : Noël î vive le roy ! et les suyvoient les proces- » sions, Tuniversité et le clergé, dont il y avoit moult, et » auprès du roy estoient les ducs d'Orléans, de Bourbon, » et assez loin d'eux les barons et seigneurs du pais. Puis ■ le sénéchal et viguier en leur endroict, et les suyvoient
436 TUPS INTBUIÊDIAIMS.
» par ordre les gens des mesUers vestus de livrée et por-
» tan? bannière de leur office, et par où le roy alloil, les » tables parmi Toulouse estoient mises où toutes manières » de gens beuvoitul et raangeoient en passant ; et en celle » joye, alla le roi à la maistresse église louer IMeu, et de » là au chastel iNarbouuuis son royal bostel, où il demeura » un mois pour sçavoir comme ses ofûciers ie faisoient, et j» pour ouïr conipic et déterminer les querelles du pais. » Et en tant que le roy demeuroit à Toulouse, vindrent à » lui ses vassaux, le cunite d'Armagnac, et le comté deFoix • emoy^ pour lui, et aussi y fenrent les chevaliers et escn- » yers du païs, et feil h; roy crier que tout homme qui te- » noit fief de lui vint à Toulouse, et il le recevroit ; et plus » quiconque se sentiroit estre forfaict, il feroit droicl el 9 raison, et pour ceste cause estoit-il venu au païs ; et fut » celle parole bien prise en gré de toutes gens qui dirent : » Bien soit venu le roy 1 Ët puis que le roy ot receu ses » hommages, et le païs réformé en bon estât par le conseil » de ses oncles les ducs de Eerri et de Bourbon, lui feit la • » cité de Toulouse de grands dons de vaisselle, et ceux de » la ville lui teirent de grandes requestes, desquelles le roy » leur octroya les aucunes qui lui sembloient bonnes, et » les autres non, et donna le pays de Languedoc au roy ^ » trois cent mille francs de bonne monnoye. »
Pendant ie long séjour que Charles VI ût à Toulouse, il chassa plusieurs officiers qui désolaient la province, en fit condamner un très grand nombre, et nomma à leur place des hommes probes et honorables, i^fmi ces officiers se trouva Jean Betisac, qui fut brûlé vif, le mardi avant la fête de Noël. On vit alors arriver à Toulouse les grands vas*
sauK de la sêûéchausscc et des eiiviroiis (]m vinrent rendre hommage aa monarque : c'étaient Philippe vicomte de Lautrec, le comte d'Aslarac, le vicomte de Giraoez, Guillaa- 106 de Rabastens, Roger de Commlnges, Jourdain, de Fille^ le vicomte de Caraman. Le prince donna plusieurs chartes et ût certains règlements pour la police de la ville de Toulouse, entr autres sur les costumes que devaient porter les femmes prostituées.
Un jour le roi, étant ailé chasser avec sa cour dans la forêt de Booconne, fut surpris par la nuit et s'égara. 11 Ht alors le vœu de donner le prix de son cheval à la chapelle de Notre-Dame d'Espérance, située dans le cloître des Grands-Carmes à Toulouse. L'obscurité de la nuil s étant dissipée, le roi put retrouver sa route et alla accompUr son vœu. Cet événement était représenté sur une peinture murale à côté de cette chapelle^ où Ton voyait les ligures du roi , de son frère le duc de Touraine, du duc de Bourhon, de Pierre Navarre comte d'Ëvreux, dllenri de Bar, du comte d'Eu , d'Olivier de Clisson connétable de France, d'Ëoguerraûd sim de Couci. C'est à tort que quelques auteurs ont prétendu que Charles Vi avait institué à cette occasion un ordre de chevalerie. 11 eiistait depuis longtemps au couvent des Carmes une société m frérîe du nom lie la Ceinture de Notre-Dame d'Espérance {Zona de Spe), k laquelle furent affiliés seulement le roi et les sagneurs de sa cour. Nous possédons un acte authentique de rahilialiou de ces princes, dans lequel les religieux carmes s'engagent à faire- célébrer des messes, à certains jours de Tannée, pour tous ces seigneurs, en récompense des aumônes et
gesses qu'ils avaient laites à la chapelle de la frério.
i3& mm iNTEiMtouiui.
GastOQ-Phébus comte de Foix se rendit aussi à Toulouse, sur riovitatioD de Charles VI. Ayant avec lui six cents cavaliers, il alla descendre au couvent des Jacobins. Le lendemain de son arrivée, il se tendit à cheval au château Narbonnais, à la téte de deux cents chevaliers de sa cour. Tout le monde admirait son port majestueux et sa mâle beauté. Dès qu il vit le roi, il fléchit le genou et se releva. Quand il fut près du monarque, il s*agenouilla encore ; mais le roi le releva, l'embrassa avec effusion et le retint à dîner. Â la première table se trouvaient le roi, Jean de Cardaillac archevêque de Toulouse, le duc de Bourbon, le comte de Foix, le comte de la Marche et de Vendôme ; à la seconde, étaient Jean d'Albret, le comte d'Harcourt, Philippe de Bar, et quatre chevaliers de la suite de Gaston-Phébus; à la troisième, étaient le maréchal de Sancerre, Roger d'Espagne, et huit chevaliers de Foix. Â une heure on se mit à table; à quatre heures, le comte de Foix imhà au couvent des Jacobins avec le même appareil q.u*il avait déployé le matin.
Quelques jours après^ Gaàton-Phébus donna un magnifique dîner aux principaux seigneurs de la cour du roi ; la table, de deux cents couverts, fut dressée dans le petit réfectoire des dominicains, dont la voûte fond d azur était ornée des écussons des grandes fomilles de France. A k fin du repas, Charles VI entra dans la salle avec sa cour, et demeura jusqu^à la nuit au couvent, où les seigneurs passèrent leur temps a jouer à la lutte, au dard ou à la pierre. Gaston fit de grands présents aux offîciers du prince; ces présents consistaient en soixante coursiers, palefrois, et autres chevaux de main.
TEMPS imiMBDlAiaBS. 439
Gaston-Phébus ii*avaH pas d'enfants légitimes. Le vicomte de Castelbon, son plus proche patent, Tayaut mécontenté, cela le détermina à faire donation an roi, après sa mort, du comté de Foix, de la vicomté de Béarn et de ses autres domaines moyennant la jouissance du comté de Bigorre et cent cinquante miiie francs d'or. Le comte de Foix quitta ensuite Toulouse, et le 7 janvier 1390 Charles VI le suivit à Mazères, et rentra en France après avoir conquis 1 aiïectîon des Toulousains par sa bonté et raffabilité de ses manières.
Quelques mois après le départ du roi , Toulouse perdit Jean de CardaiUac son archevêque. Ce prélat mourut le 7 octobre 1390, et fut enseveli dans un tombeau de marbre devant Taulei principal de l'église métropolitaine, du côté de l epître, avec une épitaphe. Cardaillac gouverna le diocèse de Toulouse pendant douze ans, et y ût briller les plus sublimes vertus. Son érudition égala son éloquence ; il remplit plusieurs légations auprès des papes, de l'empereur et des princes, et laissa plusieurs ouvrages inédits dans la bibliothèque des dominicains : des sermons pour tous les dimanches et fêtes de Tannée, des discours synodaux sur la convocation des conciles, . Tinauguration des évêques, la collation des ordres, la visite pastorale, le sacré des rois à Reims, et plusieurs autres ouvrages qui attestent que personne ne le siurpassa en son temps parmi les évêques dans Tart oratoire et dans la science ecclésiastique. La bibliothèque publique possède encore en manuscrit les sermons de Jean de Cardaillac.
Ses richesses étaient immenses et sa générosité en égala la grandeur. La magniiicence de ses ornements pouliiicaux
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les rendait éblouissants : c*est ce que nous pouvons déduire de rinventaire des divers objets qu il laissa à sod Eglise. On y remarquait des mitres hautes et basses d*un précieuK travail (mitris et mitreriis) ; un ornement historié où était représentée l'histoire de Judith ; des boutons formés de grosses perles enchâssées dans une plaque d'argent massif du poids de quatre marcs, destinés h attacher le pluvial ; un frontal d'or incrusté d'images ; deux cassettes d'or servant dViiguicres ; des statues d'argent massif ; des encensoirs et aspersoirs du même métal ; des croix et des chandeliers aussi en argent ; des tapis à l aiguille brodés d'or avec personnages ; un livre des concordances dont le prélat se servait dans ses discours ; deux manuscrits des sermons de saint Augustin qu*il expliquait au peuple.
François de Conzié succéda à Jean de Cardaillac dans Farchevéché de Toulouse, il était né à Genève, de Pierre de Conzié et d'Ancelise de Verbois. H fut élevé à la cour d'Amédée VI, dont il était allié par son aïeule, et y donna des marques d un excellent esprit et de rares talents. A l'âge de vingt-quatre ans, il fut nommé évéque et prince de Grenoble. De cet évêché, il passa à la métropole d'Arles avec le titre de grand camérier du pape Clément VII. Il fut nommé archevêque de Toulouse en 1390, et n'occupa que très peu de temps ce dernier siège, ayant été transféré à celui de Narbonne. Ce prélat est connu dans nos annales par Faustérité de ses mœurs, sa sévérité à faire régner la discipline ecclésiastique, sa prudence et son habileté dans les affaires les plus délicates. Il devint vice-chancelier de l'Eglise romaine, légat d'Avignon, administrateur du domaine de Saint-Pierre, légat auprès de l'empereur Sigis-
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moud, el désigaé cardinal par Eugène IV. Il mourut à Âvi-.
gnon en 1432, chargé d'ans et de mérites.
Pierre de Saint-Martial, né an château de ce nom au diuoese de Tuile, successivement évéque de Rieux et de Carcaésonne, fut nommé archevêque de Toulouse après la translation de François de Conzié au siège de Narbonne. A peine avait-il pris possession de son Eglise, qu il présida, assisté de neul' évéques, à la translation solennelle du saintsuaire dans réglise du Taur. Bertrand Dumoulin, abhé de Cadouin en Périgord, craignant que les Anglais ne vinssent à piller son monastère, résolut d'apporter cette insigne relique à Tuuluu^e. Lorsqu'elle y fut arrivée, Pierre de Saint- Martial se rendit hors des murs dans Téglise de Saint-Roch qui venait d\Hre nouvellement construite (quartier des Minimes), et là il montra le saint-suaire an peuple rassemblé au nombre de trente mille âmes. Une procession à laquelle assistèrent les capitouls, le clergé et la noblesse, fut faite dans rintérieur de la ville ; le saint-suaire fut déposé au Taur. Cette relique éprouva bien des vicissitudes : d'abord Charles VI ordonna de la porter à Paris, où l'accompagnèrent Févéque de Saintes, Tabbé de Cadouin, l'assesseur des capitottls 'et le syndic de la ville. Plus lard, elle fut reportée à Toulouse et déposée au collège de Saint-Bernard, d'où Vm croit que les religieux de Cadouin la reprirent avec la châsse d argent qui la renfermait et la cachèrent dans leur abbaye.
Gaston-Phébus comte de Foix venait de terminer sa carrière ; il était âgé de soixante ans environ. Il eut d'Agnès sœur de Charles-le-Mauvais, roi de Navarre, un iils nommé Gaston, qu'il fit mourir, dans la persuasion que ce jeune
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* prince avait voulu attenter à ses jours p^r le poison. Gas-
ton-Pliébus est cite dans nos annales comme un prince valeureux, affable et iibéial. Sa cour était brillante ; il était musicien, et surtout intrépide chasseur. Ou croit qu'il est l'auteur d'un traité sur la chasse qui a été imprimé. Sa meute se composait de seize cents chiens. A sa mort, il laissa un million d'or dans ses coffres. Il avait disposé de sa principauté en faveur de Charles VI, qui envoya aussitôt plusieurs commissaires à Toulouse pour prendre possession du comté. Mais Matthieu de Foix vicomte de Castelbon fît si bien valoir ses droits à cet héritage, que le roi lui en donna Tinvestiture. Matthieu fut reconnu dans tous les domaines de la maison de Foix.
Des troubles assez graves éclatèrent à cette époque dans l'université de Toulouse ; voici quelle en fut Toccasion. Les gens du roi obtinrent une taille ou imposition de soixante mille Irancs des habitants de la province. Les suppôts de l'université de Toulouse prétendirent être exempts de payer ces subsides ; les fermiers voulurent les y contraindre : aloh Tuniversité les frappa d'excommunication. Les gens du roi suspendirent les privilèges du corps universitaire. Le recteur, les professeurs et les écoliers en appelèrent au roi et lui envoyèrent des députes. Le 17 octobre 1392, Charles VI, voulant pacifier cette querelle, donna des lettres par lesquelles plusieurs membres de i université devaient être exempts de payer les subsides pour les revenus de leurs bénéfices et pour tout ce qui était nécessaire aux besoins de la vie. En même temps le pape Clément VU travaillait k la réformalion de l'université de Toulouse, et de de nouveaux statuts furent promulgués en 1394.
vam imnÈMkiMBB. 443
Le roi, ayant eu connaissance de divers crimes dont les
juifs élaieut accusés, rendit uu édit le 7 de septembre de cette année pour enjoindre aux juifs et aux juives de quitter promptement le Laaguedoc. Cet édit fut public à Toulouse au mois de décembre ; son exécution ne fut pas difficile en cette ville, car il n'y existait que douze iauuiies de ces religionnaires.
Pierre de Saint-Martial embrassa à cette é[)oque le parti
de Pierre de Lune, qui , après la mort de Clément VU,
avait été élu pape, et dont racceptation prolongea uu schisme déjà si long. L'archevêque de Toulouse avait un frère dans le sacré-coUége, et un intime ami — le carduial d*Aigrefeuille. Ces deux cardinaux ne voulurent pas signer
l'acte authentique par lequel leurs collègues avaient déclaré
qu'ils refuseraient la papauté si elle leur était offerte. 11 est
à présumer que Topinion du cardmal de Saint-Martial avait exercé une certaine influence sur Fesprit de Tarchevéque, qui fut désigné comme l'exécuteur testamentaire de d'Aigrefeuille.
Benoît XIII (c'est le nom que prit Pierre de Lune) était un rusé' pontife ; il feignait un désintéressement qu'il était bien éloigné de réaliser. Il se forma en France un parti assez puissant en sa foveur qu'embrassa l'université de Toulouse ; c'est ce qui détermina le roi à assembler à Paris, le 2 février 1395, la plus grande partie des prélats du royaume pour recevoir leur avis sur l'élection du nouveau pape. Us forent presque tous d'avis qu'il fallait que ce pontife renonçât à sa dignité, pour le bien de l'Eglise. Nous ignorons si Pierre de Saint*Martiai fit partie de cette première assemblée.
444 TKMPS INTSftMÉDlAlItES.
Dans Tîncertitude des événements, ce prélat déjà sexagénaire voulut faire son testament, qui porte la date de 1397. 11 institua dans son Ëglise quatre prébendes qui portèrent 1^5 iioiiis de Saiut-Mai'tial et de Sainte-Catherine. 11 fut appelé par le roi à la nouvelle assemblée qui devait se tenir à Paris après Pâques, eu 1398 ; mais n'ayant pu entreprendre le voyage, il se ût représenter par Vital de Castelniuron, professeur k Tuniversilé de Toulouse et prévôt de Saint-Ëtienne. Dans cette seconde assemblée, on se prononça encore en faveur de 1 abdication. L uoiversité de cette ville n*eut pas plutôt appris la décision de cette assemblée, qu'elle adressa un mémoire au roi où elle se prononçait contre le sentiment acceptée prétendant que se soustraire à Tobédience de Benoît c était embrasser le parti du schisme et de Finjustice. *
. En attendant, Pi^erre de Saint-Martial vivait retiié au château de Balma, où il signa le testament de Jean de Faudoas, le 8 juin 1398, créa une vicaine perpétuelle t^our le lieu de Miremont dans son diocèse, et donna une somme considérable pour fournir aux frais d une cbâsse d argent destinée à renfermer le corps de saint Exupëre dans la basilique de Saint-Saturnin. Ce fut en mémoire de ce bienfait qu*Aimerlc, abbé de cette église, favorisa une fondation annuelle de prières pour le repos de iàme de Tarcbevèque de Toulouse. Ce prélat s*était entouré, pour Taider dans son administration, des hommes les plus éclairés et les plus capables ; nous distinguons parmi m% Jean Corserius, qui porta le titre d'ofiicial de rarchevécbé de Toulouse. Cet officiai avait un tribunal ou cour qu*on appelait en latin Capelia, Là étaient portées les questions les plus impor-
TEMfS liNlEHMbbiAlREâ. 445
tantes du droit canonique, et jugées par des hommes très versés dans ces sortes de matières. Les décisions de Jean Corserius ont été recueillies pour la première fois et imprimées par Etienne Auirery, docteur en l'un et lautre droit , ofQcial de W Du Lion, archevêque de Toulouse. Elles sortirent en 1538 des presses de Benoît fionjfn, à Lyon; en 1617, elles furent de nouveau publiées dans la même ville par Antoine de Harsy. Les décisions canoniques de Jean Corsérius sont au nombre de cinq cent une, et toutes commentées par Aufrcry. Le nombre et la nature des réponses nous prouvent la réputation de science dont jouissait à cette époque i otUcialité de Toulouse.
Cette cité avait alors pour sénéchal Colard d'Ëstouteville, qui se trouvait luèlê dans l'affaire de la succession du comté de Poix. Matthieu vicomte de Castelhon, successeur de Gaston-Phébus. venait de mourir : aussitôt Louis de Sancerre, connétable de France, mit sous la main du roi le comté de Fuix. Mais Isabelle de Foix, sœur unique de Matthieu et femme d'Archambaud de GraiUi, ht valoir ses droits sur ce coiulc. Comme ils étaient entrés dans lui\ pour y recevoir foi et hommage des seigneurs et des habitants du pays, le sénéchal de Toulouse taisait délénse aux peuples de les accueillir. Celui-ci, en effet, après avoir reçu les ordres de la cour, se mit à la tète de quelques troupes pour arrêter les entreprises d Isabelle et d'Archambaud. Cette querelle prit fin par l'hommage que rendireiit au roi les nouveaux princes de la maison de Foix, qui devinrent la souche de la seconde branche de ces comtes.
Colard d'Ëstouteviile dont nous venons de parler publia, Ip G juin 1391), des ordonnances touchant les robes des
TEMPS IMTEftHÉDIAlBIS.
Maiguerite de Levis, de Tillustre famille de Mirepoix. Raymond Garsias, Arnaud de Gord et Sanche devinrent abbés de La CapeLle. Le couvent de Sainte-Claire à Tooloase compta, dans cette période, Claire de Limas et Françoise d EiiK)ût au nombre de ses abbesses.
Jean de Lanta succéda à Pierre de Saint-Martial dans l evéchédeRieux. Pierre garda, cet évèché pendant dix ans; Jean mourut en 1592. Après lui, Jérôme deFoix, Thomas et Guillaume du Puy gouvernèrent cette £glise.
Jean de Falgar, Bernard de Calm et Jean de Tornecy devinrent abbés de Feuillants ; Bernard de Planviliiers, Martin et Pierre Aubry le furent de Calers. Ce dernier devint abbé de Bolbonue après la mort de Quillaume et de Raymond ; son nom se rencontre dans plusieurs transactions qu'il passa avec Matthieu comte de Foix et Geraude ÎSavaiiles vicomtesse de Castelbon.
L'ËgUse de Comminges eut pour évéque» après la mort d Hugues de Chatillon, Bertrand de Cobnac. Né dans le Limousin, il entra dans sa Jeunesse dans Tordre des chanoines réguliers de saint Augustin. Son esprit délié, plein de prudence et de sagesse, le fit employer par Innocent Yl dans plusieurs alïaires diiUuiob à irai 1er, en particulier dans le recouvrement des rentes gui étaient dues au collège des cardinaux, di egoire XI layant créé cardinal sous le titre de Saint-Marcel, il fit sa démission de 1 evéché de Comminges. Guillaume d'Espagne, Uls d'Arnaud icigueur de Moûtespan et de Marguerite de Labarthe, occupa après lui ie siège de celte Eglise. Il avait été pendant vingt ans évèque de Pamiers, et fonda quatre bénéfices dans Féglise de Saint- Frajou. Après sa mort, Comminges eut pour évéque Amé-
TBUP$ INTBaaiÉDIAlKlS.
lius de LauUec, de l'illustre famille de ce nom. Ce prélat, qui avait été chanoine, chancelier de Toulouse et docteur en décrets, fut d'abord fait évèque de Couiserans, et passa ensuite à l'église de Comminges, qu'il gouverna jusqu'à son cardinalat que lui conféra Clément VIL Menaud de Barhazan lui succéda en 1390, et il gouvernait encore le diocèse de Comminges à la fin du quatorzième siècle.
L'abbaye de Bonnefont eut pour abbés dans cette période Bei ti aiid V, Arnaud V, Bernard IH (qui reçut en hommage de la noble dame Ricque de Saint-Félix la ferme de la Terrasse) et Arnaud VI, qui fut transféré à l'abbaye de Bolbonne. Celle de Favas ou Lumière-Dieu fut gouvernée par Candors des Monts, qui devint la fondatrice du couvent de l'Abondance-Dieu, Frosie de Blanqueiort, et Baymonde, à qui Marguerite comtesse de Comminges confirma le parlage du lieu d'Anam. Nizors ou la Bénédiction-Dieu nous offre trois de ses abbés, qui tous portèrent le nom de Bernard.
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