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ARCHEVÊQUE DE TOULOUSE ET DE NABBONNE, PRIMAT DE LA GAULE NABBONNAISE

Monseigneur ,

L'histoire générale de l'Eglise de Toulouse ne pouvait paraître que sous vos auspices; et lorsque je sollicitais naguère votre haute protection pour cet ouvrage , j'accomplissais un devoir, je servais mes sentiments personnels pour Votre Grandeur, j'offrais à mon œuvre l'espérance du succès.

Un mouvement bien marque vers le passé s'est manifesté à notre époque : on fouille aujourd'hui dans les archives, on déroule les chartes , on interroge les souvenirs et les traditions antiques ; chaque pays, chaque Eglise veut avoir son histoire.

Vous n'êtes pas étranger à ce mouvement général, et dans le diocèse où vous avez laissé d'impérissables souvenirs,- le beau recueil des Actes de l'Eglise d'Amiens que vous avez réunis, collationnés, annotés avec tant de sagacité et publiés, témoignent et de votre goût exquis pour les recherches historiques et de vos vives sympathies pour nos travaux.

Un vide immense existait pour notre histoire locale : l'Eglise de Toulouse n'avait point la sienne; et voilà que, sous votre épiscopat, deux prêtres de votre diocèse, sans s être communiqué ni leurs projets ni leurs pensées, travaillant séparément sous une même inspiration, se sont trouvés dans la même voie. Rencontre imprévue, heureuse rivalité qui ne peut que contribuer à la perfection de leur ouvrage î En accordant votre bienveillance et à l'un et a Vautre, vous montrerez, une fois de plus, quelle est inépuisable.

La science des faits, Monseigneur, conduit nécessairement à celle des hommes. Vous possédez l'une et l'autre ; elles donnent à votre caractère cette prudence qui modère tout, cette longanimité qui sait attendre et qui laisse aux événements le temps d'accomplir leur œuvre.

L'Eglise de Toulouse trouve, à son berceau, de saints et de grands évêques; elle a conservé jusqu'à nos jours l'héritage des vertus de ses pasteurs, et aujourd'hui le présent n'est pour elle que la fidèle imitation du passé.

Je suis, Monseigneur,

De Votre Grandeur,

Le très humble et très obéissant serviteur.

Adrien SALVAN.

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