‹ Histoire générale de l'église de Toulouse (volume 4)Chapitre 17 sur 20 · LIVRE XXXII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXII

DEPUIS LÉPISCOPAT DE BERNARD DU ROZIER, EN 149ii, JUSQU A CELUI DE JEAN D ORLEANS, EN 1502.

Charles VII, après avoir chassé les Anglais de la Normandie, résolut de les expulser aussi de la Guienne. Cette expédition, à laquelle prirent part le sieur de Panassac sénéchal de Toulouse et le comte d'Armagnac, mit toute cette province sous le domaine du roi. Bordeaux fut pris en 1452, et les Anglais se virent forcés dtt quitter le* royaume.

L*élection de Bernard du Rozier , Tun des plus illustres

prélats qui aient occupé le siège de Toulouse, fut approuvée par Nicolas V, qui le nomma conservateur des privilèges de Tordre de saint Dominique. Son premier soin fut de répandre dans sa ville épiscopale la confrérie de Flmmaculée Conception érigée dans l'église de la Daurade, et d'en approuver les anciens statuts auxquels il avait fait de nom-

breux changements (1). Désireux de rappeler son clergé à l'observation de la discipline ecclésiastique, il convoqua à Pâques son premier synode diocésain. Les règlements qu'il y dressa forment soixante-dix titres, sur la foi, l'administra-

(4) Il publia à cel efTet'une ordonnance qui a été imprimée en 1684, et que nous possédons.

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tion.des sacrements, les sépultures, rexcommunication, la

vie des clercs, les usuriBrs, les sorciers et les devins, ei sur plusieurs autres matières. Ces statuts, synodaux sont venus jusqu'à nous, et on ne peut assez en admirer la sagesse (1).

C'est à Tannée 1454 que se termine la grande chronique de Guillaume Bardin, fils de Pierre Bardin dont nous avons déjà parlé. A Tépoque de Tinstallation définitive du parlement de Toulouse, il fut nommé conseiller clerc à ce parlement, n était prêtre, ainsi qu'il Taffirmei lui-même dans sa chronique qui commence à Vannée 1Q51 et finit à Fépoque que nous parcourons. On lui r^roche d'avoir inséré des faits complètement erronés et qu'il n'aurait recueillis que sur des traditions incertaines ; il mérite cependant plus de confiance pour les faits qui lui sont contemporains. On a cru que cette chronique n'appartenait pas à Guillaume Bardin, et on a supposé qu elle avait été composée soos son nom beaucoup plu3 tard. Nous la croyons authentique, tout en reconnaissant qu'il ne faut admettre bien des assertions que sous toutes réserves.

Toulouse vit alors paraître son premier historien dans la personne de Frère Etienne de Ganno, religieux tranciscain du couvent de cette ville. Il était né à Lavaur d'une famille distinguée, et montra de bonne heure beaucoup de ^oùt pour les recherches historiques. Â la prière de Bernard du Rozier, il composa ses Annales sur Toulouse, dans lesquelles il prétend détemunef d'une manière précise l'époque de la

(I) Ces statuts ont été imprimés en 1669.

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londatioade Toulouse sous les Juges dlsraël. Une critique plus sûre et plus éclairée a fait bonne justice des assertions du bon franciscain qui ajoutait foi à toutes les fables populaires et leur donnait asile dans ses écrits. Il dédia son livre a Pierre cardinal de Foix, alors archevêque d'Arles. Ce livre a été imprimé sous le règne de Louis XI.

L'église de Notre-Dame de la Dalbade fut terminée en 1455 ; elle avait été commencée sur l'emplacement de l'ancienne église. Le 1**^ novembre de cette année, Bernard du Rozier la consacra solennellement. Ce monument appartient au style gothique de cette époque; mais on avait banni toute les ornementations dont le moyen-âge avait surchargé cet

ordre d'architecture. La tour du clocher était surmontée d'une flèche élancée qui fut abattue à la révolution française. /

S'il faut ajouter foi aux archives de l'ordre de saint Dominique, l'église du couvent des dominicains à Toulouse et une partie des bâtiments nouvellement construits auraient été violemment ébranlés à cette époque par l'effet d'un tremblement de terre, et les religieux auraient été réduits à une affreuse misère. Ces archives reproduisent une bulle de Nicolas Y qui autorise les dominicains à réunir toutes les aumônes nécessaires pour arrêter la ruine de leur maison. Quant aux privations que ce monastère fut obligé de s'imposer, on en découvre facilement la cause dans l'affreuse stérilité qui désola la province en 1459. Pour ce qui est du tremblement de terre, nous n'avons trouvé aucune , trace de son existence dans nos annales. Cet ordre venait de recevoir un nouvel éclat de la canonisation de Vincent Ferrier.; c'est ce qui porta plusieurs nobles et bourgeois

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de Toulouse à solliciter Térection d'une confrérie en son honneur, laquelle fut établie dans une splendide chapelle dédiée aux Rois Mages dans le cloître des Jacobins, et qui existe encore.

Déjà le parlement de Toulouse se mettait en opposition avec le siège apostolique, puisqu'on 1460 Bernard du Rozier se vit forcé par un arrêt de cette cour de révoquer certains actes qu'il avait produits en vertu de plusieurs lettres du pape qui n'avaient point ^été sanctionnées par le parlement. Lorsqu'on apprit à Toulouse la mort de Charles VII, qui avait succombé le 22 juillet 1461, de magnifiques obsèques fbrent célébrées dans cette ville en son honneur. Le dauphin son fils, qui prit le nom de Louis XI, lui succéda. Ce prince révoqua plusieurs officiers du Languedoc, entr'autres Pierre Varinier, président au parlemeat de Toulouse, et Pierre de Ligonne, procureur-général ; le sénéchal Galaubier de Panassac fut remplacé par Hugues Maucip seigneur de Bournazel. Le nouveau roi pourvut aux places vacantes des conseillers clercs du parlement, entr'autres à celles de Jean Gentian et de Barthélémy d'Ârtigueloupe, qui venaient d'élre nommés évéques de Lavaur et de Pamiers. Dans le mois d'octobre, il approuva les privilèges, immunités, us et coutumes de Toulouse.

Louis XI s'empressa de récompenser ceux qui avaient servi sa cause pendant qu'il était dauphin : ainsi, au mois d'avril 1462, il céda le comté de Ck)mminges à Jean bâtard d'Armagnac, et rétablit Jean V 'comte d'Armagnac dans ses domaines, dont il avait été dépouillé sous Charles VII. Ayant donné rendez-vous à Tours à Gaston IV comte de Foix, il convint du mariage du fils de ce seigneyr avec

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Madeleine, sœur du roi. Celui-ci se rendit à Bordeaux pour la célébration du mariage. Gaston de Foix déploya pour cette cérémonie une granjde magnificence. Jean comte de Comminges, maréchal de France, reçut de l'a générosité du roi la seigneurie et la ville de Saint-Béat.

De Bordeaux, où il avait institué un nouveau parlement, Louis XI s*avança jusqu'à Bayonne dans le dessein de s-aboucher avec les rois de Castille et d'Aragon ; il prit ensuite la route de Toulouse, et se trouvait à Muret sur Garonne le 24 mai 1463. Deux jours après, il fit son entrée solennelle à Toulouse. On * alla l'attendre au château de Braqueville ; Etienne de Rouaix portait l'étendard de la ville, et était'suivi des capitouls et d'une foule de peuple. A la porte de Muret, on avait préparé une table sur laquelle étaient placés une croix, un missel et le canon de la messe. Les capitouls ayant prié le roi de faire serment de conserver les privilèges de la ville, le prince se découvrit, ôta ses gants, et fit le serment d'usage. Les capitouls lui présentèrent alors les clefs de la ville, qu'il rendit avec ces mots : Nous vous les œmmandons à garder. Le cortège se mit alors en marche.. Le roi marchait sous un dais magnifique ; il était accompagné de Charles duc de Berri son frère, du comte de Perche, de Jean de Foix prince de Navarre, de Jean d'Armagnac comte de Comminges, de Tristan-l'Ermite, et de plusieurs autres seigneurs.

Louis XI trouva les habitants de Toulouse dans la désolation : un affreux incendie venajt de consumer les trois quarts de cette ville. Le feu ayant pris, le 7 mai, à la maison d'un boulanger près de la place des carmes, un vent du Midi très-violent favorisa le développement de cet in-

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cendie qui dura douze jours. Sept mille soixante-quatre maisons toutes bâties en bois furent consumées ainsi qui le couvent des Augustins, et il pépit un grand nombre d*habitants.. Touche de ses malheurs, le roi accorda à la ville une exemption des tailles pendant cent ans.

Le peuple, qui est souvent aveugle dans son désespoir, attribua cet incendie aux Catalans qui se trouvaient alors en assez grand nombre à Toulouse, prétendant que ces étrangers avaient voulu se venger de ce que le roi s'était ligué contre eux avec le roi d*Aragon. Pour apaiser la fu^ reur populaire, le juge d'appaux filt jeter les Catalans en prison. Cependant on ne tarda pas à découvrir la cause de rincendie, qui n*était autre que Timprudence du boulanger et de sa femme. Ceux-ci ayant été condamnés à mort, leur exécution allait avoir lieu sur la place du Salin lorsque le roi, qui logeait à la Trésorerie, venant à passer, leur fit grâce : ce qui n'empêcha pas ces infortunés de mourir plus tard de frayeur. Louis XI assista à la procèssion générale de la Fête-Dieu, le 10 juin, et se tint sous le dais derrière le célébrant. Le comte de Foix parut aussi à cette cérémonie, portant un habit de velours cramoisi et efiaçant tous les seigneurs par sa magnificence. Le roi partit de Toulouse vers la mi-juillet 1463 et prit la route de Touraine.

Peu de temps après le départ du monarque, le prieur de la Daurade céda aux religieuses de Sainte-Claire Tabbaye de Saint*Cyprien occupée par les dames bénédictines. Cellesci s'étaient retirées depuis très longtemps au couvent de Saint-Rome, ayant a leur tète Âdalaïs de Rivais. Les clarisses, qu'on appelait les religieuses de la Porte parce que

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le moDâstère se trouvait situé près de la porte de la ville, conliuuèreat d'habiter cette maison jusqu'à là Révolution française, y menant une vie très-pauvre et regardées comme de saintes fiUes. Celles qui survécurent à la révolution organisèrent de nouveau leur communauté rue Velane, sous la direction du Père Gaillard, religieux franciscain. L'ancien monastère des pauvres clarisses, dont l'église existe encore, forme aujourd'hui une dépendance de l'hospice S^-Joseph de la Grave.

L*année 1464 vit mourir .à Avignon le cardinal de Foix dit le Vieux, à l'âge de soixante-dix-huit ans. Nous ^vons déjà parlé de ses riches fondations à Toulouse. Il avait dressé, pour le collège qu'il avait établi sous son nom, des statuts qui furent confirmés par Tristan évêque d'Aire et Gsyrciac évêque d'Oleron. Ce collège produisit des hommes illustres, tels que le cardinal d'Ossat, Pierre de Marca archevêque de Toulouse, et Bosquet évêque de Montpellier. La bibliothèque, riche en précieux manuscrits, avait appartenu à Benoit XIIL Malheureusement pour la ville de Tonlouse, ces manuscrits furent dispersés et en partie achetés par Colbert pour la bibliothèque du roi.

Gabriel Galaubiac de Panassac, ancien sénéchal de Toulouse, mourut aussi en 1464. Il légua par son testament cent livres tournois de rente au couvent des frères prêcheurs de Toulouse, à condition qu'on y chanterait tous les jours une messe pour le repos de son âme et pour sa famille, dans la chapelle dédiée à saint Gabriel. Selon son désir, son nom et ses 'armes furent gravés sur les murs de cette chapelle, avec l'inscription suivante, que nous transcrivons ici pour donner une idée de la langue vulgaire

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qui était alors parlée à Toulouse : Isti es lacapella de Moussur Gabriel de Panassac, cavaillé segnou de Panassac el chambellan del rey npslre segnou. Ce riche et puissant seigneur se montra aussi très généreux à Fégard des ermites augustins.

Les états du Languedoc, qui s'assemblaient de temps à autre à Toulouse, à Beziers et à Montpellier, portèrent leurs doléances au roi sur ce que le parlement tenait ses séances à Toulouse seulement, tandis que, d'après les conventions établies, il devait être déambulatoire, et être tenu pendant un certain temps dans chacune des trois sénéchaussées ; c*est ce qui détermina Louis XI à accorder aux habitants de Montpellier la translation de ce parlement en cette ville par des lettres du 14 mai 1467. La cour des aides, qui se trouvait alors entièrement séparée du parlement, y fut aussi transportée.

De nouveaux troubles étaient sur le point d'éclater dans le royaume, car le duc de Normandie frère du roi s'était retiré très mécontent auprès du duc de Bretagne, et on disait que ce dernier et le duc de Bourgogne se proposaient d'appeler les Anglais en France. A cette nouvelle, le roi convoqua toute la noblesse et les milices du royaume par des commissaires spéciaux, ^.e sire de Fontanilles fut particulièrement chargé du Languedoc. Le sénéchal de Toulouse ayant convoqué, d'après les ordres reçus, la noblesse de cette ville pour le 4 décembre, les mihces qui furent levées eurent pour destination de se rendre auprès du comte de Caudale, vicè-roi du Roussillon. Les Toulousains ne voyaient qu'avec peine la translation de leur parlement a Montpellier ; ce fut donc pour les calmer que Louis XI, qui

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aimait beaucoup Toulouse et qui se montra constamment bienveillant à son égard, rétablit d'abord Toffice de jugemage. Il donna cet emploi à un médecin de Toulouse, Guillaume Bruni, qui était le médecin particulier du roi. Bruni sut profiter de la faveur du prince, et obtint le rétablissement à Toulouse du parlement et de la cour des aides. Cédant au sentiment d*une noire ingratitude, le comte d'Armagnac favorisa secrètement le parti des ducs de Bretagne et de Bourgogne, et fit quelques mouvements dans la province : ce qui engagea le roi à donner le commandement du Languedoc à Antoine de Chabanes comte de Dammartin, à qui il fut ordonné de se rendre à Toulouse et de rechercher avec soin ceux qui avaient embrassé la cause des princes. L'évêque de Castres, frère du duc de Nemours, était accusé d'avoir employé le temps de ses éludes à Toulouse à ménager la reddition de cette ville aux Anglais. Dammartin exécuta les ordres du roi, et au mois de mai 1469 il mit tous les domaines du comte d'Ârmagnac sous la main du prince. Le comte sortit du royaume, et n'opposa ainsi aucune résistance à l'expédition de Dammartin ; mais il rentra bientôt après, et se retira à la cour de Charles duc de Guienne, qui le rétablit dans la possession de ses domaines. Il faut observer que Louis XI, dans l'intention de détacher son frère Charles du parti des princes révoltés, lui avait donné le duché de Guienne. Le roi , irrité de sa conduite, envoya contre ces seigneurs Gaston du Lion, sénéchal de Toulouse, qui alla assiéger le comte d'Armagnac dans Lectoure. Sur ces entrefaites, Charles duc de Guienne étant moct, cette province fut réunie à la couronne. Malgré sa vive résistance, d'Armagnac fut vaincu à Lectoure,

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et se trouva enveloppé dans le massacre qu'y firent les troupes du roi, le 5 mars 1472.

Jeanne de Foix femme de Jean Y d*Ârmagnac, après avoir été dépouillée de tous ses joyaux et de tous ses titres, fut conduite au château de Buzet dans le Toulousain par Gaston du Lion. Les traditions du pays affirment qu*on renferma dans ]es souterrains du. château, et on montre encore aujourd'hui les restes de cette prison ténébreuse. L*histoire de sa grossesse, de son avortement, et de sa mort peu de mois après la perte qu'elle fit de son époux, est évidemment controuvée puisqu'il est certain que Jeanne vivait encore en 1476, car elle présenta une requête au parlement de Toulouse afin de rentrer dans les domaines du comte ; Louis XI lui donna même une pension de six mille livres. Il est probable qu'elle mourut de chagrin au château de Buzet, mais nullement des suites de quelque crime commis sur sa personne.

Pendant que la comtesse Jeanne de Foix languissait au château de Buzet, Bernard du Rozier donna au pape Sixte IV sa démission de l'archevêché de Toulouse en faveur de Pierre du Lion. Il fut porté à cette cession par Pierre du Rozier, son neveu. Il avait gouverné l'Eglise de Toulouse pendant vingt-quatre ans environ. Toujours généreux envers son égUse métropolitaine, il l'enrichit d'un orgue magnifique placé à l'entrée du chœur, au-dessus d'un autel dédié au Corpus Christi, Après avoir fait construire des stalles pour le haut et le bas chœur, il donna plusieurs insignes reliquaires, des croix incrustées de pierres précieuses, et jeta les fondements de la chapelle des Brassiers (aujourd'hui des Morts), où il institua une célèbre confré-

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rie. Voulant doter la basilique de Saint-Sernin des, marques de sa ' munificence, il donna les sommes nécessaires pour établir la grande verrière qui éclaire la grande nef de cette église. Auteur fécond et presque inépuisable, il composa plusieurs ouvrages en Thonneur de la mèradeDieu, ^e saint Etienne et de plusieurs saints, des commentaires sur les livres sacrés, des sermons, des explications sur le droit canonique, des écrits sur Tautorité du pape et des évêques, des histoires, et des. traités sur la physique. Son chef-d'œuvre est le livre renfermant les actes de la légation du cardinal de Foix en Espagne. La bibliothèque des dominicains à Toulouse possédait son Traité sur le Pouvoir spirituel, et ceile de Paris son Traité sur la Liberté de TEglise. Il ne faut pas s*étonner, après cela, que les écrivains de son temps l'aient appelé un prodige de science, et aient avancé que rien de ce que Fhomme^eut 3avoir ne lui était étrsmger.

La piété de Bernard du Rozier égala sa science. Plein d*une sainte et infatigable ardeur pour le bien de son clergé, il tint des synodes et dressa des statuts, prit le plus grand soin d*étendre le culte de la Sainte-Vierge, et fonda quatre obits dans son église métropolitaine. Nous plaçons sa mort au 18 mars dOt Tannée 1475. Il fut inhumé dans le sanctuaire du chœur de la métropole, du côté de Tépitre. Plusieurs miracles s'opérèrent à son tombeau. Quoique Pierre du Lion «ut été nommé archevêque de Toulouse du vivant de Bernard du Rozier, il ne prit cependant possession de son ^ége qu'après la mort de son prédécesseur. Il parait que l'archevêché demeura quelque temps vacant : c'est ce qui résulte d'un testament de Matthieu d'Espagne fait à

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Auragne dans le Toulousain, au mois d'octobre 1475. Pierre était Béarnais d'origine et frère du sénéchal de Toulouse. Il avait été abbé commandataire de Sorèze.

Le parlement était rentré à Toulouse au commencement de cette année ; la peste qui avait désolé cette ville Tavait forcé de se retirer successivement a Albi,. à Réalmont, à Gaillac et à Revel.

La mort du duc de Bourgogne, arrivée le 5 janvier 1477, vint délivrer le roi d'un redoutable ennemi. Louis s'empressa aussitôt de convoquer. la noblesse de la province pour faire la conquête des états de ce prince. Gaston du Lion, sénéchal de Toulouse, qui servait alors sur les frontières de Flandres, écrivit aux principaux officiers de la sénéchaussée pour que l'on fît partir de cette ville les milices ainsi que six ménages de gens de métier et deux de gros marchands que Toulouse restait à fournir. La peste continuait toujours ses ravagés, et nous voyons encore le parlement obligé de fuir en 1481 k Saint-Félix de Caraman, de la au Bourg-Saint-Bernard, et ensuite à La Salvetat- Saint-Gilles, d'où il rentra à Toulouse le 12 novembre.

Pierre du Lion sut s'entourer dans l'administration de son diocèse d'hommes très capables, parmi lesquels on distingue Matthieu de Ponel, son vicaire-général, et Etienne d'Aufrery. Le premier, très versé dans la connaissance du droit canonique, publia en 1481, au nom du prélat, une célèbre ordonnance (que nous avons encore) en faveur des églises paroissiales. Un abus s'était introduit au préjudice des recteurs et vicaires.. Il existait alors dans diverses églises des Tables ou sociétés destinées à recevoir les offrandes pour être appliquées au soulagement des- âmes des trépassés.

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Certains membres ne rendaient plus aucun compte ; quelques prêtres même, s'étant fait nommer par des laïques aux fonctions de directeurs de ces Tables, attiraient ainsi à leur profit toutes les offrandes. L'archevêque ordonna qu'à l'avenir aucun ecclésiastique n eut la témérité d accepter dans l'Eglise une place quelconque par nomination laïque : bien plus, il défendit expressément d'engager les fidèles à laisser par testament des legs pieux à ces Tables au préjudice des églises paroissiales.

Pierre du Lion attribue l'érection de ces Eglises au pape saint Denis qui vivait au troisième siècle, et déclare que tous ceux qui, sous l'apparence du bien, — sub quddatn specie boni — chercheront à rompre Funité de ces Eglises, seront semblables à ceux qui déchirèrent la robe sans couture du Sauveur, ou aux Israélites qui sacrifièrent sur la montagne d'Oreb. Nous apprenons de cette ordonnance qu'on offrait pour les âmes du purgatoire du pain, du vin, des œufs, des pigeons ôt des poules ; que ceux qui voulaient frustrer le recteur de ces offrandes allaient attendre les fidèles, et surtout les femmes, à la porte de Téglise ou sur le chemin pour détourner ainsi les oblations faites à la paroisse ; que des prêtres ne rougissaient pas de faire un honteux trafic en se rendant dans les cimetières et répandant des bénédictions sur la tombe des morts. Rien n'égale la sainte indignation de cet archevêque contre ceux qui portent préjudice aux recteurs : « Ceux-ci, dit-il , ont planté la vigne, et deS prêtres étrangers (peregrini sacerdotes ) viennent en prendre les fruits. » Cette ordonnance est imimprimée dans la collection de messire de Peyronnel, curé du Taur, l. u, 1.

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Etienne d'Aufréry fui élevé à la dignité d'official du diocèse de Toulouse par Pierre du Lion. Celait un célèbre jurisconsulte né dans cette ville, où il avait professé le droit dès rage de vingt ans. Il fut créé plus tard président aux enquêtes. On a de d*Aufréry un ouvrage devenu célèbre sous le titre de Dedmnes Capdlœ tolosanœ, qu'il composa étant ofQcial. Il importe d'observer que cet auteur n*a fait, dans cet écrit , que commenter les décisions de Corserius dont nous avons parlé plus haut! A la vérité, le travail de d'Aufréry est plus étendu que le texte primitif. L'ouvrage de Tofficial fut imprimé pour \9 première fois à Lyon, en 1538, chez Vincent de Portanier, et plus tard en 1617 dans la même ville. Nous ne donnerons pas ici l'analyse de cet ouvrage, qui n'offre aujourd'hui presque aucun intérêt. On a encore de cet auteur quelques autres écrits qui ont tous pour objet le droit civil et canonique.

On attribue à Louis XI la fondation à Toulouse des religieux de la petite observance, au faubourg Saint-Michel. 11 fit construire a ses frais l'église qui existe encore et les anciens bâtiments. Sixte IV confirma cette fondation royale. Au commencement du siècle suivant, M. de Buisson enrichit ce monastère de plusieurs meubles et vases précieux ainsi que d'une belle bibliothèque. Cest en ce Ueu quMl choisit sa sépulture. Au dix-septième siècle, cette maison fut cédée aux récollets, qui l'occupèrent jusqu'à la révolution française. Elle a été, de nos jours, cédée aux missionnaires du diocèse. Le roi ne survécut pas longtemps à cette fondation ; il mourut à Tours le 50 août 4483, peu regretté de ses sujets et laissant la couronne au dauphin son fils, qui prit 1q nom de Charles VIII. Après avoir été reconnu

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comme souverain aux états de Tours, ce prince confirma ^ dans leurs charges, le 12 septembre, tous les officiers du parlement de Toulouse. Plus tard^ il en augmenta le nombre de quatre conseillers clercs et d*autant de laïques. Cette augmentation servit à former dans le parlement la chambre de la Tournelle. Il confirma aussi tous les privilèges et coutumes de la ville de Toulouse.

I^e plan que nous avons adopté dans la composition do cette histoire ne nous permet pas de parler ici des assemblée^ des états du Languedoc, des doléances que présenta aux rois de France cette province, et des concessions de Tautorité royale. Quelques faits cependant méritent d*étre ici rapportés ; ainsi, au mois de janvier 1484, Charles VIII érigea en comté, en faveur de son cousin Jeanne Foix, la vicomte de Caraman et les trois baronies de^aint-Félix, d*Auriac et de Banville, sous la redevance â*une paire deperons d*or a chaque mutation de seigneur. Celui-ci , qui descendait de Pierre d*Euse frère de Jean XXII, avait pris le ivom de Foix parce qu'il était fils d^Isabeau de Foix, et aussi parce qu'il avait épousé Jeanne de Foix fille de Matthieu de Foix comte de Comminges et de Catherine ^e Coaraze.

La sénéchaussée de Toulouse devint à cette époque le théâtre d'une guerre assez vive entre Madeleine de France d'un côté et le vicomte de Narbonne de l'autre. On a vu plus haut que Madeleine, sœur de Louis XI, avait épousé Gaston prince de Viane, fils de Gaston IV de Foix. Elle eut de ce mariage François-Phébus, qui devint roi de Navarre par Eléonore son aïeule. Phébus mourut sans enfanta, et laissa héritière Catherine sa sœur. D'un autre côté, Jean

jl6 TEMPS LNTERHÉDIAIRES.

(le Foix vicomte de Narbonne et second fils de Gaston IV disputa cet héritage à sa nièce ; de là, guerre, attaques et défenses réciproques. Charles Vlilv désirant donner un appui à Catherine, lui fit épouser, en janvier 1484, Jean fils d* Alain sire d'Âlbret. Dans le dessein de soutenir les droits de sa fille Catherine, la princesse de Viane remplit le comté de Foix de ses troupes et mit à leur tête un capitaine nommé Robert le Diable, qui y exerça beaucoup de ravages. Le vicomte de Narbonne s*avança alors à la tète de cinq mille hommes d'armes dans le Lauraguais, campa à Saint- Félix de Caraman dans le dessein d'aller attaquer Auterive qui appartenait à la princesse de Viane et au roi. Il réussit à s'en emparer. L'intervention du monarque dans ce différend fit suspendre les hostilités et opéra la remise de quelques places dont le vicomte de Narbonne s'était em-' paré r mais cette guerre dura quelque temps encore, et ne fut terminée qu'en 1497 par le traité de Tarbes.

Nous avons déjà vu qu'après le vaste incendie qui détruisit la plus grande partie de la ville de Toulouse, le roi Louis XI l'avait exemptée des tailles pendant cent ans. Les états de la province qui se tinrent au Puy en 1485 firent au roi des réclamations à ce sujet, prétendant que la position de Toulouse ayant changé, il était justQ qu'elle supportât sa quote-part des impositions. Le roi parut avoir égard à'ces réclamations, et déclara que Toulouse payerait sa portion sur les subsides. On conçoit que les habitants cherchèrent à s'en défendre. Us y réussirent en effet, car Charles VIII confirma le don des tailles accordé par' son père. Du reste, la peste qui éclata à Toulouse dans l'été de 1485 justifia la concession du prince. A cette occasion, le

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parlement se transféra à Lavaur le 22 juillet et y séjourna jusqu'au mois de septembre.

La terrible inquisition d'Espagne poursuivit à Toulouse, en 1487, ceux qui avaient fui ses sentences. 11 y avait alors dans cette ville Jean de Pedro Sanchez, qui. avait été brûlé en effigie dans sa patrie. Il était venu demander un asile aux Toulousains. Malheureusement pour lui, Antoine d'Augustin, gentilhomme de Saragosse, faisait alors ses études à Toulouse avec quelques autres Espagnols. Animés d'up zèle peu éclairé, ils démandèrent que Pedro fût arrêté : ce qu'on exécuta. Aussitôt Antoine écrivit à Pierre d'Augustin, son frère, pour qu'il 'prévînt les inquisiteurs de Saragosse de ce qui venait de se passer. Pierre d'Augustin communiqua cette affaire au frère du fugitif, et il fut décidé qu'on

' écrirait à Toulouse pour engager Antoine à retirer sa plainte et à consentir que Pedro fût remis en liberté. Ce conseil fut suivi. Par une imprudence impardonnable, Pierre d'Augustin avertit les inquisiteurs de Saragosse, qui demandérent à Toulouse l'extradition de Pedro. On répondit de celte ville que ce fugitif avait été mis en liberté, et qu'on n'avait plu$ de ses nouvelles. Pierre d'Augustin et les amis qu'il avait initiés dans cette affaire furent alors condamnés à subir à Saragosse une pénitence publique. -

Gaspard de Santa-Crux, frappé aussi par l'inquisition d'Espagne, avait encore pris la fuite et s'était réfugié à Toulouse, où il mourut, après avoir été brûlé en efflgie à

. Saragosse. Un de ses fils, accusé d'avoir favorisé l'évasion de son père, fut arrêté par les inquisiteurs et condamné à subir un auto-da-fé public. On lui remit ensuite une copie du jugement rendu contre son père, et on lui ordonna de

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se rendre à Toulouse pour présenter cette pièce aux dominicains. Celle pièce portait que le corps de son père serait exhumé pour être brûlé. Tout cela fut exécuté. Si, d*un côté, on est étonné de la rigueur de Tinquisition d^Espagne, de Tautre on doit Têtre beaucoup plus de la faiblesse d'un ûls qui ne préfère pas la mort à Texécution d'une sembla- I)le mission. Notre impartialité nous oblige à dire que les faits que nous venons de rapporter sont extraits de Thistoire de rinquisition de Llorente, auteur très opposé à ce célèbre tribunal.

Au mois de janvier 1491, mourut à Toulouse l'archevêque Pierre du Lion, après avoir gouverné cette Eglise pendant seize ans. Lorsque la mort le frappa, il venait de rendre justice à un prêtre du diocèse de Montauban nommé Antoine de Cardaillac, en lui conférant Téglise paroissiale de Castelmairan que lui avait refusée Jean d*Aurioie, évêque de Montauban. Après sa mort, plusieurs chanoines de Saint* Etienne demandèrent pour archevêque Pierre du Rozier, neveu de Bernard, prévôt du chapitre et abbé de Montolieu. L'élection eut lieu le 11 février, et le 18 d'autres chanoinés élurent Hector de Bourbon. Ce dernier était fils naturel de Jean duc de Bourbon et frère de Matthieu de Bourbon gouverneur maritime d'Aquitaine et de Provence, et de Charles de Lovedan d'où sont venus les seigneurs de Malause. Hector était évoque de Lavaur lorsqu'il fut nommé au siège de Toulouse par une bulle d'Innocent VIH. Pierre du Rozler et les chanoines qui l'avaient élu appelèrent de rùlection d'Hector au parlement de Paris, cl firent confirmer celle de Du Rozier par les archevêques de Narbonne et lie Boiirgos, qui se disputèrent le droit de conlirmalion.

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Pierre ne paraissait nullement disposé à céder h Hector : aussi, le 22 septembre 1491, pnt-il possession solennelle de Farchevêché en s'installant dans la chaire épiscopale. Le pape, qui avait été instruit de ces prétentions, fit signifier au chapitre de Saint-Etienne qu'il entendait maintenir Télection d*Hector de Bourbon. En vertu d'une commission apostolique, Tabbé de Tasque, nommé à cet effet commissaire, fit assigner les deux parties au château de Malause, et y donna une sentence définitive en faveur d'Hector. Appel fut interjeté de cette sentence au parlement de Bordeaux, qui termina Tafiaire contre Pierre du Rozier. Cette longue querelle causa beaucoup de bruit et de scandale dans Toulouse, chacun prenant parti pour ou contre les nouveaux élus. Les choses en vinrent au point que le parlement fut obligé d'intervenir, requérant tous gentilshommes à l'effet de garder la ville et défendant toute réunion ou assemblée. La victoire. resta à Hector de Bourbon, qui ne demeura paisible possesseur de l'archevêché qu'en l'année 1500, après de longues et pénibles contestations. Du reste, pour consoler Pierre du Rozier de sa défaite, on l'éleva surle siège de Lavaur.

Charles VHI étant mort sans enfants à Âmboise le 7 avril 1498, Louis duc d'Orléans, son plus proche héritier, lui succéda sous le nom.de Louis XH. A peine ce prince eutrl pris les rênes de l'état, que Toulouse s'empressa de lui envoyer des ambassadeurs, soit pour lui rendre hommage, soit pour le prier de continuer k la ville ses privilèges. Le 10 mai, lecapitoul Martin d'Estang porta la parole. Le roi se montra très bienveillant et confirma les privilèges. Le parlement envoya, de son côté, des députés au roi. A leur

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retour, ils trouvèrent la ville entière en proie à la plus grande désolation par suite de la disette qui, cette année, affligeait tous les habitants. Le soin que prirent les capitouls de chasser les monopoleurs de grains et une sage distribution de secours en prévinrent les terribles suites. Louis XII rendit plusieurs ordonnances pour le bon ordre de la justice et certaines règles à suivre dans Téducation publique à Toulouse ; Louis d'Amboise fut noKimé commissaire royal pour l'exécution de ses décrets. Il se rendit à Toulouse au mois d'août , et fit enregistrer au parlement ces diverses ordonnances. Celles qui étaient relatives a rUniversité éprouvèrent bien des difficultés : on prétendait qu elles étaient contraires aux privilèges de ce corps savant. L'archevêque Hector de Bourbon et son officiai, d'un côté, l'abbé de Sainl-Semin de l'autre, qui se disputaient le titre de conservateur, firent opposition. Tous les religieux entrèrent dans la dispute, qui fut heureusement terminée par un arrêt du parlem^nt qui conservait à chacun ses droits acquis. Louis d'Amboise avait été aussi nommé prélat réformateur de toutes les églises et abbayes des provinces de Toulouse H de'Narbonne.

Le l*' décembre 1500, Hector de Bourbon, qui venait d'être créé chevalier et chef du conseil de Pierre- de Bourbon, rendit une ordonnance pour confirmer les privilèges et statuts de l'ancienne copfrérie des Tolosains établie dans l'église de la Daurade. Il rendit cette ordonnance en présence d'Antoine de Sabonières son officiai, de Louis Roc son procureuc fiscal , d'Etienne de Riome recteur de Cepet, et de Jean Malorlic recteur de Préserville..

Dans notre revue rétrospective, nous allons maintenant

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noas'occuper des abbayes et autres établissements religieux du diocèse de Toulouse à la fiç du quinzième siècle. A Bernard du Rozier qui devint archevêque de Toulouse succéda dans la prévôté de Saint-Etienne Alain de Coëtivi, évoque de Preneste et cardinal, lequel mourut à Rome en 1474. Après lui, Jean Duchâtel, frère de Tannegui-Duchâtel, occupa cette dignité. Il eut pour vicaire-général Guillaume Ynard et fut évêque de Carcassonne. Pierre du Rozier succéda à Jean Duchâtel. Nous avons déjà rapporté son histoire. Il se démit de sa prévôté.

L'abbaye de Saint-Saturnin fut gouvernée à cette époque par Jean de Jeanhac de Limoges, mort en 1462 ; Bernard du Rozier, qui ât percer la grande rosace qui éclaire la nef de la basilique ; Jean de Gaufredi, cardinal ; Gilles du Val, conseiller du roi Louis XI , et Laurent Lallemand, évêque de Grenoble.

Le prieuré de la Daurade était toujours sous la direction d'Amalric de Senerges dont nous avons déjà fait Téloge. Il fut frappé d'excommunication parce qu'il avait différé de payer quatre-vingt-dix écus. à Côme de Médicis et aux mar-. chauds de Florence attachés à la cour pontificale. Ce fut à ses soins que la célèbre confrérie des Tolosains dut son éclat, la confirmation de ses statuts et la perpétuité de sa durée. On chercha vairtement à l'élever à plusieurs abbayes : il sut résister à toutes les sollicitations. Il céda aux clarisses le monastère des bénédictines de Saint-Cyprlen, et devint le soutien de son prieuré, dont. l'église et la maison avaient été dévorés par les flammes. Son successeur fut Jean de Morlhon, fils du président au parlement, qui dissipa tous

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les biens du monastère et introduisit le relâchement dans la discipline monastique.

Jean de Falgar abbé du Mas-Garnier abdiqua son titre en 1457 à cause de son grand à%e ; Audouin de Gain lui. succéda. Il avait été prieur de Saint-Sardos. Louis d^Âlberti évêque d*Aire lui disputa Tabbaye, qu* Audouin garda jusqu*à sa mort. Après lui , Geraud du Prat , d*une illustre race et prieur d'Auvillars, gouverna le monastère. Cest à cet abbé que le Mas dut toute sa gloire ; il fit construire un nouveau couvent et Fentoura de murailles. Après avoir augmenté ses domaines en achetant de Jean dizalguier seigneur de Castelnau plusieurs terres, il fit réparer les fermes et les moulins de son abbaye ; il poursuivit ceux qui avaient usurpé les biens et les fit rentrer dans le devoir. L*église du Mas lui dut tout son éclat, et la sacristie ses ornements. Il fit une fondation pour trois prêtres séculiers et un clerc qui devaient, tous les jours, chanter une messe solennelle à Fautel de la Vierge. Les bienfaits de Geraud du Prat lui firent donner le surnom de Grand.

Nous ne trouvons dans cette période qu'une seule abbcsse de Saint-Sernin a Toulouse, Antoinette de Casarte ; quatre à Saint-Pantaléon : Alienorde de Laroque, Claire de Punctis, Pétronne du Mont, et Jeanne de Bérailh. — Jean de Thailhapède et Jean de Casalières gouvernèrent Tabbaye d'Eaunes. — L'abbaye de Grand-Selve fut dirigée par Gilles de Morban jusqu'en 1459. Après lui, on trouve Bertrand d'Albi, Arnaud Blanc, Antoine de Narbonne évêque de Vabres et abbé de Fontfroide, qui se démit en faveur du cardinal d'Amboise. Celui-ci cul paur successeur Louis de Xarbonne, frère du précédent.

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Heoiiette de Causan commeDça a gouverner Fabbaye de' Salenqoes en 1460. Elle reçut au nombre de ses fiUes Béatrix et lolande de Foix ainsi que Grisca d*Estou. Après elle, Eléonore de Foix, de Tillustre maison de ce nom, fut élue abbesse. Son monastère fut réformé en 1482 par les soins de Tabbé de Citeaux. On croit que c*est elle qui en appela au pape'Sixte IV d'une sentence d'excommunication qu'elle avait encourue de la part de Tabbé de Citeaux pour avoir refusé de recevoir dans sa maison une religieuse qui n'avait pas demandé le consentement au comte de Foix, d'après les .conditions de la fondation. A^ès de Montant lui succéda. Les prémontrés de La Capelle eurent pour abbés Dominique de Melou, Bernard Doyal et Bernard du Moulin. Les religieuses de Sainte-Claire, urbanistes, eurent pour abbesses Arnaulde de Grimoard, Marguerite de Durfort et Jeanne de GrossoUes.

Pierre Bonaldi succéda à Hugues de RafBgnac jdans l'évéché de Rieux. Son testament est daté de Toulouse, en 1462. Après lui , Gaufrid de Barilhac occupa ce siège. Il avait été par deux fois nommé évêque de Carcassonne par le .chapitre de cette ville. Ce fut lui qui unit à son chapitre de Rieux le prieuré de Saint-Félix dans son diocèse. 11 eut pour successeur Pierre d'Abzac de Ladouze. Né dans le Périgord d'une très-illustre famille, celui-ci devint docteur en droit, professeur à l'université de Poitiers, conseiller du roi et abbé de Lagrasse. C'était un homme profondément versé dans les lettres divines et humaines. Le roi le choisit pour présider les états de Montpellier. Plus tard, il assista aux états de Tours, et présida ensuite ceux du Puy. 11 fut transféré au siège de Lecloure, et enfin a la métropole de Nar-

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bonne. Hugues d'Espagne lui succéda sur te siège de Rieux qu^nd il quitta celui de Lectoure. Ce prélat fit construire une salle destinée à renfermer les archives et les diplômes de son chapitre.

L'abbaye de Feuillants fut successivement gouvernée, pendant les cinquante dernières années du quinzième siècle, par Jacques Leclerc le Bourguignon, qui abdiqua en faveur d'Arnaud de Calvaire; Jean de Moraire, docteur en. droit canon, et Guillaume de Bonneval , archidiacre de Cornminges.

Antoine Solier était abbé de Calers en 1459, et passa de cette abbaye à celle de Bolbonne. Maurice de Palabat, moine de Fontfroide, lui succéda. H fut question d'unir l'abbaye de Calers à celle de Bolbonne. Cette union était déjà commencée lorsque le chapitre général de Claîrvaux en arrêta l'entière exécution. Jacques de Gailhard, moine de Fontfroide, maître en théologie, succéda à Maurice, et Julien de Pelicier à Gailhard. Ce dernier était bachelier en décrets et moine de Grand-Selve. Son élection fut cassée au chapitre général, et un autre abbé fut élu à sa place.

Ainsi que nous l'avons observé, Arnaud-Raymond d'Espagne occupait le siège de Comminges en 1450. Ce siège demeura vacant depuis 1462, époque à laquelle mourut ce prélat, jusqu'en 1465. Les auteurs nef s'accordent pas sur le successeur immédiat de Raymond d'Espagne ; les uns croient que ce fut Jean-Baptiste de Cibo, cardinal sous Sixte IV et qui devint pape sous le nom d'Innocent VIII ; d'autres affirment que ce fut Jean-Baptiste de Foix, et nous regardons ce sentiment comme beaucoup plus probable. Jean-Baptiste de Foix n'appartenait pas à la grande famille

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(le ce nom ; il était ûls naturel d'Ârchambaud de Grailli captai de Buch., qui avait pris le nom de Foix par sa femme Isabelle, fille de Matthieu comte de Foix. Il fut d'abord abbé de Saint-Çéver en Gascogne et ensuite évoque d'Acqs. Il devint évêque de Comminges en 1467, et assista en qualité de témoin aux conventions matrimoniales entre Bertrand du Puy et Domenge de Binos. L'historien Sandoval assure quil se rendit à Pampelune en 1481, et quil assista à rentrée solennelle qup fit dans cette ville François-Phébus roi de Navarre, fîous le trouvons, quelques années plus tard , à Tarbes, où il assista au contrat de mariage d'Anne de Foix et de Gaston d'Etampes. Il gouverna pendant vingt-quatre ans l'Eglise de Comminges, possédant en même temps Fab- , baye de Saint-Savin dans la vallée de ^.avedan. Il mourut en 1501, laissant son chapitre héritier de ses biens et d'une portion des dîmes du lieu de Trusaguet quil avait acquises de la reine de Navarre comtesse de Bigorre.

L'abbaye de Bonnefont fut occupée, dans la période de cinquante années, par deux abbés : Bertrand et Arnaud- Guillaume de Mauléon ; celle de Nizors, par deux encore : Bertrand de Jeanhac et Manaud d'Aure, lequel devint évêque de Tarbes. Blasiette et Rose de Montclar gouvernèrent l'abbaye de Fabas.

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